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D'autres répliques mieux conservées nous prouvent que la déesse était représentée au moment où elle exprime Teau de ses cheveux dénoués. Le bras droit est inexactement restauré ; il ne soulevait pas les cheveux en Pair Bans raison, mais il était occupé, comme le bras gauche, à les débarrasser de leur humidité. Suivant toute apparence, le sculpteur, qui composa ce type, s'inspira du célèbre tableau d Apclic, cj[ui représentait Véuus naissante sortant des flots. Mais il transforma la peinture, qu'il copiait, en une scène de genre : la déesse vient de quitter son bain; elle a jeté une draperie autour de la partie inférieure de son corps, et elle arrange sa chevelure : c'est là un siget qui convient le mieux du monde à la décoration d'un bassin.

Viscouti e Guattani, Museo Cluaramonti T. 26. Clarac IV, pL610 n. 1356. firauu, Vorscliale T. 74. Cf. Braun, Ruinen und Haseen p. 845 n. 11. Beriehte der sfiehs. Ges. d. Wiss. 1860 p. 74 ^ suiv. Stephani, Compte -rendu pour 1870 et 71 p. 71 et suiv. Bemoulli, Apliroilite p. 296 n, 4. MitthoU. d. arch. Instituts in Athen I (1876) p. 57 et suiv.

255 (435) Coupe en marbre rouge (rosso antico).

Trouvée dans la viUa d'Hadrien prés de TivolL

Le pied et la vasque, à laquelle l'artiste a donné une fomie carrée évidemment pour utiliser le plus possible de ce marbre coûteux, ont un profil très fin. Mais cette impression favorable est affaiblie par la présence des «ygnes qui ont été placés au-dessous des quatre angles, •et qui soutiennent la vasque de leurs cous tordus et de leurs ailes déployées: l'effet produit est aussi mesquin que le motif est contraire à la nature. L'intérieur de la vasque est rond. On y voit une coupe circulaire cannelée en forme de rayous, et qui est traitée comme si elle était enchâssée dans le fond de la vasque.

FiBtoleBi y, 78, Cf. Bittnn, Ruinen nnd Unseen p. 876 n. 114.

366 (436) Béplique séduite de la Vénus (Apbxodite) de Cnide, d'une exécution très médiocre. Cf. n. 316.

Journal of kellenic Studies VIII (1887) p. 358 b.

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257 (439) Siège en marbre rouge (rosso antico).

n se trouvait jadïp, avec un autre siège tont à fait semblable, q^ui est actuellement au Louvre (Clarac, Musée de sculpture II, pl. 260 n, 631 j cf. le texte, Il 2 p. 993) et avec un troisième exemplaire en marbre blanc, & Saint Jean de Latran, devant la chapelle de Saint Silvestre. On dit que ces trois sièges jouaient un rôle dans la cérémonie, par laquelle les papes nouvellement élua prenaient poaBeBflion de la basilique du Latran, *

Ce siège et celui de Paris, qui lui fait pendant, sont parmi les plus beaux objets en marbre rouge, que Tantiquité nous ait laissés. Les deux supports sont ornés sur le devant de pattes de lion qui se terminent en volutes à leur extrémité supérieure; de simples volutes décorent le bord opposé. Entre ces deux motifs, le champ tut occupé de chaque côté par une palmette — cette décoration aussi simple que pleine de goût fait admirablement valoir la matière précieuse. Le siège est percé d'un trou qui, circulaire au milieu, devient rectiligne à sa partie antérieure; aussi a-t-on voulu voir dans cet exemplaire et dans d'autres semblables soit des chaises percées soit des sièges pour les bains; dans ce dernier cas le trou n'aurait servi qu'à faire circuler plus librement Teau et la vapeur autour des reins. D'après une autre hypothèse, cette ouverture aurait eu pour but de rendre le siège un peu plus frais; de nos jours on cherche à obtenir le même résultat au moyen de coussins circulaires remplis d'air.

Fiatolesl Y, 73. Cf. HablUon, Hneenm itaUoom 1, 67—58. Hontfaucon, Diaxinm italicum p. 137. Bu nuirmoti, Oiservazioni aopra alcuni frammenti di vasi di vetro p. l' I. Marangoni, Délie coae gentilesehe trasportate ad uso dcUe chiose (Roma 174i) p. 326 — 328. Brauu, Kuiuen uud Museeu p. 377 n. 115.

258 (443) Statue d'un éphèbe.

Trouvée à Ceutooelle sur la voie Labicaue. Acquise sous Fie VI. Restaurations: le bout dnnes, quelques éclats dans la chevelure et à la joue droite, le bras gauche sauf la partie voisine de l'épaule, le bras droit depuis le biceps, la jambe droite, le pied gauche, le tronc d'arbre, la plinthe.

Cette statue représente un éplièl>é de oomplexion délicate, dont le regard baissé a une expression mélancolique; le bras gauche, comme l'indique la partie supérieure qui

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a été conservée, était un peu tendu en avant ou de côté; lo bras droit pendait le long du corps. On donnait iiutrefois à oet éphèbe le nom d* Adonis; c'est pourquoi le reâtaurateur lui a placé un javelot dans la main droite. Suivant une autre explication , le personnage représenté serait Apollon. Pour .soutenir cette hypothèse, on iait remarquer que dans deux autres statues, qui rappellent par l'attitude générale comme par Texpression du visage la figure du Vatican, le trône d'arbre, contre lequel s'ap* puie la jambe gauche, est orné des attributs d'ApoUon: dans Tune c'est^un serpent, dans Tautre un serpent et une branche de laurier. La présence de ces attribut ne suffît pas à prouver que la statue est une image d'Apollon; elle serait egaleîiit nt juïjtitiée, s'il s'agissait d uu éphèbe, tjui aurait eu avt c le dieu dcîs relations intimes. En tout cas la statue du Vatican, par l'expression du visage comme par Tarrangement des cheveux , s'écarte tout à lait des types connus d*Apollon. En de telles conjonctures on peut se demander s'il n'est pas plus juste de considérer cotte statue comme l'image d'un jeune éphèbe aimé d'Apollon, Kyparissos ou Hyakinthos. Elle a de grandes ressemblances avec les figures de Kyparissos représentées sur les peintures murales de Pompéï. Si l'on admet cette interprétation, il faut, d'après Tune de ces peintures murales, placer dans la main gauche de l'éphèbe, tendue en avant, une branche de cyprès. Dans le cas oh Ton préférerait voir dans la statue un Hyakinthos, il faudrait restituer un disque, qui ferait allusion à l'exercice corporel qui provoi^ua la mort de cet éphèbe aimé d Apollon. Tout récemment l'on a attribué non sans vraisemblance ]a composition de l'original à un artiste du Péloponnèse, qui aurait suivi, même après rapparition de Polyclète, la tradition du grand sculpteur d'Ai^^, Hagelaïdas. La statue du Vaticaii semble avoir été exécutée sous Hadrien.

VisconU, Mud. Pio-Fl. U, 32 (voir Opère varie IV, p. au— 39, p. aita n. 118). Glane IV, pl. GS3 il 14â4 A. Cf. 'meseter, Narkissos p. 47-^48. WelékMr, Dm akadendsobe Koastuttseiun m Bonn p. :K8

n. 32. Overbeck, Kunstmythologie IV p. 135 u. 14. Tout le rrste de Ift bibliograpiiiA se trouve dans Friedetiohs-Wolters , Bausteiae

HuBio, Guide I. 12

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u. 1579. — Pour 1m BoLdUant statues d'ApoUon: Mats-Dulin, Aut. Bildwerke in Bom I p. 49 n. 184; Overbeok, Oavr. oitë lY p. 135

n. 13. Oalleria GiusthiiAiia 1, 51. — Les peintures murales : Helbig, Wandgemalde der vom Veenv verscliiittptpn StMdte Campanîpng n. 218. 219. — Au sujet de la place qu'occupe le type de notre statue dans ruistoire de ï&vi: Furtwàngler, dans le 50. Wiuckel- BiantiBprogrAmm der aTQhftologiftdieD OMéHschaft tu Berlin (1890) p. 158t.

Dans les murs fin c;i])inc t cIor masques sont encastrées deux plaques de marbre (nrs. 259, 260), ornées de figures en ronde bosse et de hauts reliefs, qui formaient probablement avec d'autres plaques de marbre aujourd'hui perdues une fHse unique d'un développement considérable. Elles furent trouvées dans les fouilles que le célèbre graveur GioA'anni Yolpato fit entreprendre à la Tenuta di Corallo, propriété des Barberini située non loin de Palestrina (Préneste). Les motifs de la décoration sont disposés comme sur le n. 216. Les deux plaques de marbre sont très restaurées. La- grande hauteur à laquelle elles sont placées et la patine artificielle, que l'artiste moderne a donnée au marbre, ne permettent pas de distinguer les restaurations des parties antiques.

Dans le uiur où. se trouve la. porte d'entrée, près de la

ieiietre :.

259 (442). Les niches creusées dans cette plaque contiennent les images des divinités, qui jouent un rôle dans la légende d'Hercule (Héraclès), à droite (du spectateur),

la déesse protectrice du héros Minerve (rallas), au milieu une autre figure de femme, dont la partie inférieure seule paraît rtre antique (la ligue de biisuro part i\ gauche de la taille, suit une direction oblique, et va couper la cuisse droite), et qui, suivant toute apparence, a été avec raison restaurée en Junon (Héra)* La statuette, placée dans la troisième niche (restaurations: la tête, le bras ganelie an-dessus de la drapeiie, le thyrse, l'avant -bras droit aveo la emrhe)

semble représenter, si Ton en juge d'après Taspect vigoureux du corps et la disposition du manteau, non point Bacchus (Dionysos), comme le restaurateur l'a supposé^ mais plutôt Jupiter (Zens). Le sujet du relief de droite est

CABINET X>£& MASijUES.

le premier des exploits d'Hercule» Hereule entant étouffe les serpente envoyés contre Ini par Jnnon; effrayée, sa mère Âlcmène est debout près de Im, tandis qtie le roi Amphitryon s'avance, en tirant «en épée, ponr Ini porter secours. Dans la masse de forme iiTégulière qui occupe le fond du tableau, on voit en général un nuage; mais^ si l'on examine de quelle façon cette partie du tableau est traitée, il serait plus juste d'y reeonnaitre un rocher; à vrai dire, ce détail ne cadre nullement avec une scène, qui se passe naturellement dans l'intériear de la maison. Evidemment ce relief a été inspiré parnne peinture. Toute lacompositidn a un caractère nettement pittoresque, et les trois figures qui y sont représentées se retrouvent dans la même attitude sur une peinture murale d'Herculanum. — A gauche: Linos apprend à Hercule à jouer de la l^re. 11 est difficile de donner un nom à la femme qui se tient debout derrière Tenfant ; elle n'a aucun attribut caracté* ristique* Peut-être faut -il y voir une personnification soit de l'éducation en général soit en particulier de Féducation musicale.

