CORRIDOR CONDUISANT A LA GAL. DU CANOPE
Raffei, Osservazioni sopra alcuni monumenti esistenti nella villa Albani, Diss. VII T. II p. 125 et suiv. Clarac III, pi. 416 a 719 A. Cf. Bull, dell' Inst. 1849 p. 71, Ann. 1852 p. 230. Braun, Ruinen und Museen p. 709 n. 112. Overbeck, Kunstmythologie III p. 202 Anm. 65.
845 (706) Bas-relief, Thésée et Aethra.
Le jésuite Vulpius vit ce bas-relief en 1732 dans une vigne située près d'Ostie; il le publia d'après un dessin fort inexact dans son ouvrage intitulé Vêtus Latium profanum, vol. VI (Romae 1734) T. 15. Lorsque Winckelmann fit une excursion à Ostie en 1763, il retrouva, semble- t-il , ce monument dans la même vigne (Winckelmann, Briefe an Bianconi § 35, 26 Mars 1763; Werke vol. II, Stuttgart 1847, p. 214. Fea, Mise. I p. CLXXXVI n. 3) et le publia plus exactement que son prédécesseur dans les Mon. ant. ined. T. 96, II p. 130. — Restaurations: dans la première jeune femme à gauche, la tête sauf l'extrémité inférieure, la main gauche, le bras droit; dans le personnage qui vient ensuite, la moitié du visage et une partie de la nuque; dans Thésée, presque tout le visage, l' avant-bras droit, sauf la main qui est antique, et le pied droit; dans la jeune femme qui se tient debout à droite du rocher, la tête et la main droite; dans la matrone qui se trouve auprès, la partie antérieure du crâne, le front, les yeux, le nez, les lèvres; dans le jeune homme que l'on voit près d'elle, le haut du crâne, le front, le bras gauche depuis l'épaule jusqu'au poignet, la poignée de l'épée, la jambe gauche depuis le milieu de la cuisse; dans l' arrière-plan, tout l'angle supérieur gauche.
Lorsqu'Egée abandonna à Trézène Aethra, qu'il avait rendue grosse, il cacha ses chaussures et son épée sous un gros rocher; puis il ordonna à son amante, si elle mettait au monde un fils , de ne pas lui faire connaître son père, avant qu'il se soit montré capable de déplacer le rocher; seulement alors elle enverrait le jeune homme à Athènes, avec les chaussures et l'épée, afin qu'il pût se faire reconnaître. A gauche de notre bas-relief on voit Thésée qui accomplit l'épreuve ordonnée par son père en présence de deux jeunes filles de Trézène. En faisant ce robuste effort, il déploie en même temps cette adresse et cette grâce , que les exercices du gymnase donnaient aux jeunes Athéniens. La scène représentée à droite a été différemment interprétée; les uns y voient Egée s'entretenant avec Aethra en présence de deux jeunes filles, sans doute des servantes, et lui indiquant la tâche que doit
accomplir son fils, s'il lui en naît un ; les autres préfèrent y reconnaître Thésée faisant ses adieux à sa mère au moment de partir pour Athènes. Cette seconde explication est plus vraisemblable; car le jeune homme qui est debout auprès d'Aethra ressemble tout à fait à Thésée, que l'on voit représenté à l'autre extrémité du bas-relief. L'objet de forme ronde, sur lequel est posé son pied droit, n'est pas autre chose qu'un de ces cylindres, très souvent figurés sur les peintures murales de Campanie, dont les anciens se servaient pour niveler les routes, les places destinées aux jeux, etc.
Zoega I 48. Millin, Gai. myth. pi. 128, 482*. Hirt, Gotter und Heroen T. 38, 325. Guigniaut, Rel. de Tant. pi. 196, 696. Cf. Braun, Ruinen und Museen p. 710 n. 113. Arch. Zeitung XXVII (1869) p. 107.
Dans le même bas-côté se trouvent deux statuettes
d'acteurs comiques (Numéros 710, 713 du Musée), et
deux autres en face (numéros 640, 643 du Musée). Une
cinquième figure du même genre (n. 717) a été placée
dans l'angle antérieur droit du corridor. Ces statuettes
faisaient probablement partie de la décoration de petits
théâtres. Elles nous donnent une idée assez claire du
costume de la nouvelle comédie attique; mais on ne peut
guère voir quels rapports elles ont avec les caractères
distinctifs de ce genre de poésie, toutes ces statues ayant
perdu leurs têtes antiques , et les corps étant trop
restaurés.
