Deuxième Partie
Providence qui ne saurait manquer à ceux qui s'appuient sur elle. On citera l'exemple du Vén. Cottoleugoquien allant signer le premier acte d'achat d'une propriété de 30.000 francs pour le berceau de sa célèbre Piccola Casa délia Diana Providenzaj ne trouva sur lui qu'une pièce de 0 fr. 50 et la donna à un pauvre qui passait en disant : « C'est trop peu pour payer ma propriété, et trop pour ma confiance en Dieu. » Dom Bosco avait agi de même. Tous ces exemples, et on pourrait en allonger la liste, ne prouvent quelque chose que si l'on se met précisément dans les conditions où étaient ces saints personnages ; il faudrait avoir la même confiance en Dieu, le même désintéressement des biens de la terre et des moyens humains qui peuvent y conduire, enfin le zèle de la gloire du Seigneur qui fait tout juger à sa lumière. Mais quand bien même toutes ces qualités seraient réunies dans un Supérieur, il ne pourrait plus imiter actuellement soit Dom Bosco, soit le Yen. Cottolengo. En effet, il se trouve maintenant en face de dispositions précises de l'Église, et si elles gênent ses projets d'agrandissements, de nouveaux établissements, d'entreprises qu'il juge utiles à la gloire de Dieu, il doit se rappeler que l'obéissance est préférable aux victimes, et qu'il sera bien plus agréable au Seigneur en sacrifiant ses plans, quelque beaux qu'ils lui paraissent, à l'observance exacte, je dirai même scrupuleuse du décret Iîiterea.
Je ne parle pas des illusions que l'on peut se faire dais cette matière et des conséquences graves qui peuvent en résulter pour des instituts. Sans vouloir citer des faits précis, bien connus à la Congrégation des Religieux, mais qu'il convient de couvrir du manteau protecteur du silence, il est arrivé plusieurs fois que des Supérieurs locaux ou des Supérieurs généraux ont, peur avoir oublié ces règles, ruiné presque complètement leur institut, ou au moins lui ont causé un dommage dont il mettra longtemp.à se relever. Oubliant les sages prescriptions du Concile de Trente Sess. XXII, chap. I <!>' Reform. . les Constitutions apostoliques de Benoît XIV t Apastolica* o, 25févr. 1741, de Clément XIII <t Cum primum », ".'" Bept. 1759, il est arrivé que des instituts religieux ont confié Les fonds donl ils disposaient à des maisons de banque pour taire de la banque
Formalités à observer. 383
aient joué à la Bourse. L' Union générale a été, sur ce point, funeste à bien des instituts, qui, s'ils avaient observé les règles imposées à tous les clercs, auraient épargné à leur société de dures pertes et à eux des remords cuisants.
Ce n'est point à dire qu'un institut ne puisse jamais emprunter de l'argent, mais en le faisant, il doit suivre les règles de la prudence, ce qui s'oublie parfois, et ce que le décret Inter ea leur rappelle en faisant une prescription qui oblige en conscience.
Ceci dit, voyons la question des dettes que peuveut contracter les Ordres religieux; de quelle formalité il faut les entourer et jusqu'à quelle somme il leur est permis de les faire sans recourir au Saint-fSiège.