DENTS
on ramollit avec soin la gomme-laque, on enlève la dent, et on l’inclut de nouveau en sens inverse, pour la limer de la môme manière de l’autre côté.
La lamelle restante est assez mince, si la couleur de la gomme-laque se laisse apercevoir à peu près comme elle luirait à travers une partie humide de papier buvard blanc.
Il faut en même temps toujours faire attention que la partie limée ait partout à peu près la même épaisseur. Si l’ampoule de la dent y occupe une place telle qu’elle se trouve dans le sens de toute la longueur, il y a du danger de la voir éclater.
Quand on sera assez avancé, on chauffera de nouveau la gomme-laque avec soin, on enlèvera la partie limée, on la repassera ensuite avec la pierre-ponce, puis on la polira, comme on l’a fait pour les os. Le mode de conservation est aussi le même. Gomme les os, les dents peuvent aussi être décalcifiées dans l’acide chlorhydrique ou mieux dans l’acide picrique ou chrômique, puis coupées.
Muscles.
On peut très facilement observer à l’état vivant les fibres musculaires striées transversalement . Voici comment : On
ouvre avec précaution, au moyen de ciseaux et d’un couteau,
l’enveloppe de chitine du haut de la cuisse de l’hydrophilus piceus. Le muscle contenu dans l’enveloppe ne doit pas être froissé. Il est soulevé; un morceau est enlevé avec des ciseaux et déposé sur le porte-objet dans une goutte d’une solution de CINa, à 0,7 %, un peu dissocié avec l’aiguille et recouvert de la lamelle de verre sur laquelle on peut exercer une légère pression. Si cette opération est faite avec assez de soins et vite, on trouve presque toujours quelques fibres musculaires sur lesquelles se montrent des ondes de contraction.
Si l’on a un compresseur (appareil consistant en deux plaques de verre enchâssées, dont les montures portent des tours de
vis qui permettent de les rapprocher l’une de l’autre, de façon qu’un corps compris entre les deux est écrasé), on fait bien de séparer un peu les fibres musculaires dans celui-ci, puis d’examiner. Comme liquide à employer dans l’examen des tissus animaux frais, il n’est permis qu’exceptionnellement de recourir à l’eau pure, comme il a été dit plus haut. On emploie ici ou la solution de CINa (3/4— 1 %) ou l’humeur aqueuse ou le sérum iodé (i). En outre, le sérum du sang, le liquide du péricarde ou du péritoine rendent de bons services. De meme la salive, l’urine, le blanc d’œuf de poule dilué peuvent être employés en cas de nécessité.
Aux extrémités coupées des fibres musculaires fraîches, on voit saillir le contenu hors du sarcolemme. Pour avoir une belle image de ce dernier, on déchire transversalement des muscles vivants, et on dissocie à ce niveau.
Pour voir distinctement les corpuscules des muscles, on ajoute à la préparation fraîche une goutte d’acide acétique, d’une concentration telle qu’il soit déjà désagréable à l’odeur. Au lieu de cet acide, on peut toujours employer une forte solution d’acide tartrique.
L’acide acétique et d’autres acides végétaux ont la propriété de faire apparaître distinctement les noyaux des tissus animaux, et ils sont employés dans ce but. En même temps ils produisent un gonflement et un trouble dans le tissu conjonctif, circonstance très avantageuse, s’il s’agit de reconnaître clairement des parties, qui sont cachées par des traînées de cette substance.
La fibre musculaire se sépare en disques de Bowmann, si on la place dans de l’acide chlorhydrique d’une concentration
(i) Celui-ci est préparé avec l’eau de l'amnios d'embryons de ruminants, (ou bien avec d’autres liquides séreux) en mêlant à ce liquide environ 6 gouttes de ,p*nture d’iode forte pour q*re once, de façon que le liquide ait une couleur de vin. La solution pâlit de nouveau ; quand ceci a eu lieu, on doit de nouveau ajouter dp la teinture d’iode.
MUSCLES
telle que pour 1,000 parties d’eau, il y ait une partie d’HGl gazeux. On prépare le plus facilement cette solution, si l’on détermine le poids spécifique de l’HGl du commerce, et si de là, on fixe sa valeur pour cent, d’après des tables, qui se trouvent dans tout traité de chimie ('), et qu’on le dilue plus ou moins dans l’eau.
Le morceau de muscle gonfle dans le liquide, et montre après quelques jours — le temps varie suivant les muscles — quand on le dissocie dans l’eau, une grande tendance à se diviser en ces disques. On choisira a cet effet des muscles du squelette de mammifères.
Pour voir la division des fibres musculaires en fibrilles, on choisira des muscles de grenouilles ou d’hydrophilus, qui sont placés, si possible pendant des années, dans de l’alcool pas trop fort. Ils sont dissociés et examinés dans l’eau. On voit très souvent alors les terminaisons nerveuses dans les fibres primitives des muscles.
Ges préparations peuvent être conservées longtemps dans la résine d’Ammar. Pour cela, on place d’abord dans l’alcool fort les fibrilles à monter, puis après environ une heure, dans la térébenthine, et de là quelques minutes plus tard dans une goutte de résine d’Ammar, (2) que l’on a préalablement déposée sur le porte-objet. Sur le sommet de la goutte, on place le couvre-objet, qui, par son poids, étend cette dernière de façon qu’elle remplit finalement tout l’espace, qui se trouve entre les deux verres. La préparation doit rester plusieurs jours dans une position horizontale, jusqu’à ce que la résine d’Ammar, au bord du couvre-objet, soit assez dure pour que l’ongle en pressant dessus n’y adhère plus.
(V Gmelin te édit ion. Vol. 1, page 744.
(2) La résine d'Ammar pourrait être préférée au baume du Canada usuel. Elle est moins ramollie par la chaleur, et elle a, si elle est bien préparée, l’avantage d’être incolore. Les peintres se servent des deux journellement,