‹ Guide aux eaux minerales des Vosges [electronic resource]Chapitre 26 sur 185 · SUR LES EAUX MINERALES FROIDES. O · texte numérisé non relu

SUR LES EAUX MINERALES FROIDES. O

d'iiui : la litliine mérite réellement une place honorable dans la série des moyens destinés à combattre la diatlièse goutteuse et ses manifestations, mais, pas plus que ses aînées, la soude, la potasse, la chaux, la magnésie, elle ne mérite le titre de spécifique.

Depuis que Trousseau, dans ses remarquables leçons cliniques, a attiré l'attention sur les dangers inhérents à l'emploi prolongé des alcalins, l'expérimentation a montré que ces sels et leurs bases, mis en grand honneur par les travaux de Glievreul et Mialhe, sont loin de mériter la faveur dont ils ont joui pendant longtemps dans le traitement de certaines maladies chroniques ; et les effets généraux des sels de lithine sont les mêmes que ceux des sels de soude et de potasse.

MM. Rabuteau et Constant ont obtenu par l'emploi des alcalins les résultats suivants :

Une anémie profonde a succédé, chez des individus différents, à l'ingestion de 5 grammes de bicarbonate de soude ou de potasse, renouvelée pendant une période de huit et dix jours.

u Je citerai en premier lieu, dit M. Constant {Action « physiologique des alcalins), un état d'anémie profonde, « dans lequel m'a jeté le bicarbonate de soude vers la « fin de la seconde période de cette expérience. Je suis <( devenu pâle, j'ai commencé à éprouver des faiblesses u dans les jambes, j'ai eu quelques vertiges, et enfin j'ai u maigri d'une manière notable.

«J'ai eu, en outre, des épistaxis répétées qui sont sur- « venues vers la fin de cette même période. Cet état de « faiblesse a persisté encore assez longtemps après que '( j'eus complètement abandonné l'usage du bicarbonate

« de soude, et que mes urines eurent acquis leur aci- « dité normale. Ce n'est que cinq ou six semaines après « la fin de mon expérience que tous les symptômes <c d'anémie se sont dissipés. »

Le D"" Cliinent a répété ces expériences avec les sels de soude, de potasse et de litliiiie, en faisant régulièrement la numération des globules, et il est arrivé par ce nouveau procédé, absolument scientifique, à constater directement l'influence anémiante des alcalins. Le cbiffre des globules rouges a rapidement baissé de 500,000 à 800,000, quelquefois même d'un million sur 4,500,000 pris comme cbiffre normal cliez les individus observés. Les expériences faites à l'étranger ont donné des résultats analogues, aussi les c[uelques cas heureux rapportés par les adversaires de l'opinion de Trousseau, cas dans lesquels des sujets ont pendant trèslongtemps résisté à l'action continue des alcalins, ne sauraient faire méconnaître les inconvénients habituels de la médiation alcaline prolongée. La îithine, d'après cela, ne saurait non plus que la soude et la potasse être employée à haute dose et pendant longtemps sans un danger réel chez les goutteux lympliatiques et anémiques ou à tendances anémiques spécialement. Associée au fer et à la chaux, administrée en dilutiontrès-étendue, elle peut, au contraire, être absorbée, assimilée et éliminée en produisant tous ses effets, au point de vue de la perfection des combustions, de la dissolution partielle et de l'entraînement des matériaux uriques, sans altérer profondément l'économie. A l'action

Sini LES EAUX MINÉRALES FROIDES.

altérante en effet, succède dans ce cas immédiatement l'action reconstituante ; c'est là ce qu'ont encore démontré les intéressantes recherches du D"- Climent.

Qualifier la lithine du titre de spécifique de la goutte et de la gravelle serait donner une idée fausse de son action et de sa yalear dans le traitement de ces maladies, exagérer ses vertus et la compromettre.

Dans une eau minérale où elle ne constitue qu'une partie de l'ensemble minéralisateur, et où le mode d'administration a droit de revendiquer une partie des effets obtenus, elle ne saurait non plus être considérée comme seule active. Il faut, pour apprécier exactement l'action thérapeutique d'une eau, com^-aitre les divers éléments minéralisateurs, le mode d'action de chacun et le mode d'action de l'ensemble. Or, dans les eaux froides des Vosges, on trouve surtout : de la chaux, de la magnésie, de la soude, du fer à l'état de sulfates, de bicarbonates et de chlorures, et de l'acide carbonique. Je vais dire un mot de chacun de ces corps et de ces composés.

La chaux est très-largement répandue dans l'organisme ; les expériences de Ghossat, et plus récemmant celles de M. Dusart, ont montré que la chaux agit non-seulement comme constituant du tissu osseux, mais encore comme reconstituant général et comme excitant de la nutrition. Son action topique, sur les voies digestives spécialement, a de tou^^ temps été utilisée dans les affections gastriques.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

douloureuses surtout. Ce sont en pareil cas les carbonates de chaux qui ont été employés avec le plus d'avantage. La chaux a, en outre, une action marquée sur la sécrétion minaire et sur l'état de la vessie; aussi a-t-elle été très-souvent employée contre les maladies des voies urinaires.

La magnésie se trouve dans les divers liquides de l'org-anisme partout où se trouve la chaux : son rôle physiologique est cependant moins important. Son action sur l'estomac est analogue à celle de la chaux. Employée à doses modérées, elle exerce une action doucement laxative, souvent utilisée dans le traitement des maladies gastro-intestinales. Elle a été aussi fréquemment administrée contre les calculs urinaires, et, d'après les expériences de Brande et Everard Home, rapportées par MM. Mérat et de Lens, elle s'oppose à la formation morbide de l'acide urique et l'emporte, dans le traitement de la gravelle, sur les carbonates de soude et de potasse. Elle est incontestablement utile dans le traitement des maladies hépatiques, spécialement quand il y a de la constipation.

La sonde et la iiotasse, employées à l'état de bicarbonates, à faibles doses et dans une grande quantité de véhicule, excitent la sécrétion stomacale (Cl. Bernard), activent les contractions de l'estomac et augmentent l'appétit. Dans une liqueur plus concentrée ou à doses plus élevées, elles suspendent au contraire la sécrétion gastrique.

C'est en partie à cette action qu'on peut, d'une part, rapporter l'augmentation de l'appétit qui se

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