Vîsconti, Mus. Pio-Cl. IV, 38. Pistolesi V, 71. MilUn, Gai. myth. pl. 110, 431. Berichte der Bâchs. GeseUschaft der Wissensebaften 18l»3 T. X, 3, p. 140. Banmeister, Ddnkm. d. U. Altertums III, p. 1721. — Pour la flgare (le .Tunon: Ovfirbeck, Kunstmythologie III p. Atlas X, 21. Cf. Welckevs Zeitschiift

p. 40o. — Pour la peiature murale d'Herculanum : Helbig, Waud> geiniilde n. 1123.

£n face:

260 (434). Dans la niche du milieu se trouve Minerve

(Fallas), dans celle de "fauche Mars (Ares). La statuette, qui occupe la niche dv druite, et dont la tête a été restaurée, semble représenter de nouveau Amphitryon ; car elle rappelle par le costume et l'attitude du personnage TAmphitryon du n. 259. Dans le relief qui orne la partie droite, de la figure d'Hercule il ne s'est conservé que le bout des pieds; les deux autres figures avaient perdu toutes leurs extrémités. Le sujet du tableau est néanmoins indiqué assez clairement par le carquois et la boîte à arc, que Ton voit à terre derrière Hercule, ainsi que par le

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costume barbare des deux hommes qui entourent le jeune héros. Diaprés la tradition c'est le Scythe Teutarèa qui aurait aaseigné à Hercule pendant sa jeunesse à tirer de l'arc; dans ce relief ou recoimait deux Scythes ee Urrant avec lui à cet exercice. On a voulu voir dans le tableau qui occupe la partie gauche de la plaque, eh dont le style prouve que Fauteur, là aussi, a eu pour modèle une peinture, le premier combat, auquel Hercule prit part, c'est à dire la bataille, dans laquelle les Thébaius vainquirent Ergiuos, roi d'Orchomène.

ViscoBti, Mue. Pio-Cl. IV, «a. Millin, Gai. raytb. pl. 111, 431 (.'uigniaut, Hel. de Faut. pl. 176, 177. Pistolesi V, 70. Cf.Wekkera Zeitschiitt p. 403. A propos du combat contx'e Erginos: Arch. Zev tung XXX VH (1879) p. lt)2— 193.

La Salle des Muses.

La description commence à gauche de Tenirée: 261 (490) Tête de Sophocle vieilli.

Rfiîjtauiations: le jnfiz et le buste.

L'attribtt^oii de cette tète est justifiée |»ar Finaoription gravée sur un buste hermétique tout à £ait semblable, qui se trouve dans les jardina du Yatioan. Comme sons le

règne des Dia(lo(|uus les érudits grecs s'occupaient avec passion de Thistoire de la littérature, le public d'alors s'intéressait vivcmunt aux anecdotes qu'on lui racontait sur la vie des grands poètce. A propos de Sophocle l'épisode suivant était très populaire: ou disait que le fils de Sophocle, lophoB^ avsit assigné son p^ devant les tribunaux pour le faire mettre eu tutelle. Sophocle avait alors plus de quatre vingts ans. Le vieux poète lut à ses juges Oedipe à ( Dlonc, qu'il venait de tcnuincî , et il fut absous, parce (^ue les juges considérèrent cette d uvic poétique comme une réfutation péremptoire de l'accusation. Inspiré par ce récit, un artiste entreprit, pendant le troisième siècle ar, J.^C, de représenter Sophocle souâ les traita dHiu vieillard. Il modifia dans ce sens le type de Sophocle, dont la meilleure réplique qui se soit conservée est la statue du Latran (n. 662), portrait du poète dans la fieur de l'âge miir. Ce qui devait faire le principal charme de cette tete de vieillard, c'était le contraste que formait avec les chairs ratatinées et la peau fiétrie du visage l'expression vivante et intelligente des yeux en émail brillant enchâssés dans les orbites.

PUtolesi V, 84, 1. Cf. Brauu, Rnineu und Huseen p. 592 n. liSO. Jatirhnch des arch. Instituts T (1886) p. 76— T7. Pour le bnste

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Uermétiqae des jardinë du Vatican, voir: Bull, dell' InBt. lÔtiT p. 144r-145.

262 (49Ô) Tone, Apollon Citbarède,

Antrefois à la villa NegronL Bestauiations: le bras dioitf Tavant-bm ganehe, presque tout le bas de la jambe

droite, beaucoup de morreanx dans la draperie, les pieds, les deux ti-oncs d'arbre, la plinthe. La téte de Bucciius (Dionysos) placée sur la statue est bien antique, mais elle n'appaiiieiit pi^.ali'coii^i^/e^li qujl 1|( . ftàmilt an torse est modenie, et la statue avait une autre tête, lorsqu'elle se trouvait à la villa NegronL

Si Ton peut donner une interprétation certaine de ce

torse, c'e^t grâce à une statue semblable, qui se trouve à Copenhague dans la collection de sculptures de M. Karl Jacobsen, et qui a conservé à la partie gauche de la poitrine un débris de la cithare* Notre statue ne représen*^ tait donc pas, comme on Fa cru en général, Bacchus (Dio-^ nygos), mais ApoUon Ciiharède. Quant à la question de savoir si la longue tuidque, en étoffe trèft fine eit laitfsaiit transparaître toutes les formes du corps , est m élément archaïque, ou bien si ce vêtement très caractéristi^^ue a été introduit dans l'art grec, après Alexandre le Grande par les sculpteurs du temps surtout amoureux de grâce voluptueuse: c'est là un problème dont il faut encore chercher la solution,

Visconti, Ifufl. Pio-OL VU, 2 (ef. m p. 169—199). fjstolesi V» 84. Olarac IV, pl. 697 n. 1643. Cf. Overbeck, Grî^biadie Konst* mythologie IV p. 186 n. 4, p. 188i. Roecber, Lexikon d. gr* u. rSm» Mythologie I p. 1139.

A gauche, en haut, daus le mur:

26a (493) Bat-relief Haissance de Baodius (Dionyiot).

Trouvé hors la poi*te Portèse. On peut eonsidérei* eertainement eomme restaurée la main droite de la femme

qui est debout immédiatement derrière Mercuse (Hermès).

D'autre part la ])Htine artifleielle, qui a été donnée au bas^ relief, cache peut-être plusieurs autres restaurations.

La partie gauche du tableau est très claire : Jupiter (Zeus), dans une attitude qui trahit les douleurs de Veufantement, est assis sur un rocher, où il appuie sa main droite crispée. De sa eaitBe gauche que ne recouyi*e pas

SALLE DES MUSES

kl drap^ne sort le petit Bacchus (Dionysos) ; il tend les bme à Hensore (Hermèa), qui présente au dieu tiouveau-né une peau de panéhèro, dont il va le revêtir en guise de maillot. En ce qui concerne les trois femnes ireprésentées

dans la partie droite du bas-relief, l'on a proposé diverses explications. On a voulu y voir les Grâces (Charités) ou des Nymphes. D'après une autre hypothèse, la femme qui est deboi^ immédiatement derrière Mercure serait Ëileithyia, qui oime la main droite pour faciliter l'accouchem^t; la seconde serait Proserpine (Perséphonè); la troi-* sièna, qui tient dans la main droite ua attribut assez senU)lable à un bouquet d'épis, serait Cérès (Démèter). Dans l'état actuel du monument, il nous paraît impossible de proposer une explication qut l( 0]ir|ue: car on ne sait pas si le tableau Unissait avec la prétendue Cérès, ou s'il se continuait derrière elle; en outre la patine artificielle, que le rostMiratoor moderne a donnée au marbre, nous empédie do distinguer jusqu'à quel point ces trois figures de femmes sont antiques. En tout cas il est permis de supposer que les Parques (Moirae), qui assistaient en général aux naissances des dieux et des mortels, étaient aussi représentées sur notre bas-relief: il en résulterait peut*^tre qu'à la place du bouquet d'épis actuel il y avait alors soit la quenouille de Clotho soit le paquet des ta^ blettes de la destinée qui caractérise Lachésis.

ViBConti, Mus. Tio-Cl. IV, 19. Pistolesi V, 85. Guigniaut, Bel. de Tant pl. 110, 432. Baumeister, Denkm. d. kL Âltertams m, p. 1289, Pour le reste, voir Overbeck, Kunstmytholo^ie II p 171x et Hauser, Die ueu-attiBchen Reliefs p. 72 n. 102. Cf. aiist^i lleyilemann, Dionysos* Gebuit und Kindheit (Halle 1856) v ^î'j— l<>- 1>«?8 Parques assistent par eiœmple à la naissance de Minerve sur le pQt&l de Madrid; AÏkliaadl. d. archilol-epigr. Seadnairs in Wien I (1880> T. If p. Sd et raiv. Fiiedertehs-Woltera, Bansteiiie n, 1863.

264 (d20) Statua de imme, restaurée en Muse.

Donnée au pape Pie VI par le piince Laaoelotti Beetau-

rations: des morceaux «le la draperie et la main gauche avec la flûte. La tête, dont le nez et le menton sont i*estauré?, est bien antique ; mais l'on ne peut pas savoir si elle faisait partie du oorps, parce que le oon tout entier et le haut de la poitrine jnaqja'an bord eupérienv de la tnniqne sont d'une main moderne.

VAÏICAK,

Parmi les Muses découvertes à Tivoli (nrp. 268 — 274), manquait la déesse qui préside au jeu 4^ la âûte, et qui, sous rempire, était nommée £aterpe; pottv.ooii|pléter le clM9Qr des MuaeSf l'on a j^acé une flûte dans U maân gauche de cette gracieuse statue de jeune fille; li est Trai d'ailleurs qu'elle derait tenir un objet de forme allongée, comme le prouvent les traces visibles sur la cuisse gauche. Mais ce qui ne permet pas de voir une Mn^e dans cotte Hgttre, c^est que nous connaissons une statue analogue, qui servait à la décoration d^une fontaine; or cet emploi serait en contradiction fom&eàle avec l'idée ^que^ depids répoque hellénistique, on ce faisait des Muses, conilidérées comme protectrices des différents arts. Si l'on en juge d'après rattitude de ia jeune fille, assise dans une pose pleine d'abandou, et d'après m tunique, qui est sans manches et qui semble faite d'une lourde étoffe de laine à long poil, il faut sans doute y reconnaître plutôt un personnage d'idylle pastoralci c'est à dire unè des N3rnpbc8 que chantaient les poètes bucoliques; mais dans ce cas l'attribut tenu par la main gauche a 'dû être plutôt un pedum. Comme les sources et les ruisseaux jouaient un grand rôle dans les paysages décrits par la poésie idyl- ]i(]ue, il est évident (^ue hi statue d'un pei sonijage pastoral convenait parfaitement à la décoration d'une fontaine.

