EXAMEN DES TISSUS
porte-objet, et, sansêtre couverte, est soumise à une dessiccation presque complète. Sur la tache de sang, on laisse tomber une goutte d’eau, on recouvre le tout avec la lamelle de verre et on laisse de nouveau sécher. Les cristaux se montrent après la dessiccation du liquide.
Représentation des cristaux d'hémine de Teichmann. On laisse sécher une goutte de sang sur le porte-objet. Ensuite on répand quelques fins grains de sel de cuisine, et on ajoute une à deux gouttes de vinaigre glacial. On place immédiatement le couvre -objet, avant que le vinaigre se répande. On peut placer un cheveu sous la lamelle pour obtenir plus de place pour le liquide. Le porte-objet est alors chauffé au dessus de la lampe à alcool, jusqu’à ce que le vinaigre commence à cuire, en évitant qu’il se réduise en vapeur ; il faut . en même temps se garder de faire éclater le porte-objet. Quand le vinaigre commence à cuire, la préparation est finie et elle peut être examinée.
Ordinairement la plupart des cristaux se trouvent au bord du couvre-objet ou dans le voisinage du cheveu. S’agit-il de décider si une goutte desséchée, qui est soumise à l’examen, est formée oui ou non par du sang, on la racle et l’on examine la poudre obtenue, exactement comme plus haut.
Si l’on a à faire à des tâches, qui sont dans un tissu, on enlève quelques-uns des fils, qui sont fort imprégnés, et on agit de la même manière.
Naturellement dans ce cas on n’a pas besoin de cheveu.
Pour examiner le cours du sang sur un animal vivant, on a surtout recours à la grenouille. On empoisonne l’animal par le curare (par l’introduction sous la peau du dos du poison dissout dans de l’eau additionnée de glycérine), et lorsqu’il est toutà-fait sans mouvement, on le place sur une plaque de bouchon. Celle-ci peut être fixée à la tablette du microscope au moyen des patins, qui s’y trouvent ordinairement, et elle porte une ouverture arrondie correspondant à celle de la tablette.
SANG
On y étend la membrane natatoire de la grenouille, en piquant les orteils avec des aiguilles. On peut alors observer sans couvre-objet ou en placer un entier ou seulement un morceau — suivant la facilité — et remplir d’eau l’espace qui se trouve entre la peau et le verre. Pour cet essai, à cause de la moindre pigmentation de la peau, la Rana temporaria convient mieux que la R. esculenta.
On peut de la même façon démontrer le cours du sang dans le poumon. Si l’on coupe assez haut latéralement la paroi thoracique delà grenouille, le poumon fait saillie de lui-même, ou il peut être attiré au dehors avec facilité. Avec des aiguilles, on l’étend sur l’ouverture de la plaque de bouchon. Il faut avoir soin de ne pas trop le tendre, parce que dans ce cas il se produit une stase dans ses capillaires. On traite de la même façon le mésentère.
Veut-on faire de plus longues observations sur une grenouille non rurarisée, on lamel dans une boîte de fer blanc appropriée. Hors d’une ouverture qui y a été pratiquée on tire une patte et on assujettit chaqueorteil au moyen de fils, de façon que la membrane natatoire est étendue sur l’ouverture. La boîte elle-même doit être solidement fixée Au lieu d’une plaque de bouchon on pourra se servir d’une planchette qui peut convenablement être mise sur pieds. Un objet extrêmement beau pour étudier non-seulement la circulation mais encore le tissu vivant et ses phénomènes en general, est la langue de grenouille. L’animal curarisé est placé sur une plaque de bouchon La langue est tirée de la bouche et étendue sur le trou au moyen d’épingles. Elle peut être amincie au point de recevoir par le dessous un éclairage parfait. Par une trop forte tension, il y a stase dans les vaisseaux.
On voit très bien les contours serpigineux des vaisseaux capillaires dans la nageoire de petits poissons (5 — 10 centimètres de long). On les enveloppe dans du papier buvard mouillé, de, façon que la queue seule dépasse, et on les place sur un porte-objet ordinaire. La queue peut être recouverte d’un couvre-objet. Les mouvements de la queue et la mort prompte sont dt s obstacles.
Pour étudier les rapports de la circu!ation, l’empoisonnement par le curare n’est pas toujours à employer; on peut alors au moyen de l'alcool mettre la grenouille dans un état où elle n’est presque plus capable de se mouvoir. Dans ce but, on la porte dans un vase dont le fond est recouvert, dans une hauteur d’environ 2 centimètres, par un mélange d’une partie d’alcool pour six parties d’eau.
La grenouille absorbe par la peau assez de liquide pour se trouver, après une heure environ, dans l’état désiré.