‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de Rome (volume 2)Chapitre 27 sur 34 · MARBRES · texte numérisé non relu

MARBRES

La pose du corps ressemble à celle du Doryphore (n. 58); le type du visage et la disposition des cheveux rappellent aussi la manière de Polyclète; il n'est donc pas douteux que notre statue soit en relation avec l'art de ce grand sculpteur. L'on a même prétendu que ce type de Bacchus pouvait bien avoir été créé par lui ou par un de ses élèves. Toutefois la morbidesse, avec laquelle le nu est modelé, ne se retrouve ni dans les œuvres de Polyclète que nous connaissons, ni dans celles des écoles artistiques de la même époque ou de la période qui suivit immédiatement. Si nous examinons l'Amazone de Polyclète (cf. n. 32), qui se prête mieux que le Doryphore à une comparaison avec notre statue, il est évident qu'il y a une assez grande distance, par exemple l'intervalle de toute une génération d'artistes, entre le style sévère de l'une et les formes délicates de l'autre. Ce qui est certain en tout cas, c'est que le modelé du pied droit de Bacchus qui s'est conservé a un caractère, que nous rencontrons pour la première fois à une époque avancée du IVe siècle; c'est à la même date qu'il faut rapporter le changement de la pose telle que l'avait imaginée Polyclète. De toutes ces observations il résulte, semble-t-il, que l'original de cette statue de Bacchus était l'œuvre d'un sculpteur péloponnésien, qui vers le milieu du IVe siècle développa la manière de Polyclète. Cet original est peut-être un peu plus récent que le type de Pan jeune créé par la même école (cf. n. 389). Comme dans notre statue l'artiste n'a su ménager qu'imparfaitement la transition entre les formes viriles et les parties du corps d'un caractère féminin, il faut admettre que l'original est une des tentatives les plus anciennes qui aient été faites pour donner une grâce nouvelle aux images de dieux adolescents, en introduisant dans leurs corps quelques formes féminines.

Mon. dell' Inst. XI 51, 51a; Ann. 1883 p. 136 et suiv. Cf. Arch. Zeitung XL (1882) p. 173. Friedericns-Wolters , Bausteine n. 520. Furtwàngler, Sammlung Sabouroff I Text zu T. VIII— XL Roscher, Lexikon der griech. u. rom. Mythologie I p. 1137, p. 1138 Fig. 17. Museo italiano di antichità classiea III p. 761. 777 — 779, p. 783

(dans cet article le type de notre statue est attribué à Myron). Romische Mittheilungen VI (1891) p. 238—239.

968 Statue en marbre d'un éphèbe agenouille'.

Trouvée dans la villa de Néron près de Subiaco.

Cette statue a été exécutée avec tant de finesse et de sentiment, que rien ne nous empêche d'y voir un original grec. Elle rappelle par son style la statue de la Glyptothèque de Munich connue sous le nom d'Ilionée , et date probablement comme elle de l'époque d'Alexandre le Grand ou du début de la période hellénistique. Elle représente un adolescent, dont le genou gauche touche à peu près la terre, les deux bras tendus en avant; le bras droit est levé très haut; le bras gauche se trouvait plus bas de sorte que sa partie antérieure était réunie à la cuisse droite par un appui, dont l'amorce s'est conservée tout près du genou. D'après toutes ces données il semble que le jeune homme se défende contre un danger qui le menace d'en haut. En même temps et à la même place que la statue a été découverte une main gauche, qui tient un objet en forme de courroie. Elle ne peut pas avoir fait partie de la statue, car l'exécution en est moins fine et moins fraîche.

Antike Denkmàler herausg. vom arch. Institut I T. 56. Brunn und Bruckmann, Denkmàler gr. u. rom. Sculptur n. 249. Cf. Notizie degli scavi 1884 p. 426 — 427. Romische Mittheilungen VI (1891) p. 238. — Pour la statue dite d'Ilionée, voir: Brunn, Beschreibung der Glyptothek n. 142.

969 Hermaphrodite.

Cette statue fut trouvée en 1879, lorsqu'on construisit les fondations du théâtre Costanzi, dans le péristyle d'une maison particulière antique très considérable qui remonte à l'époque des Antonins, si l'on en juge par le caractère de la construction, et qui semble avoir appartenu à Gaïus Julius Avitus, époux de Julia Maesa et grand-père d'Elagabal.

Cette statue reproduit le même original que la statue de la villa Borghèse n. 931; mais elle est incomparablement mieux conservée. Il y a une différence absolue entre la tête de cette statue et les têtes que nous ont

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