JULES LEFEBVRE
La Fiancée . Sous ce titre, M. Jules Lefebvre présente une scène antique.
La fiancée, assise au centre du tableau, est habillée par ses femmes ou par ses amies, qui tiennent à poser sur son front le voile de l’épouse. Cette œuvre a des qualités nombreuses : un dessin très pur, une couleur harmonieuse, une grande distinction. Elle a beaucoup de charme et de douceur. Mais il y a toujours un revers à la médaille. Cette finesse de touche, ces caresses du pinceau qui rendent le tableau délicat, sont un peu compensées par un manque général de solidité. On ne sent pas assez la chair vivre sous l’étoffe, et le sang courir dans les veines. On est en présences de vierges idéales et poéti- ■ tiques, qui sont de charmantes fiancées de convention, mais qui ne seront jamais des femmes.
LŒVE-MARCHAND
Lucrèce et Targuin, — Voici un homme et une femme : un homme vigoureux, brutal et grossier, et une femme qui se débat avec énergie entre les bras de son lâche agresseur. La scène violente du rapt est rendue vigoureusement, avec une sobriété d’accessoires rare aujourd’hui. 11 y a de la passion dans l’attitude du piince, il y a du dégoût dans l’expression de l’épouse déshonorée. La lutte n’est pas seulement entre les deux corps, elle est entre les deux âmes.
E. LAYNAUD
Le Canal Saint-Martin , avec sa nombreuse batellerie et la vie animée de ses quais, était intéressant à peindre.
M. Laynaud est venu et y a trouvé le motif d’un bon et solide tableau.