ACCIDENTS, ETC
sont les coxalgies rhamastisra aies et les coxalgies hystériques ou spasmodiques , sur lesquelles les eaux de Bourbonne ont une action si remarquable ; c'est le cas de Mii'^R... et de M. G. R..., que n'ont certainement pas oublié les habitués de notre station.
Accidents consécutifs aux fractures, luxations , entorses , blessures par armes à feu , etc.
Par elles-mêmes, les lésions traumatiques n'ont rien à voir avec le traitement thermal; les accidents consécutifs seuls doivent nous occuper; c'est ainsi que dans l'entorse et dans la luxation nous n'avons qu'à considérer les lésions chroniques qui peuvent leur succéder. Chez les uns, c'est la gêne, la raideur, la faiblesse, la douleur et le gonflement péri-articulaire ; chez les autres, la maladie se complique de la contusion des tissus, d'écrasement, de plaie extérieure, de fracture, qui peuvent entraîner une difformité plus ou moins grande et souvent une ankylose plus ou moins complète.
Dans le premier cas, une saison suffit le plus souvent pour rendre à l'article ses fonctions ; dans le second, plusieurs années sont souvent nécessaires. Nous ne parlons pas, bien entendu, de ces cas désespérés de luxations anciennes méconnues ou non réduites, de fractures vicieusement consohdées, contre lesquels les eaux de Bourbonne,
BOURDONNE
comme toute autre médication, restent impuissantes.
De même que l'entorse, la fracture par elle-même ne réclame pas le traitement thermal. Les malades ne viennent aux eaux que pour les accidents qui suivent la consolidation, tels que l'empâtement et le gonflement au niveau de la cassure, l'œdème ou l'atrophie du membre, l'engorgement et la roideur des articulations voisines, la faiblesse, la gêne, la difficulté du mouvement, la douleur plus ou moins vive, tantôt sourde, tantôt aiguë, se faisant surtout sentir par les changements de temps.
Les fractures par armes à feu, le plus souvent compliquées, nécessitent un traitement approprié et bien suivi, soit qu'il y ait des esquilles à éliminer, un abcès à éviter ou à provoquer, ou encore des cicatrices à protéger.
Contrairement à l'usage ancien, nous croyons que les accidents consécutifs aux fractures seront traités avec d'autant plus de succès qu'ils nous arriveront plus près de l'époque de l'accident, quatre à six mois environ, et sans craindre de voir la fracture se reproduire. Des recherches, entreprises par nous sur ce sujet, semblent avoir mis ce fait hors de doute et prouvé tout le chimérique du ramollissement du cal par les eaux minérales.
D'" E. BOUGARD.
DESCRIPTION
DESCRIPTION
Sur le parcours d'une voie romaine conduisant d'Andomatunum (Langres) à Noviomagus (Nijon), au point où la Meuse prend sa source, la carte de Peutinger place un grand édifice quadrangulaire avec cour intérieure, servant à indiquer un établissement thermal, avec le mot Indesina au-dessus, suivi du chiffre XVI.
Cet établissement thermal, à seize lieues gauloises de Noviomagus, n'est autre chose que Bourbonneles-Bains, célèbre dès les temps les plus reculés par ses eaux minérales, et où les Romains possédaient des bains d'une grande magnificence.
Bourbonne, l'antique Indesina Borvo des Romains, est aujourd'hui une petite ville du département de la Haute-Marne, sur le chemin de fer de Paris à Belfort, station de La Ferté-Bourbonne.
Sa population est de 4,000 habitants.
Elle est située à 53 kil. sud-est de Chaumont, le chef-lieu du département, 39 est de Langres, le chef-lieu d'arrondissement, 36 sud-ouest de Vittel, 52 ouest de Plombières, à l'extrémité méridionale de la Champagne, sur les confins des anciennes provinces de Lorraine et de Franche-Comté, dans la contrée qu'on désigne plus habituellement sous le nom de Bassigsy.
Le climat est le climat vosgien ; la température moyenne de l'été est de 18° centig. Cette saison est
généralement belle, mais l'automne est toujours magnifique.
