CHAMBRE DE L'HERMAPHRODITE
Nibby T. 31 p. 105. Cf. Abhandlungen d. sache. Gesellschaft d, Wissenschaften VIII (1861) p. 722 not. 66.
931 (7) Hermaphrodite endormi.
Restaurations, faites par le sculpteur Bergondi: la tête avec le cou, le coude droit, la main gauche, le bas de la jambe gauche à partir de la draperie, le pied gauche, dans le pied droit le talon et les doigts avec le morceau du drap que touchent les doigts, le matelas.
Pour apprécier ce motif comme il le mérite, il faut l'étudier dans des répliques mieux conservées, en particulier dans une statue qui se trouvait jadis à la villa Borghèse et qui est maintenant au Louvre, et dans une autre statue qui a été découverte à Rome lors de la construction du théâtre Costanzi (n. 969). L'Hermaphrodite, comme on le reconnaît à sa pose et à d'autres indices, est représenté rêvant à des jouissances voluptueuses. C'est une des créations les plus sensuelles de l'art antique. Ce qui augmente encore l'attrait séducteur de cette statue, c'est que dans les formes du corps l'élément féminin est presque exclusivement mis en relief, et que la chair tendre du dos et des fesses est traitée avec un véritable raffinement. D'après tous ces caractères, l'original de l'Hermaphrodite ne peut pas être antérieur à l'époque d'Alexandre le Grand. On a cru que cet original était le célèbre Hermaphrodite de Polyklès, cité par Pline (n. h. 34, 80) ; cet artiste vivait au IIIe ou au IIe siècle av. J.-C. Mais cette opinion ne saurait être adoptée à cause de la matière même de notre statue. L'Hermaphrodite de Polyklès était en bronze. Au contraire le motif de notre statue paraît avoir été conçu pour être exécuté en marbre; car le marbre permet de rendre les formes avec beaucoup plus de morbidesse que le bronze; c'était la matière la plus propre à exprimer cette grâce voluptueuse que l'artiste voulait donner à son œuvre.
Visconti, Illustr. dei mon. scelti Borghesiani I T. 27. Nibby, T. 29 n. 99. Cf. Ann. dell' Inst. 1882 p. 250 a. — Sur la réplique du Louvre: Friederichs-Wolters, Bausteine n. 1481. — Sur l'exemplaire du théâtre Costanzi, voir notre n. 969.
La Chambre suivante pi fait le coin du bâtiment.
932 (24) Esculape (Asklèpios) et Télesphoros.
Restaurations: dans Esculape, le nez, le bras droit, le bâton entouré de serpents sauf l'extrémité inférieure, la main gauche avec la coupe; dans Télesphoros, la tête. L'épiderme du marbre a été très maladroitement nettoyé.
La tête d'Escùlape (Asklèpios) a une expression douce et d'une finesse légèrement affectée; c'est là un caractère propre à certains types créés par la seconde école attique (cf. nrs. 266, 662). Auprès de lui se tient debout Télesphoros, représenté comme d'habitude sous les traits d'un enfant qu'enveloppe un épais manteau muni d'un capuchon. Télesphoros était regardé jadis comme le démon de la guérison; on a soutenu, récemment, qu'il personnifiait plutôt les oracles d'Escùlape, envoyés sous forme de songes aux personnes qui dormaient dans ses sanctuaires.
Beschreibung Roms III 3 p. 253 n. 15. Braun, Ruinen und Museen p. 551 n. 24. Pour Télesphoros, voir Bull, de correspondance hellénique XIV (1890) p. 595—601; Athen. Mittheil. XVII (1892) p. 241.
933 (13) Femme portant un bassin.
Restaurations: le nez, le menton, les deux bras avec le bassin — toutefois cette dernière restitution est justifiée par une trace d'amorce visible au-dessus du genou gauche — , la partie antérieure du pied droit.
Cette statue reproduit le même original que la statue
du Vatican n. 210; elle aussi devait servir à la décoration
d'une fontaine. Elle a conservé sa tête antique; le type
n'en est pas le même que celui de la tête adaptée à la
statue du Vatican; ce qui prouve une fois de plus que dans
cette dernière la tête et le corps sont étrangers l'un à
T autre.
Beschreibung Roms III 3 p. 252 n. 8.
934 (12) Trois femmes soutenant un vase.
Ce groupe en marbre n'est mentionné ici que parce qu'il n'a aucun rapport avec le style antique et doit par conséquent étonner au plus haut point le spectateur. Toutefois cet étonnement disparaît lorsque l'on constate qu'il