Visconti, Mua. Pio-Cl. I, 17 (Opère vaiie IV p. 440 n. â06V Bouillon, Muséo des Antic^uos 1. 35. Pistolesi V, 95. Clarar 111, pl. 503 n. lOOa. Cf. Welekers Z. ittic liiift p. :îl8. Tiiauii, lUiiiieu uud Museeu p. 38i) u. VI. — Pour la titatue servant à la Uécoiatiou d'une fontaine: Ârcli. ZeitungXXY (1867) p. 101*. DtttscUce, Ântike BUdwerïce in Obeiltalien Y p. 10 n. 31.

^6ô Buste hermétique de Platon.

Acquis à Xaples par un antiquaive romain. Bestauration:

le bout (lu nez.

Le nom de Zénon, plutôt gralré que sculpté sur ce budte, a été ajouté par un moderne, et n'est d'aucune valeur pour Tattributich de ce portrait. C*est Platon qui est ici représenté, comme le prouve rinseription certainement authentique d'un antre buste hermétique, dont la tête est exactement semblable à celle de rexemplairo

SÂLLB BBS MDSE8.

du Vatican. Beaucoup de modernes s'attendent à retrouver sur la physionomie du grand philosophe cettt; sérénité olympienne, xjui règne dans écrits; ils sont comme dé* payaés par rexpression sonbre de notre tête* Mais doub savons par un témoignage contemporain, par «n fragneai d'une comédie d'An^phis, que Platon aTait en effet cette physionomie; il est d^aillemiis évident que les nombrenees épreuves subies par cet homme pendant sa vie, et que l'opposition frappante, qui existait entre sa pliilosophie et la réalité, ont dû laisser des traces sur son visage. En outre PaiTangement des cheveux et de la barbe, dans notre buste, concorde exactement avec les vers d'un autre poète comique du temps, £plii{qpos., qui xnprodiait aux philo^ophaa VAmàéam d-avoir pour leur toilette un soin exa^ré, et qui parle autant des cbeveux élégamment coupés que de la barbe bien iouriHo et peignée avec soin, ^uus pouvons croire que roriginal de ce buste est un bronze contemporain de Platon, peut-être la statue par laquelle le sculpteur Silanion, qui vivait dans la première moitié du IV^èele, voulut parpétuer la mémoire du grand pbUosophe do son temps» Le stgrle de notre portrait se rapproeke du style de la seconde école attique; il est encore bit 11 éloigne du naturalisme, qui pénétra et domina dons l art du portrait depuis Alexandre le Grand. Les cheveux sont rendus par une séi'ie de traits alignés comme des Bis; , on retrouve la même procédé d exécution dans les bronsee de la seconde .école atiâquo (voir p. ex. n. 194).

Vûooiiti, Jfufi. fiôtCL VI, SS. FIstoldsl V, 95. Sclififtter, I^ber

di«" erhaltenea Poi-trate der gr. Pliilosophen T. IV, 7, 24 n. 17.

Jabrbucli dos ai'ch. TnBtituts T (188(1) T. 6 n. 2, p, 7ti n. C, p. 7-1. IJaiimoistev. Denkm. <1. kl. Alt^^tums III, p. l.'iHr) Fig. 143*i. Cf. American journal ot Aiehaeuiogy IV (1888) \». 8. JalirbncU de» av< îi. Inst. V (1890) ]». 155, p. 1G5, i>. 170—171.

366 (618) Buitu hcfmétiquo d'un général gree»

UesSftatailDa: VmstvimM ào U viBlére àa casque. Le Tissf 6 * été trop nettoya et en a lieaaeoiip eonffevt.

(Vest sans raison que Von a vu dans cette tête un por*

trait de Thémistocle. Comme le style de ce buste se rap-

proclie de celui de ia seconde école attique, il est probaldt^ que le personnage représenté a vécu au IV® siècle avant J.*C. Au casque Von reconnaît un stratège (Toirn. 281)* La pkyBÎonoima^ le port élégant des cheveux et de la barbe n^pellmt la mode et le dandysme, qui régnèrent pendant la première moitié dn IV^ mèole dans la hàute société athénienne, et dont le grand Platon lui-même et 863 disciples ne surent pas se défendre (voir n. 265).

Vificontl. Iconogi*aâa greca T T. XIV, 3, 4, p. 168. Pietolesi V. îM. Mtiseo Chiarftmonti III, 17. Banmelst^r, Denkm. d. kl. Aitertumfl II, p. 1288 n. 1437. Cf. Arch, Zeituog XXVI (1868) p. l. Friedeiiclis-Wolters, Bausteine u. 482.

Ce qui fait le principal ornement de oetta flatte^ c'est un ensemble de statues représentant ApoUoK et lot MniM

(nrs. 267 — 274). Ce groupe fut trouvé en 1774 dans les ruines d'une antique villa située au sud-est de Tivoli, sur la Via Cassia, et acquis par Pie VI pour le Musée du Vatican. L'on répète fréquemment que statues pro* viennent du Fundus Cassianns (auj. Carciano); mais en cela Von £ait, semble-t-il, une ooiÀieion. Suivant tovite apparence , il s'agit plutôt de la villa située un peu plus à l'est, que l'on suppose avoir appartenu au juriste Mareus Brutus, le père de l'orateur (cf. Bulgarini, Motizie storiche intorno alla città di Tivoli p. 109, p. 118. Benndorl und Schône, Die antiken liiidwerke des lateranischen Muséums p. 84). Comme on n'avait découvert que sept statues de Muses (n. 268*^274) dans les fouiUes exécutées près de Tivoli, au Musée, pour compléter le groupe des neuf Sceurs, on ajouta deux statues d^one autre provenance (nrs. 264, 275), qui primitivement n'ctai( nt point des Muses, mais qui le sont devenues grâce aux attributs que leur a donnés le restaurateur moderne.

Anciennenie lit les Grecs ne s'imaginaient pas que chaque Muse présidât à nn lurt détenniné; au contraire les neuf Sœurs représentaient indiatinotement tout l'easemble des arts auxquels elles présidaient, la poésie, la danse, le chant, le jeu de la l3rre, le jeu de la flâte. C'est seulement à l'époque hellénistique qu'on attribua à chacune des Muscs

SALLE DES MUSES

un rôle particulier; on créa une Muse de l'iftstrononiie, dont rattribut fut un globe , et une Muse de Thistoire, dont Fattribut fut le rouleau. Mais pendant cette période c'est à leur guise que poètes et arti»tes mettent en relation d'une part las diff^enta noma des Mnsea, d'antre part leurs rôles et leurs attributs. Â ce point de vue nous ne rencontrons une règle bien établie qu'à Vépoque impériale. Les écrivains et les artistes d'alors choisirent un des cycles de Muses créés à l'époque lielléjnstique, et lui donnèrent une valeur générale. Voici comment les divers noms correspondirent aux fonctions et aux atthbots: Oalliope fut la Muse de l'épopée héroïque, avec un diptyque on un roolean; CUo, la Huse de l'histoire, avec un imilean; Erato, la Muse dn chueur lyrique, mee une cithare; Euterpe, la Muse de la flûte; Melpomène, la Muse de la tragédie, avec nn maKi|ue tragique; Polymnie, la Muse de la pantomime, sans attribut; Terpsichore . la Muse de la poésie lyrique subjective, avec une lyre; Thalie, la Muse de la comédie, avec un masque comique ; Uranie^ la Muse de raatronomie , avec nn globe* Voir Trendelenburg, DerMnaenchor p. 11 etsniv.; Bie, Die Mus^n in der antâcen Ennst p. 24 et suiv.

Les btatueti trouvées à Tivoli reproduisent en sculpture décorative un cycle de Muses de l'époque hellénistic^ue, peut-être les Muses de Philiskos, qui se trouvaient à Rome dans le temple d^ApoUon voisin du portique d'Octavie. Dans la description de ces statues, j^ai donné à chaque Mnse le nom qui lui fut attribué soua l'empire; mais cela ne prouve nullement que l'artiste, qui composa les originaux, ait ainsi désigné chacune des figures qu'il créa. Je n'ai pas voulu supprimer ces noms, parce qu'ils sont familiers anx visiteurs modernes et^parce qu'ils leur facilitent Tintelligence des types.

Le centre idéal et matériel de ce cycle est naturellement Apollon Citharède, qui conduit ie ehœnr des Muses. Autour de lui les neuf Sœurs étaient groupées symétriquement, de telle sorte que les âgnres debout et assises se correspondaient d'un côté et de l'autre.

267 (ô 1 6) Apollon Citharède.

Restaurations: plusieurs morcêniix la couronne, le bout ân ne*, les lèvres, le menton, presc^ue tout le bras droit avec le ptectre, la partie inférieure de ravantnbras ^nebe, le haut de la cithare, le momau de la courroie qui f'u f^gt immédiatement voialn, quelques é<AAls dsM la dM« j^iiei le pied gauche.

Le dictQ asi rapréseiifcé dans le costume de cérémonie d6aciili{irède8»cbrâtiii^t etjonaaàtdelacith^ L'cntluMi.'' nasmo, avec lequel il se Km à son arfef se loanifeste 4ian8 rélan de son corpg , dans la lé<»ère inclination de sa tète

vers l'épaule droite et dans rexpixsàion desapliysionomie. La corne antérieure de la cithare est ornée (11111 bas-relief représentant Marsy as attaché à rajrb£e (voir nrs.576,846), bas-relief qui raf^pelle la victoire remportée par la lyre d^ApoUon sur la-flâ^ barbare de sou rirai. Gar la. ooDception eomme par le style» le type d'Apollon répond absolu^ ment à celui des Hnses-. 0& ne eomprend pleinement la physionomie et le mouvement du dieu, ({ue si on le place au milieu du chœur qui Tentoure. L'uu peut donc admettre que cette statue, inspirée peut-être par une œuvre de la seconde école attique, fut composée pour servir de centre au a^eïia dsi Moses que T^rodunent les statues de Tivoli.

VianoaU, Mus. no«CL I, M (of. Opère vaite IV ^ «S5 n. dOO).

Muller-Wieseler, Denkmàler d. alten Knnst I 32, 141a. Baumeiater, Denlcm. d. Ttl. Altcrtums T p. 00 F'v^. 104. Bci-idit*' <l. aàrhj». Ges. der Wieseuschaften IH86 T. IT. 1 . p. a. Ovevberk, Kunstmythologie IV p. 124 n. 2, p. 185 n. 1 (où &ont citées toutes les pnbUcations intérieures), p. 180—188 (cf. p. 101—102); Atlas XX, 7, XXI, 32. Cf. Phllologns n. F. I OOiVH, 1889) p. 678—700.

A gauche 1268 (ôll) Sntù.

Rettsorstiow: la partie inlérieuM de l'avamt4>rae droite la main gauche, presque tout le haut de la cithare. La têto, dont le nez est veataurô, est antl'inp. Tîmi^ n'appartifiit j);ih au rorps. Elîe provient d'une statue de Nfiin nis ou dp I/éda, du ty\}t qui par exemple est re])ré8enté par le ii. 450.

