CHAPITRE V
on y rxpose les trois degrés auxquels doit s'éleveb la vébtv d'obéissance, pocr arriver a la perfection, en commençant par le premier dunx on traite dans ce chapitre.
295. — L'obéissance, cette vertu si nécesscdre et en même temps si noble de sa uatiu-e, ainsi qu'on Ta déjà vu, doit, poux •devenir pari'aile, s'élever par trois degrés qui sont comme trois accroissements de perfection qui la rendent complète dans son essence. Premièrement, elle doit être pratiquée avec promptitude, secondement avec simpUcité, troisièmement avec allégresse. Commençons par le premier degré. Il y en a qui font consister le premier degré de l'obéissance dans l'accomplissement extérieur des actes qui sont commandés. On conviendra cependant que si le subordonné lait ce qu'on lui commande, mais que ce soit de mauvais gré, à contre-cœur, s'irritant intérieurement, murmurant extérieurement contre l'ordre qu'il a reçu, et traînant avec peine, comme on dit, la victime à k boucherie, il me semble bien qu'une telle manière d'accomplip ce qui est commandé est pleine d'imperfection, et se revêt plutôt de l'ombre du vice que du lustre de la vertu. Saint Bernard est de cet avis. Hœc si molesie cc^peris sustinere, si di/w
dîcare prœlatum, si murmurare in corde, etiam si exterius fmpleas quod jubetur, non est virtus paiientiœ, sed velamenium malili(S' {Serm. 3. de Circumeis.). Si vous recevez de mauvais gré un commandement que Ton vous fait, dit le Saint, si vous murmurez, si vous vous plaignez, ce n'est pas là pratiquer la vertu d'obéissance, quoique vous accomplissiez ce qui vous e;^ ordonné, mais vous cachez bien plutôt par cette soumission extérieure la malice de votre cœur ; pendant que ceux qui vous voient accomplir l'œuvre vous louent de voire obéissance, vous ne pratiquez pas en réalité cette vertu. Il faut donc, pour que les actes extérieurs de l'obéissance en soient le premier degié, qu'ils s'accomplissent avec une volonté bien disposée et promprii à obéir, et si la partie inférieure de l'humanité éprouve des réiiugnances, comme il n'arrive que trop souvent à l'imper feclion de notre nature, la volonté doit surmonter ces empêchements avec une sainte générosité et mettre la main à l'œuvre. Enfin, comme dit saint Paul, cum bona voluntate servientes sicut Deo, fit non hominibus. {AdEphes. 6, 7). 11 faut obéir avec une bonne volonté, comme à Dieu même, et non point avec luie volonté revèche et récalcitrante,
296. — Saint Bernard qui vient de nous dépeindre une volonté lente, tiède , imparfaite, nous met ensuite sous les yeux une volonté prompte à l'obéissance. Fidelis obediens nescit moras , fuyit craslinum, ignorât tarditatem, prœvenit praci pientem, parât oculos visui, aures auditui, linguamvoci, manus operi, ilineri pedes, totum se colligit, ut impetrantis colHgat voluntutem. {Serm. de virt. obedient.). L'homme véritablement obéissant, dit-il, ne connaît aucun retard, ne renvoie rien au lendemain , il prévient les ordres de son supérieur , il tient les yeux ouverts pour ne pas perdre un de ses signes et tend constamment les oreilles pour écouter ce qu'il lui dit; il a toujours les mains prêtes à l'œuvre, les pieds au mouvement, et son attitude annonce qu'il est à chaque instant disposé à l'accomplis' sèment de sa volonté Saint Bernard confirme ses assertions pai l'exemple de Zachée auquel le Seigneur ordonna de descendre de l'arbre et qui obéit avec une grande promptitude. Vide Dominwn festinanter prœcipientem , et hominem feslirianter obedientem: Zachœe, inquit, fesiinans descende, quia hodie in domo tua oportet me manere , et fesiinans descendit, et excepil cum çaudens. Les Apôtres montrèrent ie même empressement à
obéir, puis»iu';\ un simple mot de leur divin Maitre, sequere me, venite post me , ils se inirenl à marcher à sa suite sans retard, sans lt> nioindro délai, afin d'être ses disciples et ses serviteurs fidèles jusiiu'à la mort.
