‹ Guide ascétiqueChapitre 40 sur 89 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ON T EXPOSE CERTAINS MOTIFS QV'iL FAUT AVOIR CONTINUELLEMENT DEVANT LES YEUX POUR OBÉIR AVEC TOUTE LA PERFECTION DONT MOUS VENONS DE PARLER.

313. — Je conviens que les singulières prérogatives de l'o» fcéissance dont nous avons vu se dérouler les mérites dans les troisième et quatrième cluipilrcs, sont de trcs-cxccllents motifs pour nous porter à l'acquérir. Eu effet, plus nous inspirons da

l'estimn pnnr rotlo ho]\o vortu , cl plus aussi nous en provoquons l;i parfailu [ualiciue. Mais à vrai <lin», oo sont là cunirae lies niolifs ôloignés qui oui besoin d'être atlenlivement médités, afin que, par une réflexion sérieuse et approlondio, ils puissent produire l'eftet qui leur est propre. Il est donc indispensable de présenter d'antres raotils que l'on puisse, pour ainsi dire, avoir à la main pour les mettre en œuvre, cliaq^ie fois que les supérieurs ont manifesté leur volonté, et pour qu'à la première déclaration de ces ordres on puisse mettre à profit ces motifs qui doivent nous exciter à la soumission. Ceux-ci seront en efïet plus pratiques et plus eflîcaces pour nous laire obéir avec promptitude, avec simplicité et avec allégresse.

314. — Le premier do ces motifs est que le supérieur, soit temporel, soit spirituel, tient la place de Dieu. Non est polestas tiisi a Deo, dit saint Paul. Quœ autem sunt a Deo ordinaiœsunt. Itaqne qui resistit potestali, Dei ordinaiioni résistif. Qui autem resistuîit, sibi ipsi damnationcm acquinint. {Ad Roman. 13. 1). L^Apôtre nous dit, que l'autorité dont les hommes jouissent sur nous, ils ne la tiennent pas d'eux-mêmes, mais de Dieu qui la leur a communiquée, afin qu'ils représentent sa personne; et il en résulte que ceux (]ui leur résistent se montrent indocHes à la volonté de Dieu lui-même, et qu'au lieu de travailler par l'obéissance à leur salut , ils s'acquièrent par la désobéissance la damnation éternelle. Le même Apôtre, écrivant aux Colossiens, revient sur la même doctrine. Quodcumque facitis, ex anima operamini , sicut Domino, et non hominibus , scientes, quod a Domino accipietis relributionem lurreditatis. {Ad Coloss. 3, 23), Quelque chose que vous lassiez pour exécuter les ordres de vos supérieurs, i'aites-le de bon cœur, en restant bien convaincus que vous n'obéissez pas aux hommes, mais à Dieu luimême dont ils sont les représentants. C'est seulement par ce moyen que vous obtiendrez une récompense abondante. Jésus- Christ lui-même a établi cette représentation d'autorité , en mettant les supérieurs à sa place, et protestant de la manière la plus expresse que l'obéissance rendue aux supérieurs lui sera aussi rendue à lui-même , tandis qu'en même temps le mépris et l'injure dont on les poursuivra, il les considérera comme des outrages faits à lui-même. Qui vos audits me audit; qui vos spemit, me spernit. {Lucas 10, 16). Saint Bernard fait les réflexions suivantes sur ces paroles : Deus prœlatos sibi quamr

doqvc œquare in uiroque parte dignatur. Sibimei lynputat illomm reverodimn, et contemptum, specialiter contestans eis : Qui vos audit, me audit, qui vos spernit, me spernit. Annon hoc ijjsîim et régula noslra perhibet, ubi ait: Obedientia , quœ maforibus prœbeiur, Deo exhibetur. {De prœcepto et dispens.]. Dieu, selon les paroles du suave Docteur, a rendu les supérieurs en quelque manière semblables à lui, puisqu'il veut que Thonneur et l'obéissance, de même tpie l'outrage, à l'égard des supérieurs, reviennent à lui.

