IV. Archives du Château Saint-Ange
Ces archives commencées par Sixte IV, augmentées par Léon X et organisées par Clément VIII, afin de conserver en sécurité derrière les fortifications du Château Saint-Ange les privilèges et les documents les plus précieux de l'Eglise romaine, furent temporairement transportés au Vatican en 1798, parce qu'on craignait les excès des soldats français. Elles y restèrent définitivement, après que les archives papales, concentrées à Paris par un acte despotique de Napoléon, eurent été rendues au Saint-Siège. On réserva cependant dans le Vatican une place à part à 1' « Archivio di Castello » et cela sous son ancien nom l.
Non moins de soixante inventaires anciens et récents, numérotés de 10 à 70 dans la série des index des archives du Vatican, se rapportent à celles du Château Saint-Ange. La plupart datent du 17me siècle; l'archiviste J. B. Confalonieri y a collaboré pour une grande part. Ces archives, d'une haute importance pour l'histoire de la papauté au moyen-âge, ont été souvent mises à contribution. B. de Montfaucon en a déjà publié un ancien inventaire dans sa Biblïotheca bibliothecarum I (Parisiis 1787) p. 202-215. Pour l'histoire moderne L. Madelin les a utilisées, en publiant: « Les premières applications du Concordat de 1516, d'après les dossiers dCu hâteau Saint-Ange » , Mélanges d'archéol. et d'histoire, XVII (1897), pages 324-387. Nous pouvons ici nous contenter de donner sur l'organisation de ces archives un petit nombre de détails.
Elles sont formées de deux parties-.
1. Les Armada inferiora, numérotés en chiffres romains, de I à XVIII. Dans chacun de ces 18 Armaria se trouvent un certain
1 Comp. P. Fabre, « Notes sur les archives du Château Saint-Ange », Mélanges d'archéologie et d'histoire, XIII (1893), pages 3-19. — Cauchie. De la création d'une école belge, page 38. — Berlière, Aux archives Vaticanes, pages 18-19.
2 P. Kehr, Nachrichten der K. Gesellschaft der Wissenschaften zu Gôttingen (1900), page 116. — La description des archives du Château Saint- Ange que C. Wirz donne, Bullen und Breven, Introd., pages 32—33, est 'confuse et inexacte.
nombre de « capsula? », dans chacune desquelles sont renfermés de 20 à 90 documents numérotés. Par exemple dans Arm. IV, caps. 3, n° 1, se trouve le fameux « Liber rubeus », un registre de copies allant de 1460 à 1523, dans lequel devaient être conservées « omnes et singulas diversae litterae continentes in se res magnas et mémorise dignas »4. Cette partie des archives est inventoriée dans les index 50, 51, 52 et 56, dressés par Confalonieri en 1626-1630, et dans les index 66-67, qui ont Garampi pour auteur. Il y a encore un inventaire très sommaire, dressé en 1593 par Domenico Rainaldi (index 13 f. 1-6), et des index alphabétiques, composés a 1590 par Silvio de Paulis (ind. 25-29).
2° Les Armaria superiora, marqués des lettres A-M. Il y en a douze, dont les armoires C et D méritent une mention spéciale, parce qu'elles ne contiennent pas des « capsulae », mais des « fascicoli » ou fascicules, ce qui les a fait appeler : « Annan dei fasci ». Sous la direction de Mgr. Ugolini on dresse maintenant l'inventaire de l'armoire C, qui sera publié. L'index 57, fait en 1627 par Confalonieri, donne l'inventaire de cette moitié des archives, et f. 232-319 un registre alphabétique, dressé par le même auteur. En outre il y a un inventaire, dressé en 1623 par une commission ad hoc (index 46), et un index alphabétique, composé au même temps (n.° 49).
Garampi, qui désigne d'ordinaire par les lettres A A toute cette collection, vaste assemblage de toutes sortes d'éléments hétérogènes, en a commencé un inventaire chronologique : « Indice cronologico dell'archivio di Castel S. Angelo, dall'anno 394 all'anno 1803» Ses notes, écrites sur fiches, ont été réunies et collées en deux in-folio, qui forment les index 69-70, où l'on peut facilement vérifier la cote d'un document, lorsqu'elle est incomplète, ce qui se présente souvent. Cet inventaire chronologique offre d'autant plus de facilités que beaucoup de pièces ne peuvent se retrouver qu'au moyen de la date, inscrite plus tard par l'archiviste au dos du document.
1 Voir F. Kaltenbrunner, „ Der Liber rubeus im Vatik. Archiv ", Mittheilungen des Instituts fur ôsterreichische Geschichtsforschung, V (1884), pages 618-622.