III. EXAMEN DES ORGANES
Un moyen de coloration à employer avec succès dans la plupart des cas, est le picro-carmin. 11 est obtenu de la manière suivante. Dans une solution aqueuse saturée d’acide picrique, on verse une solution de carmin fortement ammoniacale, on réduit jusqu’au 1/5 du volume au bain-marie, on laisse refroidir, on filtre le carmin précipité, on chauffe de nouveau jusqu’à ce que le picro-carmin se dépose en poudre cristalline de la couleur du rouge-ocre. On colore habituellement avec une solution à 1 % de cette dernière, essentiellement d’après la même méthode que pour le carmin.
Pour en revenir à nos coupes de la peau, il faut mentionner que l’on devra chercher dans la peau de l’aisselle les glandes sudoripares, dans les ailes du nez, les glandes sébacées, dans le cuir chevelu, les follicules pileux et leurs muscles, dans les petites lèvres, les glandes sébacées, etc.
On peut faire une préparation macroscopique des corpuscules de Pacini avec la main de l’homme et faire ensuite des coupes ; dans celles-ci ont peut les trouver. C'est facile sur la peau de la plante du pied et de la paume de la main d’enfants nouveaunés : seulement on doit couper en même temps tout le pannicule adipeux, à cause de la profonde situation des corpuscules.
Us sont les plus beaux dans le mésentère de chat, dans lequel on les voit à l’œil nu sans autre préparation. On les enlève avec le morceau de mésentère qui y adhère et que l'on étend sur le porte-objet dans du CINa ou de la glycérine.
On peut voir facilement les corpuscules de Meissner en fesant des coupes de la pulpe des doigts, si l’on enlève la peau à des cadavres maigres d’individus non trop âgés, ayant de fines mains. Sur les doigts des enfants nouveau-nés, on ne trouve jamais ces corpuscules en faisant des coupes ordinaires, pour autant que mon expérience me l’apprend.
On se représente encore plus facilement et mieux ces corpuscules du tact, à l'état frais. Dans ce but, on fait avec des ciseaux ou un rasoir une coupe de la pulpe d’un doigt frais, naturelle-
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ment dans une direction perpendiculaire à la surface delà peau, et aussi mince que cela est possible dans ces conditions. On la dépose sur le porte-objet, et on cherche avec deux aiguilles à séparer l’épiderme de la coupe, ce qui réussit facilement. Les papilles flottent alors librement dans le liquide; on y reconnaîtra aussitôt les corpuscules du tact. Il y a aussi des corpuscules du tact modifiés, mais très beaux, dans la langue du canard et de l’oie, immédiatement sous l'épithélium. On peut aussi isoler les corpuscules du tact. Le mieux est d’employer la coloration par l’or pour les coupes de la peau fraîche, et de les faire macérer dans l’acide chlorhydrique et la glycérine (voir reins).
Comme il a été dit, les finesses de texture de la peau sont détruites par cette méthode de traitement. On les voit mieux, si on durcit la peau dans l'alcool, pour y faire des coupes. Une autre méthode de durcissement, dont il peut être parlé ici, consiste dans la congélation des préparations. De la neige avec du sel marin ou un autre mélange quelconque produisant un froid suffisant est employée dans ce but. Le rasoir qui sert à couper, doit aussi être froid.
Un excellent moyen de durcissement à employer dans la pim part des cas, comme ici, est l'acide chrômique.On fera une solution aqueuse d’environ 0,25 °/„. Les différents objets exigent différents degrés de concentration ; le nombre indiqué correspond à la moyenne. Avec les préparations injectées par le bleu de Prusse, il faut éviter l’acide chrômique.
Pour bien durcir, il faut également ici prendre la quantité suffisante du moyen de durcissement, environ le dixième du volume de la préparation, ou bien changer assez souvent le liquide. L’économie exige de durcir de petits morceaux, qui se laissent aussi plus vite couper que les gros. Comme d’un autre côté ces petits morceaux se laissent mal saisir, pour faire les coupes, on a pensé aux moyens de remédier à cet inconvénient. Nous en connaissons déjà un ; c’est la méthode qui con-