‹ Guide aux eaux minerales des Vosges [electronic resource]Chapitre 39 sur 185 · J' TEL · texte numérisé non relu

J' TEL

le voyageur pendant un trajet de cinq kilomètres environ.

La Hutte est un groupe d'usines perdues au fond d'une étroite vallée entrecoupée de lacs dont les eaux se déversent dans un affluent de la Saône.

Jusque là votre conversation n'a été troublée que par le chant des oiseaux et le bruit du vent dans le feuillage.

Tout-à-coup, au détour de la tranchée , la scène change : le perpétuel mouvement des usines, le fracas des machines, la lueur ardente de la fonte en fusion, le gémissement stridentdes scieries, le bruit des marteaux sur les enclumes, en un mot la fiévreuse activité de l'homme en lutte avec la matière !

Choisissez au milieu des lacs l'Ile la mieux ombragée et installez-vous pour le déjeùner. Aimez-vous la friture;' jetez vos lignes et à l'auberge voisine on fera frire votre goujon. Après avoir pris quelques instants de repos, suivez la vallée et visitez la Planchotte et Droiteval.

Revenez par Senonges et Esley oii vous visiterez l'église souterraine des templiers.

SIXIÈME EXCURSION

Lamothe et Domrémy .

Lorsque le docteur vous aura ordonné quelques jours de repos, entre deux demi-saisons ou deux saisons, partez, en le bénissant des loisirs qu'il vous crée, pour Domrémy, la patrie de Jeanne d'Arc.

Sur la route vous rencontrerez les ruines de Lamothe, la vieille forteresse lorraine.

En 1644 Lamothe eut à soutenir son troisième siège contre les armées françaises, ce fut le plus mémorable et le dernier. Le général italien Magaletti, chargé par Mazarin d'en diriger les opérations, arriva devant la place le 6 décembre. Le brave Cliquot la commandait ;

EXCURSIONS AUX ENVIRONS

après avoir résisté jusqu'en juillet 1645, il fut enfin obligé de capituler. Il sortit de la forteresse enseignes déployées, avec armes et bagages. Contrairement aux stipulations, la France fit démolir non-seulement les fortifications de Lamothe^ mais encore toutes les maisons. Elle convia à cette œuvre de destruction les villes et les bourgades du duché de Lorraine, sous peine d'amende et d'occupation militaire. Lamothe fut donc complètement rasée ; ses habitants, emportant avec eux ce qu'ils avaient de plus cher et de plus précieux, se réfugièrent dans les villages voisins, et la montagne, témoin de tant d'exploits, fière d'avoir longtemps porté un peuple de héros, se couvrit d'illustres ruines et redevint calme et silencieuse comme une vaste tombe (1).

Il ne m'appartient pas de faire ici une description détaillée de Domrémy-la-Pucelle ; il est bon seulement que vous sachiez que le village est situé dans la charmante vallée de la Meuse.

Vous visiterez la maison où est née Jeanne d'Arc; elle a été consérvée dans toute sa simplicité première, on a seulement sculpté au-dessus de la porte d'entrée les armes de la famille. Une petite chapelle a été élevée au sommet du coteau auprès de l'arbre, encore vert, sous lequel Jeanne allait écouter ses voix. Tous les souvenirs se rattachant à la vie de la Pucelle ont été recueillis avec soin et sont exposés dans la maison de Domrémy; on y remarque aussi la statue due au ciseau de la princesse Marie d'Orléans.

Vous n'oublierez pas que la marraine de Jeanne d'Arc était originaire de Vittel et s'appelait Jehanne Tiercelin.

Vous reviendrez de votre excursion plus fort et plus confiant dans les destinées de votre pays, et le souvenir des gloires passées fera revivre en vous la foi dans un avenir meilleur.

(1) Charton. — Les Vosges pittoresques et historiques.

SEPTIÈME EXCURSION

Mattaincourt.

