PREMIÈRE CHAMBRE A DROITE
porte plusieurs branches de chêne, dont quelques-unes sont chargées de glands. A l'extrémité supérieure on voit une corbeille avec deux pommes de pin.
910 (18) Bas-relief, Diane protectrice des enfants (Artémis Kourotrophos)?
Trouvé en 1760 dans la Tennta di Torre Nuova (voir plus haut p. 135). Restaurations: un triangle du fond (derrière la nuque du personnage assis), le bout du nez des deux femmes, les pieds de droite du siège, le museau de l'animal, la partie inférieure de la bordure.
Ce bas-relief reproduit, à ce qu'il semble, une composition grecque créée vers la fin du Ve ou au commencement du IVe siècle av. J.-C, mais modifiée dans plusieurs détails par l'art hellénistique ou romain. Il représente une jeune fille, qui paraît être une vierge, assise et à laquelle une femme debout remet un poupon; sous le siège de la jeune fille est couché un chevreuil ou un faon. La figure assise porte un bandeau étroit qui descend de l'épaule droite vers le côté gauche. On a vu dans ce bandeau le baudrier d'un carquois et par conséquent on a cru reconnaître, dans la jeune fille, Diane (Artémis), parfois vénérée comme protectrice des enfants (kourotrophos). La déesse serait donc représentée recevant des mains d'une mère un enfant nouveau-né. Si cette hypothèse est juste, il faudrait supposer que l'original était un ex-voto dédié à Artémis Kourotrophos et que l'art postérieur en a fait un basrelief décoratif. L'exécution des parties nues est élégante mais froide; les plis sont rendus d'une façon très minutieuse mais confuse; d'après ces caractères ce bas-relief ne peut être antérieur à l'époque d'Hadrien.
Winckelmann, Mon. ant. ined. II T. 71, p. 96. Visconti, Illustrazioni dei monumenti scelti Borghesiani II 9 p. 27. Nibby, T. 18, p. 63. Ann. delr* Inst. 1830 Tav. d'agg. G, p. 154—157. Cf. Braun. Ruinen und Museen p. 530 n. 6. Romische Mittheilungen VI (1891)
911, 912 (16, 12) Deux statuettes, gamins des rues.
Ces deux statuettes se trouvaient, à la fin du XVIIIe siècle dans le parc de la villa (Visconti, Sculture del Palazzo délia villa Borghese detta Picciana II, Rome 1796, p. 40); puis elle?
furent transportées dans le magasin qui existe sous le Casino; enfin en 1889 elles furent placées dans le Musée. Dans les deux statuettes le nez est restauré; en outre au n. 16 le poing gauche caché sous le manteau, les pieds, la plinthe; au n. 12, l'extrémité inférieure de la draperie qui pend sur le bras gauche.
Ce qui prouve bien que les deux enfants représentés par ces statuettes appartiennent aux plus basses classes de la société, c'est le type commun de leurs visages, c'est le bonnet de feutre (pileus) porté par les gens de condition inférieure, c'est le vêtement composé, non point d'une tunique et d'un manteau, mais d'un simple manteau en étoffe grossière. Ces deux statuettes sont probablement des copies d'un excellent original de l'époque hellénistique. La vérité et le naturel, avec lesquels est rendue l'expression effrontée de ces deux visages au sourire matois, apparaissent avec beaucoup de netteté jusque dans les copies, qui ne sont exécutées qu'au point de vue de l'art décoratif.
La meilleure réplique de ce type se trouvait autrefois dans ce même Casino Borghèse; il fut transporté en 1806 à Paris, lorsque Napoléon eut acquis les sculptures qui ornaient cette villa (Visconti, Sculture del Palazzo délia villa Borghèse II stanza VI n. 2. Clarac III, pi. 334 n. 1165. Panofka, Asklepios und die Asklepiaden. dans les Philolog. und histor. Abhandlungen der Berliner Akademie 1845, T. VIII 3 p. 323). On ne saurait voir dans ces statuettes le démon Telesphoros (cf. n. 932), à cause du type commun et de l'expression effrontée de la physionomie.
