FRESQUES ET STUCS
conservées d'autres répliques de l'Hermaphrodite; c'est tout simplement une tête d'Apollon, créée par l'art hellénistique avancé.
Mon. dell' Inst. XI 43; Ann. 1882 p. 245 et suiv.
970 Tête d'un Perse mourant.
Trouvée vers l'année 1867 sur le Palatin. Le type du visage et la tiare qui couvre la tête prouvent que ce marbre représente un Perse. Les phénomènes de la mort sont rendus avec une habileté merveilleuse; les yeux sont déjà à moitié fermés, les muscles du front se sont contractés convulsivement, la bouche ouverte semble exhaler le dernier soupir. Mais on lit encore sur ce visage la colère et le dépit, que le guerrier a éprouvés pendant le combat. Par la conception, par le style et en particulier par la facture des cheveux, cette tête rappelle de très près les types de barbares de Pergame (cf. nrs. 533, 884); elle paraît donc être en relation étroite avec l'école artistique qui travailla dans cette ville sous Attale I.
Bull. delV Inst. 1867 p. 140. Ann. dell' Inst. 1871 p. 238 not. 31. Matz-von Duhn, Antike Bildwerke in Rom I p. 349 n. 1190.
971 Peintures murales et bas-reliefs en stuc.
Peintures et bas-reliefs proviennent d'un édifice antique, qui réunit en lui les caractères d'une grande maison de ville et d'une maison de campagne, et qui fut découvert en 1878 dans le jardin de la Farnésine. (Le plan se trouve dans les Notizie degli scavi 1880 Tav. IV p. 127). Comme les différents morceaux ne sont pas encore numérotés, et comme les fragments quj se raccordent ne sont pas encore rapprochés les uns des autres, je renonce à étudier ces monuments en détail, et je me borne à signaler quelques particularités intéressantes.
Les peintures murales, qui ont été placées provisoirement dans le cloître, appartiennent au style décoratif dit second style (cf. n. 956); mais déjà ce style a subi quelques-unes des transformations qui vont préparer l'avènement d'une variété spéciale du troisième style, variété dite style des candélabres; il semble donc que ces peintures datent du commencement de l'empire. Ce qui
confirme cette opinion, c'est que sur un des tableaux de cette série est reproduite une idole de Diane (Artémis), à laquelle l'empereur Auguste portait un intérêt particulier. Les morceaux, dont le fond est noir, proviennent d'une grande salle oblongue. On y voit une frise, qui représente toute une suite de scènes de jugement copiées d'après des originaux hellénistiques ou plus précisément alexandrins (désignés provisoirement ainsi: C 2, C 4, C 5). Une série de tableaux peints sur les murs de deux chambres à coucher (fond rouge) mérite d'êitre examinée de près (B 3—5, Di, 3). On sait que l'habtude de placer au milieu des panneaux ou en d'autres endroits de la paroi des tableaux nettement distincts du reste de la décoration et peints eux-mêmes à fresque, naquit à l'époque hellénistique; elle s'explique par une habitude antérieure, qui consistait à décorer les murs de véritables tableaux sur bois. Les tableaux reproduits en fresques procèdent en général, par la conception et par le style, de l'art hellénistique , et leurs originaux datent précisément de l'époque à laquelle eut lieu cette évolution de l'art décoratif. Mais plusieurs des tableaux peints dans les deux chambres à coucher font exception; ils dénotent une époque plus ancienne. Leur composition correspond à celle des bas-reliefs ; ils sont traités plutôt comme des dessins coloriés que comme des peintures. Ils rappellent, par le dessin et la technique, les représentations des lécythes attiques à fond blanc, et il est probable qu'ils se rattachent à la même phase de la peinture artistique. Nous pouvons donc admettre que le peintre, auquel on doit la décoration de ces deux chambres à coucher, a voulu imiter une chambre, qu'un amateur avait fait orner non -seulement de peintures d'artistes contemporains, mais aussi de tableaux plus anciens. Chacune des deux chambres contenait un grand et plusieurs petits tableaux de ce dernier genre. Le grand tableau d'une des deux chambres représente une femme assise, probablementVénus (Aphrodite), et une jeune fille qui, se tenant sur les pointes des pieds, paraît lui tendre un objet de sa main droite levée (D 1). Les petits