Clarac V, pi. 874B n. 2221E (710); pi. 874A n. 2222B (713); n. 2222 C (640); pi. 874B n. 2222D (717). Cf. Beschreibung Roms III 2 p. 545 n. 8, p. 546, p. 547.
Dans le bas-côté de gauche:
846 (641) Statue de Marsyas.
Restaurations: les deux jambes depuis le milieu de la cuisse, les deux bras depuis le biceps presque jusqu'aux poignets. Les parties antiques ont été plus ou moins retouchées par le restaurateur moderne.
Sur ce type, voir n. 576.
Overbeck, Kunstmythologie IV p. 476 n. 1 ; Atlas XXVI 25.
Galerie du Canope.
847 (698) Buste d'un barbare.
Restaurations: la partie antérieure du nez, quelques morceaux dans les oreilles, presque tout le buste, le mufle et les griffes de la peau de panthère.
Ce buste est le portrait d'un barbare dont les cbeveux crépus, le visage large et plat, les lèvres épaisses trahissent un fort mélange de sang nègre, et dont l'origine africaine est confirmée par la peau de panthère jetée sur son épaule gauche. Cet homme vint sans doute à Rome comme ambassadeur ou comme otage, et à cette occasion il fit faire son buste. D'après le style de l'exécution ce portrait est antérieur à l'époque d'Hadrien.
Berichte d. sàchs. Gesellschaft d. Wissenschaften 1868 p. 136.
848 (696) Mosaïque, Délivrance d'Hésione.
Trouvée en 1760 à Atina (près d'Arpino) dans la province de Naples.
Télamon fait descendre Hésione, sauvée, du rocher auquel on l'avait enchaînée pour l'offrir en sacrifice au monstre marin. Auprès de ce groupe Hercule est debout; il a tué le monstre avec ses flèches, et son attitude estfière; de la main droite il s'appuie sur sa massue; il tient dans sa main gauche un arc et deux flèches, tandis que devant lui on voit sortir de la mer la tête du monstre mortellement blessé. Quant à l'objet carré, terminé à sa partie supérieure en forme de fronton, qui se trouve par terre auprès d'Hésione, on a voulu y reconnaître une maison en flammes, et l'on a cru que ce détail faisait allusion à la destruction de la ville de Troie accomplie plus tard par Hercule. Mais il est évident que cet objet est un petit coffret de toilette; nous le retrouvons sur les peintures murales de Campanie auprès d'Hésione exposée au monstre comme auprès d'Andromède, lorsqu'elle est, elle aussi, attachée à son rocher. Ce qui confirme encore notre explication, c'est la présence du miroir, que l'on voit dans notre mosaïque appuyé contre le rocher situé derrière Hésione, et aussi du petit flacon à pommade que l'on aperçoit devant
elle. Tous ces objets étaient placés d'habitude dans les tombeaux de jeunes filles et de femmes autour du cadavre, et s'ils sont représentés sur la mosaïque, c'est parce qu'Hésione comme Andromède passait pour être vouée à la mort.
Winckelmann , Monum. ant. ined. T. 66, II p. 90 — 92. Millin, Gai. myth. pi. 115 n. 443. Hirt, Gôtter und Heroen T. XXX 266. Guigniaut, Rel. de Tant. pi. 282, 663. Cf. Beschreibung Roms III 2 p. 554. Welcker, Alte Denkm. II p. 302. Braun, Ruinen und Museen p. 718 n. 124. — Pour les peintures murales, voir Helbig, Wandgemàlde der vom Vesuv verschiitteten Stàdte Campaniens n. 1132 (Atlas XIV), 1183, 1187.
849 (682) Ibis en marbre rouge (rosso antico).
Restaurations: la tête avec le serpent, le cou, la queue, le rocher qui se trouve au-dessous de la queue, les pattes, probablement aussi les griffes et la plintbe.
Si l'artiste a choisi le marbre rouge, c'est évidemment
pour rendre la couleur que l'ibis a dans la nature.
Beschreibung Roms III 2 p. 497 n. 19. Braun, Ruinen und Museen p. 715 n. 118.
850 (684) Atlas portant le ciel.