315. — Ces principes étant solidement établis, comment se peut-il, demanderai-je, qu'un subordonné n'obéisse pas avec toute la perfection convenable aux ordres d'un supérieur dans lequel il voit avec les yeux de la foi la personne même de Jésus- Cbrist ? Est-ce que la voix de ce supérieur ne fera pas sur les oreilles de son esprit une impression beaucoup plus forte que sur celles de son corps, lorsqu'il regardera cette voix comme celle du divin Sauveur? Si Jésus-Gbrist, descendant du trône de sa gloire, se montrait à ses yeux dans tout l'éclat de sa majesté , et si de sa propre bouche divine il lui intimait un ordre, auriez-vous le courage d'improuver cet ordre , comme imprudent, indiscret, dicté par la passion? Hésiteriez-vous pour l'exécuter ou l'accompliriez-vous de mauvaise grâce? Ah ! Dieu vous en préserve ! Vous déploieriez la plus grande célérité, sans aucune pensée contraire, pour exécuter cet ordre avec allégresse, avec joie, quand il vous serait imposé par votre aimable Rédempteur. Et pourquoi donc n'agissez-vous pas ainsi avec votre supérieur , quand il vous commande ou vous conseille, puisqu'il n'y a pas de différence entre l'obéissam^e que l'on rend à Jésus-Christ dans sa propre personne, et celle que l'on rend au supérieur dans la personne de Jésus-Christ ? Saint Bernard le déclare d'une manière expresse. Sive Deus, sive homo vicarius Dei mandatum quodcumque tradiderit , pari profecto exe< qucndum est cura , pari reverentia deferendum. {De prœcepU et dispens.). Que Dieu commande, dit le Samt, ou que ce soit l'homme qui a été mis à la place de Dieu , on doit exécuter le commandement avec une obéissance pareille et avec un amour égal. Dieu lui-même a déclaré que l'ordre du supérieur est aussi le sien. Qui vos audit, me audit.

31G. — Saint Jean Climaque raconte (m i, gradu) que se Irouvaut un jour à table dans un monastère avec plusieurs

antres inoiiu-s , le suiii'-riiur ap^u'la ù lui un moine ficri^ de quatre-viny;ts ans, et qui en avait passé (jnaranle dans cette niônio oommunaut»^.. Ce vieillard accourut [tiornptement, et le 6U[iéiiLMM- . sans jeter sur lui un seul reg;irtl, lui oidonna de se tenir là debout jiendant deux heures entières sans rien prendre. Ni Ire auteur dit qu'en voyant ce vieillard à clu^veux blancs et il iuie figure si vénérable se tenir dans l'altitude de pénitence ipii lui était imposée, il rougit pour lui. Quand cette réunion de moines eut cessé , saint Jean Climaque lira à part ce bon religieux et lui demanda ce qu'il avait pensé, pendant que l'abbé, sans faire connaître la raison de sa conduite, lui avait enjoint de se tenir ainsi debout durant ce temps-là. Ce vieux moine lui fit cette réponse très-remarquable : Christi imagincm sitpcriori imposui^ neqne enim ah illo hoc pracevtum cxisse, sed a Deo penitus existimavi. Quare,pater Joamies, non coram mensa homimim , sed coram altari divino adstare me j^utans, orabam, miUam que malignam cogitaiioncm admittebam contra si/periorem, pro sincerain eum fide, et caritate. Je me représentais dans mon supérieur, répondit le moine, la personne de Jésus- Christ, et le commandement qui m'a été fait, je ne l'ai pas reçu comme sortant de la bouche de mon abbé, mais comme émanant de celle de Jésus-Christ. C'est pour cela que je me tenais devant lui comme devant l'autel et en priant, et avec cette foi sincère j'empêchais toute pensée contraire à la sainte obéissance de pénétrer dans mon esprit. Que nous serions heureux^ si , animés d'une foi semblable , nous reconnaissions Jésus- Christ lui-même dans la personne de nos supérieurs. Nous ne laisserions entrer dans notre esprit aucune pensée mahgne et inquiétante qui fût capable de dépraver notre obéissance, rien n'en retarderait la promptitude, rien n'en troublerait l'allégresse.

