‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de Rome (volume 2)Chapitre 30 sur 34 · MUSEO GREGOR1ANO · texte numérisé non relu

MUSEO GREGOR1ANO

notre amphore a employé ce motif pour figurer le fameux combat singulier d'Achille et de Memnon (cf. n. 8); il a inscrit auprès des deux guerriers les noms des deux héros, sans d'ailleurs leur donner aucun caractère individuel. Sur la face opposée on voit la défaite du taureau crétois. Hercule (Héraclès), qui n'est point ici revêtu de sa peau de lion, a jeté une corde autour des pattes de derrière de l'animal; il appuie sa jambe gauche contre la tête du taureau, et serre en même temps les deux extrémités de la corde, de telle façon que la bête tombe à la renverse.

Mus. Gregor. II T. XXXVIII (A II T. XXXIX), 1. Cf. Overbeck. Gallerie heroischer Bildwcrke p. 514.

Au milieu de la salle:

34 Vase corinthien placé sur un socle élevé.

Ce vase sans pied (appelé cleinos), dont la décoration ressemble à celle des vases attico-corinthiens, est orné de quatre zones de tableaux ; dans la zone supérieure on voit d'une part un combat qui se livre autour du cadavre d'un guerrier tombé; de nombreux hoplites, des archers et des cavaliers prennent part à la lutte ; d'autre part est représentée la chasse du sanglier de Calydon, un des sujets favoris de l'art corinthien primitif. Le terrible animal, sur le dos duquel deux chiens ont sauté, a déjà tué l'un des chasseurs, que l'on voit étendu par terre; il est attaqué à gauche par six personnages armés de lances et par un archer ; du côté droit il est poursuivi par un autre lancier, un autre archer et par une femme, la vaillante vierge d'Arcadie, Atalante. L'artiste n'a donné aucun caractère individuel à ces différents chasseurs, dont Méléagre est le chef. Au-dessous de la zone principale se développent trois frises d'animaux qui passent: cygnes, boucs, béliers, sangliers, prétendues Sirènes, panthères, lions. Le couvercle placé sur le vase est décoré lui aussi d'une zone d'animaux. Le socle élevé, garni de plusieurs gros bourrelets, ne fait que copier les objets en bronze analogues (v. p. 371); il est, sur toute sa hauteur, orné

de motifs purement décoratifs, tandis qu'en bas se développe une frise d'animaux.

Trouvé à Caere. Museo Gregor. II T. XC (A II T. VII). Cf. Kekulé, De fabula Meleagrea p. 38.

Dans les vitrines placées près de la fenêtre se trouvent plusieurs lampes romaines, décorées en partie de basreliefs.

Sixième chambre.

Amphores et hydries à figures noires.

36 Amphore, lutte des dieux contre les Géants.

Dans le cadre réservé pour le tableau (cf. p. 223) sur la face antérieure de l'amphore est représentée la lutte des dieux et des Géants. Jupiter (Zeus) se prépare à monter sur son char attelé de quatre chevaux; de ses deux mains il a saisi les rênes; Hercule (Héraclès) est debout auprès de lui; d'un pied il a enjambé le rebord du char et s'appuie sur le timon, afin de trouver une assiette solide pour décocher ses flèches. Non loin s'avance Minerve (Athèna), la lance levée; devant elle Mars (Ares) a commencé le combat. Un Géant est déjà tombé mort auprès du char; deux autres Géants tout armés s'élancent impétueusement à la rencontre des dieux. Sur la face postérieure on voit des scènes de combat ordinaires.

Mus. Gregor. II T. L (A II T. LU), 1. Cf. Mayer, Gigauten und Titaneu p. 293 et suiv.

37 Amphore, Hercule (Héraclès) et le sanglier.

Sur l'ordre d'Eurysthée, Hercule (Héraclès) est allé chasser le sanglier d'Erymanthe; il le rapporte vivant, et se prépare à l'enfermer dans la grande jarre à provisions (pltJios) à demi enfoncée dans la terre, lorsque de l'orifice du vase surgissent la tête barbue d'Eurysthée et son bras droit, qu'il lève d'un geste suppliant. Le roi pris de peur s'était caché dans ce pithos h l'approche du héros, par crainte de lui et du sanglier qui rugissait. De

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chaque côté du groupe principal l'on voit une femme debout, qui regarde la scène d'un air étonné; mais dans la composition primitive ces deux femmes devaient être Minerve (Athèna), qui encourageait son protégé, et Kalliphoebé, la mère d'Eurysthée, saisie d'angoisse. Le tableau peint sur la face postérieure de l'amphore représente deux guerriers, salués par leurs parents au moment de leur départ ou à leur retour.