913 (11) Bas-relief, Ajax et Cassandre.
Restaurations: le bout du nez et l'épaule gauche d'Ajax, le nez de Cassandre, en outre une bande de marbre a la partie supérieure gauche de la colonne qui se trouve derrière Ajax.
Ce bas-relief, d'une composition grandiose, représente Ajax entraînant violemment Cassandre qui implore et tient embrassée une statue de Pallas. L'immobilité inflexible de l'idole aux formes archaïques contraste avec les mouvements très vifs du jeune héros et de la vierge troyenne; ce contraste est d'un grand effet. Le sculpteur, si l'on en juge d'après la façon dont il a rendu les cheveux flottants de Cassandre et les divers vêtement-
PKEMIÈRE CHAMBRE A DROITE. 145
pris pour modèle une peinture; on pourrait alors songer à la Cassandre de Théon, un peintre dont les tableaux étaient remarquables, comme notre bas-relief, par la vigueur saisissante de la composition (cf. n. 348). Ce basfelief doit être vu d'assez loin , parce que l'exécution en est un peu rudimentaire. Il était sans doute destiné à être placé très haut, et formait peut-être frise. Il est difficile de dire si les lettres S A gravées dans le champ sont antiques ou modernes, et s'il faut y voir le reste du nom CASSANDRA.
Nibby, T. 16, p. 61. Gerhard, Antike Bildwerke T. 27; Prodromus p. 272. Overbeck, Gallerie T. 27, 5, p. 651 n. 138. Cf. Beschreibung Roms III 3 p. 240 n. 12. Braun, Ruinen und Museen p. 532 n. 7.
914 (8) Face latérale d'un sarcophage.
Restaurations: dans l'Amour, la tête et presque toute la palme — l'attribut primitif semble avoir été un arc — ; dans l'homme et dans la femme le bout du nez.
Comme nous le prouve un dessin conservé au cabinet des Estampes de Berlin, cette plaque de marbre formait la face latérale droite du sarcophage dit de Pasiphaé, sarcophage qui se trouvait jadis à la villa Borghèse et qui est actuellement au Louvre. Sur ce bas-relief on voit debout devant un temple un homme barbu entièrement vêtu, qui lève la main droite pour prier, et une vieille femme, qui tient dans ses deux mains une coupe remplie de fruits. Le temple paraît dédié à une divinité des eaux ; car à l'intérieur de son fronton est représenté un Triton, qui souffle dans une trompette. Comme on peut s'en rendre compte en examinant les dessins qui ont été faits lorsque le bas-relief était mieux conservé, deux statues d'Amours se trouvaient devant les colonnes du temple; il n'en reste plus qu'une. Le sujet qui décore la face principale de ce sarcophage se rapporte au mythe de Pasiphaé ; aussi a-t-on reconnu avec beaucoup de vraisemblance sur la face latérale, dont nous nous occupons, l'époux de Pasiphaé, Minos, accompagné d'une vieille femme, sans doute sa mère Europe, et offrant à Neptune (Poséidon) un sacrifice non sanglant. La scène
Helbig, Guide II. 10
a peut-être été inspirée par les Cretois d'Euripide, tragédie
dans laquelle Minos semble avoir été le prêtre mystique
de Jupiter (Zeus) Idéen et en même temps un végétarien.
Nibby, T. 16, p. 59. Robert, Der Pasiphae-Sarkophag ; 14. Hallisches Winckelmannsprogramm (Halle 1890) T. I, II 3, 3 a, T. III, IV 3 a, p. 14, p. 19 et suiv.
915 (5) Statue de Ve'nus (Aphrodite).
Restaurations : la tête , la main droite avec le pan du manteau qu'elle tient, la partie de l'avant-bras gauche qui dépasse la draperie, quelques morceaux de la draperie, le pied droit avec la partie du chiton qui le recouvre, quelques éclats du pied gauche, la plinthe.