Cette Muse, dont l a^ect est plein de dignité, semble être parmi les neuf SoBars celle qui ressemble le plus à Apollon Citharède; oonnne lui, elle tirat la lourde et sonore cithare; aussi .doit-on y reconnaî^Te la dée^e du

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choeur lyrique, de ce a;t'urv dans lequel se sont exercés surtout Stéaidiore et Piudare. Autant que uous pouvons le savoir , sous Fempire le nom populaire de cette Muse était Erato: nom fort étrAnge ira point de tue de l'étymologie^ oar l'amour ne jotiail pas le prineipal Mb dans le chœor lyrique, et il eût été beamooup plus jaste de donner le nom de Torpsichore à la déesse qui représente cet art.

Vi^ronti Mng Pio-Cl. I, 21 (cf. Opei'« varie iV p. 439 n. 106). lluoiiioii, idusee des tiiiti^uefi 1, 39, Piât&lQsi V, 92. Cf. fîi^, Ouvr. cité p. 64.

A gauche (près d' Apollon) 26d (617) lerpsichor^.

La téte reliée au corps par un cou moderne (restauv. la couronne, le nez, les mèches de cheveux qui tombent sur les épaules) est antique, m^is ne faisait pas pailiie de la statue. J>uui le «orps sont restanrés les boutons qui rattachent la tunique sur les épaule», les parties des bvas détaebëes du corps, les comes de la lyre presqu'eu entier, le pied gauche et des morceaux de la draperie.

Cette statne représente Terpsichore, la Muise de la poésie lyrique personnelle, genre dont les plus belles productions furent les poésies de Sapho, d'Alcée et d'Ana-

rréon. Par contraste avec la Musc' (jui prébide au chœur lyrique, elle est assise et non debout; rimpression qu'elle produit est moins msgestueuse ; ce caractère convient parfaitement à la poésie dont elle est la Muse ; car le genre lyrique personnel, dans lequel des individus expriment leurs sentiments partienliers, n'aymt ni dans le fond ni dans la forme la solennité du ehœnr. La jeune femme tient une Ivre, dont la boîte de résonnance consiste en une écaille de tortue; c'est bien là l'instrument à cordes, sur lequel Alcée et Anacréon s'accompagnaient enchantant.

Viseonti, 3Iuj?. Pio-Cl. I, 20 (cf. Opère varie IV p. 441 n. 307). BoaiUon, Musée dee antiques i, 38. Pistolesi V, 9a. Cf. Bie, Ouvr. cité p. 03.

A droite 270 (608) Polymnie.

Restaurations: le nez, la lévra inférieure, quelques morceaus de la eouronne et du manteau.

Une lé^'ende inscrite sur une peinture murale d*Her-

culanum désigne très brièvement les mythes comme le

YATIGAN.

. domaine de Polymnie. Telle fut Tongine d'une conception .qui deirint généniki aons l'eaipire, ei d^iqurès faïqueUe Polymme repréaentiât la* pantomime; lorsque la tra«-

gédie fut morte, ce fut surtout le ballet mimé qui fit connaître les mythes à la foule et qui exerça sur leur représentation artistique une influence considérable. L'un des principaux charmes de la pantomime consistait dans les mouvements gracieux, que les daneeors et les dansensee exécutaient avec leurs manteaux (voir n. 251). Dans cette statue , Polymnie semble représentée au moment où elle se prépare à damer, et à esquisser iin mouvement de cette nature. La jeune femme couronnée de roses s'avance lentement, avec une expression rêveuse, les bras cachés sous le manteau. Tandis que sa mmn gaudie dirigée vers la terre tient la draperie qui tombe le long de ce côté, sa main droite saisiti tout près de répaule, un pli du vêten^eni qui ùowm sa poitrine; la Muae veut exécuter quelque mouvement avec aon manteau, soit le rejeter en arrière^ soit Técarter du- haut de son corps.

Vi8C0^ti, Miî8. Pio-Cl. I, 23 (cf 0])^ve varie IV p. 438 n, d08). BouiUoii I, 40. Jeistoiesi V, 91. Cf. Bie, Oavr. cité p. 70.

A droite 271 (499) Melpomène.

Kestaurationa : quelques erlats dans la chevelure et dans la eouroimo, le bout du nez, les lèvres, la main droite avec le haut du masque ■ (en outre, dans le masque, le nez, la partie inférieure de la Ixmolie et de la barbe), l'avant-bras ganohe avec Fépée; le pied gauche.

La Muse de la tragédie est debout; son pied gauche est posé sur un rocher, et son bras gauche appuyé sur sa cuisse: c^est là une attitude de recueillement ^ qui semble indiquer que la déesse se repose après un grand effort. Dans la main droite elle tientun masque d'Hercule(Héraclè8) orné d*une peau de lion; ce héros était un de ceux dont la légende fournissait une ample matière aux poètes tra* giquus. D'après d'autres monuments mieux conservés la main gauche devait tenir soit une épée soit une massue. Le restaurateur s'est décidé avec raison pour le premier

Digiti/ea by Gu^.(^i^

SALL& DES MU8£8.

de ces deux attributs; car un objet aussi lourd qu'une massue aurait certainement porté sur la cuîssb gauche, et on V aurait retrouvé des traces d'amorces. Le front élevé, couvert par lea ûb<eveux qui tombent eu mèches lisses, rappella Foukoa, Von avait coutoiBia d'ajcHsto au masque tragiqua, pour m augmensteff Pimpressioii majestueuse; la pouroune de pampres et de grappes de raisin fait allusion au oulte de Bae^us (Dionysos), que l'on eon-* sidérait en Grèce comme le fondateur de la poésie dramatique, 11 faut remarquer l'expression tranquille et presque enjouée du visage: on s'attendrait plutôt à trouver sur la pbysiononûe de la Muse tragique la mélancolie ou le pathétique. Cette expression a peut-être été déterminée par une oélàbre définition d'Aristote: ce philosophe déclare que la tragédie^ en. inspirant au spectateur de la pitié et de la crainte, provoque en lui la purification (Katharsis) des sentiments. Le sculpteur auriiit alors représenté la Muse, qui personnifie cette poésie, comme ayant subi l'influence que d'après Aristote la tragédie exerce. L'exécution de la statue est inégale} la tête est plus soignée que le corps.

ViBoonti, Mofl. Fio-d. I, 19 (Opère yuiAb IV p. 487 n. 302). Bouillon, Musée des antiqVee I, 31, FiatoleBi Y, 88. CUriu» ni,

pl. 513 n. 1044. MUller-Wieseler, Denkm. d. alten KunBt II T. 59, 747. Baumeieter, Denkmâler d. kl AUertiimB II, p. 971 Fij;. U83. Cf. Welckers Zeitsehrift p. 316. Lauge, DasMotiVdes anfgestutzten Fossea p. 59 et euiv. Bie, Ouvr. cité p. 75 — 77. Visconti, Mut». Fiio-GL I, p» 188 croit que la main gau«Sie tenait primitivement une épée, pois qae cette ëpée a été remplacée dans nne restaaration antique par la massue; cette opinion ne me paraît pas fondée, étant donné l'état actuel dea partiea de ia statue dont il 8 agit ici.

A droite 272 (503) Thalie.

Restfni rations : r^nelques moreeaux fie î a couronne, le nez, les it \ iv s, le menton, l' avant-bras gauche avec le tambouiin, l'avant-liias droit, le pedum sauf l'extrémité recourbée qui est appuyée ft la partie enpérieuïe du bras, quelques morceaux de la draperie et du masque. OU peut se demander si le restaurateur a bien fait de mettre un tambourin dams la main gauche; ee qui l'y a détenniné, c'est l'existence sur la cuisse gauche d'un enfoncement de forme circulaire, qui est aujoui'd'hui caché par la restauration.

VATICAN

Par <Joiitr*st6 avec VtLWpeeb iiiaje«tiie«x de Melpomène,

l'attitude de la Muse qui préside à la comédie est moins sévère. Ihalie est assise sur un rocher, la jambe gauche eroiâée sur la droite. Auprès d'elle on voit un masque comique à la barbe pointue. La couronne de lierre et le tambovria, si tout^ois ce dernier attribut a été ezaetement restavré» rappellent le culte de Bacehus, comme dans la statue de Melpomèae la couronne de pampres; 1( pedum, que tient la main gauche, doit faire allusion à l'élément rustique que la comédie nouvelle introduisit fréquemineiit sur la scèue. Le beau visage a un<" exprciision mélancolique, que les modernes s'attendraient plutôt à trouver sur la physionomie de Melpomène; cela tient sans doute à ce que, dane la pensée du sculpteur, la comédie, qui représente les accidente et les conflits si nombreux dans laTÎe humaine, doit hâte naître la mélancolie plutôt que la gaîté.

\ isconti, MU8. Pio-Cl. I, 18 (voir Oprre varie IV p. 442 u. îiOd). Bouillon, Musée des antiiiueB I, 'ôG. Piâtuieei V, 89. Muller>Wiefteler, Denkm. d. altea Konst Ù T. 58, 74d. Baumeister, Denkm. II, p. 971 Fig. 1184. Cf. Welckers Zeitscliiift p. 317. Beschmbimg der Stadt Rom II 2 p. né n. 10. Bie, Oavr. oité p. 78.

A gauche (près de TApoUon n. 267).

273 (615) CUBope.

Restaoratioufl : la plus grande partie du bi*a8 droit et de Tavant-bras gauche, les tablettes sauf Tangle infétienr placé sur la dmp<nie. La té^e, sculptée dans an marbre différent freetnu rations: une partie du front et du menton, le nez) est antique, mais ne l'ait pas paitie de la statue.

Cette Muse est assise, dans Tattitude de quelqu'un qui médite; elle semble être occupée à composer un poème épique. Elle tient dans la main gauche une tablette à

deux feuillets (diptychon); dans sa main droite levée le

restaurateur a placé avec raison un poinyou (btilusj.

Visconti, Mus. Pio-Cl. I, 26 (cf. Opère varie IV p. 435 n. 299). Bouillon I, 42. Pistolesi V, »3. Cf. Bie, Ouvr. cité p. 72.

A droite 274 (o05) Clîo.

Resta u ratio uë: le sein droit, les deux bras presqu'eu entier, plneieai'S meroeaiix dans la drapetie. Du roaleaa

SALLE DES MUSES

^ett eonmvëe seulement la partie qui toadie an corps. La tête (TefitaiiTatio&: le nea), adaptée à la statue au moyen d'un cou moderne, est antique, mais n'appartient pas & l'ensemble.

' La Muse de l'histoire tient dans la main gauche un ' ronleaii de parchemin ou de papyrus à moitié développé; elle semblé parler sur un sujet historique , en s*inspirant

de ce qui est écrit dans le rouleau.

YiBconti, Mus. Pio-Cl. I, 16 (cf. Opère varie IV, p. 43d n. iiOl). Botdllon r, 34. Pistolesi V, 89. Cf. Bie, Ouvr. cité p. 72.

J^ajonte ici une statue, qui n'a pas été trouvée dans la viUa de Tivoli, et que Pon a restaurée en Muse, comme le n. 264, afin de compléter le chœur des neuf Sœurs.