317. — De ce qui vient d'être dit jusqu'à ce moment, on peut déduire cette conséquence infaillible, que tout ce qui est ordormé par le supérieur est la volonté de Dieu, pourvu que ce qui est commandé ne soit pas évidemment mauvais et opposé à la loi de Dieu; parce que le supérieur ayant été établi pour tenir la place de Dieu, il est l'interprète de sa très-sainte volonté. C'est ainsi que nous le fait entendre l'Apôtre dans le texte précité ; Servi, ohedite Dominis carnalibus cum timoré, in simpliciiaie cor dis vestri, sicut Christo, non ad oculum servientes.

quasi hominïbvs placentes ; sed ut servi Christî, facientes volun* tatem Dei ex animo, cum bona voluntate servientes sicut Domino. {Ad Ephes. 6, 5). Serviteurs , obéissez avec une sainte simplicité à vos maîtres comme à Jésus-Christ. Obéissez-leur, non pour leur plaire, mais pour faire la volonté de Dieu. Ou ne saurait certainement s'exprimer avec plus de clarté. Saint Bernard nous dit à son tour que tout ce que commande l'homme est un précepte, émanant de la bouche de Dieu ; pourvu toutefois qu'il n'y ait rien de contraire à la loi de Dieu, parce que la voix du supérieur n'est que l'écho de celle de Dieu même ; car il importe peu que Dieu manifeste sa volonté par sa propre bouche ou qu'il la fasse connaître par celle de ses lieutenants. Quamobrem quidquid vice Dei prœcipit homo, quod non sit tamen certum displicere Deo, non secus omnino est, quam si prœcipiat Deus. Quid enim infères t , utrumper se, an per suos ministros , sive homines , sive angelos , hominibus innotescat suum placitum Deus. {De prœcept. et dispensât). Qu'on remarque bien ces paroles, non sit tamen certum , parce que dans le doute, si la chose ordonnée plaît ou déplaît à Dieu, le subordonné doit obéir , car dans les choses douteuses, il appartient au supérieur de décider quelle est la volonté de Dieu.

318. — Mais je veux aller encore plus loin et affirmer que quand un supérieur légitime commande une chose, nous sommes plus assurés de faire la volonté de Dieu, que si Dieu lui-même nous avait révélé que tel est son désir, plus certains que si Jésus-Christ nous l'avait ordonné de sa propre bouche. La raison en est évidente. Il n'y a point de vision ou de révélation parti- "îuUêre qui ne soit sujette à illusion et ne puisse nous induire en erreur, et par conséquent, qui ne laisse quelque doute sur la vérité de ce que nous a découvert cette vision et sur sa conformité avec la volonté de Dieu. Mais il ne peut exister le plus léger doute sur ce que Dieu veut de nous, sur ce que le commandement du supérieur soit la volonté formelle et expresse de Dieu, puisqu'il nous la fait connaître par celte voie; car c'est une vérité fondée sur les saintes Écritures et basée sur la certitude de la foi.

319. — A l'appui de cette doctrine parfaitement vraie, je veux invoquer un témoignage pratique d'une grande autorité. Sainte Thérèse ayaut formé le dessein de fonder le monastère d'Avila, selon l'ordre qu'elle en avait re^u de Dieu, voulut d'abord en

commiiiiirpicr tout le plan à sou coiifos'îonr et conft^rer avec lui j^ur leltt! ti'uvro sainte. Ce dernier se réf^jlant sur les raisons que lui suggérait la prudence humaine, lui di'fendit de s'occupvr (l'une pareille (Mitrt'pi-iso. La Sainte, coinrni! une [lersonne pénétrt^e du vt-rilalih": (•s[)rit de Uien, se trouvant placée entre le coinniandenii'ntde Jésus-Christ et l'opposition de son confesseur, n'hésita ni ne balança pas; elle ne resta pas en suspens sur ce (pi'clle devait faire, mais sur le champ elle rendit obéissance à son confesseur, bien que son avis fût contraire aux ordres iju'clln avait reçus de Jésus-Christ ; et son divin Sauveur lui appaïut pour sceller de toute son approbation la conduite qu'elle avait tenue. Sainte Thérèse atteste que le Seigneur lui avait plusieurs fois ordonné d'agir de la sorte. Voici ses paroles : Chaque fois que dans l'oraison le Seigneur me commandait quelque chose, si le confesseur m'en ordonnait une autre tout à fait contraire, le Seigneur revenait pour me dire d'obéir. Mais ensuite il changeait la détermination de mon confesseur afin qu'il revint à me commander ce que le Seigneur voulait de moi. (In vita cap. 26).