Cette statue d'une exécution médiocre et mal conservée ne donne qu'une idée assez faible de la beauté du type qu'elle reproduit. Vénus (Aphrodite) porte un chiton en étoffe légère, qui laisse à découvert le sein gauche et à travers lequel on peut suivre toutes les formes de ce beau corps de jeune femme; de sa main droite gracieusement levée, la déesse tire au-dessus de ses épaules, par un geste charmant, son manteau, dont une des extrémités est enroulée autour du bras gauche, et qui tombe le long du dos sans couvrir le devant du corps. La main gauche tenait probablement une pomme. On suppose généralement que l'original de cette statue était une célèbre Vénus d'Alkaménès. Mais le style de la meilleure réplique de ce type, aujourd'hui au Louvre, semble trop sévère pour qu'on puisse attribuer l'original à l'école de Phidias.
Nibby, T. 15, p. 58. Braun, Vorschule T. 73. Pour le reste, voir Bernoulli, Aphrodite p. 87 n. 3. Cf. Gazette archéologique XII (1887) p. 250 et suiv., p. 271 et suiv. Roscher, Lexikon der griech. u. rom. Mythologie I p. 412 — 413. Athenische Mittheilungen XII (1887) p. 383, XIV (1889) p. 199 et suiv. Rômische Mittheilungen IV (1889) p. 72 — 73. Fiinfzigstes Programm zum Winckelmannsfeste der archàologischen Gesellschaft zu Berlin (1890) p. 118 — 121. Antike Denkmâler herausg. vom arch. Institut I p. 45.
Deuxième chambre.
916 (2) Hermès de Pan.
Restauration: le bout du nez.
Cet hermès reproduit un type péloponnésien de Pan, type que nous avons déjà étudié au n. 389.
Nibby, T. 31, 1, p. 67. Pour le reste, voir Friederichs-Wolters, Bausteine n. 521.
917 (3) Face antérieure, et, vis -k- vis, 918 (19) Face postérieure d'un sarcophage, les travaux d'Hercule (Héraclès).
La décoration de ce sarcophage reproduit un portique corinthien ; sous chacun des arcs est représenté un des travaux d'Hercule (Héraclès). Cette décoration se continuait sur les faces latérales; ce qui le prouve, c'est qu'un pied s'est conservé derrière chacune des deux colonnes d'angle qui limitent la face antérieure; ces restes ne peuvent provenir que de deux figures d'Hercule sculptées sur les faces latérales. Il est impossible d'indiquer les parties restaurées; car le restaurateur, pour effacer toute différence entre les parties modernes et les parties antiques , a complètement retouché ces dernières. Sur la face antérieure, on voit les exploits suivants du dieu, représentés dans l'ordre que Ton trouve en général sur les sarcophages de cette espèce: le lion de Némée, l'hydre, le sanglier, la biche, les oiseaux du lac Stymphale. La face postérieure, placée en face, représente actuellement Hercule triomphant du taureau de Crète, vainqueur du Thrace Diomède et de la reine des Amazones; dans les deux groupes suivants on voit le héros luttant contre un dragon, ensuite contre un Centaure. D'habitude le combat d'Hercule contre les Amazones est suivi de sa lutte contre Géryon et de son aventure avec Cerbère; aussi doit-on supposer que les deux derniers groupes ou bien sont modernes ou bien ont été transportés des faces latérales à l'endroit où ils se trouvent actuellement. Le combat contre le dragon doit paraître d'autant plus suspect qu'on ne le retrouve sur aucun autre monument représentant les exploits d'Hercule. Sur les deux faces, le socle est orné de scènes de chasse.
Nibby, T. 19, 20, p. 68, p. 76. Cf. Ann. dell' Inst. 1864 p. 315—316.
Sur la face antérieure du sarcophage n. 917 (3) a été placée:
919 (4) Couvercle de sarcophage, les Amazones à Troie.
