‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de Rome (volume 2)Chapitre 22 sur 34 · SALLE DU TRÔNE · texte numérisé non relu

SALLE DU TRÔNE

vue rappelle les effigies des monnaies que je viens de citer, et qui par conséquent peut être considérée avec certitude comme le portrait de Pompée.

La tête antique placée sur la statue est le portrait d'un inconnu. Ce qui prouve formellement qu'à l'origine elle n'appartenait pas au corps, c'est que les deux morceaux du cou ne se raccordent pas exactement; c'est en outre que des restes de bandeaux se sont conservés sur les épaules, restes qui démontrent l'existence autour de la tête primitive d'une couronne ou d'un ruban; or la tête actuelle ne porte aucun ornement de ce genre. De plus cette tête, placée sur la statue, diffère du corps par la qualité du marbre et par le caractère de l'exécution. Le corps est assez bien réussi; la tête est médiocre; F un et l'autre d'ailleurs sont traités dans le style décoratif. Le compte -rendu de la fouille est tout à fait anecdotique; il paraîtrait que la statue, lorsqu'elle fut découverte, se trouvait au-dessous de la limite de deux terrains appartenant à deux propriétaires différents; l'un d'entre eux réclama le corps, l'autre la tête. On sait qu'à l'époque hellénistique comme au temps de l'empire, on enlevait quelquefois aux statues leurs têtes, afin de les remplacer par les têtes des personnages qu'on voulait honorer en reproduisant leurs traits individuels. Si le récit de la fouille est exact, nous aurions là un exemple de cet usage; dès l'antiquité, la tête actuelle aurait été adaptée à la statue du palais Spada.

Antiquarum statuarum urbis Romae icônes (Romae 1621) II pi. 74 (la statue y est indiquée comme étant un portrait de Trajan). Clarac V, pi. 911 n. 2316. Bernoulli, Rômische Ikonographie I T. VII, p. 112 et suiv., Fig. 15. Baumeister, Denkm. d. kl. Altertums III, p. 1384 Fig. 1532, p. 1385 Fig. 1533. Pour le reste, voir Matz-Duhn I n. 1073, et Bernoulli, Op. citât. I p. 112 Anm. 3. Les observations faites par Fea, Osservazioni intorno alla célèbre statua detta di Pompeo lette il di 10 settembre nell' Ace. romana d' archeologia (Roma 1812) p. 6 — 7, et Notizia degli scavi nell' antiteatro Flavio (Roma 1813) p. 31 — 32 au sujet des restes de bandeaux, sont de tous points exactes. En ce qui concerne le portrait certainement authentique de Pompée: Rômische Mittheilungen I (1886) T. II p. 37—41. Reinach, Mithridate Eupator pi. IV. Revue archéologique XV (1890) pi. VIII, p. 339—340. En ce qui concerne Y habitude, mentionnée plus haut, de changer les têtes des statues,

Helbig, Guide II. 12

voir: Friedlaender , Darstellungen aus der Sittengeschichte Roms III p. 161—163. Cf. Bull, dell' Inst. 1885 p. 95—96. Berichte der sâchs. Gesellschaft der Wissenschaften 1891 p. 102 et suiv.

Dans la galerie des tableaux:

954 Prétendue statue d'Aristote.

C'est peut-être la même statue que 1' «Aristide assiso sans tête, qu'Aldroandi dans Mauro, Le antichità di Roma p. 256, cite comme se trouvant «dans la maison di M. Francesco di Aspra, presso a S. Macuto» (Romische Mittheilungen Y 1890 p. 14 not. 2). Restaurations: l'avant-bras droit avec le coude et un petit morceau de la partie supérieure du bras, une partie assez considérable du devant de l'himation, la jambe gauche depuis le milieu de la cuisse avec la draperie qui la recouvre. La tête placée sur le corps (restauration: le nez) est antique mais n'appartient pas à la statue.

Cette statue représente un homme assis, le haut du corps penché en avant, et plongé dans une profonde rêverie. La tête placée sur la statue est bien antique : mais elle est étrangère au corps. Nous devons nous figurer la tête primitive appuyée sur la main droite. De l'inscription gravée sur la plinthe les cinq premières lettres se sont conservées tout entières; il ne reste qu'un morceau de la sixième, et, après un vide qui peut contenir quatre lettres, le trait supérieur oblique de la dernière lettre qui est un ^. Jusqu'à une époque très récente on lisait en général API^TDTEAH^ et l'on voyait dans la statue le portrait du grand philosophe Aristote. Mais l'omicron carré, que cette lecture rend nécessaire, est une forme postérieure, qui ne concorde nullement avec l'aspect des autres lettres, et le vide qui existe au milieu de l'inscription n'est pas assez large pour contenir cette lettre et les quatre qui suivent. Pendant le XVIe siècle on lisait API$TEIAH$? cette lecture fut adoptée de nouveau par un savant du XVIIIe siècle; au point de vue épigraphique, cette restitution est admissible. Comme le style de la statue et la paléographie de l'inscription datent du dernier siècle de la république ou au plus tard du commencement de l'empire, il est impossible de songer au sophiste Aristide, qui vivait sous les Antonins ^cf.

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