Après le « pèlerinage patriotique ■» de Domrémy, certaines personnes voudront faire le 'i pèlerinage religieux » de Mattaincourt. Belle route dans la vallée, en passant par Haréville, Laneuveville, Remoncourt, Bazoilles, Hymont : trajet d'environ une heure 45 minutes.

Sous Richelieu, était curé à Mattaincourt le Père Fourrier : ce modeste religieux résista avec la plus intrépide énergie aux menaces du célèbre cardinal et déjoua toutes ses manœuvres contre 'rindépendance de la Lorraine ; aussi dut-il s'expatrier et mourir en exil. Ce fut surtout par sa charité qu'il mérita la reconnaissance et l'admiration de ses contemporains ; il fut appelé le Bon Père.

Après sa mort, ses restes furent la cause d'un sérieux conflit.

Les habitants de Gray, admirateurs de ses vertus, voulaient conserver ses restes, qui furent réclamés par ses anciens paroissiens et transférés à Mattaincourt. A peine y étaient-ils arrivés que les chanoines réguliers les revendiquèrent à leur tour. Il en résulta des démêlés que dom Drouin, abbé de Saint-Pierremont , raconte en ces termes :

<c Nous (les chanoines réguliers de Saint-Augustin) u revendiquâmes cette précieuse relique ; mais les pau roissiensdu Bon Père ne voulurent point s'en dessaisir. « L'affaire fut portée devant le conseil du duc de « Charles IV et donna lieu à de longs débats. Nous « eûmes gain de cause, et il fut enjoint au gouverneur « de Mirecourt de nous prêter main-forte. Les hommes « de Mattaincourt, de ce avertis, se retirèrent en leurs « maisons et laissèrent agir leurs femmes et leurs filles. « Celles-ci^ nouvelles amazones, placèrent des senti- « nelles sur le clocher et se barricadèrent dans le chœur

EXCURSIONS AUX ENVIRONS

u de l'église. Leurs vedettes ne tardèrent point à signaler (( l'approche de nos révérends Pères escortés de soldats « lorrains. A cette nouvelle, femmes et filles se pla- « cèrent autour du cercueil du Bienheureux , s'entre- « exhortant à le défendre vaillamment.

« Nos Pères parurent peu après, notifièrent les ordres « du prince. Les femmes de Mattaincourt répondirent <( qu'ellés respectaient infiniment Son Altesse, mais <c qu'elles périraient toutes avant de se séparer de leur (t précieux dépôt. La troupe voulut user de violence, et « une sanglante collision allait s'engager, quand nos « révérends pères, touchés de tant de dévouement à la « mémoire de notre bien-aimé réformateur, se désistè- « rent de leurs prétentions. Les habitants de Mattain- (( court conservèrent donc le corps de leur bon Père si « courageusement gardé. »

Sur son tombeau s'élève aujourd'hui une des plus belles églises de notre siècle, où viennent constamment l)rier de longues files de pèlerins partis de tous les points de la Lorraine (1).

HUITIÈME EXCURSION

Le château de Houécourt. — Les Houillères.

Voici une charmante promenade à faire en voiture après le déjeûner. A^ous descendez la vallée du Vair jusqu'à Houécourt. Vous demanderez la permission, toujours gracieusement accordée, de visiter le château et son magnifique parc. Vous passerez quelques heures sous ses frais ombrages.

Les amateurs de minéralogie visiteront au passage les houillères de Norroy et de Mandres.