Les deux masques d'angle sont en grande partie an-
148 VILLA BOKGHÈSE.
tiques; mais ils n'appartiennent pas au monument. Ce couvercle n'a aucun rapport avec le sarcophage d'Hercule, sur la face antérieure duquel il se trouve actuellement: ce qui le prouve, ce sont ses dimensions, c'est le sujet des basreliefs dont il est décoré, c'est le style différent de l'exécution. Les bas-reliefs du sarcophage, dont provient ce couvercle, représentaient sans doute quelque scène en rapport avec les motifs qui ornent le couvercle, par exemple le combat entre Achille et Penthésilée (cf. n. 144).
A gauche on voit l'entrée des Amazones dans Troie, au moment même où Ton y pleure la mort d'Hector. A l'extrémité gauche de la scène Andromaque est assise; elle regarde avec douleur le petit Astyanax, qu'elle tient sur ses genoux. Devant elle sont debout deux femmes qui pleurent, des servantes ou peut-être ses belles-sœurs; une vieille femme (Hécube?) toute courbée s'approche d'Andromaque par derrière; elle lève la main droite et semble lui faire une communication. Elle lui annonce sans doute l'arrivée des Amazones, épisode qui forme le sujet du tableau suivant à droite. Penthésilée, accompagnée d'une autre Amazone, et tenant par la bride son cheval de combat qui marche derrière elle, est reçue par Priam qui lui tend la main. Derrière Priam on voit debout quatre Troyens barbus et un autre plus jeune plongé dans une profonde douleur; en général et avec beaucoup de vraisemblance on reconnaît Paris dans ce dernier personnage. Le groupe suivant se compose de deux femmes qui pleurent; l'une d'entre elles est assise, serrant contre son sein l'urne cinéraire d'Hector, tandis qu'un jeune homme vêtu du costume phrygien s'avance vers elle, et de sa main gauche tendue en avant lui saisit le menton, comme s'il voulait lui faire lever son visage penché vers la terre. On a voulu voir dans la femme assise Hécube, dans le jeune homme son dernier fils Polydoros. D'après une autre hypothèse ces deux personnages seraient de nouveau Andromaque et Paris. La scène qui suit et qui est séparée du groupe précédent par une porte, représente sept Amazones qui s'arment pour le prochain combat. Celle qui est debout le plus près de la porte, et à laquelle une de
ses compagnes met son bouclier, paraît être la reine Penthésilée.
Robert, Die antiken Sarcophag-reliefs II T. XXIV 59, p. 66.
920 (8) Groupe, Amazone foulant deux guerriers sous les pieds de son cheval.
Sont certainement restaurés: dans l'Amazone, la partie antérieure du cimier du casque, le bout du nez, la main droite avec la hache de combat, le bras gauche; dans le cheval, l'oreille droite, les parties de la bride qui pendent librement, la queue ; dans le guerrier étendu par terre sous le cheval, le bras droit, la moitié inférieure de la jambe gauche avec le pied ; dans l'autre guerrier , le devant du cimier du casque, le bras gauche et le bas de la jambe gauche sauf le pied.
L'Amazone, qui vient de renverser le guerrier déjà étendu sous son cheval, cherche à frapper de la main droite un second guerrier, qui est tombé sur le genou droit entre les pattes de devant du coursier. L'Amazone, comme le guerrier qui se trouve devant elle, portait un bouclier au bras gauche; le guerrier le levait en l'air, pour garantir sa tête. Il est impossible d'étudier en détail le style de cette sculpture, parce que le restaurateur en a retouché les parties antiques, après les avoir nettoyées avec des acides. Toutefois ce groupe, par l'ensemble des formes comme par les dimensions des personnages, rappelle ces fameuses statuettes en marbre, qui se rattachent au cycle de statues donné aux Athéniens par le roi Attale I (cf. n. 385). On a donc prétendu reconnaître dans le marbre de la villa Borghèse la copie d'un groupe emprunté à cette partie des ex-voto de Pergame, qui représentait le combat des Athéniens et des Amazones. Mais ce qui nous empêche d'admettre cette hypothèse, c'est le type commun des deux guerriers, et la peau d'animal qui recouvre la tête de celui qui est renversé sous le cheval. Un artiste grec n'aurait jamais représenté sous des traits si grossiers et avec une coiffure barbare des Athéniens luttant contre des Amazones.