275 (Ô04) Statue de femme drapée.

Autrefois à Velletri, daun le palais Ginetti; donné au. pape Pie YI par le prince Lancelotti. Sont modernes le cou et les avant-bras avec les attiibuts. La tête est antique, mais elle a été fortement grattée et elle n'appartient pas à la statue; elle semble trop grosse proportionnellement au eorpe.

Jadis cette statue était restaurée en lurtune; ce fut seulement quand elle devint la propriété du pape, qu'on en fit la Muse Uranie, en lui donnant comme attributs un globe et «n poinçon. Le draperie se distingae par la richesse des plis et par la netteté de leur arrangement.

Yiscouti, Mus. Pio-Cl. I, 24 (cf. Opère varie IV, p. 441 n. 308). BeulUon I, 41. Ftotolesl T, 90. Of. Welekers Zeiteobrifl; p. 818.

Nous revenons maintenant , dans la description , aux statues placées le long du mur, à gauche ; nous marchons dans le sens que nous avons indiqué plus haut en laissant de côté les œuvres déjà examinées.

276 (Ô12) I6te d'Epiménide (?).

Beetaurations : le bout du neSi l'extrémité Inléijleure de la barbe, le buste.

Cette tète a un caractère vénérable, dans une certaine mesure sacerdotal; le ruban, qui entoure la longue (^erelnre, est l'insigne d*un prêtre, d'un devin ou d'un

poète; les yeux fermés indiquent que le buste représente un homme endormi; il est donc très vraisemblable que

ULltG, Quide I. 13

VATICAN

nous Bommea ici en présence d^Epiménide, le prêtre purificateur et le poète crétois, dont la légende raconte qu*il

resta pendant cinquante sept ans endormi au fond d'une caverne. Epiménide apparaît dans Thistoire surtout au début du VI® siècle avant J.-C; c'est alors que la sculpture grecque commençait à se développer. Ce type, qui rappelle au point de yue de la forme comme au point de vue de TexpresBion Tart libre de la meilleure époque, ne peut donc pas être un véritable portrait; il aura simplement été imaginé par un artiste de la fin du V® siècle. L'on a prétendu récemment que cette tete représentait Homère aveugle, et qu'elle pourrait être la copie d'une œuvre de Silanion (voir n« 26ô). Mais il est bien peu vraisemblable qu'un sculpteur d'une époque où l'art était devenu libre, et surtout Silanion, qui se préoccupait avant tout de rendre Faspect extérieur des choses, se fût contenté, pour exprimer la cécité, de fermer les yeux du personnage. En outre Silanion vivait an lY*' siècle av. J.-C, tandis que le style de uotre tête se rapporte à une période antérieure.

Visconti, Mus. Pio-Cl. VI, 21. Pistolesi V, 92. ÏRlirbuch des arch. Instituts V (1890) p. 1G3 — 164. Cf. Welcker» Zeitsrhrift p. 456. Braun, Kuiueu und Museen p. 3U7 u. l'ÀH. Arcliaologischer Ânzeiger 1890 p. 26 (dans le Jahrbuch des arch. Institats Y 1890). — s n ir style (le Silanion, voir: Bronn» OeflcUelite der grieohlBChea KtinBUer I p. â97.

277 (510) Hermès avec le nom d'Alcibiade.

Trouvé à la villa Fonseca Bur le CaeliuB. £eataui*aUon;

le bout du nez.

Le tut, sur lequel se sont conservées les quatre premières lettres du nom d^Alcibiade, et la tête placée sur ce fût ne sont ni de la même époque ni de la même main. Le fut est en marbre de Paros, la tête en marbre de Luna. Tandis que ï^inscription gravée sur le fût date du premier siècle de l'empire, il est impossible de voir une œuvre antérieure à l'époque des Antoiiin;^ dans cette tête d'une exécution si mauvaise, où les pupiIU s ont été mécaniquement ciselées, et les coins des yeux grossièrement figurés avec le trépan. Ëufin la tête ne s'adapte pas exactement au buste : entre les deux un mor-

SALLE D£S MUSES

oean de marbre a été placé par une maîn moderne. H

résulte de tous ces détails que la téte n a, jamais appartenu au fût; suivant toute apparence, c'est le restaurateur moderne qui les a réunis. Nous devons donc rayer cette tête de l'iconographie d'Alcibiadc , bien qu'elle ait certaines ressemblances arec une autre téte, que l'on considère non sans raison comme un portrait de ce personnage (voir n. 91).

Viscontl, Mus. Pio-Cl. VI, 31. loonogiiiiia ^reoa T. XVI. p. 183— 186. Fistoleii Y, 98. Ana. deU* tnst. 186S Tfty. d'agg. 02, p. 2S4— 238. BaunK'ister, Deakm. des kL AltertumB I» p. 48 Fi^. 54. Gf« WelokexB Zeitochrift p. 467.

Dans la villa de Tivoli , dont proviennent les statues d'Apollon et des Muses nrs. 267 — 274, Von a aussi trouvé les hermès des Sept Sages désignés par des inscriptions (Bulgarini, Notizie intorno alla città di Tivoli p. 110. Benndorf und Schône, Die antiken Bildwerke des lat. Muséums n. 138). Mais les têtes ne se sont conservées que dans deux de ces beimès, celui de Périandre n, 2-78 et celui de Bias n. 279*

278 (531) Hermès de Périandre.

Bestauratlons: le nez et quelques morceaux des oreilles. La tdte a été trop nettoyée.

Comme Finscription l'indique, ce buste représente

Périandre, fils de Cypsélos, l'un des tyrans les plus remarquables de la Grèce, dont la politique avisée lit de Corinthe une cité puissante tant à Tintérieur qu'à rextérieur, et qui composa un poëme où il exposait ses théories de. gouvernement. Périandre régnait pendant la seconde moitié du VII® siècle; l'hermès dont nous nous occupons est donc un de ces portraits, que Part créa à une époque postérieure, en s'inspirant des traditions relatives aux personnages que l'on voulait représenter. En fait la conception et le style de la tête de Périandre se rapportent à la période du développement de Fart grec, qui commença vers Tépoque d'Alexandre le Grand. Evidemment l'artiste, qui composa ce type, s^inspira de la sentence oL*étude est tout» qui passait dans Pantiquité pour

196 VATICAN

être une des maximes favorites du tyran de Gorinthe, et

(^ui pour cette raison est inscrite 8ur le fût. La tête d'une

hante intelligence a une pli} siunomie sérieuse et pensive,

taudis que les yeux observent le monde. On dirait que

oe grand homme d'Etat cherche la solution d'un problème

politique, sans pour cela perdre de vue ce qui se passe

autour de lui.

Yisoonti, Mae. Fio-CL VI, d2a, 25; loonografla greea I T. IX, p. 127 et soiv. Pistolesi Y, 98. Baumeîster, DenkJ&filer d. kl. Altei-timig n, p. 12S7 Fig. 1436. Cf. Braniii Eninen and Maeemi p.. 404 n. 1^1.

Des remarques analogues s appliquent au n. ttUivant:

279 (528) Hemèf de Biat.

RestaaratloB: le boat du nés.

Bias de Priène, aussi célèbre comme homme politique

que comme avocat, vivait au VP siècle avant J.-C. Sa

tournure d^csprit est caractérisée par la sentence qui est

gravée sur la base de cet hermès : La plupart des hommes

sont méchants. Partant de cette maxime, Tartiste a créé

un chef-d'œuvre de physionomie expressive. Cette téte

exprime évidemment une conception pessimiste du monde,

mais aussi la grande bonté de cœur, que la tradition

attribue à Bias.

Viaconti, Mus. Pio-Cl. Vî, 22, 23; Iconografla greca I T. X, 1 — 2, p. 136 et suiv. Pistolesi V, 98. Baumeister, Denkmâler d. pl. AlteituiuB I, p. 316 Fig. 331. Cf. Brauu, Ruiaen uiid Museen k. 403 n. 130.

280 (530) Portndt en pied d'un travail grossier.

Trouvé à Centocelle sur la voie LaMcane. BestauiatioiiB : le nez, le bras droit, et la partie du bras gauche qui se détaohe du eorps.

La pose des bras, qui se détachent du buste, indique

que le personnage gesticulait vivement; il semble donc que notre statue représente un homme prononçant un discours ou faisant une allocution. Evidemment c'est un portrait d'une grande fidélité. Les traits du visage sont communs ; la physionomie est celle d'un homme maussade et pointilleux. Le front droit et rétréci à sa partie supé-

'rieure a un caractère très individuel. La paupière supérieure de rœil droit paraît fortement enflée, soit par suite d*uiie maladie, soit à cause d'une blessure violente. Le buste large et vigoureux contraste nettement avec les

jambes relativement courtes et peu développées. On a voulu voir dans cette statue un portrait de Lycurgae, en prétendant que, dans son ensemble, elle concorderait avec rimage que la légende trace du législateur de Sparte; dans cette hypothèse la déformation de Tceil droit .pourrait être expliquée par une anecdote connue, suivant laquelle Lycurgue aurait été frappé à Voal par un de ses Adversaires politiques. Mais d'autre part il est clair que Tart grec des époques postérieures ne pouvait pas créer une image aussi individuelle du légendaire fondateur de l'état Spartiate; il le représentait sous des formes idéales; le portrait de Lyoïjurgue, désigné par une légende,- qui se trouve sur des monnaies lacédémouiennes frappées pendant Tempire, est un type idéal qui procède sans aucun ■doute d'un type récent de Jupiter (Zeus). D'après le caractère de la physionomie comme d'après le style, cette statue est le portrait d'un savant fort rustre de l'époque hellénistique.

Visconti, Mus. Pio-Cl. III, Và (cf. ibid. Tav. a, III b, p. 228); Iconografîa grera I T. VIII, 1, 2, p. Til. Pistolesi V, 98. Clarac V, pL 842 n. 2U2. Cf. Welckers Zeitsciiiift p. 349. Brauu, Ruinea nnd Museen p. 404 b. 152. Pour les moniuites lacédémouiennes, voir: Catalogne of the greek ooinB in the Biitisli Mneeum, Peloponnesns pl. XXtV n. 7, 8, '

.281 (Ô2Ô) Hermès de Péridès désigné par une inscription.

Trouvé 80U8 Pie VI à Tivoli dans la même villa que les nrs. 267 — 274. ReBtaurations: 1^ boni du nez et quelques moreeaux dans la visière du casq^ue.