297. — Je ne saurais omettre en ce moment l'exemple que nous fournit le moine Marc , véritable imitateur des disci[ilcs de Jésus-Christ par sa pn mptitude à obéir, sinon à la voix de Jésus-Christ, du moins à celle des supérieurs qui en tiennent la place. {Exvitis P. P., part. % lib. de Obed. § 1). Son abbé Sylvain avait pour ce moine un attachement plus tendre que pour les atitres , à cause de son obéissance toute particulière. Cet amour de prédilection pour un seul excita la jalousie des autres moines et fit naître des plaintes et des murmures, comme cela arrive ordinairement dans les communautés. Ces mécontentements parvinrent aux oreilles des anciens solitaires qui habitaient les monastères voisins. Ils se réunirent pour s'informer de la cause de cet attachement particulier, et pour adresser à l'abbé quelques plaintes charitables , s'ils découvraient dans cette conduite quelque chose de répréhensible. L'abbé Sylvain alla au-devant d'eux, les accueillit avec la plus grande bonté, et, ayant appris le motif de leur visite, il se contenta de les conduire devant les cellules des moines. Puis, trappaut à chaque porte , il dit à haute voix : Mou cher Irère, sortez , car -'ai besoin de vous. A cet ordre , aucun moine ne bougea , Marc fut le seid qui vint promptement et se présenta à l'abbé pour recevoir ses ordres. Alors Sylvain se tournant vers ces vénérables vieillards, leur dit : Où sont donc les autres moines? Puis, entrant tous ensemble dans la cellule de Marc, ils reconnurent que quand l'abbé lavait appelé, ce moine était occupé à écrire, et que quand Sylvain l'avait appelé, il avait interrompu une lettre et ne l'avait pas terminée. Ces saints vieillards , pleins d'admiration pour une ponctualité si louable à se rendre aux ordres de son supérieur, dirent à Sylvain : Mon révérend Père, nous aussi nous aimons votre bon disciple, parce que nous savons que Dieu l'aime aussi plus que les autres, à cause de sa prompte obéissance. \ere abba, quem tu diiigis, et nos diligimus quoniam et Deus diligit eum. En réfléchissant sur ce trait , l'abbé Trithème s'écrie : 0 fHiutn perfectum obedientiœ ! Qui maluit dimittere opvs quamvis bonmn qnod inchoarat, qiiam ad momentum, ut ita dicam, mo/am /uccrem
êbedienâo. 0 fils de la parfaite obéissance ! Il voulut interrompra ime action.bonne par elle-même plutôt que de différer d'un seul instant l'accomplissement du devoir de la sainte obéissance ! Que la nôtre soit donc, à l'exemple de. ce vertueux solitaire, une obéissance prompte et ardente , qu'il n'y ait en elle ni langueur, ni mollesse , car autrement elle s'anéantirait tout-à-fai,* dans le vice qui lui est opposé. On reconnaît si nos corps jouissent d'une sauté parfaite à lagilité de nos membres. De même on reconnaît par la promptitude de notre obéissance, si notre âme possède parfaitement cette vertu.
298. — Il faut cependant observer ici avec saint Thomas, que dans les choses qui flattent et qui sympathisent avec nos inclinations, on ne peut pas facilement distinguer si la promp • titude de la volonté à exécuter les ordres d'un supérieur a son origine dans la vertu, ou bien dans la nature. La raison en est que dans ce qui s'accorde parfaitement avec notre caractère, l'amourpropre imprime à nos mouvements une certaine vivacité et y réveille ime promptitude remarquable à obéir. Qui donc pourrie juger si cette promptitude à exécuter et qui sourit à notre amourpropre est une inspiration naturelle ou une impulsion vertueuse ? Il n'en est pas ainsi quand il s'agit de choses ardues et très-peu agréables , où la nature éprouA'e des répugnances. Rien ne peut alors nous stimuler à agir si ce n'est la vertu et la grâce. Pour appuyer sa doctrine, saint Thomas invoque l'autj* rite de saint Grégoire quand il dit que l'obéissance à exécuter des choses qui flattent le goût , n'est pas une véritable obéissance , ou bien que c'est une obéissance moins méritoire que celle qu'on pratique pour les choses qui répugnent. Obedieniia reddlt 'promiHam hominis voliintatem ad implendcwi voluntatem alteriiis, scilicet prcecipientis. Si autem id, quod eipracipitur, sitpropter se ei voliium, etiam absque ratione prœcepti, sicut accidit in prosperis, jam ex propria voluntate tendit in illud, et non videtur illud imiJlere propter prœceptum , scd propler voluntafcm propriam. Sed cum illud quod pracipitur^ mdlo modo est secundum se volitum , sed est secundum se consideratum propriœ voluntati repur/nans, sicut accidit in aspcris : tiinc onmino vianifestu7n est, quod nonimpletur, nisi propier prœceptum. Et ideo Gregorius dicit in libre Moralium (uit. cap. 13), quod obedientia, quam habet aliquis de suo in prosjiens , est vel nulla, vel viinor: quia scilicet volunias prupiia
non ridefiir principaliter tendere ad implendum pntcrpfum , sed ad assequendum proprium volitum. In adversis autem,€t difficilibus est viojor : quia volvtifas propria ad nihil aliud tendit, qvam in prctceptum. (2, 2. Quœst. \0A,7ium. 2).
