‹ Guide ascétiqueChapitre 29 sur 89 · Tout le monde sait avec quelle dévotion le saint roj · texte numérisé non relu

Tout le monde sait avec quelle dévotion le saint roj

(1) Ici et dans toutcet article VI, le mot italien Dzuozzone doit être nécessairement rendu par le terme français dévotion, tandis qu'ailleurs on pourrait le rendre par piélt. Nous avons dans no re langue les deux termes dévotion et dtcouement que l'italien ne peut rendre que par divo- :sione. Il appartient au traducteur de juger comment il doit traduiie C4 dernier mot dans divers cas.

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David chanta les louanges de Dieu et le glorifia dans ses cantiques sacres. Mais si l'on veut savoir encore en quoi consistait cette dévotion, il suffit de l'écouter lui-même: Paratmn cor meurti , cantabo et psalmum dicam. (Psalm. 56, 8). Voici, ô mon Dieu, voici mon cœur tout préparé, le voici tout prêt à chanter vos louanges et à vous exalter par mes cantiques. Dans un autre endroit, offrant à Dieu l'hommage de sa dévotion, de son dévouement absolu à un service sans bornes , par une parfaite obéissance à ses commandements, il lui dit : Paratus sum, etnon sum tnrbntus, ut custodiam mandata tua. {Psalm. 1 18,60). Je suis toujours dispf>sé '>t ^)rèt à observer, sans aucune perturbation ni hésitation, vos commandements. Et puis il répète dans les mêmes termes que sa dévotion était toute entière fondée sur cette promptitude de sa volonté à exécuter tout ce qui appartenait au service du Seigneur son maître.

213. — Mais l'acte le plus éclatant de dévotion la plus parfaitement dévouée que nous puissions lire dans les pages sacrées, est bien, sans contredit, ce que fit l'apôtre saint Paul aux portes de la ville de Damas, au moment où il en approchait. Il était aussi ennemi de la loi de Jésus-Ghrist et de ceux qui la suivaient qu'il était ardent zélateur de la loi de Moïse. Ainsi bien résolu d'anéantir le christianisme par la force, puisqu'il ne le pouvait point par l'autorité , il alla trouver le grand-prêtre et lui demanda l'autorisation d'agir contre tous ceux qu'il rencontrerait proiessant la loi nouvelle qui était l'objet de sa haine. Il désirait être mis en possession du droit de tes charger de chaînes et de les conduire dans les prisons de Jérusalem pour qu'ils y abandonnassent leur religion, ou qu'ils y subissent la mort. Se voyant donc muni de tout ce qui lui était nécessaire, soit en armes, soit en pouvoirs authentiques, il partit d'un air mena-, çant, ne respirant dans sou cœur que prisons, sang, tortures à mort. Saulus adliuc spirans minarum, et ccedis in discipulos Domini, accessit ad mincipem sacerdotum, , et mtiit ab eo epistoias in Damascuin au ^ynayogas , ut si quos invenisset Imjus vice viros, ac midieres, vinctos 'jerduceret in Jérusalem. [Act. cap, 9). Mais quoi? Au moment où il approchait de la ville de ; Damas, le divin Rédempteur i enveloppa d'une lumière célestb, i \e terrassa par ses paroles et par ses teri'ibles reproches : Saule, Saule, quid me persequeris / Aux éclairs de cette éclatante lumière, au son de cett^ voix, à la sévérité de ces reproches, la

haine fit i>lace à l'amour , le mépris an dévouement , et il répondit aussitôt : Si-i^ncnr, que faut-il faire pour v(«)trc lioiniour et pour votre cfloirc? Parlez, dounoz-moi vos ordres. Doniine , quiil me vis jacere? Corneille de la Pierre, commentant ce passage des actes des Apôtres, dit que l'humble prom[>titude et la vive joie avec lesquelles saint Paul oifrit àDieu tous ses services, fut un acte de dévotion que Jé.-us-Ghrist accueillit avec amour, et il ajoute que cela fut tellement agréable à ses yeux, que Paul mérita sur-le-champ , non point par ce mérite qu'on nomme, en termes de 1 école, de coyidicjno, mais seulement de wiyruo, d'être élevé au rang d'apôtre et de devenir de violent persécuteur qu'il était, l'éminent Docteur des nations : Domine, qvid me vis faccre? Hac enim submissionc, rcsif/nalionc, dcvotione, promptitudinc, alacritateanitni ad oniniaparaii, tolumqve se Deo ofl'erentis, disposuit, et menât de congruo evchi ad apostolatus apiccm, fieriqiie doefor r/entiinn [In textu oit).

21-i. — Saint Thomas déduit de ce qui vient d'être dit (2, 2. Qii. t^2, articul. 2) , que la dévotion ne forme point par ellemême une espèce particulière de vertu, mais qu'elle a[iparlient à la vertu de religion , car les actes de religion , comme on l'a vu plus haut , sont ceux qui regardent le service de Dieu et riionneur qu'on lui rend ; et la dévotion n'ajoute à ces actes rien de plus que la promptitude à les accomplir , mais cette promptitude, par cela même qu'elle n'apporte aucun changement dans l'objet, n'en change pas non plus l'espèce, seulement elle ajoute à l'acte im nouveau lustre et le perfectionne. Ainsi, par exemple, une offrande faite à Dieu avec promptitude n'est point un acte d'une espèce différente de telle autre offrande qui se fait avec une volonté lente , tardive , paresseuse dans ses >pérations. On peut dire seulement que l'acte accompli avec ^.iromptitude se fait avec plus de dévotion, qu'il est plus parfait et que Dieu l'accepte d'une manière plus favorable. Ainsi donc, dans cet article, nous allons continuer de parler de la vertu de religion dont nous avons traité dans l'article précédent, mais eu tant que la dévotion rend cette vertu plus éclatante et lui donne un plus grand lustre de perfection et de beauté.

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