Mus. Gregor. II T. LI (A II T. LIV), 2. Cf. Klein, Euphronios2 p. 87 et suiv. Roscher, Lexikon d. Mythologie I p. 2201 (Furtwàngler).

39 Amphore, Hercule (Héraclès) et Géryon.

Après s'être heureusement tiré de plusieurs aventures, Hercule (Héraclès) partit pour l'île d'Erytheia située aux extrémités de l'Occident, afin d'y ravir les grands troupeaux de bœufs de Géryon, le monstre à trois corps; le combat, qu'il eut alors à livrer, est représenté sur la face antérieure du vase. Encouragé et assisté par Minerve (Athèna), Hercule a déjà blessé d'un coup mortel le berger Eurytion, reconnaissable à la peau dont il est revêtu et à la besace qu'il porte; puis il s'élance, la massue levée, sur Géryon lui-même, qui est figuré avec trois corps complets réunis par le milieu; de ces trois corps deux (armés en hoplites) sont encore debout et continuent le combat, tandis que le troisième déjà blessé s'affaisse sur le sol. Auprès de Géryon saute Orthros, le chien à double tête (un frère de Cerbère et de la Chimère, d'après Hésiode) ; sa queue est un serpent. Sur la face postérieure du vase on voit une bataille à laquelle prennent part des hoplites et un quadrige.

Mus. Gregor. II T. XL VIII (A T. XLII), 1. Cf. Klein, Euphronios2 p. 58 et suiv., 77 et suiv.

43 Amphore, lamentation funèbre; Hélène menacée par son époux.

Dans un bois de platanes et de lauriers une femme est debout, qui se lamente, la main droite levée, et qui

de la main gauche s'arrache les cheveux, devant le cadavre nu d'un homme barbu, qui est couché sur un lit de feuillage. A gauche, aux troncs des platanes sont suspendues les armes du défunt; plus haut dans les branches un oiseau est perché. L'on a vu dans la femme attristée Eos, la déesse de l'Aurore, qui pleure son fils Memnon tué par Achille (cf. n. 8) ; d'après une version plus récente de la même légende, les larmes que la déesse verse chaque jour en souvenir du défunt seraient la rosée du matin. — Sur la face postérieure de l'amphore, nous voyons Ménélas, après la prise de Troie, s'élançant, l'épée nue, audevant d'Hélène qu'il a reconquise; d'un côté du groupe central un guerrier s'éloigne, de l'autre côté un jeune homme immobile regarde la scène. Hélène lève son voile ; ce geste fait peut-être allusion à la puissance qu'exerce sa beauté; car déjà Ménélas, à la vue des traits de sa femme, laisse retomber son épée menaçante.

Mus. Gregor. II T. XLIX (A II T. XLVII) , 2. Cf. Overbeck, Gallerie heroischer Bildwerke p. 535 et 628. A. Schneider, Der troische Sagenkreis p. 182.

44 Amphore, Apollon et Hercule (Héraclès).

Une légende très populaire, dont on n'a pas encore trouvé complètement la signification primitive, rapporte qu'Apollon et Hercule (Héraclès) se disputèrent un trépied — le trépied de Delphes d'après la version la plus répandue. Sur cette amphore nous assistons seulement au début de la querelle; Hercule et Apollon ont saisi chacun par une anse le trépied qui est debout entre eux; leurs armes sont encore basses. — Le tableau de la face postérieure représente un quadrige conduit par un personnage qui porte le costume habituel des conducteurs de char. C'est peut-être Iolaos,le compagnon d'Hercule, qui attend l'issue de la dispute.

Mus. Gregor. II T. XXXI (A H T. LI), 1. Cf. Welcker, Alte Denkmâler III p. 272. Overbeck, Kunstmythologie IV p. 397. Au sujet du mythe, cf. Roscher, Lexikon der Mythologie 1 p. 2189 et suiv. (Furtwàngler); v. Wilamowitz, Euripides Herakles I p. 265.

