‹ Guide ascétiqueChapitre 77 sur 89 · AU · texte numérisé non relu

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pagné Tabbé n'était pas éloigné de l'endroit où le voleur avait fait sa chute, et après être accouru le trouvant mort, il jeta sur ce cadavre un doux regard accompagné d'un gracieux sourire. Quand on fut de retour au monastère l'abbé ordonna au moine He Ini expliquer pourqnoi, en voyant expirer l'ermite, il avait rersé des larmes, tandis qu'en voyant mort ce voleur qui, peut-être, courait après eux pour les voler ou les assassiner, il avait souri. Le moine répondit que Dieu venait de lui révéler que l'ermite, à cause de l'orgueil qu'il avait toujours eu et surtout au moment de la mort, avait étércprouvéde Dieu, tandis que ce voleur avait été porté par les anges dans le ciel, après avoir été purifié par sa contrition extraordinaire et même après avoir obtenu la rémission des peines que méritaient ses forfaits.

560. — Le lecteur doit voir dans cette narration, ou pour mieux dire, dans la parabole du pharisien et du pnblicain dont ce fait me semble vivement retracer l'image, combien il est vrai qu'il n'est point de vertu ni de sainteté solide si elle n'est fermement appuyée sur le fondement d'une sincère humilité. Il y verra qu'une scélératesse pour aussi grande qu'on la suppose, si elle s'associe avec une profonde humilité, se change en une sainteté véritable. Il faut donc posséder l'humilité pour se sauver, car elle est absolument indispensable, et pour opérer son salut avec perfection, il est nécessaire d'être proiondément et parfaitement humljle. Notre-Seigneur l'a dit, et cela doit nous sufhre : Nlsi conversi fuerilis, et. efficiaviini sicut parvuli ; non intrahitls in re'jmun crclorum. Qui se exaltaverit humiliahitur et qui se hwniliaverit cxaltabiUir. {Malt h. 18. 3. idem 23. 12).

561. — Concluons donc avec saint Augustin, que nous avons cité en commençant le présent chapitre, que la route la plus sûre pour aller à Dieu, sans danger d'erreur, c'est l'humilité. Ea est prima humilitas, secunda humilitas, tertia humili- \as, et quoties interrogares hocdiceran : non quod alia non sint prœcepia, quœ dicantur, scd nisi humilitas omnia quctcumque bona fecerirmis, et prœcesserit, et comitetur, et consecuta fiicrit; tt proposita, quam intueamiir, et opposita, cui adhœreamns, et imposUa, quct reprimamus ; jam nobis de aliquo bono facto f/ait' denlibiis totmn extorquet de manu superbia ; intia quippe ca'tera in pcccatis, superbia vero in recte factis timenda est, ne illa quœ laudabililcr facto, siint ij)sius taudis cupiditate amittantur»

(Fp. Sftprac. ?>8 ad Diuscorut/i). Le saint Docteur en indiquant à Dioscoie un clieniin ou il ne [louna [loinl s'égarer, lui dit, que ce ehcmiu est promiùrement l'humilité; deuxièmement l'humilité; troisièmement l'humilité. Chaque fois que vou( m'inloiTogerez sur ce point, lui dit-il, je vous répondrai tou« jours : l'humilité ; uou pas que la loi du Seigneur ne renferme pas d'autres préceptes, mais, parce que si l'humilité ne marché pas la première, si elle ne vient pas à la suite et si elle u'esl pas ime compagne assidue dans toutes les bonnes œuvres, si on ne l'a pas constamment sous les yeux, si nous n'y sommes pas attachés sincèrement pour réprimer l'orgueil, ce vice avec ses vaines complaisances nous arrache de la main tout le bien que nous faisons. On a grandement à craindre des autres vices lorsqu'on pèche, mais on a beaucoup à craindre de l'orgueil quand on fait de bonnes œuvres, afin que le désir de s'attirer des louanges ne nous fasse point perdre le mérite des actions louables que nous faisons. C'est tout comme si l'on disait que sans l'humilité il n'y a point d'acte vertueux, d'œuvre sainte et méritoire, et par conséquent, que sans cette vertu il n'existe pas de vertu. Ou doit conclure de tout ceci combien l'homme spirituel a besoin d'humilité, puisque sans elle il ne peut pas laire un seul pas dans la perfection. Venons maintenant à la pratique de tout ce qui vient d'être dit jusqu'à ce moment sur cette vertu.

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