(1) Lire la très-intéressante biographie du R. P. Fourrier par M. le curé Chapiat de VitteL

CONTREXÉVILLE

L'origine scientifique de Contrexéville, dont les sources n'étaient jusque-là fréquentées que par les habitants des villages voisins, date du mémoire lu à la Société des Sciences et Arts de Nancy, le 10 janvier 1760, par le Bagard, premier médecin du roi Stanislas de Lorraine, auquel nous empruntons le passage suivant :

Les eaux minérales de Contrexéville sont souveraines dans les maladies des reins, des urétères, de la vessie et de furèthre, telles que la pierre, la gravelle, les glaires et les suppurations. Nous osons avancer que ces eaux sont souverainement efficaces contre la pierre, qu'elles détachent et font sortir de la vessie, quand elles ne sont que d'une grosseur médiocre : qu'elles ont la propriété de dissoudre en fragments celles qui sont plus grosses et d'une nature plâtreuse. Nous conservons une liste des personnes de tout âge, qui ont rendu, depuis plusieurs années, des pierres par faction de ces eaux.

Elles sont bonnes pour prévenir les retours de la goutte, en rétablissant la souplesse des nerfs et des parties membraneuses, desséchées par les humeurs de la maladie.

Comme ces eaux contiennent des parties ferrugineuses, un acide minéral et du savon, elles sont très-

CONTREXÉVILLE

utiles dans les cas d'épaississement de la bile et dans les obstructions du foie, avec d'autant plus de raison que ces eaux ont la vertu purgative.

Cette citation donne, dans le style médical de l'époque, une idée très-exacte des propriétés des eaux de Contrexéville, qu'elle n'exagère en rien ; aussi les malades étrangers commencèrent-ils dès cette époque à venir en faire usage.

Plusieurs cures sont restées très-célèbres, et, entre autres, celle de l'abbé de Bouville, qui, après avoir été opéré trois fois de la pierre, avait trouvé, dans cette source salutaire, un soulagement à ses maux tel qu'il put enfin terminer sa carrière, qui se prolongea encore de plusieurs années, sans avoir recours de nouveau à cette cruelle opération. Des effets tout aussi merveilleux, opérés sur plusieurs grands seigneurs de la Lorraine et des environs, avaient commencé à leur faire une grande réputation.

De 1775 à 1789, le village de Contrexéville, grâce à la renommée et au mérite de Tliouvenel, médecin de la cour de Versailles, qui avait fait de ses eaux un pompeux éloge, vit aflluer dans son établissement des princes et des gentilshommes. Ces personnages, dans leurs moments de loisir, s'amusaient à jouer eux-mêmes la tragédie et la comédie dans une jolie petite salle de spectacle construite aux frais du prince d'Hénin.

Les Anglais eux-mêmes arrivèrent à Contrexéville, et plusieurs d'entre eux firent bâtir sur le

CONÏREXÉ VILLE .

coteau, à l'extrémité du village, un grand édifice à plusieurs étages, connu encore aujourd'hui sous la dénomination de Maison des Anglais, et qui n'est plus actuellement habité que par quelques pauvres artisans de la localité. On comprendra sans peine, d'après ce que je viens de dire, quel terrible coup la Révolution de 1789 dut porter à la fortune des eaux de Contrexéville, que le ministre Necker voulut acheter pour le compte de FÉtat. L'émigration priva ce village de la présence annuelle de ses nobles habitués , et, tant que dura la tourmente révolutionnaire, la station fut à peu près délaissée.

A l'époque de la Restauration, un ancien chirurgien des armées impériales, Mamelet, vint se fixer à Contrexéville pour y exercer la médecine. Il eut occasion d'y rencontrer le D"" Thouvenel, qui lui fit connaître les propriétés de la source d'eaux minérales. En 1825, Mamelet, qui avait étudié consciencieusement les effets de ces eaux, pablia un premier travail qui fit une sensation telle, que, à partir de cette époque, elles prirent dans la thérapeutique un rang sérieux, puisqu'un spéciahste éminent, M. le D"" Civiale, écrivait, en 1828 :

Il me paraît démontré que ces eaux possèdent la propriété d'exciter fortement la contractilité de l'appareil urinaire , et que cette propriété les rend utiles pour déterminer l'expulsion des gros graviers, en même temps qu'elle conduit à un diagnostic plus certain de la pierre vésicale, question qui a plus de portée qu'on ne pense.