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45 Amphore, combat d'Hercule (Héraclès) et du lion de Némée.

Le premier en date des douze travaux d'Hercule (Héraclès), sa victoire sur le lion de Némée, a été l'un des sujets que les peintres de vases ont sans cesse repré sentes avec prédilection. Le tableau, qui orne la face antérieure de cette amphore , reproduit le motif le plus ancien qui servit à figurer ce combat. Hercule a saisi au cou le lion qui l'a assailli et lui enfonce son épée dans la gorge. Minerve (Athèna) et le fidèle compagnon d'Her cule Iolaos assistent au combat. Sur la face postérieure on voit un homme barbu , qui revêt ses armes de guerre au milieu des siens.

Mus. Gregor. II T. XLVII (A II T. XLV), 2. Cf. Atlien. Mittheil. d. Instit. XII p. 123. Roscher, Lexikon der Mythologie I p. 2196 (Furtwàngler).

49 Petite amphore, Hercule (Héraclès) et un Triton.

Hercule (Héraclès) est monté à cheval sur le dos d'un Triton, qu'il étrangle ensuite de ses deux mains. Le Triton est représenté comme tous les monstres marins de son espèce : le haut de son corps a la forme humaine, tandis que la partie inférieure est une queue de poisson couverte d'écaillés. Le dauphin que l'on voit au-dessus du Triton symbolise la mer, théâtre du combat. A gauche Neptune (Poséidon) est debout, appuyé sur un haut trident; une Néréide épouvantée s'enfuit vers la droite. Sur la face postérieure de l'amphore est peint le même tableau, avec cette seule différence, que Neptune est remplacé par une seconde Néréide.

Mus. Gregor. II T. XLIV (A II T. XLIII), 2. Cf. Annali d. Instituto archeol. 1882 p. 73 et suiv. (Petersen).

51 Hydrie, de fabrication ionico-italique (?).

On considère en général ce vase d'une forme particulière comme le produit d'une fabrique de l'Italie méridionale, fabrique qui aurait copié des vases de la Grèce orientale (cf. n. 228) en exagérant et en dénaturant leur

caractère particulier. Sur le col de cette hydrie est représentée une chasse au lièvre ; un lièvre femelle de grandeur extraordinaire est poursuivi par un chien et par deux hommes tout petits; au-dessous du chien on voit un hérisson. Sur la panse du vase six jeunes filles, revêtues du chiton ionien à longues manches, courent rapidement vers la droite. Les détails des corps et des draperies sont traités avec soin; mais l'impression produite par les figures est peu agréable, parce que les mouvements de chaque personnage ont été rendus avec un réalisme exagéré.

Cf. Rômische Mittheil. d. archâol. Instit. III p. 177 (Diiinmler)

52 Hydrie, chevaliers athéniens.

Sur le col du vase sont représentées des scènes de la palaestra: à gauche deux couples de pugilistes sont en train de lutter, et un joueur de flûte les accompagne pendant la lutte, tandis qu'un athlète assis à terre paraît s'envelopper la jambe; à droite un surveillant des jeux (Athlothète) est debout, appuyé sur un long bâton et regardant trois éphèbes, qui courent rapidement vers la droite en agitant leurs bras. Le tableau principal représente deux cavaliers barbus, dans le costume des chevaliers athéniens, qui font parader leurs chevaux. «Olympiodoros est beau», «Leagros est beau» disent les inscriptions tracées autour des personnages; Olympiodoros et Leagros sont évidemment les deux personnages, dont le peintre a voulu faire ici les portraits. L'un d'entre eux est certainement ce Leagros, qui mourut en l'an 467 étant stratège; il en résulte que notre vase, sur lequel nous voyons cet homme (dont le nom se retrouve sur beaucoup d'autres vases) déjà tout barbu, a été fabriqué pendant les premières années du Ve siècle. Les chevaux ont aussi leurs noms (Thrasos et Arétè: «Courage» et «Valeur»).

Mus. Gregor. II T. VIII (A II T. XIV), 2. Cf. Jahrbuch d. archâol. Instituts II p. 163 (Studniozka). Klein, Vasen mit Lieblingsnamen p. 16, 39.

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53 Hydrie, une fontaine.