200. — Si vous jetez dans la mer une grosse poutre, vous ne pourrez pas reconnaître la pesanteur de ce bois; vous le verrez même ballotté par les ondes, et il vous semblera que cette poutre est aussi légère qu'une [thune, parce que c'est l'eau qui la soutient. Si vous la retirez des flots et si vous la placez sur le rivage, il vous sera aisé de reconnaître combien elle est pesante, puisque ce bois, que vous pouviez tout-à-1 'heure mettre en mouvement avec la main, vous ne pouvez plus le mouvoir en employant tous vos eCorts et en déployant towte la vigueur de vos bras , parce qu'en ce moment il n'est plus balancé et soutenu ^ar les ondes. Il en est de même pour ce qui regarde la promptitude à obéir dans les choses qui plaisent; on ne peut pas y discerner la véritable obéissance, parce qu'elle est, en ce cas, 80US l'impulsion de l'amour-propre , et qu'elle est stimulée par mie volonté qui s'y porte naturellement. Mais si vous intimez à cette obéissance des ordres dont l'exécution est difficile et répugne à la nature , vous pourrez reconnaître si elle est vraie ou si elle ne Test pas; parce que, dans ces occasions, la volonté ne peut être déterminée à agir que par l'impulsion de la vertu de sainte obéissance. Saint Colomban, voulant éprouver l'obéissance de ses moines, attendit une circonstance où presque tous étaient malades. Alors, entrant dans le dortoir, il leur dit: Levez-vous tons de vos lits, habillez-vous et allez à la grange, pour y battre le blé. Le Saint ne pouvait pas certainement trouver une occasion plus lavorable pour arriver au but qu'il se proposait. Ils étaient tous en effet tellement privés de lorce, qu'à peine ils pouvaient se tenir sur leurs pieds, et l'ordre qu'ils recevaient leur devait paraître bien dur à exécuter. Il arriva effectivement que ceux qui possédaient en pertection la vertu d'obéissance surmontèrent toutes les répugnances de la nature, se levèrent aussitôt du lit, se rendirent à la grange, et là, exposés à l'ardeur du soleil, ils se mirent à l'œuvre. Ceux, au contraire, chez q\ii cette vertu n'avait pas encore atteint le degré de periection , se laissèrent vaincre par la difficulté d'accomplir un tel commandement, et, sans en tenir compte, ils restèrent au lit. Mais qu'arriva-t-il? Dieu fit connaître bientôt combien la prompte
obéissance des premiers lui avait été agréable , et combien la désobéissance de ces derniers lui avait déplu, puisqu'il rendit la santé aux moines dociles, et laissa les autres gémir sous le poids de leur mal une année entière, {P. Plat, de bono stat. Relig. lib. il, cap. 5,)
300. — Tout ceci néanmoins s'entend, comme pensait sainv Thomas, relativement à la connaissance que notre prochain peut avoir de nos actes, et que nous pouvons posséder nousmêmes, car, par rapport' à Dieu, il peut se faire que le commandement qui nous est fait, bien qu'il s'accorde parfaitement avec notre inclination, n'en soit pas moins accompli par \\ personne spirituelle avec un sentiment de parfaite obéissance. Il faut seulement que, dans l'acte qui s'harmonise si bien avec notre penchant naturel, on ne se propose d'autre but que celui d'obéir au précepte du supérieur, et de se conformer à la velouté de Dieu , qui en impose l'obligation. Sed hoc intelligendum est secimdinn id qnod exterhis ajipatet. Sectindum tamen Dci jvdicium , qui corda rimatur, potest contingere quod etiatK in pi'ospejis ohedientia aliqnid de suo habens , non propter hoc sit minus laudabilis, si scilicet propria voluntas obediendo non minus dévote tendaf ad impletionem prœcepti. [Loc. citato). Avec tout cela, en admettant qu'il en soit ainsi quelquefois, il est certain que celui qui est prompt à obéir dans les choses agréables et flatteuses, et qui se montre récalcitrant dans ce qui est pénible et difficile, ne prouve pas qu'il possède la vertu d'obéissance; et en efîet, il ne la possède pas. Si nous avont donc le désir d'acquérir la vertu d'obéissance, nous devons employer tous nos efiforts à la pi'a tiquer en ce qui oflii-e des difficultés dans l'exécution.