CONTREXÉVILLE

ne 1825 à 1844, Mamelet publia une seconde, puis une troisième édition de son travail, avec un grand nombre d'observations à l'appui.

Néanmoins l'afUuence, aujourd'hui considérable à Contrexéville, fut lente à s'établir, malgré les mérites incontestables de cette station. M. le D'' Pescliier, dans une notice sur les eaux minérales de Vittel, en explique ainsi le motif :

Quand nos nombreux établissements thermaux, si divers, mais tous animés d'un même désir de faire du bruit dans le monde, s'illustraient et se vulgarisaient par le retentissement de la réclame non moins que par l'étude et la discussion scientitique, Contrexéville seul, à peine tiré de son obscurité par les travaux consciencieux, mais peu retentissants, de Bagard et de Thouvenel, attendait en silence, de la reconnaissance de ses clients, que l'opinion médicale se fixât irrévocablement sur sa valeur précise.

Pure de toute surprise, de toute excitation de l'opinion, dédaigneuse d'une éclosion précoce et partant éphémère, cette bienfaisante source, par le seul fait de la multiplicité et de la constance des guérisons qu'elle a disséminées de par le monde, est parvenue à ce point de notoriété publique que son nom n'est pas moins identifié avec l'idée de gravelle que celui de sulfate de quinine avec l'idée de fièvre intermittente. Cette justice lui est rendue par tous et sans conteste.

Contrexéville est situé, nous l'avons vu, dans une vallée ouverte du sud au nord, dont le sol calcaire appartient à l'époque du muschelkalk. On rencontre dans toute cette vallée, à une profondeur de trois mètres environ, un banc d'argile verte de un

CONTREXÉVILLE

mètre d'épaisseur, au travers duquel se sont fait jour, en le délayant, les sources du Pavillon, du Prince et du Quai, connues de tout temps à Contrexéville ; la source la Souveraine, qui est de création moderne, semble, au contraire, avoir une autre origine.

Des puits de Captage qui pénètrent dans cette argile verte isolent les sources des eaux potables ou des eaux pluviales qui circulent dans les couclies calcaires supérieures à cette nappe d'argile et leur permettent d'arriver, pures de tout mélange, à leurs robinets d'écoulement.

Source du Pavillon : Cette eau est froide et limpide, sa température est invariablement de 11^ 5 centigrades.

Sa densité, un peu supérieure à l'eau distillée, est de 1029.

Elle a une saveur fraîclie et légèrement styptique.

Presque sans réaction sur la teinture de tournesol, elle verdit néanmoins le sirop de violettes.

Abandonnée à l'air libre, elle se couvre d'une pellicule irisée qui se redissout par l'agitation.

La vasque de pierre qui la reçoit, les objets qu'on y plonge, se recouvrent rapidement d'une couclie ocracée semblable à de la rouille, qui est composée de carbonate de fer associé à du carbonate de chaux.

Les principes minéralisateurs sont, d'après l'analyse faite en 18(34 par M. Debray, membre de l'In-

CONTREXÉVILLE

stitut, les sulfates de chaux et de magnésie, les bicarbonates de chaux, de magnésie, de fer et de lithine auxquels on doit ajouter des traces de fluor et d'arsenic. C'est donc, avant tout, une eau à base de chaux avec de la lithine à laquelle le fer et l'arsenic ajoutent leurs qualités reconstituantes, si précieuses chez notre génération d'anémiques.

Les sources du Prince et du Quai ont la môme température que la source du Pavillon : le débit de la première est de 12 litres et celui de la seconde de 67 litres à la minute.

Les propriétés physiques de l'eau qu'elles fournissent sont sensiblement les mêmes que celles de la source principale, seules leurs propriétés chimiques présentent quelques variétés.

L'analyse comparative des dépôts de ces trois sources, par MM. Baudrimont et Lepage, montre que la source du Prince contient plus de fer et d'arsenic et la source du Quai plus de magnésie que la source du Pavillon : aussi les femmes et les jeunes filles se trouvent-elles en grand nombre auprès de la première.

