‹ Guide dans l'examen microscopique des tissus animauxChapitre 52 sur 78 · III. EXAMEN DES ORRANES · texte numérisé non relu

III. EXAMEN DES ORRANES

employée en histologie. On peut digérer avec le suc de l’estomac et avec le suc pancréatique. 1° Digestion par la pepsine. On réduira à un petit volume la muqueuse détachée d’un estomac de mammifère, et on la digérera avec de l’acide chlorhydrique de 1 : 1000 (voir page 25) ou avec de la glycérine. On filtre après quelques jours, et l’on a un liquide de digestion, qui pour un usage ultérieur est encore mélangé avec 2—10 fois son volume d’acide chlorhydrique à la même concentration.

On peut aussi, si l’on a de l’extrait de glycérine, employer de l’acide oxalique à 0,5 °/0, et on prend, si l’extrait est irès bon, cet acide au centuple.

Si l’on veut par exemple digérer un morceau d’estomac, on le porte dans une éprouvette, on ajoute le liquide de digestion acidifié et on le place dans une couveuse. (Voir Embryologie page 90.) Quand on croit la digestion assez avancée, on verse le tout sur un verre de montre, et l’on porte les flocons à examiner sur le porte-objet.

Comme on le voit facilement, ce procédé ne convient pas pour les lins organes ou les lines coupes. On doit les digérer dans une goutte de liquide digestif sur le porte-objet. Cette goutte doit de temps en temps être renouvelée, car il ne faut jamais oublier que le liquide digestif n’agit que quand il ne contient pas trop de produits de digestion. Pour mettre la goutte à l’abri de l’évaporation, il ne suffit pas que la couveuse soit couverte, il est bon d’y mettre une boite, que I on peut fermer et dont le lond est recouvert d’eau, et de placer à son niveau le porte-objet, naturellement dans une position bien horizontale. J’ai à peine besoin de mentionner que la préparation doit être portée à la température du corps de l’animal (un peu moins ne nuit en rien).

Dans la digestion par la pepsine sont dissouts le tissu conjonctif, la substance élastique, de même que les tissus cornés après une longue action, et tous les véritables corps albumineux. Par contre, tous les noyaux et la substance amyloïde restent insolubles.

2° Digestion pancréatique. Du pancréas frais de bœuf est réduit à un petit volume, et extrait jusqu'à épuisement par l’alcool et l’éther. Après que l’éther s’est évaporé, une partie en poids de la substance ainsi obtenue est mélangée avec 5—10 parties en poids d’acide salicv iique de 1 : 1000, et tenue pendant 5 — 4 heures à une température de 40° C ; elle est alors exprimée à travers une compresse de toile et filtrée après refroidissement. Si l’on n’a pris que 5 parties en poids d’acide, celle solution employée en qualité de liquide digestif, comme la solution de pepsine, dont il a été question plus haut, a la propriété de ne pas dissoudre le tissu conjonctif,

Il ne dissout pas plus que la pepsine : les noyaux, la substance cornée et amyloïde.

Par contre, il dissout la trypsine, la mucine et le tissu élastique, comme la pepsine. 11 est à peine nécessaire de mentionner que ces méthodes sont d’un grand emploi (î). (*)

(*) Pour plus de détails sur la digestion en histologie : Kùhne et lAvald : Digestion comme méthode histologique. Communications de la Société des Sciences

.\PPARKIL DIGESTIF.

Pour voir les deux espèces de cellules glandulaires, de même que les plus fines différences du revêtement cellulaire aux diverses hauteurs des glandes, il faut des méthodes de coloration délicates.

On y arrive le mieux en lavant à l’eau la muqueuse stomacale de chiens affamés, fraîchement tués ; on la durcit alors dans l’alcool fort, on la coupe et on colore avec le carmin. Pour cette coloration, on se sert d’un carmin préparé d’après la méthode de Beale (page 46), dont on ne fait qu’enlever l’alcool. Ce carmin est dépouillé avec l’acide acétique ou par la chaleur de son ammoniaque libre, jusqu’à ce qu’un verre de montre, qui en est rempli et est resté 2i heures à l’air libre, laisse précipiter tout le carmin par l’évaporation du restant de l'ammoniaque. Dans un tel carmin, seront placées les coupes faites avec l’alcool. Le verre de montre, qui les contient, est placé dans une boite en verre qu’on peut fermer, et à côté de lui se trouve un deuxième verre de montre, qui est rempli d’eau ammoniacale faible, pouvant encore être reconnue par l’odorat. L’ammoniaque du deuxième verre de montre s’évaporant fait que le carmin reste dissout pendant les 24—28 premières heures.

Après 24 heures, les coupes sont lavées dans de la glycérine diluée, placées ensuite dans de la glycérine concentrée, et exposées, comme tantôt aux vapeurs d’ammoniaque, maintenant à une petite quantité d’acide acétique qui se vaporise.

Après 24 heures, l’opération est finie, les cellules de recouvrement sont colorées ; des cellules principales, il n’y a de colorés que les noyaux. Les coupes sont conservées dans la glycérine.

On obtient aussi de très beaux résultats par les colorations avec le bleu d’aniline soluble dans l’eau dans la proportion d’1 gramme pour 100 c. c. d’eau. Les coupes y séjournent jusqu’à coloration bleu foncé ; alors elles sont lavées dans une grande quantité d’eau distillée, où les parties qui ont peu de tendance à se colorer, pâlissent de nouveau ; de cette façon, on arrive à une belle séparation des tissus. Il va de soi que celte méthode est à employer aussi pour d’autres organes, de même que la coloration avec le bleu d’aniline insoluble dans l’eau. Avec ce dernier, on colore dans une solution alcoolique saturée. Les coupes sont lavées après la coloration ; elles ne peuvent plus dès lors être traitées par l’alcool, mais elles seront examinées et montées dans la glycérine, qui ne doit pas être mélangée à de la créosote.

Enfin on peut, et c’est spécialement à recommander pour l’estomac, combiner la double coloration au carmin et à l’aniline (alcoolisée) : les coupes de la paroi de l’estomac durcies dans l’alcool absolu sont placées, pendant 24 heures, dans une solution concentrée d’aniline alcoolisée ; elles sont alors lavées dans l’alcool et de suite placées dans une solution de carmin ne contenant plus d’ammoniaque libre. Ces préparations sont aussi montées dans la glycérine.

naturelles et médicales de Heidelberg, 1er volume, 6e cahier, et Kuhne : Courte indication sur l’emptoi de la digestion dans l’analyse des tissus. Examens à l’Institut physiologique de Heidelberg, volume I.

Page 1