Sur le col est représenté le combat d'Hercule (Héraclès) et du lion de Némée (cf. n. 45) ; mais ici le motif est plus récent; c'est celui que la peinture céramique a adopté depuis la fin du VIe siècle. Le héros s'est jeté sur le lion ; il l'étrangle de la main gauche ; l'animal essaie en vain d'échapper à son vainqueur, sur la tête duquel il a posé sa griffe. A gauche on voit Iolaos avec le quadrige: Minerve (Athèna) est aussi présente. — Le tableau principal reproduit une fontaine; l'eau jaillit de quatre bouches, qui ont la forme de têtes de lions et de têtes d'ânes; deux hommes et deux femmes y remplissent leurs hydries. Tous ces personnages tiennent des rameaux dans leurs mains, comme s'ils étaient en train s'accomplir une cérémonie religieuse. Des scènes analogues ont été souvent employées pour décorer des hydries et des vases destinés à contenir de l'eau. Cf. les hydries n. 60, 64, et plus haut p. 225.

Mus. Gregor. II T. X (A II T. XIII), 2 ; cf. p. 245 n. 45. — X. 60 et 64: II T. IX, 2 et T. XI, 2 (A II T. XII, 1 et T. XVII, 2).

56 Hydrie, Pelée et Thétis.

D'après la sentence de Jupiter (Zeus), Thétis, la déesse, fille de Nérée, dut épouser Pelée; mais ce ne fut pas sans combat qu'elle se laissa prendre par le mortel qu'elle épousait. Comme les autres divinités marines, elle connaissait l'art de se métamorphoser; elle prit différentes formes pour effrayer Pelée et pour lui échapper, jusqu'au moment où elle fut vaincue par lui après une lutte terrible. Ces métamorphoses et cette lutte forment le sujet du tableau principal. Les transformations de la déesse sont naïvement symbolisées par la tête de lion, que le peintre a représentée auprès de sa tête, et par la partie antérieure du corps d'un serpent qui apparaît au-dessous de sa main. A droite et à gauche on voit une Néréide qui s'enfuit.

Cf. en général Overbeck, Gallerie heroischer Bildwerke p. 128 et sniv. Jahrbuch d. d. archaol. Instit. I p. 200 (B. Gràf).

A droite de la porte par laquelle on passe dans le corridor :

70 Amphore en forme d'outre, vente d'huile.

Sur ce vase, qui appartient à la période la plus récente du style à figures noires, sont représentées, sous une forme tout à fait originale, deux scènes de la vie d'un marchand d'huile. Dans le tableau qui orne la face antérieure, nous voyons le vendeur, assis sur un siège à dossier, auprès d'un olivier; avec un siphon en forme d'entonnoir il fait couler l'huile d'une amphore dans un petit lécythe, évidemment pour la faire goûter à l'homme, qui est assis en face de lui sur une espèce de pliant. Ce dernier personnage est donc l'acheteur; un chien, sans doute le gardien de l'olivette, examine avec curiosité l'étranger, qui semble le taquiner avec sa canne. Les pensées du vendeur sont exprimées par une inscription qui est tracée auprès de lui suivant une ligne courbe: «0 grand Jupiter, si je pouvais devenir riche!)) Sur la face postérieure du vase, la situation n'est plus du tout la même; le sujet de la scène nous est expliqué ici encore par une inscription, qui accompagne le personnage debout à gauche, et qui reproduit certainement son exclamation : «Le vase est plein, déjà il déborde»; le jeune homme, assis en face de lui sur un pliant, compte avec ses doigts, et ne paraît point satisfait de la quantité qui a été mesurée; le chien lui-même semble prendre part à la discussion, car il regarde en aboyant l'homme qui compte.

Mus. Gregor. II T. LXI (A II T. LXV), 1. Monumenti d. Instit. archeol. II T. 44 b. Baumeister, Denkmàler d. klass. Altertums II p. 1047. Cf. Ritschl, Opuscula I p. 788. Sitzungsberichte der sàchsischen Gesellschaft d. Wissensch. 1867 p. 89, T. III3 (0. Jahn). Robert, Bild und Lied p. 81.

71 — 75 Amphores panathénaïques.

Comme l'indique expressément l'inscription tracée sur la face antérieure du n. 71, ces amphores étaient des prix que l'on décernait à Athènes; les sujets de leurs peintures nous prouvent d'ailleurs qu'elles étaient en

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