La source la Souveraine ne date que d'une vingtaine d'années, elle dilfèrc assez notablement des précédentes. Sa température n'est que de 10° cengrades ; elle ne laisse aucun dépôt ocracé dans les réservoirs et ne présente pas la pellicule irisée si caractéristique des trois premières sources.

Elle ne contient pas de fer, mais, en revanche, est

CONTREXÉ VILLE.

Leaucoup plus riche en mag-nésie que la source du Pavillon ; elle est moins diurétique et plus laxative que celle-ci.

Ces propriétés la rendent utile chez les malades, dont l'intestin trop paresseux n'a pas éprouvé les eliets laxatifs que détermine généralement l'ingestion de la source du Pavillon.

Mode d'administration des Eaux.

C'est évidemment à Tingestion de l'eau que revient la plus grande part des succès de Contrexéville. Bue à jeun par verrées espacées de dix, quinze, vingt ou trente minutes, elle détermine sur l'économie des effets que nous décrirons plus loin. Elle est, comme l'a écrit M. le D'" Pâtissier, « si amie de Testomac » qu'il peut sans fatigue en ingérer des doses relativement considérables. Ces doses doivent être néanmoins réglées par le médecin traitant suivant l'âge, le sexe et la maladie du buveur. Un graveleux robuste, un goutteux débilité, une femme atteinte de coliques hépatiques, un vieillard atteint de catarrhe de la vessie, nécessiteront chacun une médication spéciale.

Le traitement externe comprend, à Contrexéville, les bains, les douches générales ou locales, chaudes ou froides, les bains de siège simples, les bains de siège à eau courante, les douches ascendantes et les douches vaginales.

Quarante-six cabinets de bains, cinq grandes dou-

EFFETS PHYSIOLOGIQUES

elles, trois appareils pour bains de siège à eau courante, un pour douches vaginales et deux douches ascendantes permettent jusqu'ici de faire face à tous les besoins du traitement hydrominéral.

Dans la plupart des cas, les résultats obtenus par la cure faite sur place seront confirmés par l'usage de l'eau à domicile ; ses effets, moindres qu'à la source, sont, cependant, faciles à constater chez les personnes qui en ont fait usage, surtout dans le cas d'affection chronique de la vessie. Néanmoins il importe que l'eau soit bue en majeure partie à jeun ou dans l'intervalle des repas. Enfin, quoique nous ayons dans un cas obtenu un résultat satisfaisant avec de l'eau embouteillée depuis sept ans, nous recommanderons aux malades de se procurer l'eau la plus fraîche possible en s'adressaiit soit à l'établissement, soit au dépôt central, 23, rue de la Michodière, à Paris.

Effets physiologiques des Eaux.

Les eaux de Gontrexéville possèdent la propriété de stimuler toutes les sécrétions, mais surtout la sécrétion uriiiaire.

Du côté de l'estomac, cette stimulation se traduit par une augmentation de l'appétit et une régularisation des fonctions de la digestion, remarquable surtout chez les malades sujets aux troubles dyspeptiques qui précèdent l'apparition de la diathèse urique.

CONTREXÉVILLE

Du côté de l'intestin, on voit, vers le quatrième jour de la cure, se produire un effet laxatif, consistant en trois ou quatre selles liquides et ne fatiguant nullement les malades.

Du côté de l'appareil circulatoire, cette stimulation se traduit par une sorte d'ivresse coïncidant avec l'ingestion de l'eau et disparaissant toujours avec le premier repas.

Les fonctions de la peau, lorsqu'elles sont supprimées, tendent à se rétablir sous l'influence du traitement hydrominéral.

Selon le D'" Baud, les fonctions génitales seraient chez l'homme également stimulées par l'usage de l'eau du Pavillon. Chez la femme atteinte de goutte ou de gravelle, elle tend à rétablir la régularité des règles et a pu ainsi rendre fécondes des femmes jusque-là stériles.