Jahrbuch des archàol. Instituts II (1887) T. 7, p. 77 — 85. Cf. Baumeister, Denkmàler d. kl. Altertums I, p. 1246. Revue archéologique XIII (1889) p. 15. Bie, Kampfgruppe uud Kâmpfertypen p. 128.
921 (19) Couvercle de sarcophage.
Restaurations: les deux masques des angles, le bord du bas-relief voisin du masque de gauche (par rapport au spectateur), le bras droit de la femme assise sur l'épaule du géant qui est agenouillé, la tête et le bras droit — sauf la main — de la femme qui vient ensuite et qui est presque entièrement nue, l'avant-bras gauche et la lance de Pallas; dans la jeune fille qui est debout à droite de Jupiter, la tête, les deux avant-bras, la boîte qu'elle porte; à l'extrémité droite du bas-relief, tout près de l'angle, dans la femme qui s'avance à l' arrière-plan entre les deux déesses, le haut du corps avec la tête et le bras gauche.
L'on a déjà tenté plusieurs fois d'interpréter les basreliefs qui décorent ce couvercle de sarcophage; parmi ces explications, la plus satisfaisante est celle qui a été donnée le plus récemment, et d'après laquelle le sujet ici représenté est la naissance d'Apollon et de Diane (Artémis). Dans ce cas, voici comment il faudrait interpréter les trois scènes qui forment l'ensemble de la décoration : à gauche on voit Latone (Lèto), errant à l'aventure et cherchant un pays où elle pourra donner naissance aux enfants qu'elle porte dans son sein. Sur l'épaule d'un géant agenouillé, que l'on considère comme une personnification de la mer Egée, est assise la nymphe de Délos, qui tend les deux bras vers Latone et la supplie d'aborder dans son île pour y accoucher. Tout à fait à gauche est représenté Kythnos, le dieu des montagnes de Délos. Il est assis entre deux arbres, dont l'un paraît être un laurier et l'autre un olivier; or le laurier et l'olivier ont une place dans la légende qui raconte la naissance des divins jumeaux. Quant au palmier, qui joue dans cette légende un rôle prépondérant , il était peut-être sculpté sur l'extrémité aujourd'hui brisée de la plaque de marbre. Dans la scène représentée à droite, on voit Iris, venue dans l'Olympe pour exhorter Eileithyia, la déesse des accouchements, à secourir Latone errante. La femme assise à gauche et dont le haut du corps est nu, paraît être Vénus (Aphrodite); la femme assise à droite et complètement vêtue, qui appuie sur une corbeille son avant-bras gauche, semble être Cérès (Démèter); ces deux déesses tiennent
une place importante dans le culte de Délos. La femme
court vêtue, qui s'avance à droite vers les deux déesses,
serait alors Iris; l'autre femme, que l'on voit s'éloigner
au fond, serait Eileithyia. Au milieu du bas-relief nous
devrions reconnaître Latone, présentant ses enfants à leur
père Jupiter (Zeus) en présence de Minerve (Athéna).
L'enfant, qui est debout à gauche devant le trône de
Jupiter, est dans ce cas le petit Apollon; la fillette, que
l'on voit debout à droite, est Diane (Artémis), déjà revêtue
du court chiton qui la caractérise.
Archâol. Zeitung XXVII (1869) T. 16, 1—3, p. 21 et suiv.; dans cet article, not. 16, est citée toute la bibliographie antérieure du sujet. Cf. Hermès XXII p. 460 — 463. Overbeck, Kunstmythologie IV p. 368—370. Jahrbuch des arch. Instituts V (1890) p. 220 not. 6.