Il n'y a d'antique que le haut du corps d'Atlas, depuis l'extrémité inférieure de sa poitrine, le carré qui repose sur son dos et où sont représentés Phosphoros et Hespéros (l'étoile du matin et l'étoile du soir), ainsi que les signes du zodiaque les plus voisins de ce carré, à gauche celui de la Yierge (restaurations: la tête et la moitié antérieure de l'avant-bras droit, avec la partie voisine de la draperie), à droite celui de la Balance. Mais ces parties suffisent pour nous prouver que le ciel, au lieu d'être figuré par un globe, avait la forme d'un disque qu'entoure le zodiaque. Phosphoros et Hespéros sont représentés comme des jeunes gens , ayant chacun une torche dans la main , et la tête surmontée d'une étoile. Phosphoros s'élève en tenant sa torche dressée, tandis qu'Hespéros descend vers la terre, et tient sa torche renversée. La constellation de la Balance est représentée par un éphèbe, qui tient une balance dans sa main droite penchée (restaurations: le bras droit à peu près à partir du coude ; toutefois l'attribut est antique). Sur d'autres
monuments, où l'image du zodiaque s'est mieux conservée , on voit au centre soit Jupiter (Zeus) assis sur son trône, soit le Soleil (Hélios) conduisant son char. L'artiste qui a restauré notre marbre a choisi le premier de ces deux motifs; il a placée au centre du disque une figure de Jupiter antique dans son ensemble, mais qui n'appartient pas au monument.
Guattani, Mon. ant. ined. per l'ann. 1786 Luglio T. III p. 53 — 56. Zoega II 108. Miïller-Wieseler, Denkmàler der alten Kunst II 64, 823. Cf. Raoul-Kochette , Mémoire sur les représentations figurées du personnage d'Atlas p. 67 — 68. Braun, Ruinen und Museen p. 712 n. 116. Gerhard, Gesammelte akademische Abhandlungen I p. 20, p. 43 n. 2. Gaedechens, Der marmorne Himmelsglobus zu Arolsen p. 8, p. 35 n. 3.
851 (685) Base à quatre faces, cortège de dieux.
Cette base était déjà hors de terre au XVIe siècle, puisqu'elle se trouve reproduite dans le Codex Pighianus (Berichte der sâchs. Ges. der Wissenschaften , 1868 T. V 4, p. 193 n. 77). Restaurations: le visage et le bras droit de Bacchus, la tête et le bras droit de Mercure — toutefois deux doigts et le caducée sont antiques — , tout le personnage qui marche derrière Mercure sauf une partie de l'avantbras gauche. Le dessin de Pighius représente Mercure avec une tête barbue. Les bas-reliefs ont été retouchés par une main moderne en plus d'un endroit, par exemple dans le corps de Bacchus, que le dessin de Pighius nous montre revêtu, par-dessus le court chiton, d'une nebris et non d'une cuirasse.
On admet d'habitude que les bas-reliefs de ce monument représentent le mariage de Jupiter (Zeus) et de Junon (Héra); on suppose que le morceau de draperie, encore visible devant le genou gauche de Diane, provient d'une figure d'Apollon, que ce dieu ouvrait le cortège en chantant l'hyménée, et que Diane avec ses deux torches doit être considérée comme la déesse chargée de conduire le cortège nuptial. Derrière Diane s'avance une divinité à l'aspect matronal, tenant un sceptre dans la main droite; on y voit Latone (Léto), Téthys ou Rhéa. Viennent ensuite Jupiter (Zeus) avec son foudre et son sceptre surmonté d'un oiseau, Junon (Héra), qui baisse modestement la tête, et qui de la main gauche ramène le long de sa joue, suivant la mode archaïque, le manteau dont sa tête
est couverte; puis Neptune (Poséidon) avec son trident, Cérès (Démèter) avec son sceptre et un bouquet d'épis et de fleurs de pavots, Bacchus (Dionysos) avec le thyrse, et Mercure (Hermès) avec le caducée. Quant au personnage qui marche derrière Mercure, et dont il ne s'est conservé qu'un morceau de l'avant-bras gauche, il faut sans doute y voir Yesta (Hestia), qui dans les assemblées des dieux est généralement voisine de Mercure. Il n'est nullement prouvé que ce bas-relief représente le cortège nuptial de Jupiter et de Junon. Si telle avait été l'idée du sculpteur, il aurait été bien mal inspiré de séparer les deux fiancés, en mettant l'un sur une face , et l'autre sur une autre. En outre nous ne savons pas, d'une part si la quatrième face aujourd'hui brisée portait une dédicace ou était ornée de bas-reliefs représentant d'autres divinités faisant partie du cortège, et d'autre part combien il manque des deux faces attenantes au morceau disparu. En de telles conjonctures nous devons nous contenter d'affirmer que le sujet de cette décoration est un cortège de divinités. L'exécution manque de précision; le style archaïque est reproduit avec beaucoup d'affectation.
