‹ Guide ascétiqueChapitre 43 sur 89 · GI · texte numérisé non relu

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esprit, eu employant la itarolt; ou réontiire, ou tels antres signi'S. On peut juL^cr combien cette vertu est digue d'estime, quanti on pense qu'elle est l'àme du commerce cpii existe entre les hommes, et qui ne saurait exister s'ils n'exprimaient pas avec sincérité leurs sentiments internes. Supposez que les h unmes s'exprimassent par leurs paroles d'une manière différ.Mite de te qu'ils pensent; il ne saurait exister entre eux aucune communication verbale, beaucoup moins encore pourraitil exister entre eux des conventions, des pactes, des opérations commerciales, parce qu'on ne pourrait avoir aucune confiance en leurs paroles, et celle-ci est le fondement de toutes les affaires. On connaît pareillement le prix de celte vertu par la laideur du vice qui lui est contraire ; car il n'y a pas de chose plus honteuse pour lui homme bien élevé que d'avoir la réputation d'un trompeur et d'un menteur. La reconnaissance est aussi une vertu potentielle de la justice, et elle demande deux choses : La première, c'est qu'on réponde au bienfait par une affection interne, comme dit Sénèque : Vis reddere beneficium bénigne ai'cipe. [Lib. ii, de benef. cap. 33). Voulez-vous correspondre à un bienfait ? Recevez-le avec une bienveillance sincère. Secondement, c'est qu'on reconnaisse un bienfait reçu par un autre bienfait équivalent, et même, comme l'enseigne saint Thomas, par un bienfait plus grand ; car répondre à un bienfait par un autre qui lui soit pareil, cela ressemble à une dette dont on s'acquitte plutôt qu'à un retour de gratitude. Quiconque aspire à la perfection, ne doit pas négliger d'acquérir toute sorte de vertus, mais il doit s'attacher surtout à la reconnaissance qui anime le cœur des êtres même privés de raison, car l'expérience nousfaitvoir que les animaux se montrent reconnaissants envers ceux qui leur font du bien. La vmdicte (qu'il ne faut pas confondre avec la vengeance) est une vertu potentielle de la justice, non pas celle qui porte à faire du mal au prochain pour se venger des outrages qu'on a reçus, car celle-ci provient de la haine et de la rancune qu'il n'est pas permis de nourrir au fond du cœur, parce qu'elle est contraire à la charité. La vengeance légitime, celle que nous nommons vùidicte (en France| est celle par laquelle, comme le dit saint Thomas, on désire le châtiment des prévarications d'autrui pour corriger ou réprimer les coupables, pour procurer le repos public et pour servir d'exemple ; elle est animée d'un pur amour de la justice, d'un

gaînl zèle pour la gioire de Dieu. Elle doit être suhordonnée à des circonstances et des conditions diverses; ainsi elle doit être exercée par des personnes qui sont investies de l'autorité telles que les princes, les juges et les supérieurs légitimes. La vindicte n'appartient donc pas aux personnes privées, auxquelles il n'appartient pas de venger les délits des autres, mais qui doivent se borner à y compatir si d'autres en ont été victimes , ou les supporter s'ils en ont été eux-mêmes l'objet. Si vero intentio vindicantis feratiir principaliter in aliquod bonnm, ad quod pervenitur per pœnampeccantis, puta, ad emendaiionem peccantis ,vel saltem ad cohibitionem ejus, et quietem aliorum, et ad justitiœ conservationem, et Dei honorem, potest esse licita vindicatio, aliis debitis circumstantiis.{^. ^.Quœst. 108. art. 1). La libéralité enfin est une vertu potentielle de la justice. Elle rend l'bomme généreux dans l'usage des biens de la iortune, et plus enclin à en faire part aux autres qu'à s'en servir pour lui-même. Toutes ces vertus ne sont point rigoureusement du domaine de la justice, parce qu'elles n'obligent pas au payement légal d'une chose qui est due ; mais pourtant on les nomme parties potentielles de la justice, parce qu'elles se rapportent à certains devoirs obligatoires envers le prochain ; c'est ce qui fait qu'elles ont beaucoup de relation avec la justice et que toute personne qui veut acquérir en perfection cette vertu cardinale, doit se montrer pleine de zèle pour faire l'acquisition de ces diverses vertus.

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