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tableaux sont trop abîmés pour qu'on en reconnaisse le sujet. Néanmoins sur l'un d'eux on distingue Bacchus (Dionysos); le dieu est assis, un thyrse dans la main gauche; de la main droite il présente à une jeune fille debout devant lui une coupe à deux anses (kantharos) (D 3). Le style de tous ces tableaux dénote le commencement du IVe siècle av. J.-C. Cette même chambre était aussi ornée de peintures qui ont les caractères habituels de l'art hellénistique. L'un de ces tableaux représente une jeune fille qui est assise sur le lit nuptial, la tête couverte du manteau; auprès d'elle on voit son fiancé qui la prie de l'écouter. Un autre tableau représente un couple amoureux étendu sur un lit et s'embrassant (tous deux D l). Dans la seconde chambre à coucher, un tableau de dimensions assez considérables trahit encore certaines réminiscences du style archaïque; c'est probablement la copie d'un original qui datait de la moitié du Ve siècle (B 5). On y voit Vénus assise sur un trône richement décoré et tenant une fleur de la main droite. L'image de la déesse semble avoir été inspirée par une célèbre statue chryséléphantine. La tête est couronnée d'un polos élevé , sur le bord duquel sont disposées alternativement des grenades et des boutons de fleurs. Derrière Vénus une jeune femme est debout; c'est probablement Peitho (cf. nrs. 148, 958); elle est occupée à mettre autour de la tête de la déesse ou à en retirer un voile en étoffe très fine; devant Vénus on voit l'Amour qui tient de la main droite le sceptre de sa mère. Sur deux autres tableaux plus petits, dont le style est celui du IVe siècle, se trouve une femme assise avec un instrument à cordes; devant elle une jeune fille est debout, lui présentant dans l'un des tableaux une branche, dans l'autre un petit écureuil (B4). Les autres peintures de cette chambre reproduisent, suivant l'habitude, des originaux hellénistiques. Un de ces tableaux, assez grand, représente des Nymphes élevant Bacchus enfant (B4); deux tableaux plus petits représentent un couple amoureux étendu sur un lit; sur deux autres on voit dv< scènes empruntées au théâtre; un cinquième représente
le thiase bachique (B 3, B 5). Les voûtes, qui recouvraient ces deux chambres, étaient ornées de bas-reliefs en stuc blanc exécutés avec une merveilleuse finesse; les fragments de ces bas-reliefs, très habilement rapprochés, se trouvent au premier étage du Musée. On y voit une dé coration ornementale composée avec beaucoup de goût; cette décoration encadre des paysages, dont la plupart ont un caractère hellénistico - égyptien qui se reconnaît à première vue, et plusieurs sujets figurés, en particulier des scènes bachiques. Dans une troisième chambre à coucher, au milieu des panneaux, se trouvaient peintes des figures isolées (sur fond blanc), traitées dans un style sévère, qui semble nous reporter à la fin du Ye siècle. De ces figures se sont conservées plusieurs femmes, qui paraissent occupées à accomplir des cérémonies religieuses, et un prêtre revêtu d'un long chiton (E 12).
Les peintures murales: Mon. dell' Inst. XI 44 — 48, Ann. 1882 p. 301—314; Mon. XII 5—8, Ann. 1884 p. 307—322; Mon. XII 17— :>4, Ann. 1885 p. 302 — 318. Cf. Mau, Geschichte der decorativen Wandmalerei in Pompei p. 215 et suiv. Pour l'image de Diane: Romisehe Mittheilungen III (1888) p. 92. PourPeitho: Rom. Mitth. VII (1892) p. 60. — Les bas-reliefs en stuc: Monumenti inediti, pubbl. dall' Instituto , supplemento (Berlin 1880—1891) T. 32—36; un fragment se trouve reproduit dans la Gazette archéologique 1885 T. 10.
Le Musée Etrusque du Vatican,
(Museo Gregoriano Etrusco.)
Le Museo Etrusco fut créé en 1836 par le pape Grégoire XYI ; à l'origine il était destiné à contenir les nombreuses trouvailles faites depuis l'année 1828 dans l'Etrurie occidentale; puis on adjoignit à ce premier noyau plusieurs monuments semblables que le Vatican possédait déjà , et plus tard le produit de maintes découvertes faites à Rome et dans le Latium; enfin Pie IX y ajouta d'autres acquisitions accidentelles. Il y a peu de temps, le musée a été réorganisé par les ordres du directeur actuel C. L. Yisconti, et les collections ont été classées méthodiquement. Nous commençons notre examen par la salle d'entrée; puis nous tournons à droite pour étudier les urnes et les sculptures en terre cuite, que suit la collection des vases, et nous revenons à l'entrée par les salles des bronzes.
Museo Etrusco Gregoriano, Rome 1842, 2 vol. (la première édition, auj. épuisée, sera désignée dans la suite de cette description par la lettre A). Cf. Arch. Zeitung XXXVII (1879) p. 34 et suiv. (Klûgmann). Un catalogue scientifique et très développé du Musée Etrusque est en préparation.