Zoega II 101. Welcker, Alte Denkmàler II T. 1 p. 14 — 26. Qverbeck, Kunstmythologie II p. 22 n. 5, III p. 174 c (où est réunie toute la bibliographie du sujet), p. 402 p ; Atlas I 4, X 29. Cf. Hauser, Die neu-attischen Reliefs p. 62 n. 91, p. 171.
852 (678) Enfant avec un masque.
Restaurations: la partie inférieure du masque, la main qui sort de la bouche, les jambes, le tronc d'arbre, la plinthe.
Un enfant, qui s'est caché le haut du corps derrière
un grand masque barbu, passe sa main gauche par
l'ouverture de la bouche, pour effrayer un compagnon,
que nous devons nous figurer se tenant debout devant lui.
Cf. n. 825.
Braun, Ruinen und Museen p. 716 n. 119.
853 (676) Tête colossale de Sérapis en basalte vert.
Restaurations: le bord supérieur du modius, quelques éclats dans les cheveux, le bout du nez, le bas du visage à partir de la bouche, le buste.
L'artiste s'est efforcé de donner l'idée d'une œuvre en bronze. Cet effort est surtout visible dans les boucles de cheveux qui tombent de la tête; elles ont tout à fait l'air d'être en métal fondu et ciselé. Sur le visage s'exprime une sombre sévérité. Cf. n. 241.
Overbeck, Kunstmytnologie II p. 310, 10; Atlas III 14.
854 (677) Fragment de bas-relief, provenant, semble-t-il7
d'un couvercle de sarcophage.
Ce fragment très abîmé provient d'un bas -relief grossièrement sculpté, qui représentait l'éducation de quelque dieu enfant, peut-être de Bacchus (Dionysos). Le guerrier, conservé à l'extrémité droite, faisait sans doute partie d'une scène, dans laquelle on voyait l'enfant gardé par les Curetés; c'est là un motif qui a passé du mythe de Jupiter (Zeus) dans la légende de Bacchus. A gauche se trouvent deux hommes barbus d'aspect rustique, et un troisième personnage, dont il ne s'est conservé que le pied gauche ; les trois hommes sont en train de fouetter un enfant nu. Ce dernier groupe ne peut pas représenter les Titans déchirant Zagreus-Dionysos. Un artiste de l'antiquité aurait donné à cette scène un caractère beaucoup plus tragique, et aux Titans un type bien moins commun. Il est beaucoup plus probable que nous sommes ici en présence d'une de ces scènes de genre, que l'on introduisait fréquemment au milieu des motifs destinés à figurer l'éducation des dieux enfants. Cf. n. 443.
Zoega II 81. Guigniaut, Rel. de Tant. pi. 148, 554b. Muller- Wieseler, Denkm. d. alten Kunst II 85, 413. Cf. Beschreibung Roms III 2 p. 497 n. 497. Braun, Ruinen und Museen p. 716 n. 121. Ann. delP Inst. 1870 p. 101.
855 (668) Torse déjeune homme.
D'après la délicatesse des formes et d'après les boucles de cheveux qui tombent sur les épaules, ce torse paraît provenir d'une statue de Bacchus (Dionysos). Le style simple et majestueux, mais encore un peu sévère, est celui qui était propre à l'art attique pendant la grande période du Ve siècle. Le mauvais éclairage de cette statue ne
permet pas de reconnaître si elle est un original attique ou seulement une excellente copie de cet original.
856 (662) Statue de Diane (Artémis).
Restaurations: dans la déesse, le bras droit, l'index de la main gauche, la partie antérieure du pied droit; dans l'animal, la tête, les jambes de devant, la moitié inférieure de la cuisse gauche de derrière; en outre presque toute la plinthe. La tête placée sur le corps (restauration: le nez) est bien antique mais n'appartient pas à la statue.