Le casque, que porte Périclès, fait allusion, semble-til, à sa dignité de général en chef (strategos), dignité qu'il conserva plusieure atméee de suite , et sur laquelle

■s'appuyait surtout la puissance presque illimitée quHl

possédait dans Tétat démocratique d'Athènes. Sou visage était d'une beauté irréprochable; mais on était frappé par .la hauteur du crâne, dont un poète comique d'Athènes se

moqua en appelant Périclès tête d'oignon. Ce défaut de conformation se reconnaît dans la téte de notre hermèe; car, à trayers les trous de la yisière, on yoit les choTeux et l'on peut sei figurer jusqu'à quelle hauteur considérable le crâne de Périclès s'élevait dans l'intérieur du casque. Le style, principalement dans la forme des yeux, dans les oreilles qui sont placées trop haut, dans la factnrf^ conventionnelle des cheveux et de la barbe, trahit encore l'influence de Fécole archaïque; on peut donc admettre que Foriginal de ce buste a été composé vers le milieu du siècle avant J.*C. ou très peu de temps après , en tout cas du vivant de Périclès; il est permis de songer au portrait en pied que Crésilas fit du grand homme d'Etat. Comme dans toutes les œuvres qui datent de la grande période de l'art attique, dans cette téte l'individualité des traits et de l'expresdicm paraît atténuée par le caractère de majesté sereine, qui se dégage de la physionomie* Si l'on en juge d'après le degré de valeur intellectuelle et morale que révèle ce portrait, Périclès est ici représenté dans l'âge mûr et à l'apogée de sa carrière ; pourtant soft visage ne porte aucune trace des effets de l'âge; le grand hoiiiine semble avoir été emporté dans une sphère idéale d'éternelle jeunesse.

Yisconti, Mus. Pio-Cl. VT, 29; reono<ïrafîft greca I T. XV, p. 178. Pistolesi V, 96. Aveh. Zeituug XXVr (18tiJ3) T. 2, 2, p. 1—2. Cf. Braun, Rumen uud Mueeen p. 405 n. 133. Friedericlis- Wolters n. 481.

282 (Ô23) Prétendu Hermès d Aspaaie.

Trouvé Rons Pie VI à Castmnnovo (pvès de Civitîivecohia). Restaurations: le bout du nez, une grande partie du crâne et de la draperie qui le recouvre.

D'après Tinscription gravée à la partie inférieure du fût cet hermès serait un portrait d'Aspasie, la belle et spiritaelle Milésienne, qni oharma le grand Périclès et qui exerça une influence si considérable sur là société attique de son temps. Mais cette inscription ne ressemble nulle* ment aux autres inscriptions connues sur des hermès. Elle se trouve en une place très peu visible; elle n'est pas tracée avec le ciseau, mais gravée avec un instru-

SALLE D£S MUSES

ment à pointe émoussée; il faut la chercher pour la décoiiTrir. Suivant toute apparence, elle n'est pas l'œuvre du sculpteur; elle a été ajoutée par une autre personne, qui voulut voir dans ce buste un portrait d'Aspasie. G^est aux épigraphistes à résoudre la question de savoir si rinscription est d'une main antique ou moderne. Même dans le premier cas il n'est point certain cpi'Aspasie soit ici représentée. D'une part il est évident que cet hermès ne reproduit pas un portrait exécuté du vivant d'Aspasie ; .car Texpresaion individuelle de la physionomie, qui trahit un -caractère pensif et sombre, et l'arrangement artificiel des cheveux en plusieurs ondulations, qui apparaît dans quelques œuvres vers le milieu du IV* siècle av. J.-C, mais qui ne devient très fréquent que buu.s les Diadoques, sont absolument contraires à l'esprit de la ofrande époque attique. D^autre part on peut faire bien des objections à l'hypothèse, d'après laquelle ce buste serait un portrait d'Aspasie créé avec plus ou moins d'imagination à une époque postérieure. En pareil cas Partiste aurait donné à la maîtresse de Périclès les traits d'une femme aussi séduisante par sa beauté que par son esprit. Au contraire le type de notre téte ne se distingue pas par sa beauté, et la sombre expression de la physionomie écarte au lieu d'attirer. 11 semble donc que cet hermès n'ait rien à faire avec Aspasie, et que ce soit le portrait de quelque dame d'une époque postérieure.

Yiaconti, Mus. Pio-CL VI, 30 (voir I, p. 265 note 1) ; Iconografla greoa I T. XVa, p. 180—181. Plstolesi V, 9S. Banmelster» Denkm.

d. kl. Altei-tumfl I, p. 140 Fig. 163. Cf. Welckers Zeitschrift p, 458. Brann, Ruincn invl Mvispcn p. 407 n. 134. Bull, dell' Inst. 1869 p. 69. Arcli. Zeituug XXXV (1877) p. 57—68.

,2Sd (509) Téte de Métrodore.

Aoqaifie sous Pie YI. Restaurations: le nez et le buste.

. L'attribution de cette téte à Métrodore, l'élève favori d'Epicure qui mourut avant son maître, est justifiée par

un double buste hermétique du Capitole (n. 487), qui réunit les deux portiMits du maître et du disciple désignés chacun par une inscription. Les trous creusés dans les

VATICAN

yeux prouvent que les pupilles étaient Ikites d'uiie autre

matière, probablement de verre coloré. Comparée à la

tête d'Epicure (voir n. 288\ celle de Métrodore dénote

une intelligence moins élevée ; mais on y retrouve la même

expression résignée, et cette ressemblance dans la phy-

.sionomie nous fait connaître jusqu'à quel point le disciple

s'était pénétré des théories de son maître sur la vie.

VISQOiLti, lins. Plo-Cl. VI, 84. Plsloleii Y, 81. Cf. Btaui, BviiiMi imd Mnaeen p. 400 n. ISft.

284(^607) Buste hermétique d'Antisthènc, avec inscription.

Trouvé à Tivoli dans la mT-me villa qne les urs. 267 — 274. RcstauratioQB: le nez, ^uelq^ues morc^ux à la joue gaucke

et dans les cheveux.

Antisthène est représenté comme un vieillard, avec une figure dont la peau desséchée est sillonnée de rides profondes ; ses lèvres rentrantes prouyent qu^il a perdu les dents de devant. La tête puissamment charpentée exprime avec une merveilleuse clarté les qualités et les* défauts qui caractérisent le fondateur de la philosophie cyiii(|uc, une haute intelligence et une volonté énergique mais aussi de la grossièreté et un ori^iieil intraitable. Au désordre des cheveux et de la barbe que le peigne et la brosse n'ont certainement jamais touchés, on reconnaît le philosophe pour qui la vertu principale était de n'avoir pas de besoins.

Vlflconti, Mus. Fio-OL VI, 36. Pistolefli V, 91. Sohnster, UeW die erhaltenea Portrftts der i^echlsc^en PfailoBophen T. I, $, p. 10-- 11. Cf. Yisronti Toono^rafla f^ca I p. 260 note S. Bmu, Buinea uad Miiâeea p. 401 n. 127.

285 (506) Tète de Démosthènoi d'un bon travail.

BestanratLons: le bout du nés et le buste.

Voir n. 30.

Visconti, Mue. Tio-Cl. VI, 37. Pistoiesi V, 90. Cf. Braun, Euincu .und Museeu p. 401 n. 128.

Il est intéressant de comparer avec cette tête de Démosthène le

286 (502) Buste hermétique é*B8diine, avec inscription.

Trouvé à Tivoli daue la même villa que les nifi. 2G7 — :d74. Sestanratloii: U psrtie antMeafe ûxl nés.

SALLE DES MUSES

11 est difficile d'imaginer un contraste plus frappant que celui qui existe entre les portraits de Démosthène et ' ceajc de son rival Eschine. Tandis que les rides et Texpression de gravité concentrée, qui caractérisent la physionomie de Démosthène, nous font connaître et les difficultés avec lesquelles cet homme eut à lutter et l'énergie qu'il dépensait dans la lutte , Eschine au contraire nous apparaît comme un personnage auquel son heureux naturel permit de se m<jttre en relief sans grand effort et qui sut prendre la vie légèrement. La figure belle et bien remplie n'est sillonnée que de rides légères; l'expression est celle d*un homme à la fois tranquille et conscient de sa yaleur. Par -contraste avec la faible constitution de Démosthène, Eschine donne Timpression d'une santé puissante. Le crâne paraît dans son ensemble bi<^'ii conformé ; cependant il n'est pas assez large pour sa longueur, ce qui indique le manque d'énergie.

Visconti, Mub. Pio-Cl. VI, 30; Iconografla greca T T. XXIX b, p. 341. PjiBtoleai V, 90. Cf. Brauu, JKuiaea and Mufieen p. 402 iiu 129.

;987 (600) Ftétendu buste hermétique de Zénon.

IKeetauxatloii! la plus grande partie àa nez.

11 existe au Louvre une réplique de ( e jioi trait, ce qui prouve qu'il s'agit ici d'un personnage connu. On a prétendu que c'était Zénon , le fondateur de l'école stoïdennoy sous le seul prétexte que la direction du cou dans ce buste concorde avec un renseignaient qui est donné par un écrivain de l'antiquité, d*après lequel Zénon aurait eu l'habitude de pencher son cou vers l'une de ses deux épauler. Mais la pose de notre tête ne correspond liuliement à ce que raconte Fauteur ancien. Le cou est beaucoup plutôt replié en arrière, et les yeux regardent en -haut* H semble donc que ce buste hermétique représente un homme occupé à étudier les phénomènes célestes, par conséquent un astronome célèbre. L'hypothèse la plus probable est qu'il s'agit ici d'Aratus, le fondateur de l'épopée astronomique, qui vivait pendant la première moitié du troisième siècle, dont les poëmes furent tr^^

Diglf^ed b;

308 VATICAN

estimés et très lu8 aussi par les Komains. En fait le profil ^du buste du Vatican ressemble dans ses lignes principales à celai d'une figure, désignée par nne inscription comme étant le portrait d'Aratus, et qm se trouve sitr une mosaïque découverte à Trêves.

D'ailleurs nous connaissons maintenant un portrait tout à fait authentique du ioudateur de récole stoïcienne. C'est lin Iniste du Must'^e^ de Naples, sur lequel est inscrit le nom de Zénon. On y voyait autrefois Zénon d'Mée; mais tout récemment il a été prouvé que c'était un por-* trait du Stoïcien. Comme on le sait, ce dernier appartenait à une famille phénicienne établie & Citium dans rfle de Chypre; cette ori^ne se retwrtive dans le type sémitique fort intelligent du buste de Naples; la physionomie présente un mélange de susceptibilité nerveuse et de mécontentement, que l'on rencontre souvent encore aigourd'hui chez les publicistes juifs.

