DES SUFFRAGES
313 (265). Quand un religieux est passé à meilleure vie, les obligations que l'institut a contractées envers lui ne sont point pour cela éteintes. La charité de l'institut doit accompagner cette âme par delà la tombe, et essayer par ses prières, et surtout par le saint Sacrifice de la messe, de lui obtenir au plus tôt la cessation de son temps d'épreuve dans les flammes du purgatoire. C'est pour cela qu'il faut déterminer des suffrages pour les défunts. « Determinentur suffragia quaepost obitum sodalium Jieri debent in Instituto. » {Fils de Marie Immaculée, Vérone, 9 sept. 1892.) Ces suffrages doivent être proportionnés au rôle qu'a rempli la sœur dans l'institut. « Determinentur mffragia pro omnibus proportionate sororibus vita functis. » [Sœurs de la Doctrine chrétienne, Digne, 1? juin 1897, ad 11.) Us doivent se faire pour le Souverain Pontife et l'Ordinaire. « Suffragia etiam in morte S. Pontificis atque Ordinarii loci statuenda erunt. » (L. c, ad 45.) De plus on ne saurait oublier les bienfaiteurs. « Pro necessariiê et benefactoribus defunctis placeret si aliquod suffragiumi ex. gr. aliqua missa applicanda per annum statueretur, » (1t. — Voir Normae, § 190.)
314 (200). Parmi les suffrages, le meilleur et le plus excellent de tous est le saint Sacrifice de la messe, a Prai ri/mc autem Missae quaedam pro singulis defunctis celebrandae stabiliantur. t (Normae, \ 191.) < >n peut donc se demander dans quelles limites ces suffrages, ou mieux ces messes, doivent être célébrées pour les sujets défunt s.
11 faut mettre d'abord de côté les services que l'on fail annuellement pour tous les sujets passés à meilleure rie, el les messes privées que l'institut Fail célébrer dans ce but. Mais quand
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un sujet meurt, comme la S. Congrégation ne détermine rien, il semble que le plus simple serait de suivre comme un minimum les indications du missel Romain. Celui-ci indique une messe pour le jour de la mort ou de l'enterrement, puis une pour les troisième, septième et trentième jours, et enfin pour l'anniversaire. Ce serait donc cinq messes au minimum que l'institut devrait à chacun des sujets suivant les désirs de l'Église pour tous ses enfants, et il serait dur pour ses membres que l'institut descendît au-dessous de ce minimum. En général, outre les messes célébrées dans la maison où est décédé un religieux, toutes les autres maisons de l'institut, ou au moins de la province, font célébrer une messe. Xous trouvons dans une animadversion donnée aux Sœurs de l'Ange Gardien, Montauban (10 mai 1805, ad 89), qu'il faut au moins sept messes pour la supérieure locale. « Septem saltem missas etiam pvo superiorissa locali celebrari decet. » Et cette prescription, bien qu'elle soit loin d'être constante, peut servir d'indication. Du reste on ne reproche jamais à un institut d'excéder dans les suffrages qu'il fait pour ses défunts ; c'est parfois le contraire qui arrive. Mais les religieux se souviendront toujours devant le Seigneur de ceux qui les ont devancés, et leurs prières, leurs mortifications seront autant de liens qui attacheront étroitement la partie souffrante de l'institut à celle qui travaille sur la terre pour mériter les joies ineffables du ciel. Aussi tous les ans chaque communauté fait célébrer un service, ou au moins fait dire une messe basse pour les religieux défunts de son institut.