CHAMBRE DU COIN
s'agit d'un travail presque entièrement moderne sans la moindre valeur. Les trois femmes ont été placées par le restaurateur sur un antique chapiteau orné de feuillage, qu'il a retourné , et qui n'a évidemment aucune relation avec ces trois personnages. Le noyau des trois statues est antique; mais elles ont été complètement retouchées par une main moderne. On s'explique alors aisément pourquoi chacune des têtes a un type individuel fort déplaisant: l'une des femmes est une jeune fille; la seconde est une femme dans la force de l'âge; la troisième a le visage ridé d'une vieille : en associant ces trois types différents, le restaurateur a voulu sans doute symboliser les trois âges de la vie humaine. Le chapiteau orné de feuillage, entouré de masques barbus et couronné d'une pomme de pin, que portent les trois femmes, est complètement moderne.
Nibby, T. 36 p. 122 n. 1. Cf. Beschreibung Roms III 3 p. 252 n. 7.
935 (2) Statue de Pallas.
Restaurations: le bras droit avec la plus grande partie de la manche droite, le bras gauche depuis le biceps et la main gauche avec le morceau du bouclier sur lequel elle repose, le devant de la cuisse droite, les doigts du pied droit avec le coin de la plinthe qui se trouve au-dessous, une grande partie du bouclier, la tête du serpent. La tête placée sur la statue est antique, mais n'appartient pas au corps.
On est parti de cette idée, que cette statue se rattache à l'Athéna Parthénos de Phidias, et l'on en a conclu que le bras droit penché et tendu en avant devait porter une Victoire (Nikè) (cf.n. 870). Cette opinion n'est pas exacte. Il est beaucoup plus probable que le bras droit était levé et s'appuyait sur une lance, comme dans toutes les statues analogues. Si l'on examine de près le fragment de la manche droite qui s'est conservé du côté du dos, on constatera sans le moindre doute que toute autre restitution est impossible. Ce qui prouve en outre que le bras droit était levé , c'est d'une part la direction que suivent les plis du chiton; c'est d'autre part l'épaule droite un peu plus haute que l'épaule gauche; c'est l'égide, qui glissant
de l'épaule, vient effleurer le cou; c'est enfin la direction
donnée par le sculpteur à l'appui placé sur le côté droit
de la statue pour réunir le bras au corps.
Berichte der sâchs. Gesellschaft der Wissenschaften 1861 T. I, II, p. 1—17, 1866 T. I 1—3, p. 40 — 43. Pour tout le reste, voir Arch. Zeitung VII (1867) p. 25—26.
Chambre dite Chambre égyptienne.
936 (2) Statuette d'une Bacchante dansant.
Restaurations: le bras droit, dans la main gauche le pouce et l'index avec l'objet recourbé qui se trouve placé entre ces deux doigts, la partie inférieure du manteau qui tombe derrière les jambes, les pieds, le tronc d'arbre, la plinthe. La tête, dont le nez est restauré, a été replacée sur le corps, mais elle est bien antique et appartient à la statuette.
Le gracieux motif de la statuette est le même que celui du n. 793. Toutefois la position des extrémités a été changée. L'on reconnaît sans la moindre hésitation que la main gauche tenait un attribut en bronze ou en bois, par exemple un thyrse; ce détail est important pour la restitution du bras qui est penché dans la statuette n. 793.
Clarac IV, pi. 775 n. 1934. Cf. Braun, Ruinen und Museen p. 552 n. 26.
937 (4) Statue de Paris (?).
Restaurations : la main droite avec la pomme, le bas des deux jambes avec les pieds, l'extrémité inférieure de la draperie qui tombe derrière la jambe gauche, le tronc d'arbre, la plinthe. La tête (restauration: le nez) placée sur la statue est antique et paraît appartenir au corps; mais elle a beaucoup souffert par suite d'un nettoyage maladroit.
Pour pouvoir considérer cette statue comme une image de Paris, il faut admettre que la tête est antique et qu'elle appartient au corps. Le fils de Priam serait alors représenté au même moment de sa vie que dans la statue du Vatican n. 382, c. à d. au moment où il juge la beauté des trois déesses debout devant lui. Mais sa disposition d'esprit serait toute différente. Dans la statue