C'est avec la plus grande vraisemblance que l'on a vu une image de Diane (Artémis) dans cette statue, d'un style simple et sévère , qui paraît être la copie d'un original grec du troisième quart du Ve siècle av. J.-C. Les formes virginales du corps et les attributs conviennent parfaitement à cette déesse. Le bras droit tendu de côté s'appuyait sans aucun doute sur un objet en forme de bâton, lance ou sceptre. L'artiste moderne a restitué exactement en faon l'animal qui repose sur la main gauche de Diane : le corps en effet est élancé et le sabot droit de derrière, qui s'est conservé, est fendu. Si la déesse tient sur sa main un petit faon, c'est parce qu'elle n'était pas exclusivement honorée comme une chasseresse détruisant le gibier, mais aussi comme la protectrice des animaux sauvages qui habitent les forêts; en outre l'art grec encore conventionnel mettait volontiers en relief le rapport entre les divinités et les bêtes qui leur étaient consacrées (cf. n. 923). La tête qui est placée sur le corps est antique, mais ne fait pas partie de la statue; elle reproduit également un type grec de style sévère datant du Ve siècle.
Clarac II, pi. 678F n. 1621 B. Gerhard, Antike Bildwerke T. 12. Cf. Winckelmann, Mon. ant. ined. II p. 84. Beschreibung Roms III 2 p. 551. Gerhard, Prodromus p. 179 et suiv. Stephani, Compte-rendu pour 1863 p. 221 Anm. 5. Bull, dell' Inst. 1868 p. 37.
857 (663) Mosaïque, Réunion de savants.
Trouvée à Sarsina en Ombrie.
Six savants, groupés en demi-cercle, suivent attentivement la leçon d'un de leurs collègues, debout à droite, qui fait avec un bâton une démonstration sur un globe placé
devant lui ; c'est évidemment un géographe ou un astronome. Le jeune homme, que l'on voit debout à gauche, doit être un médecin, car il tient un serpent dans la main droite. L'architrave qui passe au-dessus de sa tête supporte quatre vases en forme de cornues. A l'arrière-plan on distingue un cadran solaire placé sur un haut pilier.
Winckelmann, Mon. ant. ined. T. 185, II p. 242. Grivaud de la Vincelle, Arts et métiers des anciens pi. VIII 19. Cf. De Laborde, Descripciôn de un pavimento en mosayico desc. en Itâlica (Paris 1806) p. 90. Beschreibung Roms III 2 p. 551. Abhandl. d. sàchs. Ges. d. Wiss. V (1868) p. 301 Anm. 160.
Au-dessous de la Galerie du Canope, dans le jardin:
858 (590) Statue colossale de femme.
Autrefois à Tivoli dans la villa d'Esté. Sont certainement restaurés : dans la femme, le nez, les lèvres, les doigts de la main droite, toute la main gauche; dans le bœuf, les cornes et les jambes de devant; dans la plinthe la partie antérieure couverte de vagues, et un grand fragment de la partie postérieure.
On a vu dans cette statue une image d'Amphitrite, à cause des vagues représentées sur la plinthe. Mais il n'est nullement certain que les parties de la plinthe recouvertes de vagues soient antiques. En outre le taureau, sur lequel le personnage appuie son bras gauche , n'aurait aucune raison d'être dans une statue d'Amphitrite. Comme cet animal est beaucoup plutôt un symbole du continent, et comme sur deux bas-reliefs il accompagne la déesse ou la personnification de la terre, on peut se demander si notre statue ne représente pas soit la Terre soit la divinité protectrice ou la personnification de quelque pays.
Winckelmann, Mon. antichi ined. II p. 52. Zoega II p. 279. Beschreibung Roms III 2 p. 563. Braun, Ruinen und Museen p. 720 n. 126. — Sur les deux bas-reliefs: Frohner, Notice de la sculpture antique du Louvre n. 414.
A l'intérieur de l'abside formée par la partie du jardin que l'on traverse pour regagner l'entrée de la villa:
859 (779) Chimère.
Sont évidemment restaurées: la tête de lion et la tête de chèvre avec la partie voisine de leurs cous respectifs.
les oreilles et les mâchoires de la tête de loup, les deux jambes de devant de lion, presque toute la queue, la plinthe.