Coquettement assise sur la croupe et les versants d'une colline qui relie le plateau de Langres aux montagnes des Vosges, au confluent de la petite rivière d'Apance et du ruisseau de Borne qui arrosent son territoire, Bourbonne, vue du haut du Jardin des Bains, ou mieux du Mont-Tonnet, ofl're un aspect des plus pittoresques : c'est, sur le plateau, dans le vaste enclos du château, au milieu d'arbres séculaires, la belle maison moderne qui remplace le donjon féodal; sa vieille église, qui vient d'être classée parmi les monuments historiques, l'hôtel de ville et les grands arbres de la pl^ce ; les écoles des deux sexes et l 'hôtel-Dieu.
L'origine de Bourbonne, comme étabhssement de bains, est très-ancienne, et il y a tout lieu de supposer que ses eaux thermales étaient connues et fréquentées par les Lingons et les autres peuplades du voisinage.
Après la conquête de la Gaule, les vainqueurs, le fait est certain, y construisirent un édifice considérable. Tout récemment encore, on a retiré du puisard romain environ cinq mille médailles impériales, dont quatre en or, environ trois cents en argent et le reste en bronze ; deux statuettes, des têtes de dragons, des débris de toutes sortes, le tout en bronze, et trois autels votifs en pierre.
Déjà, en 1869, lors de la construction du grand égout collecteur, on avait découvert, parmi d'autres constructions romaines, trois inscriptions votives;
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ce qui porte à huit, y compris les deux anciens, connus depuis longtemps, le nombre des ex-voto, en l'honneur du dieu Borvo et de la déesse Damona, les divinités protectrices des sources, trouvés à Bourbonne jusqu'à ce jour.
Bourbonne, dans le principe, dut s'appeler hidesina; on lui adjoignit plus tard le mot Borvo pour désigner les sources qui existaient dans la localité, comme aujourd'hui on ajoute les mots les Bains à Bourbonne pour indiquer que cette ville possède des eaux minérales. Mais on ne tarda pas à abandonner le nom àlndesina pour ce]m de Borvo, formé des mots Verv et on, signifiant, en langue gaélique, fontaine chaude, d'où est venu Yervone, Vorvone, Borvone, Borbonne et enfin Bourbonne. Cette transition synonymique semble apparaître clairement dans le nom de Yervonense castrum, que portait au moyen âge le château construit en 612, par les rois Théodebert et Thierry, sur l'emplacement d'un temple dédié à Borvo, le dieu protecteur de la source.
Depuis lors, on ne trouve plus aucune donnée sur l'histoire de cette ville jusqu'au commencement du xiii" siècle. Nous voyons alors la seigneurie indivise entre les maisons de Tricliastel et de Choiseul. En 1338, elle passe par alliance à la maison de Vergy. Vers 1409, Jeanne de Vergy l'apporte en dot à Henri de Beauffremont ; elle reste dans cette maison jusqu'en 1477, époque à laquelle elle passe, par le mariage de Françoise de Beauffremont avec Bertrand de Livron, capitaine, pour le roi, du château
BOURBONNE
de CoifFv, à la maison de Livron, en la possession de laquelle elle reste jusqu'en 1680. Elle tombe alors dans des familles moins notables, pour lesquelles elle n'est plus qu'une affaire de revenu : les Colbert du Terron, Desmarets de Mailbois, de la Roclie- Corbon, de Garpegna, de Chartraire, d'Avaux. Le dernier propriétaire à titre seigneurial fut Rigoley, comte d'Ogny, comme héritier de de Char-
traire.
Il ne reste plus aujourd'hui, de l'ancien château, que les murs d'enceinte et une espèce de poterne, flanquée dans l'origine de deux tourelles.
Les Etablissements.
Les établissements thermaux appartiennent à l'État. Ils se composent de l'établissement des bains ! civils et de l'Hôpital militaire. Le premier est ouvert . du 25 avril au 15 octobre, le second du 15 mai au j 15 septembre. Il est à peu près certam aujourd'hui j que les nouveaux bains civils seront installés en vue i d'une saison d'hiver. En ce cas ils resteraient ouverts toute l'année. ;
Si l'on s'en rapporte à une vieille tradition devenue populaire, la découverte des sources serait due aux | cochons de la Neuvelle-les-Coiffy, ce qui a fait dire à Diderot, le philosophe langrois : « Quand je pense que ce sont les mêmes animaux qui ont trouvé les sources salutaires de Bourbonne, auxquels nous de- ;