Troisième chambre.
922 (18) Tête colossale.
Bestaurations : le nez, la plus grande partie des lèvres, le menton, les extrémités inférieures des boucles de cheveux qui tombent sur le cou, le buste.
Bien que le cou ait les formes d'un cou de femme et que le restaurateur moderne ait restitué un buste de femme, la tête paraît être bien plutôt celle d'un homme, si l'on en juge d'après la coiffure et d'après le bandeau qui entoure les cheveux. Elle reproduit sans doute un de ces types créés par l'art grec de basse époque, types d'éphèbes dans lesquels les sculpteurs, pour accentuer la délicatesse de la complexion, introduisaient des formes empruntées au corps féminin (cf. nrs. 328, 435). L'exécution dénote une époque avancée de l'empire. L'iris est représentée par un cercle complètement fermé tracé au ciseau; la pupille est figurée par une ellipse ouverte en haut.
923 (15) Statue d'Apollon.
Restaurations: le bras droit avec la manche qui l'enveloppe, le pied droit, la plus grande partie de la plinthe; dans le griffon, la partie antérieure du corps avec les ailes — toutefois la patte droite de devant est antique, et il s'est conservé une amorce de la patte gauche — , en outre la
queue; dans le trépied, le cercle supérieur orné d'acrotères, le cerf qui se trouve au-dessous moins les pattes, le haut de la lyre sculptée derrière le cerf, la plus grande partie des bandes circulaires horizontales, les pieds sauf les pattes terminées par des griffes, la tête et la queue du serpent. La tête qui a été adaptée à la statue au moyen d'un cou moderne est bien antique, mais elle n'appartient pas au corps (restaurations : le nez, quelques fragments des oreilles, le menton, les boucles de cheveux qui tombent le long du cou).
Cette statue semble être la copie d'une antique idole
d'Apollon, copie modifiée dans l'esprit de l'art postérieur.
Elle présente une certaine parenté avec le n. 392. Mais
les formes y ont dans leur ensemble moins de raideur, et
le griffon s'y trouve en relation plus étroite avec le dieu,
qui le serre contre lui du bras gauche. Il est impossible
de déterminer quelle était la pose primitive du bras droit,
et quel attribut il tenait. L'exécution est soignée et ne
manque pas de finesse.
Nibby, T. 32 p. 107. Overbeck, Kunstmythologie IV p. 177 n. 1; Atlas XXI 28.
924 (13) Statuette, enfant jouant avec un oiseau.
Restaurations: l'avant-bras gauche avec l'aile droite de l'oiseau, les jambes de l'enfant, la queue de l'oiseau, le tronc d'arbre, presque toute la draperie qui le recouvre, la plinthe.
Cette statuette reproduit un excellent original , créé
probablement à l'époque hellénistique (cf. nrs. 911, 912).
Le plaisir, avec lequel l'enfant se livre à son jeu cruel,
est rendu sur son visage avec autant d'humour que de
naturel.
Visconti, Illustrazioni dei monumenti scelti Borghesiani II 29 p. 67.
925 (19) Statuette, enfant enchaîné.
Restaurations: la main droite sauf un morceau de l'index et du pouce, la moitié inférieure de l'avant-bras gauche avec la main et le pan de la draperie qu'elle tient, la jambe droite depuis la milieu de la cuisse, le bas de la jambe gauche, les pieds, le tronc d'arbre, la plinthe.
L'art antique aimait à représenter l'Amour enchaîné en punition de ses espiègleries et condamné à quelque
dur travail; il donnait souvent la même attitude à des
enfants ordinaires. Notre statuette appartient à cette
dernière catégorie. L'enfant est debout tout en larmes ;
de la main droite il essuie les pleurs qui coulent de son
œil droit. La chaîne qui pend le long de sa jambe
gauche se rattache en haut à une ceinture qui entoure le
ventre, en bas à un anneau placé au-dessus de la cheville.
