‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de Rome (volume 2)Chapitre 24 sur 34 · MUSÉE PROFANE DE LA BIBLIOTHÈQUE · texte numérisé non relu

MUSÉE PROFANE DE LA BIBLIOTHÈQUE

Wieseler, Denkmâler der alten Kunst I 43, 205. Woermann , Die Malerei des Altertums p. 112 Fig. 28. Von Sybel, Weltgeschichte der Kunst p. 364. Baumeister, Denkm. d. kl. Altertums II, p. 872 Fig. 946 (cf. p. 696). Cf. Winckelmann, Gesch. d. Kunst VII 3 § 7. Braun, Ruinen und Museen p. 839 n. 5. Arch. Zeitung XXXII (1875) p. 80 — 92, article qui contient une critique détaillée des publications antérieures.

Le Musée profane de la Bibliothèque.

À gauche de l'entrée:

959 Tête en bronze de Septime Sévère.

Au mur du fond :

960 Tète en bronze d'Auguste.

Restauration: le nez.

Comme on peut s'en rendre compte en examinant les contours de la section du cou, cette tête était destinée à être placée sur une statue cuirassée ou sur une statue drapée; c'est un des plus beaux portraits d'Auguste, qui se soient conservés. Le type rappelle celui de la statue n. 5; toutefois l'empereur paraît avoir été ici plus idéalisé, et le visage est un peu plus allongé que dans la statue. L'auteur de ce portrait en bronze s'est préoccupé d'un détail, signalé par Suétone (Divus Augustus 79), et qui caractérisait la physionomie d'Auguste : il a rapproché l'une de l'autre les extrémités des sourcils; ce détail n'est reproduit dans aucune tête en marbre d'Auguste, parce qu'en général les sculpteurs en marbre s'abstenaient de représenter plastiquement les sourcils.

Ann. dell'Inst. 1863 Tav. d'agg. P, p. 437, p. 449. Bernoulli, Rom. Ikonographie II 1 T. IV, p. 31 n. 19, p. 55, p. 57.

961 Tête en bronze de Ne'ron.

Cette tête est le portrait de Néron entre vingt-cinq et trente ans. Ici comme sur plusieurs médailles, qui représentent cet empereur au même âge, ses joues sont couvertes d'une barbe courte.

Bernoulli, Rom. Ikonographie II 1 T. XXIV, p. 392 n. 6, p. 402.

Helbio, (initie II. 13

Au mur latéral de gauche, en haut:

962 Mosaïque, paysage avec animaux.

Trouvée en octobre 1738 par Alessandro Furietti dans la villa d'Hadrien près de Tivoli, transportée sous Clément XIII en 1767 à la Bibliothèque.

Un lion s'approche d'un ruisseau pour s'y désaltérer. Auprès du ruisseau un sanglier est vautré dans une mare, tandis qu'à droite un éléphant est debout sous une arcade de rochers. A l'arrière-plan s'enfuient un cerf et une biche; c'est probablement l'approche du lion qui leur a fait quitter précipitamment le bord du ruisseau.

Foggini, Mus. cap. IV p. 183, vignette de la p,. 197. Penna, Viaggio pittorico délia villa Adriana III 61. Cf. Braun, Ruinen und Museen p. 837 n. 2.

Au même mur, un peu plus loin:

963 Mosaïque, Guirlandes.

Trouvée en même temps et dans la même villa que le n. 962.

Trois guirlandes de feuilles et de fruits sont suspendues h un ruban bleu, qui plus bas les enlace. Sur chacune des guirlandes un oiseau est perché. Au-dessous l'on voit deux tiges de blé, sur chacune desquelles un papillon s'est posé.

Foggini, Mus. cap. IV p. 183. Penna III 62.

Le Musée des Thermes.

Comme les antiquités, qui doivent être exposées dans les thermes de Dioclétien, n'y sont rangées que dans un ordre provisoire ou même sont encore emballées dans des caisses, je me contente ici d'étudier quelques morceaux particulièrement intéressants, que le lecteur saura reconnaître sans peine, lorsque l'organisation du Musée sera définitive. Je commence par les statues en bronze, qui constituent le principal attrait de la nouvelle collection; j'examine ensuite les sculptures en marbre, et je termine par quelques indications au sujet des peintures murales et des stucs.

964 Statue en bronze d'un pugiliste.

Trouvée en 1884 pendant la construction du théâtre situé sur la Via Nazionale. Restaurations: l'extrémité du pouce gauche, un morceau de la cuisse droite, le rocher sur lequel le personnage est assis.

Cette statue est l'image très fidèle d'un pugiliste qui se repose; elle a peut-être été dédiée par le pugiliste lui-même en souvenir de ses victoires. L'originalité pleine de caractère, avec laquelle l'artiste a conçu l'individu qu'il devait représenter, et le sentiment très exact de la nature dont témoignent tous les détails de l'exécution, nous indiquent que cette œuvre date de la période hellénistique plutôt que de l'empire romain. Le pugiliste est assis, le haut du corps penché en avant, les avant-bras appuyés sur les cuisses, la tête levée et tournée vers la droite. La physionomie a une expression de brutalité

stupide;.le visage porte des traces nombreuses de l'exercice, auquel le personnage se livrait. Ses oreilles ont été élargies par des coups de poing répétés. Comme d'autre part la lèvre supérieure est un peu en retrait sur la lèvre inférieure, on dirait que les dents de devant de la mâchoire supérieure ont été renfoncées et brisées. Ces blessures, le pugiliste les a sans aucun doute reçues dans les nombreux combats qu'il a déjà livrés; mais d'autres indices nous prouvent qu'il vient de lutter à l'instant même. Les deux oreilles sont égratignées en deux endroits ; à l'oreille droite, de chaque égratignure sortent deux gouttes de sang figurées en relief très plat; une autre goutte de sang est visible à l'oreille gauche au-dessous de la plus haute des deux écorchures. En outre, tandis que l'orbite de l'œil droit a une forme normale, celui de l'œil gauche est enflé à sa partie inférieure; le dessous de l'œil et la joue se confondent sans démarcation précise. Il est d'autant plus naturel de supposer que cette tumeur provient d'un coup de poing tout récent que juste sous l'œil gauche se trouvent plusieurs égratignures , desquelles toutefois ne sort aucune goutte de sang. Nous devons admettre que le nez est enflé à l'intérieur et rempli de sang coagulé; car la bouche est ouverte et la mâchoire inférieure s'avance. Evidemment le pugiliste ne peut plus envoyer aux poumons par les narines que peu ou point d'air; il ouvre la bouche pour respirer. Parmi les poils de la moustache les uns sont raides, les autres ramassés sur eux-mêmes en petites touffes; c'est l'aspect qu'ils ont, quand ils ont été mouillés de sang et que le sang s'est coagulé.

Cette statue nous fait connaître dans tous leurs détails les appareils qui servaient aux pugilistes pour garantir leurs bras et pour augmenter l'effet des coups qu'ils portaient (caestus). Chacun des deux avant-bras est couvert d'un gant, qui ne laisse libres que les phalanges antérieures des doigts. La partie postérieure des doigts, sauf le pouce, est entourée, par-dessus le gant, de trois bandes de cuir épaisses et reliées entre elles par des agrafes en

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