Visoontii Mne. Ho -Ci. VI, 38; leonografla grecs I T. ksiii, ^. 259 — 260. Pistolesi Y, 88. Baumeister, Benkm. d. kl. Altertiims

m, p. 2122 Fig. 2376. Cf. Braun, Ruinen imd Museen p. 400 n. 126. — Pour la mosaïque: Ântike Denkmalpi' heraueg. vom arch. Institut 1 (188^) T. 48, 3. En ce qui concerne le portrait de Zénon le stoïcien : Schuster, Ueber die erbaltenen ïortràts der gtiecbifichen PliUoAoplieii T. lY, 1, la, p. 21 — 32^ Tout rëoemment (Jahrbuéh d, arch. Inat. V 1890, Arch. Ana. p. 56 — 58) on a voulu reooil« 'tlftître \e ^lortrait d'Aratus dans une tête de vieillard à lonprne barbe, qui «ist reproduite, sur les monnaies de Soloi-Fompéiopolis, la patrie de ce poëte (Imhoot'-Biumer, Fortratkopfe heUenischer und heUenifllerter Vëlker auf Mttnzen T. VIII, 13; Sallet^ NomiB* matltiehe ZeitaetiTilt IX 1888 T. IV, 13, p. 118, p. 127; cette tuennaie est reprodoito an n* 4^79 de notre livre. Cf. nos n. 479 et h;j3^ et d'après ces moiinflles, dans une tête de la villa Albani (u. B.'î.'i). La ligure de la mosaïque île Trêves n'infirme en rien cette interprétation; ear il n'est pas impossible que le même per* spnniige ait été mpréianté à denx âges différents. La flgnre de la mosaïque et la tête dn Vatican, dans le cas oii mo^ hypothèse serait exacte, représenteraient le fondateur de la poésie astronomique dans Vâge mûr, tandis que sur les monnaies et danfi la tête de la villa Albani Aratus aer&jlt un vieUlard.

288 (4d8) lôte d'Epieare. . . '

. ' Tvonvée le 30 décembre 1788 à Roma Yecchiar bq!é la Voie Appienne. Restaurations: nne grande partie idn crfluei du nez et de l'oreille droite; le bufite.

SALLE DES MUSKS.

Cette tête est certainement un portrait d^Ëpîcure; ce qui le prouve ) c'est l'iDiicriptiaii d'un baste en broDze d*Herculaiiuiii et celle d'an dôable buste hermétique (n. 487), dont nous avons déjà parlé au n. 283. Comme

les nombreux disciples d'Epicure rendaient un véritable culte aux imacfcs de leur maître, non? n'avons conservé d'aucun philosophe antique autant de portraits que de lui. Dans cette belle figure amaigrie, les paupières supérieures qui tombent lourdement dénotent la fatigpie causée par un travail assidu; le mouvement douloureux de la bouche s^explique par les souffrances physiques qu'éprouvait le grand philosophe. Mais ce qui donne à ce portrait son caractère le plus frappant, c'est l'expression de résignation qui domine dans la physionomie. Elle concorde parfaitement avec la philosophie d'Epicure; pour lui le bien suprême n'était pas, comme pour son prédécesseur Aristippe, lé plaisir positif du moment; c'était l'absence de la douleur et de la passion.

Viflconti, Mus. Pio-Cl. VI, 3i. Pistoleai V, bb. Of. Riccy, Dell' antlM pago Letaionlo p. 13d* Brann, finJnen nnd Miiseen p. 899 n. 124. Sehvster» TJeber die erhaltenen PortrKts der grieebischen PhiloBopli«ii p. 28. :

289 (492) Buste de Sophocle.

Trouvé en ITUb daus le jaidin du Confier vatorig dei Mendloauti (derrière la basilique de Constantin), en un endroit où se treovatt, «emble-til, à Tépoqne impériale^ VateUer d'un sculpteur ou d'un pratibotoa.. Restauration: le bout du nez.

Ce buste représente Sophocle, si Ton s'en rapporte au

nom gravé près du bord inférieur, nom dont les six dernières lettres se sont conservées pre^sc^ue intactes. Quoique l'exécution en soit médiocre, ce portrait n'en est pas moins important; c'est grâce à lui que l'on peut voir avec certitude une image du poète dans la célèbre statue du Latran (n« 6j&2).

Tificonti, Mus. Pio-Cl. VI, 27; Icunografla greca I T. TV, 1, 2, p. 97, Pistotesi Y, 82. CL BuU. deU' Inst. 1839 p. 111. Aan. d0ir Inst 1846 p. 129. Braun, Ruinen und Kuseen p. 391 n. 119. — Sur la foulUe, voir: ViBOonti, ICus. Ho-Cl. I p. 59—58.

VATICAN

290 (491) Statue de Silène.

Tronvép <îanB la Tenuta Torragnola sur la voie Préil6Stinet

achetée sous Tie VI à Thomas Jenkins.

Il n'y a d'antique que la partie inférieure du corps en avant depuis les cotes, en arrière depuis les omoplates; et encore le bas de la jambe gauche, ainsi que le tronc d^arbre et la plus grande partie de la plinthe sont d'une

main moderne. La tête (restaurations: des morceaux de la couronne et le bout dvi nez) est antique, mais n'appartient pas à la statue. Eiie ne se relie en aucun point à la partie antique du corps et elle en est très-di£Pérente tant par la qualité du marbre que par rext>cution. L'expression mélancolique, qui caractérise d'habitude les buveurs de profession, est ici rendue avec une grande vérité et avec beaucoup d^humonr. Voir n. 448.

Visconti, Mus. Pio-Cl. I, 45. MilUn, Gui. myth. pl. 69, 280. Hirt, Gôtter und Heroen T. XVm, 150. Guigniaut, Rel. de Tant pL 116, 494. HitoleBi Y, 82. Clarae IV, pl. 789 n. 1750. MUUer-Wieseler, Denkmliler der alten Kimst II T. 41, 603.

291 (489) Plaque de marbre formant fiise: Oanie guer*

rière.

Trouvée près de Palestrina. Restaurations: dans la seconde

et la quatrième flguro à partir de l'extrémité droite le bras droit, sauf la main; dans la troisième et la rinqiiièmfi la maiu droite; en outre quelques parties des boucliers.

Ce relief représente une danse guerrière (pyrrhique), exercice auquel les Grecs accordaient une grande importance et qu^Ûs considéraient comme un moyen de préparer les jeunes gens aux évolutions tactiques des combats. Au miKen on voit deux couples de jeunes guerriers, coiffSs du casque, armés du bouclier, le reste du corps nu; ils s'avancont Vnu vers l'autre, avec un mouvement de danse, marchant sur la pointe des pieds et de la main gauche tendant en avant leurs boucliers. Comme à chaque extrémité de la plaque de marbre est représenté un danseur sans vis-à-vis, nous devons en conclure que la frise se continuait des deux côtés, et qu'on y voyait d'autres couples de guerriers. Ce qui donnait beaucoup de charme aux danses de ce genre, c'est que les jeunes

SALL£ DES MUSES.

gens qui les exécutaient avec des mouvOTaents rhythmés tantôt croisaient leurs épées, tantôt frappaient avec elles sur le bouclier de leur vis-à-vis; les armes en se choquant produisaient des sons âi£Pérents, par conséquent une sorte

d'effet musical. Mais, si les épées jouaient dans ces exercices un rôle prépondérant, nous devons nous étonner de leur absence sur la frise du Vatican. I/on a supposé que des épées en bronze avaient été placées dans la main droite de chaque danseur. Or les mains droites certainement antiques de la seconde et de la quatrième figure à partir de Textrémité droite ne laissent voir aucune trace d^une pareille disposition. La main droite antique de la ligure cj^ui se trouve à l'extrémité droite de la frise est à la vérité percée d'un trou entre la paume et les autres doigts recourbés; dans ce trou peut avoir été insérée, à la rigueur, une lame de bronze. Mais il s'enfonce presque horizontalement dans le marbre ; Tépée serait donc sortie du bas-relief suivant la même direction, ce qui est impossible. D'autre part cette main est sculptée de telle façon que les épées n'ont pas pu être représentées en peinture : l'existence du trou exclut toute transition de la main plastique à un attribut peint. Suivant toute apparence, les jeunes guerriers étaient donc représentés sans épées. Pour faire mieux ressortir les figures de cette Mse, l'artiste a creusé suivant leurs contours, sur le fond même du tableau, un sillon profond surtout aux parties inférieures dont le relief est moins accentué. Ce procédé nous indique que la frise était placée à une hauteur considérable.

Vificonti, Mus. Pio-Cl. IV, 9. Tout le reste de la bibliograpMe se trouve dans; Haaser, Die iieu-attisclien Reliefs p. 22 n. 30; cf. p. 160.

La Rotonde.

La mosaïque qui recouvre le sol de la Kotonde provient de la salle principale des thermes d'Otncoli. Outre quelques morceaux insignifiaiits, il n'y a de reataui-é que la tête de Méduse qui en forme actuellement le centre. Dans la salle des thermes était ménagée à cette place une ouverture ronde; nous ne savons pas si elle servait à l'écoulement des eaux ou au passage de l'air chaud que l'on envoyait des souterrains dans la salle. La disposition même de la mosaïque correspond à la forme de cette salle, qui était octogone et couverte d'une coupole. L'ouverture ronde, qui se trouvait au centre, et les trois motifs qui se développent autour d'elle en cercles con« centriques: trn raban de lîgneB briséea - une gairlande de fleurs et de fruits, à laquelle sont attacliés des vasea et des masques scéniques — enlin un ornement tressé — reproduisent la forme de la coupole. D'autre part l'imbricatiou qui entoure l'ouverture centrale est inscrite dans un octogone, dont les côtés sont formés par des bandes de méandres; des angles de Toctogone huit bandes semblables partent en rayonnant^ et rejoignent les angles intérieurs d'un second octogone, dont les côtés consistent également en bandes de méandres. Ce dessin rend compte de la disposition des murs. Les espaces les plus considérables, qui existent entre les lignes de ce double plan, sont occupés par des représentations figurées, dont l'exécution très simple s'accorde avec le caractère déco* ratif de l'ensemble* Dans les huit quadrilatères, compris entre les côtés de Toctogone intérieur, le haut des rayons qui vont de Pun à l'autre octogone, et le ruban qui forme

ROTONDE

le |)lus petit des cercles concentriques, on voit des combats entre des Grecs et des Centaures. Les huit espaces plus vastes, limités par Les côtés de Toctogone e^téiieuri sont remplis de scènes qui représentent la vie du monde marin: ce sont des Tritons, qui portent des Néréides sur leur dos, terminé par une queue de poisson, qui appris voisent des monstres marins, ou qui s'ébattent avec eux au milieu de T Océan.

Yisoonti, Mas. Fio-Cl. VU, 46. Pistolefii Y, 102.

292, 293 ,(537, 638) Deux bustes hermétiques de femmes, de grandeur colossale.

Us fuirent trouvés , placés sar dss bases en marbre dit Porta Santa, dans leB fouilles que le comte Fede fit exécuter dans la villa d'Hadrien près de Tivoli; ils étaient à IVntr^^e du théâtre. Restau ratious de Cavaceppi: dans les deux têtes, la plus grande pai-tie du nez, et la poitrine avec les bouèles die cheveux qvi, tombent sur les épaules — en outre au n. 637 quelques éclats dans la couronne et les cheveux.