301 . — Ici il est utile de rappeler l'acte d'obéissance dont nous oflrent l'exemple deux jeunes gens dont parle Cassien, non-seuiemeut dans des choses ardues et difficiles, mais encore dans des circonstances extraordinaires, et où celte vertu a éclaté d'une manière merveilleuse. [Instit. lib. v, cap. 40). L'abbé Jean ayant reçu en présent une corbeille de figues fraîches, résolut de l'envoyer à un moine âgé, qui habitait dans une des parties les plus reculées du Scété. Il confia cette corbeille à deux de ses jeunes disciples encore adolescents, en leur recommandant bien de la remettre fidèlement sans toucher à aucun de ces fruits. Ils partiront donc du monastère, et, au milieu de leur route.
ils fiiront surpris par un brouillard si épais, que, ne pouvant plus reconuaitre leur chemin, ils se mirent à errer sans pouvoir se retrouver, et sans guide dans ces vastes déserts. Au bout de quelques jours, l'idjbé, voyant ({ue ces deux adolescents ne revenaient pas au monastère, envoya des moines à leur recherche. On les trouva tous deux à genoux et morts de faim. Mais, ce qui est plus digne d'admiration, c'est qu'en regardant la corbeille, ils reconnurent qu'elle était intacte'; parce que, comme dit Cassien, ils avaient mieux aimé mourir que de transgresser Vordie qui leur avait été donné. El'uientea potius animarn quam fiih'in depositi perdere, vitamque potius amitterc corporalem , quam senior is violare mandai um. Je ne rapporte pas ce trait , parce que, à mon avis, on pousse l'obéissance jusqu'au point de se laisser mourir plutôt que de l'enireindre, je prétends dire seulement que, si nous n'avons pas le courage de mourir comme ces deux moines, pour être fidèles à la sainte obéissance , nous devons avoir néanmoins la bonne volonté de nous mortifier en embrassant avec prom^ititudc les choses difficiles et qui répugnent à notice nature, quand l'obéissance nous l'ordonne,
302. — n faut encore observer que cette obéissance prompte, dont nous parlons, ne doit pas être uniquement pratiquée pour ce qui regarde les choses temporelles et ce qui concerne le corps et le règlement économique d'une maison, mais encore bien mieux dans les choses spirituelles, telles que les oraisons, les pénitences , les mortifications et ce qui a rapport à la direction intérieure de notre àme. Nous devons nous tenir constamment disposés à entreprendre ou à laisser telles ou telles choses, à faire plus ou faire moins , selon l'avis des confesseurs et la diirection des autres supérieurs spirituels; parce que, dans cette matière, il est plus facile de pécher ou par excès, ou par défaut, et de s'exposera tomber dans de graves imperlectious. C'est ce qu'enseigne Cassien, déjà cité. {Collât, 4, cap. 20), Unum sane, atqueidem inobedientiœ genusest, vel propter operationis instantiam, vel propter otii desiderium senior is violare mandatum, tumque dispendiosum est pro somno , quam pro viyilia monasterii statuta convellere; tantum deniqiie est abbatis transir e prœceptum , ut legas: qua7}tu)n, si contemnas, ut dormias. C'est ime même sorte de désobéissance, dit cet auteur grave, que celle qui nous lait transgresser l'ordre du supérieur par le
désir qu'on a de travailler, que celle qiii nous fait prendre du repos. C'est un mal absolument le même que celui qu'on commet en violant les règles du monastère ou le commandement de l'abbé, soit pour dormir, soit pour veiller, soit pour taire une bonne lecture. Il ajoute encore que la désobéissance, an sujet des œuvres saintes et vertueuses, est ordinairement plus coupable; parce que les actions vicieuses que l'on fait sous une fausse couleur de vertu, trouvent plus difficilement le remède qui leur est propre, et qu'on s'en corrige avec beaucoup plus de peine que de celles que l'on fait pour satisfaire une passion Nisi quod perniciosiora , et a remediis longiora sunt vitia, qiiA sub specie viriutum, et imagine spiritualium renim videvtur emergere, quant illa quœ ex ajoerto pro carnali voluplate gignuntur.