La tradition donnait à la Chimère une tête de lion et une tête de chèvre, et l'art plastique mettait en général la tête de chèvre derrière l'autre; mais ici le sculpteur, pour augmenter encore l'impression d'effroi produite par le monstre, a ajouté une tête de loup, et a placé les trois têtes l'une auprès de l'autre, les disposant ainsi comme celles de Cerbère.
Braun , Zwôlf Bas-reliefs , Vignette au - dessus du texte de la Planche I: Bellerophon. Cf. Ruinen und Museen p. 722 n. 129.
Musée Boncompagni.
(Jadis à la villa Ludovisi).
Le plus récent catalogue est: L. C. Visconti, Descrizione dei monumenti di scultura antica del Museo Ludovisi, Roma 1891. Théodor Schreiber, dans son livre intitulé Die antiken Bildwerke der Villa Ludovisi (Leipzig 1880), a réuni avec lajplus grande exactitude toute la bibliographie relative aux différents morceaux de cette collection et antérieure à 1880; j'userai donc de ce livre dans mes indications bibliographiques comme j'ai usé du catalogue de Benndorf et Schône, pour le Musée du Latran (Vol. I p. 467). Je désignerai l'ouvrage de Schreiber par l'abréviation Scb., suivie du numéro voulu.
Première chambre.
A droite de l'entrée:
860 (75) Portrait d'un homme assis.
Restaurations: l'avant-bras gauche avec le rouleau, le bras droit hors de la draperie, l'extrémité antérieure du pied droit, tout le pied gauche avec la partie du manteau qui se trouve au-dessus, la moitié antérieure de la plinthe. La tête rapportée est bien antique, mais n'appartient pas à la statue. Restaurations: le bout du nez, quelques morceaux dans les deux oreilles et au front, la moitié droite du menton.
L'inscription gravée sur le bord du manteau et qui date au plus tôt du IIe siècle ap. J.-C, si l'on en juge par la forme des lettres, nous apprend que cette statue est l'œuvre de Zenon, fils d'Attinas, d'Aphrodisias (en Carie). Comme Aristeas, comme Papias (nrs. 512, 513) et comme d'autres sculpteurs établis dans la même ville, Zenon n'a pas imaginé lui-même le motif de sa statue ; il a pris pour modèle une œuvre antérieure. Une statue assise, qui se trouve au Musée du Capitole et qui paraît remonter jusqu'à l'époque
Helbig, Guide II. 7
républicaine (n. 499), ressemble par les lignes générales de son attitude à notre statue. La statue de Zenon devait reposer sur une base élevée; car la planche du siège est inclinée en avant (cf. n. 303).
Sch. n. 16. Loewy, Inschriften griechischer Bildhauer n. 365. L'hermès placé dans l'angle antérieur droit de cette chambre (n. 76 du Musée), et quatre autres hermès désignés par les nrs. 46, 62, 56 et 52, qui se trouvent dans la chambre suivante, doivent être étudiés en même temps; ils sont tous travaillés en marbre pentélique de même qualité, et se ressemblent par les proportions, par la conception et par le style; il est évident que ces cinq hermès formaient un ensemble. Je commence par ceux dont l'interprétation n'est point douteuse, et je terminerai par ceux qui sont moins faciles à expliquer avec certitude.
861 (2me chambre n. 46) Hercule (Héraclès); le dieu est barbu, et sa tête est recouverte de la peau de lion; la main droite tient la massue, et la main gauche une corne d'abondance, symbole de la fertilité agricole.
862 (2me chambre n. 62) Thésée.
Le nom que nous attribuons à cet hermès est justifié par la légende antique, d'après laquelle Thésée passait pour être un second Hercule. Le type de cette statue rappelle celui du n. 861 ; mais le visage est imberbe et le corps est plus élancé. De la main droite le héros porte une massue appuyée sur son épaule; quant à l'objet que tient la main gauche et dont le manche seul s'est conservé, c'était évidemment un strigile, instrument avec lequel les anciens enlevaient le sable et l'huile dont ils s'étaient oints dans la palaestra (cf. n. 31).
863 (2me chambre n. 56) Pallas.
Restaurations: la tête et le cou jusqu'au bord du vêtement, l' avant-bras droit, la main gauche avec un morceau du poignet et la plus grande partie du casque; toutefois le cimier qui fait corps avec le haut du bras, et une partie du porte-panache sont antiques.