320. — S'il y a donc une si grande sécurité à faire la volonté de Dieu tout en accomplissant celle de nos supérieurs, ne nous laissons jamais déposséder d'un aussi puissant motif et conservons-le pieusement dans notre esprit et dans notre cœur. C'est là certainement celui qui a le plus de force pour en bannir tout sentiment d'improbation qui puisse s'élever dans nous contre les ordres de ceux qui ont le droit de nous commander. C'est le plus efficace pour nous faire courir avec promptitude et allégresse à l'exécution de tout ce qui nous est commandé, bien que ce soit dur et pénible. Il n'est rien, en effet, qui puisse mieux conforter notre cœur et le rendre plus satisfait que la pensée qu'on a de faire avec toute assurance la volonté du Très- Haut, et de nous y porter ""vec plus d'élan.

321. — Ils ont, sans nui doute, été bien intimement persuadés qu'ils faisaient la volonté de Dieu, manifestée par leurs supérieurs, ces hommes saints qui ont accompli des commandements non-seulement très-pénibles mais encore au-dessus des forces delà nature. Sans cela, comment auraient-ils pu les entre»' prendre avec un si grand courage ? L'abbé Mutins reçut de son supérieur l'ordre de jeter dans une rivière voisine un jeune enfant qu'il avait amené avec lui dans le monastère pour l'y

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élaver et l'introduire ainsi dans la voie de la pcrfcclion clir*^ tienne. A cette simple manifestation de la volonté de son supérieur, Mutins courut pour embrasser l'enfant, et le prenant sur ses épaules, il se rendit promptement sur le bord de cette rivière pour le plonger et le noyer dans ses eaux. Il en fut erapêclié par d'autres moines que l'abbé avait chargés de s'opposer à l'exécutiou de cet ordre. Cette obéissance fut si agréable à Dieu, nous dit Gassien, qu'il révéla aussitôt à ce même supérieur, que par cet acte. Mutins s'était élevé à la hauteur du dévouement d'Abraham aux ordres du Très-Haut. Cujus fides, et devotioin tantum Deo fuit accepta, ut divino statim testimonio coinprobata sit ; revelatum namque est contumo senior/, hac eum obedientia Abrahœ patriarchœopus implesse {însiit. lib. iv cap. 28).

322. — Je trouve cependant plus admirable la foi de ce jonne homme, dont le fait est rapporté par Sévère Sulpice {In dialog. devita S. Martini cap. 12) ; car, si Mutins sacrifia à l'obéissance la vie de son petit enfant, celui-ci fit le sacrifice de la sienne pour ne pas manquer aux devoirs que lui imposait l'obéissance. Ce jeune homme arriva à l'un des monastères d'Egypte où la règle était des plus austères, et seprosternantdcvantl'abbé, illui demanda le saint habit. Ce dernier, voyaii que ce jeune homme appartenait à une classe distinguée, et que d'ailleurs il était d'une complexion délicate, ne le jugea point propre à porter un si lourd fardeau, et en peu de mots il le congédia, en lui disant : Mon fils, la rude vie qu'on mène ici ne saurait vous convenir, cherchez un autre monastère qui soit plus en proportion avec vos forces. La réponse de l'abbé ne découragea point le jeune homme, mais il répliqua qu'il était prêt à tout faire. L'abbé lui répondit : La ferveur que vous manifestez me plait beaucoup, mais il faut faire une épreuve de vos forces. Vous êtes habitué à vivre mollemen*, et ici on doit passer sa vie dans de rudes austérités. Vous êtes accoutumé à commander et à menacer, tandis qu'ici il faut obéir et se taire. Vous av. z jusqu'à présent agi selon vos caprices et ici il faut s'assujettir à des ordres très-sévères et très-pénibles auxquels j'ai coutume d'astreindre mes religieux. Et quels sont ces ordres, mon Père? reprit le jeune homme bien résolu; je suis disposé à faire tout ce qui me sera commandé, quand même vous m'enjoindriez de me jeter au feu. Or, dans la pièce où ce colloque avait lieu se