303. — Ce qui vient d'être dit nous fait connaître l'erreur de ceux qui veulent se livrer à des pénitences plus rigoureuses que celles prescrites ou permises par la règle de leur institut. Ils veulent iaire durer plus longtemps les oraisons que ne le permet le règlement, ou ne veulent pas les interrompre au signal qui leur est donné , comme s'il était mieux de prétérer l'oraison à l'obéissance. Ces personnes prennent beaucoup de peine pour s'appauvrir spirituellement, puisqu'elles ne font aucun profit dans leurs austérités et dans leurs oraisons , où au lieu de faire la volonté de leurs supérieurs , elles ne font que la leur. C'est pourquoi le Seigneur, au lieu de s'y complaire, en témoigne sonmocontentement : ()?'wv7>;«?2at7"ww5, et non r&s^ pexisti ? humiliavimus animas nostras, et nescisti? Ecce in die jrjiinii vestri invenitur voliintas vestra. {Isaiœ, 58, 3). Louis de Blois rapporte {In apolog. jjro Joanne Blosio c. 6, et alibi) qu'une religieuse se trouvant en oraison dans sa cellule, vit paraître devant elle l'enfant Jésus paré de cette amabilité qui lait les oharmes du ciel. Or, pendant que la religieuse se délectait saintement de cette délicieuse apparition , il arriva qu'une de ses compagnes vint à frapper à la porte de sa cellule, en l'avertissant de se rendre au chœur pour un exercice qu'imposait la règle. A un tel avis, la religieuse dit : Seigneur, l'obéissance m'appelle, et s'il vous plaît, attendez-moi. Aussitôt elle partit. Après avoir accompli le devoir de l'obéissance , elle rentra dans sa cellule. Dès qu'elle eut ouvert la porte, elle vit resplendir dans sa cellule une éclatante lumière et au milieu Jésus-Chris^
non plus ?ous la figmr d'iui fufaiil comnio auparavant, mak sous eellod'uu joinic hounno d»; vingl-iiuatrc. ans. La religieuse saisie d'admiration, lui dit : Comment, mon cher époux, de petit ijue vous étiez tout à l'heure , êtes-vous devenu grand ea si peu de temps? Jésus-Christ lui fit cette ré],tonsc : 0 filia carissiiiia, profunda, irlocis , atque ivipigrœ obciUcntiœ lum humilitas me fam b/rvi Icmpore (ain yrandcm e/fecit. Votre prompte et rapid(^ ohéissauce, ô ma dière fille, m'a fait croître en si peu de temps dans votre cœur autant que vous me voyez grand sous vos yeux. Voilà comment une obéissance prompte est ap-réable à Dieu, non-seidement quand on la pratique pour entreprendre, mais encore pour interrompre ou omettre les oraisons ou quelqu'autre acte spirituel. Nous devons donc considérer la promptitude à exécuter les ordres d'un supérieur, surtout dans les choses difficiles et contraires à nos incUnations, comme le premier degré de l'obéissance. Il faut y comprendre aussi tout ce qui regarde la conduite de notre sph-itualité. Quiconque n'a pas acquis cette promptitude, au moins dans la volonté , doit s'humilier devant Dieu , parce qu'il n'a pas encore gra^i le premier degré de l'échelle spirituelle dont il s'agit.