‹ Guide canonique pour les Constitutions des Instituts à voeux simplesChapitre 42 sur 122 · DU COSTUME · texte numérisé non relu

DU COSTUME

H'»U (129). Le costume de l'institut doii former uu chapitre sonstitutions, mais, bieu entendu, on ce peut ici que L'indiquer, l'n costume de sœur doit satisfain à cette triple cou-

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dition : ne pas avoir été déjà pris par une autre congrégation, être conforme à la pauvreté religieuse, ne rien avoir qui puisse exciter le ridicule ou ne soit pas convenable à la modestie et à la gravité religieuse. « Vestes sint nigri coloris, ita vero eonficiantur ut sororum gravitait ac paupertatis voto potissimum respondeant, sériais vestibus omnino excluais. » (Sœurs de h Réparation, Milan, 22 mai 1895, ad 10.) Quant à ce qui touche la pauvreté religieuse, les Norwxie, § 67, défendent les ornements d'or ou même d'argent, n'autorisant sous ce rapport, et encore avec le mot latin fortasse qui indique plus une tolérance qu'une permission, une petite croix toute simple en argent ou une médaille de même métal. Il faut avoir soin que les inscriptions gravées sur ces croix ou ces médailles soient approuvées par la sainte Eglise et ne s'écartent point des traditions et usages reçus. Quant à la soie, les mêmes Normae l'excluent non seulement pour la confection des vêtements, mais même pour les ornements qu'on pourrait leur appliquer. « Née sericae vestes permittantur, nec omatus serici vel alii qui vanitatem praeseferant, et ad murmurationem vel risum concitent. » Les Sœurs Célestines avaient une robe bleue, et un camail blanc ; la S. Cong. a trouvé ce costume trop voyant, disons le mot, trop coquet, et leur impose, soit un camail bleu, soit un camail noir, malgré que les sœurs eussent tiré de leur nom même la couleur de leur costume (1903).

161 (129 bis). Est-il nécessaire que religieux et religieuses aient un costume? Non, ce n'est point absolument nécessaire ni poulies uns, ni pour les autres, mais chose à noter, si nous avons plusieurs congrégations de femmes dépourvues de costume religieux, je ne connais pas de congrégations d'hommes qui n'aient point une soutane se rapprochant plus on moins de celles des membres du clergé. Les frères convers dans certains instituts peuvent ne point porter au dehors l'habit religieux. D'autres fois, le port de cet habit pour les convers est laissé à la prudence du supérieur général (les Frères de Saint- Vincent de Paul), cependant la S. Congrégation presque toujours demande pour les instituts d'hommes un costume religieux.

128 Première Partie.

Pour les instituts de femmes, relativement assez nombreux, qui ne portent point d'habit religieux, la S. Congrégation avait émis, le 11 août 1889, le décret « Eeclesia Catholica », qui était assez dur pour elles. La S. ( 'ongrégation contemplait le cas de personnes vivant en communauté mais sans habit religieux, et celui de personnes ne vivant pas en communauté, et leur déniait, aux unes comme aux autres, le titre et la qualité de religieuses. « Sacra Congregatio, quando taudat cet approbat huiusmodi Instituta, etiam sud expresso Congregationum nomine, ea intendit laudare ctapprobare,non quidemati MeUgionesformales wtorum sotemnium, neque etiam ut formates seu >■< ras religiosas ( 'ongregationum wtorum simplicium, sed ta ut mu uti pias sodalitates, in quibus, praeter alia quae iuxta hodiernam Eccleaiae disciplinant desiderantur , nec religiosa professio proprie dicta emittitur, sed cota, si quae fiant, privata censentur, non publica muni m- Ecclesiae a legitimo Superiore accepta. »

En vertu de ce décret, ces instituts n'étaient que de pien associations, les vœux qu'émettaient ses membres étaient privés, sans être reconnus et acceptés par l'Eglise. Mais ce décret n*eut qu'une durée éphémère, et la coutume contraire l'a tellement fait tomber en désuétude qu'il est maintenant considéré comme abrogé. La preuve s'en trouve dans la pratique de la S. Congrégation et dans les décrets qu'elle donne aux instituts de ce genre. De plus, on a pris soin dans les Normae d'indiquer à la fin les divers décrets qui regardent certaines catégories de religieux ou religieuses; or elles ne parlent point de la citation obligatoire de ce décret. D'ailleurs la pratique de la S. Congrégation est actuellement d'agir comme s'il n'avait pas été porté.

Et si on s'étonne qu'un pareil décret soit si facilement et si rapidement tombé en désuétude, à tel point qu'on peut. m. uns de vingt ans après sa promulgation, le considérer comme virtuellement abrogé, nous citerons un antre exemple plus important, et qui touchait à des intérêts autrement graves. Sixte V. dans sa lmllc " Postguam vêtus >• de :! déc. l"'v'->. établissait le droil qu'avait, bous certaines conditions, un cardinal diacre d'opter directement pour un siège auburbicaire vacant Bans avoir été pourvu auparavant d'un titre presbytéral. Cette constitution ne tilt pas

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observée, et sous Clément VIII (mort en 1605), une congrégation de la Rote examinant cette bulle la déclarait prescrite par le non-usage. On voit donc que cette doctrine n'est pas nouvelle, et s'applique même aux Constitutions apostoliques.

162 (130). Ce costume doit être nettement décrit, indiquant pour chaque partie du vêtement, la matière de l'étoffe et sa couleur ; il faut aussi inscrire les variations nécessaires pour les novices ou sœurs du voile blanc, et les converses ; s'il y a un habit de chœur, avoir soin de le faire connaître. Nous disons variation ou modification, et celle-ci doit être telle que l'on puisse toujours, par le costume même des converses, grâce à sa ressemblance avec celui des sœurs de chœur, voir qu'elles appartiennent au même institut. « Differentia habites coadjutricum inter et choristarum non admittitur, sed ita utrarumque testes conficiantur ut uniformitas in alterutro g radie appareat. » {Sœurs Augustines du Cœur très pur de Marie, Paris, 2 mars 1894, ad 2. — Norrnae, § 68.) On ne pourrait donc pas s'appuyer sur l'exemple de quelques ordres réguliers, les Bénédictins de France par exemple, qui ont donné à leurs convers un fror marron, pour tenter quelque chose de semblable.

Mais cela ne suffit point encore. Comme il est difficile que la S. Congrégation puisse, sur une simple description, se rendre compte de ce costume et voir si, soit pour la couleur, soit pour la forme, il convient à des vierges consacrées au Seigneur, elle désire que chaque institut en envoie à Rome au moins un dessin. Tel est le sens de cette décision. <r Affirmative pro approbatioae... et ad mentem. Mens est quod non concedatur decretum approbation lis nisi prius Institutum praesentaverit S. Congregationis habitus formuim et dotis quantitatem pro sororibus tum choristis quum conversiez » {Sœurs des pa livres rieux abandonnés, Valenda, 17 mai 1897.)

Au lieu d'un dessin, quelques instituts ont envoyé une poupée habillée absolument comme les sœurs; on se rendait ainsi mieux compte et de l'ensemble et des détails. L'essentiel en tout cas est que les instituts puissent mettre Rome à même de

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