La main gauche tenait peut-être un outil, pioche ou pelle
reposant sur le sol.
Visconti, Illustrazioni dei mon. Borgh. II 30 p. 67. Cf. Braun, Ruinen und Museen p. 547 n. 19. Ann. dell' Inst. 1866, p. 85. Birt, De Amorum in arte antiqna simulacris (Marpurgi 1892) p. XXII, p. XXIX.
926 (8) Tête de jeune femme.
Restaurations: l'arcade s ourcilière droite, le nez, un morceau de la lèvre inférieure, le buste.
Ce beau type a été probablement créé vers la fin du Ye siècle; on a prétendu qu'il ressemblait au type de Sappho (n. 789) et Ton voit en général dans cette tête un portrait de la poétesse. Mais cette ressemblance se borne à une certaine analogie de style; car les formes et l'expression des deux visages sont tout à fait différentes. Dans le type dont nous nous occupons ici, le visage est plus allongé et la physionomie plus douce que dans le type de Sappho. En outre l'expression langoureuse est plus accentuée dans le regard noyé des yeux de forme ovale qui sont à moitié fermés. L'étroit bandeau, qui fait trois fois le tour de la tête, est la marque d'une toilette fort soignée, tandis que le bonnet de Sappho donne plutôt l'impression d'une tenue négligée. Les petites boucles de cheveux qui sortent sous le bandeau sont disposées fort coquettement. Tous ces détails conviendraient parfaitement à Vénus (Aphrodite). De nombreuses répliques prouvent que ce type jouissait d'une certaine vogue. Cf. n. 930.
Deux répliques se trouvent à Corneto, dans le Musée municipal, une troisième dans la collection de sculptures de M. Karl Jacobsen, une quatrième chez M. Barracco; enfin le duc de Poggio Nativo en possède un excellent exemplaire.
154 VILLA BOEGHÈSE.
927 (3) Groupe en marbre, servant à la décoration d'un jardin; scène de la vie qu'on mène sur le rivage de la mer.
Restaurations: dans l'homme qui est assis sur le rocher, la tête, la partie inférieure du bras droit, le devant de la partie inférieure du bras gauche , les deux mains avec la coquille. Des deux hommes qui étaient debout derrière lui, ne se sont conservés que quelques morceaux des pieds; de la chèvre qui est placée le plus haut, les sabots. Dans les autres chèvres plusieurs fragments sont restaurés.
Ce marbre décorait, comme le n. 1 70, un de ces petits jardins situés dans les péristyles des maisons romaines; l'ouverture, qui est ménagée presque au milieu de la face antérieure, renfermait une conduite de laquelle jaillissait un jet d'eau. La décoration trahit un mélange d'éléments plastiques et de formes empruntées à la peinture; l'art hellénistique usa de ce procédé avec une certaine modération; mais à l'époque gréco-romaine on l'appliqua de plus en plus et sans aucune mesure. Le rocher , qui forme le noyau de ce groupe, est baigné à sa partie inférieure par des vagues marines traitées dans le style de la peinture , et sur lesquelles se balancent deux barques, portant chacune deux personnages. L'un des hommes qui se trouvent dans la barque de gauche cherche à atteindre un poisson avec un trident. Au-dessus de cette barque est assise une femme, qui tient une rame de la main droite et qui appuie sa main gauche sur un dragon marin ; c'est ou bien la déesse de la mer, Amphitrite, ou la personnification de l'élément liquide, Thalatta ; en face d'elle, au-dessus de la barque de droite, on voit le dieu d'un fleuve, personnage barbu qui tient dans la main droite une branche de roseau, et dont le coude gauche est appuyé sur une urne, d'où l'eau douce coule dans la mer. Sur le rocher est assis un pêcheur, reconnaissable aux objets placés près de lui, une ligne et une corbeille pleine d'animaux marins. Il est douteux que le restaurateur ait eu raison de lui mettre dans les mains une coquille ouverte qu'il regarde; rien ne nous empêche de croire que ce pêcheur examinait quelque objet précieux qu'il
GALEEIE. 155
avait retiré de la mer. Les personnages qui s'approchent du pêcheur par derrière ont été eux aussi restaurés en pêcheurs; mais il est beaucoup plus probable que c'étaient des pâtres; car on ne peut pas admettre que les chèvres qui grimpent tout autour sur le rocher ne soient pas surveillées par un ou plusieurs bergers. Comme dans les idylles et dans les épigrammes idylliques les bergers et les pêcheurs sont maintes fois mis en rapport les uns avec les autres, il faut supposer ici que les bergers sont descendus de la montagne , pour observer ce que fait le pêcheur.
