‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de Rome (volume 2)Chapitre 21 sur 34 · SALLE DU TRÔNE · texte numérisé non relu

SALLE DU TRÔNE

En face 952 Bellérophon faisant boire Pégase.

Restaurations: une bande étroite à l'extrémité gauche (jusqu'à l'épaule de Bellérophon), une bande plus large à l'extrémité droite du bas-relief (jusqu'à la hauteur du nez de Bellérophon); dans Bellérophon, la tête, l'avant- bras droit — toutefois les doigts sont en partie antiques — , la jambe droite sauf le pied, le pan de la chlamyde qui tombe sur le dos; dans Pégase, l'oreille droite, la plus grande partie du sabot de la patte droite de derrière, la queue.

On a supposé que le sujet de ce bas-relief avait été inspiré par une version de la légende, d'après laquelle la découverte d'une source aurait joué un rôle prépondérant dans les aventures de Bellérophon. Il est beaucoup plus probable que l'auteur de l'original a voulu tout simplement représenter le héros et son coursier dans une scène de genre. Il faut remarquer le contraste qui existe entre l'aspect idéal de Bellérophon et les formes naturalistes, presque communes du cheval; on dirait que l'artiste a copié fidèlement un cheval de race fort peu distinguée. La pose donnée à l'animal, pendant qu'il boit, témoigne d'une observation très fine de la nature. La façon dont se groupent les figures au milieu du paysage peut être citée comme modèle. Elles sont encadrées à gauche par un arbre, à droite par un rocher; l'espace vide qui s'étend au-dessus est rempli le plus harmonieusement du monde par les ailes de Pégase.

Matz-Duhn III n. 3563. Baumeister, Denkmâler d. kl. Altertums I, p. 300 Fig. 317. Schreiber, Die Wiener Brunnenreliefs aus Pal. Grimani p. 9 Fig. 5; Die hellenistischen Reliefbilder T. III. Cf. Athenische Mittheilungen II (1877) p. 135.

Dans la salle voisine appelée salle du Trône: 953 Statue colossale dite de Gnaeus Pompeius Magnus.

Trouvée sous Jules III (1550 — 1555) au fond d'une cave dans la Via dei Leutari près du palais de la Chancellerie (Compte -rendu de la fouille par Flaminio Vacca: Berichte der sâchs. Gesellschaft der Wissenschaften 1881 p. 71 n. 57). Restaurations: le bras droit, les doigts de la main gauche excepté le pouce, la poignée de l'épée. La tête est antique mais n'appartient pas à la statue.

La tête qui faisait primitivement partie de la statue

était ceinte d'une couronne ou d'un bandeau; car non loin

des épaules, à gauche sur le baudrier, à droite sur le manteau, derrière l'agrafe, se sont conservés les restes d'un bandeau terminé par un motif de décoration en forme de feuille de lierre, bandeau qui tombait de la tête sur chacune des deux épaules. Le bras droit, à en juger par la direction de l'épaule, était un peu moins élevé et plus horizontal que ne l'a restitué l'artiste moderne. En tout cas le mouvement de ce bras indique que le personnage ici représenté apaise une assemblée, devant laquelle il se trouve, ou lui commande le silence. La main gauche tendue en avant tient un globe, que surmontait, semble-t-il, une statuette de la Victoire; car un trou rectangulaire se trouve creusé à la partie supérieure. Cette statue était donc le portrait d'un souverain ou d'un général, dont la puissance embrassait une grande partie du monde. Si on la considère d'habitude comme une image de Pompée, c'est tout d'abord, parce qu'elle a été trouvée dans le voisinage du théâtre de Pompée. On a supposé que cette statue est précisément celle qui ornait la Curia Pompei voisine de ce théâtre, et aux pieds de laquelle César fut assassiné. Auguste déclara cette Curie locus sceleratus et la fit murer; quant à la statue, elle fut transportée devant le théâtre, en face de la porte principale qui conduisait de la scène à l'hékatostylon (cf. Vol. I p. 312 plaque XVI), en un point qui se trouve à peu près derrière le chœur de S. Andréa délia Valle. Il y a environ trois cents mètres de ce point à la Via dei Leutari, dans laquelle a été trouvée la statue du palais Spada; cette distance est trop considérable, pour que l'on puisse identifier cette statue, en ne tenant compte que de la provenance. Lorsqu'on se fut persuadé qu'elle représentait Gnaeus Pompeius Magnus, on trouva que la tête adaptée à la statue ressemblait au portrait de ce personnage reproduit sur les monnaies de ses fils Gnaeus et Sextus. Mais tout spectateur impartial constatera facilement que cette ressemblance est imaginaire. Pour moi, il me paraît inutile d'insister davantage; car on a découvert récemment une tête qui à tous les points de

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