Mais c'est sur l'appareil urinaire que s'observent surtout les effets physiologiques déterminés par les eaux de Contrexéville. Elles produisent une diurèse considérable et font évacuer une quantité de liquide supérieure à celle do l'eau ingérée. Elles modifient la muqueuse des voies urinaires et doivent à cet effet leurs résultats remarquables dans le catarrhe vésical. Elles réveillent la contractilité dans l'atonie de la vessie. Elles chassent sans douleur les graviers contenus dans les reins, comme on peut le voir chaque jour autour de la source du Pavillon, et font éliminer l'acide urique en excès dans l'économie. Enfhi, elles révèlent les calculs volumineux jusque-là ignorés , auxquels leur dimension ne

EFFETS PHYSIOLOGIQUES

permet pas le passage par les voies naturelles.

Les maladies traitées à Contrexéville sont, par ordre de fréquence, la gravelle, la goutte, les maladies de la vessie et de la prostate, les coliques hépatiques et le diabète.

Les effets obtenus à Contrexéville dans la gravelle sont trop universellement connus pour qu'il soit nécessaire d'insister longtemps sur ce sujet; les brillants résultats qui ont fait dire que Contrexéville était à la gravelle ce que le sulfate de quinine est à la fièvre intermittente seraient encore plus mar- Iqués si tous les graveleux voulaient s'astreindre à l'hygiène qui leur est recommandée au départ. I Malheureusement un grand nombre d'entre eux re- ' commencent à pécher par excès de recette ou défaut de dépense, par une alimentation trop riche ou par une vie trop sédentaire, et, les mêmes causes ramenant les mêmes effets, ils sont réduits à venir chercher à la source du Pavillon l'impunité pour leurs I excès futurs. Ce qui précède s'applique spécialement à la gravelle urique (gravelle rouge).

M. Durand-Fardel, inspecteur des sources d'Hauterive, à Vichy, dont les travaux sur les eaux minérales et les maladies chroniques ont une légitime autorité, formule ainsi l'indication des eaux de Contrexéville dans ce genre de gravelle :

Dans les cas de douleurs rénales habituelles, de disposition au retour des coliques néphrétiques, ou dans les cas moins simples où les douleurs persistantes et les urines troubles annoncent un certain degré d'inflammation ou de catarrhe vers le rein, les eaux de Contrexé-

CONÏREXÉVILLE.

ville, transportées s'il le faut, mais surtout prises sur place, sont tout à fait indiquées. Les eaux minérales bicarbonatées et notablement minéralisées, et Vichy en particulier^ sont au contraire contre-incliquées alors. Il faut insister sur ce sujet, qui n'est pas assez connu de la généralité des médecins (1).

Dans la gravelle phosphatiqiie (gravclle blanche) aucune médication n'a donné de résultats comparables à ceux que nous avons pu constater à Contrexéville.

L'urine des malades est dans cette affection ou fortement alcaline ou moins acide que Turinc normale, et ils assistent à ce phénomène, au moins surprenant: sous l'influence de l'usage de l'eau faiblement alcaline de la source du Pavillon, leur urine redevient plus ou moins acide. Gela tient simplement à ce que, l'inllammation des voies urinaires disparaissant par le traitement hydrominéral, le retour du liquide excrémentitiel à l'état normal s'opère peu à peu.

Lorsque chez ces malades il existe des graviers, ceux-ci sont souvent, suivant l'expression du D'' i Baud, rendus en bouillie, car ils sont loin d'avoir la | consistance des graviers uriques, mais ils se repro- 1 duisent avec beaucoup plus de rapidité. |

La goutte, et surtout la goutte atonique, est unr des affections qui se trouvent le mieux de l'intervention de ces eaux.

(1) Durand-Fardel. — Traité pratique des maladies chroniques. Paris. Asseiin, 1868, t. I, p. 145.

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