Galerie.
Les sculptures en pierres de couleurs variées qui se trouvent dans cette galerie richement décorée , et parmi lesquelles les bustes en porphyre des onze premiers empereurs attirent surtout l'attention, sont des œuvres de la fin du XVIe ou du commencement du XVIIe siècle. Les marbres antiques placés dans les niches présentent peu d'intérêt ; ce sont des statues insignifiantes aussi bien par le motif que par l'exécution, et en outre elles ont été presque toutes fortement restaurées. On peut cependant jeter un coup d'œil sur l'une d'entre elles, qui occupe la niche creusée dans le mur du sud.
928 (41) Jeune fille avec un dauphin.
Restaurations: la tête avec le cou, Tavant-bras droit — mais la main est antique — , quelques fragments des pieds.
Comme dans la gueule du dauphin, sur la queue duquel la jeune fille tient sa main droite posée, se trouve une ouverture qui devait jadis contenir un tuyau, il est évident que cette statue a décoré une fontaine. Le chiton laisse transparaître les formes de la poitrine; les plis de la draperie sont abondants, mais disposés avec une certaine recherche; tous ces détails dénotent un original de l'époque hellénistique. Il n'y aucune raison pour voir dans cette statue, comme on le fait d'habitude, une image de
Thétis. Il est probable que l'original portait, à la place qu'il occupait, le nom de la nymphe, dont les eaux alimentaient la fontaine qu'il décorait.
Nibby, T. 23 p. 91. Clarac IV, pi. 593 n. 1296. Cf. Beschreibung Roms III 3 p. 248 n. 39. Jahrbuch des arch. Inst. VII (1892) p. 90 n. Ib.
Chambre de l'Hermaphrodite.
929 (16) Tête de femme, de style archaïque.
Restauration: le bout du nez. Le buste est antique, mais ne faisait pas partie du même monument. Comme d'après les gardiens la tête provient d'Anzio, il est probable qu'elle est précisément l'exemplaire cité dans le Bull, de l'Inst. 1834 p. 107, et trouvé entre Nettuno et Astura.
Cette tête fait l'impression d'une œuvre originale. Comme la ligne du profil est très individuelle, on y voit en général un portrait. Mais il faut se rappeler que les artistes de la période archaïque, lorsqu'ils créaient un type idéal, serraient la nature de beaucoup plus près qu'on ne le fit plus tard pendant la période où l'art se développa librement. Nous n'avons aucun indice qui nous permette d'attribuer cette tête à une école déterminée. Outre le caractère individuel du profil, ce qui la distingue surtout, c'est la coiffure aussi élégante que compliquée , les yeux fendus en amandes , la bouche légèrement ricanante, et la fossette creusée sous la lèvre inférieure.
Bericbte der sâchs. Gesellschaft der Wissenschaften 1878 p. 137.
930 (9) Tête de jeune femme.
A été fortement nettoyée. Restaurations: le bout du nez, tout le derrière de la tête ainsi que le bonnet qui le recouvre. Le buste est antique, mais n'appartient pas au monument.
Cette tête reproduit le même type que le n. 926; mais elle est traitée plus librement. Le restaurateur a eu tort de mettre un bonnet sur le derrière de la tête. Ici comme dans le n. 926 la coiffure se composait d'un bandeau qui faisait trois fois le tour de la tête.