trouvait un four allumo pour y faire cuiro le pain, et les llaimiu's [H'tillaicnt avec une toile anleiir que, ne pouvant sa contenir dans ci'l étroit espace, elles s'en élançaient avec impétuosité, l'.li! l)iin, (lit l'abbé, je veux éprouver si votre obéissance est (l'un aussi fort calibn; que vous me le dites. Entrez sur le champ dans ce four ardent. A peine l'abbé avait-il cessé de parler que le jeune homme s'élança dans ces flammes. Mais qu'arriva-t-il ? Ces flammes impélueuses vaincues et domptées, comme dit riiistorien, parla grande foi du jeune homme, n'eurent pas la hardiesse de lui faire du mal {ISon ebbero ardire di nocer'jli ) et, s'éloignèrent de lui, comme des trois enfants de la fournaise, sans avoir atteint ni ses membres, ni ses vêtements. Il sortit donc du four, et celui qu'on croyait déjà réduit en cendres reparut au grand étonncment des assistants, comme inondé d'une fraîche rosée. Nec distulit jjarere prœcepio, vicdias flammas niliil ciivctatus mfjreditur, quœ mox tam audaci fuie vklœ, velid il lis qitondam Hebrœis pueris, ccssere venienti. Siiperaia natura est : fugit incendium, et quiputahatur arsurus, veluti frigido rore perfusus, se ipse miratus est.

323. — Je pourrais citer la foi de saint INIaur, qui, par l'ordre de saint Benoît, comme raconte saint Grégoire [Dialog. lib. I, cap. 7), entra dans le lit d'un fleuve pour en retirer Placide sans réfléchir un instant sur le danger manifeste auquel il s'exposait de s'y noyer, mais les flots s'affermirent sous ses pieds de telle sorte qn'il lui fut possible de marcher sur l'eau comme sur un pavé de cristal. Il me serait possible de citer encore d'autres prodiges également opérés en diverses circonstances où la foi héroïque de l'obéissance, dans des choses ardues au suprême degré, éclata si vivement, car les histoires ecclésiastiques de divers genres en surabondent. Mais ce qui a été dit peut suf- §re pour convaincre qu'il n'est rien qui puisse rendre l'obéissance plus simple sans réflexion, plus prompte sans aucun retard, plus joyeuse sans trouble, qu'une foi ferme et vive par laquelle on croit que ce qui est ordonné par le supérieur est l'expression de la volonté divine.

32-4. — Il ne suit pas de ce qui précède que les supérieurs aient le droit de donner de tels ordres, et qu'il soit permis aux subordonnés de les exécuter, parce que les supérieurs et les Saints, dont il a été question, étaient poussés par une inspiration particulière de Dieu lui donnait aux uns l'assurance

que Dieu leur dictait de pareils ordres, et aux autres celle qu'ils devaient les accomplir pour obéir à Dieu, en faisant connaître à tous , avec certitude , qu'ils réussiraient infailliblement comme l'expérience l'a prouvé. Nous pouvons seulement en conclure, que si la foi extraordinaire dont Tien gratifiait ces subordonnés si fervents leur communiquait la force d'entreprendre des choses si fort au-dessus de la nature linniaine, il nous suffît, à nous, d'avoir une foi ordinaire, mais vive, par laquelle nous restions persuadés que tout ce qui est ordonné parmi supérieur est la volonté de Dieu. Cette foi nous donnera l'énergie convenable pour accomplir en perfection les choses ordinaires, bien que difficiles , qui pourront nous être commandées.

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