D'après le lieu où les deux bustes ont été trouvés, et d'après la forme de la coiffure, dont la hauteur rappelle Tonkcs des acteurs tragiques, il paraît certain que ces deux têtes ont quelque rapport avec l'art di nmatique. Comme rune d^entre elles (numéro du Musée 63 7), tant par la couronne de pampres que par Texpression calme de la physionomie, se rapproche du type de Helporaène (n. 271), on a voulu y reconnaître la Muse de la tragédie; l'on a d'autre part supposé que la seconde tête, dont la physionomie paraît 2)lus triste (voir n. 272), représente la Muse de la comédie. Il n'y a rien à objecter à la première interprétation. Quant à l'autre, on peut lui opposer la hauteur de la coiffure, qui ne convient pas à la Muse comique. Si néanmoins Ton veut s^en tenir à cette explication, il faut admettre, ce qui semble fort douteux, que le sculpteur, pour conserver la symétrie entre les deux têtes, a donné à la comédie des attributs qui ne lui appartiennent pas. L'exécution élégante mais froide indique l'époque d'Hadrien.

Visconti, Mus. Pio-Cl. VI, 10 (voir I p. 253 uote *) ; Opère varie rv ]). 334 n, 109, p. 335 n, 1 !0, Penna, Viaggio pittr.rino délia villa Adi'iana IXl, ?8» 19. Pistolesi V, 100. Ct Welckers Zeitschiiit

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1». 454. Beerhieibung <îer Stadt Kom U 2 p. 22i n. 12. BrauBi lluiiieu und Muâeen p. à'id ii. 14é.

294 (539) Tétft colossale de Jupiter (Zens) en marbre de

Luna.

Trouvée dans les fouilles qui furent entreprisesàOtiiooIl 80U8 Pie YI pendant les dernières ftimées du XvllP aiêele. Il n'y a d'antique qne la face, «t enoore on y a Teatanié nn moiceau dans la partie ganche dn front, le bout du nez et lea extrémités inféiienrea des oheyenx; le buste est également moderne.

L'artiste, qui a composé ce type, s'est efforcé de donner an père des dieux, suÎTant les idées de son temps, le caractère le plus imposant. La hauteur du front exprime la sagesse suprême; sa partie inférieure bombée

révèle une puissante énergie: le pli qui le sillonne en son milieu ebt iindice d'une gravité pensive. Le regard baissé des yeux proiondémeut enfoncés dans leurs orbites est calme et ferme; mais il a en même temps quelque chose, de mystérieux et d'impénétrable. Cette dernière impression est surtout produite par Tombre double qui tombe sur les yeux, c'est à dire par Tombre épaisse que projettent l'arête très marquée du iitz et Vob iiontal, et par l'ombre plus faible, que projettent les paupières supérieures très proéminentes. Il faut ajouter que cette tète, qui provient évidemment d'une statue colossale, était primitivement penchée en avant, selon les habitudes artistiques de l'époque à laquelle l'original a été composé (voir n. 301). Il est clair que dans cette attitude les ombres portées sur les yeux avaient plus d'étendue et de pioioiideur qu'elles n'en ont dans la position droite que de nos jours on a donnée à la tête. La ligne peu mouvementée de l'arête du nez révèle un caractère ferme, tandis que la bouche entr'ouvei^e exprime admirablement la douceio* et la majesté réunies. Les cheveux et la barbe ont plus d'importance dans ce l^pe que dans tout autre. Dans la chevelure «on sent ondoyer et courir un surcroit de force divine qui s'épand dans tous les sens» (Burckardt). La bavlu Hl)o]idante qui couvre les joues et le menton, et dont les boucles aux mouvements variés sont disposées

ROTONDE

avec une certaine symétrie, donne à ce visage puissamment charpenté la base qni lui convient. Les moustaches sont d'une exécution très fouillée et projettent sur les coins de

la bouche une ombre, qui atténue le caractère un peu sensuel des lèvres charnues.

Ce qui donne à ce type un charme particulier, c'est que, tout en représentant Jupiter (Zeus) avec une expression de parfait équilibre moral, il fait songer néanmoins à d^autres sentiments, sous l'empire desquels, suivant les circonstances, la physionomie du père des dieux peut se modifier. Le mouvement que chaque partie du visage peut faire est indiqué, autant qu'il est possible. Le pli, qui traverse le front, nous rappelle que la peau peut également se rider ou se froncer. Pour indiquer que les arcades sourcillières peuvent changer d'aspect, le sculpteur ne les a pas traitées toutes les deux de la même façon. L'arcade droite a la forme d'une courbe bien prononcée, tandis que l'arcade gauche s'écarte de la base du nez suivant une ligne droite et ne s'infléchit qu'au-dessus du coin extérieur de l'œil. De même, les narines légèrement gonflées, la bouche entr'ouvei'te, les cheveux ondulés font entrevoir le passage du repos au mouvement. 11 eu résulte que le spectateur peut donner facilement par la pensée à cette téte une expression différente de celle que le sculpteur a fixée; il peut par exemple se représenter Jupiter souriant avec bienveillance ou bien au contraire irrité et menaçant.

Ce caractère est formellement incompatible avec l'opinion autrefois courante, suivant laquelle le Jupiter d'Otricoli aurait été copié d'après la statue du Jupiter Olyrapieu de Phidias. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la statue voisine de Junon (Héra) n. 297 (542), qui est certainement la réplique d'un original du temps de Phidias, pour comprendre que le type reproduit par la tête d'Otricolî ne peut pa.^ appartenir h la même école artistique. En outre plusieurs monnaies frappées h Elis, une sous Septime Sévère et les autres sous Hadrien (Fig. 14), nous ont conservé des reproductions de la téte du Jupiter

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Olympien. L'on y recoimait cette majesté calme, qui caractérise toutes les œuvres d'art de la grande période attique. Le profil dessine cette ligne régulière, que nous ayons pris Thabitude d'appeler «le profil grec»; les cheveux ne s'écartent point du cràne , ils tombent en mèches allongées et libses; la barbe abondante se développe en boucles verticales.

Fig. 14.

Ce n*est donc pas le type idéal conçu par Phidias que reproduit le Jupiter d'Otricoli, mais un type postérieur, quoique dérivé de celui-là. L'on a songé à Lysippe, doirt les types ont quelques caractères essentiels communs avec cette tête de Jupiter, par exemple l'os frontal bombé , le pli du front, les cheveux soulevés. Mais il faut se rappeler que les œuvres de Lysippe se distinguaient moins par leur conception idéale que par la représentation vivante de l'organisme physique; il est par conséquent fort peu probable que ce soit précisément cet artiste qui ait fait subir au type traditionnel du souverain des dieux une modi-

ROTONDE

fication aussi importante et ausbi caractéristique. Ce procédé artistique cadre beaucoup mieux avec l'esprit de la seconde école attique. Nous savons que deux artistes qui «ppartieimeiit à la période plus récente de cette école, Biyaxie et Léocharès, avaient fait des statues de Jupiter, Les formes particulières du Jupiter d'OtriooH, sur les* quelles on s'est base pour attribuer à Lysippe la création de ce type, se retrouvent également, quoiqu'isolée^ les unes des autres, dans les types de la seconde école «tUque.

Viaconti, Mu8. Pio-Cl. VI, 1. MîUler-Wieseler , Denkm. d. alten KuHBt îî T. 1. 1. Overbeck, Kunstmythologie IT, p. 74 n. 1, p. 56Î) Anm. 81; Atlas II, 1, 2. BaumeiFtpr, DpQkm. d. kl. Altei-tums IH, p. 1317 Fig. 1461. Bruna und Bruckmaau, Denkmftler griech. u, rôm. Sculptur n. 130. Cf. Barckhardt, Der Cicérone I* p. 72—73. Bmnn, ITeber die Petsoniflkatlba des Meeresin grieehisclier Plastik, dans Westeimanns illa&trierton dentsclien Monatsliefteii, Décembre 1S86 p. S et fioiv.

295 (640) Stata« eolossale d'Antinolto en Bacehiis (Moiqfsos).

Ttwkréê ea 1795 par Gavin Hamiitoii. dans une villa an* tiqae située prés de Pale&ti-ina (Préneste); transportée an

palais Brasclii, puis de là au Musée du Latran. Restaurations: qneUiues moroeaux dans la couronne, la pomme i}*^ pin, presque tons les doigta de la main çRnnîîe, plusieurs parties des doigts de la main droite, le tiiyibe, la draperie.

Le favori d'Iiadrien est représenté en Bacchus (Dionysos), comme rindiq[uent la couronne de lierre et la ciste mystique placée sur la plinthe. Les restaurations exé* cutées par le sculpteur Pierantoni sous la direction de GavinHamilton peuvent être considérées en général comme exactes. Une cavité ménagée à la partie antéricm e du crâne prouvait l'existence de la pomme de pin ; toutefois dans l'antiquité cette pomme de pin, semble-t-il, était, non pas en marbre, mais en bronze doré. La main gauche s'appuyait sur un thyrse: car le bras gauche est levé et dans la plinthe est creusé un trou de forme ronde, dans lequel s'engageait évidemment une tige. Comme les parties du corps, recouvertes actuellement par la draperie, sont à peine esq^uissées et que des traces de bronze ont

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«té relevées sur le marbre a cette place, on doit admettre (|ue la statue était primitivement revêtue d'un manteau, ou d'une nebris en bronze. La draperie en marbre a été faite par le reataurateur moderne.

La tête exprime parfaitement la nature du jeune Bi-* thymen^ mékuEige de senBiialité et de sombre myaticbme*. Evidemment nous nous fignn>n6 qu* Antinoûs avait le teini pâle, les yeux foncés, les cheveux noirs.

Guattani, Monumenti anticlii inediti 1805 T. TT. p. VIFT— XTO. Levezow, Antinoos T. VII, VIII, p. 86—86. Clarac V, pl. 947 n, 2428. Garracci, Uonimenti del Mufieo LateranenBe T. V, p. 15. DletiichBon,. AnttnooB pl. n, 4, p. 175 n. 10. Cf. Braim, Rajnen und Kuseen Roms p. 729 IL 1. Fiiedexiclis-WolterB, BauBteine n. 1600.

296 (Ô41) Téte colossale de Faustine Taînée (f 141 ap.

J.-C.)f épouse d'Antonin le Pieux.

Trouvée A la villa d'Hadiien près de TivoU, dans le

«Pantanello», marais qui fut dessëclié à la suite des fouilles

entreprisses par (Ta^-iii Hamilton. Restaurations: la plUB grande partie du crâne et des oreilles, le nez, le buste.

Voici un type de femme d'une beauté vraiment romaine, d'un caractère à la fois énergique et sensuel. A propos de cette tête, comme à propos des autres têtes colossales qui se trouvent dans cette salle du Musée , il iaut remarquer qu'elles sont placées trop bas pour que l'effet cherché par l'artiste puisse se produire complètement,

Visconti, Mus. Pio-Cl. VI, 49. Pistoleei V, 103. Penna, Viaggio pittoiico délia villa Adriana TV. 90. Cf. Braun. Rulnen und Museen p. 425 n. 152. BernouUi, Rom. Ikonogi'aplde H 2 p. 154 n. H, p. 157—158.

297 (542) Statue colossale de Junon (Eéta).

Comme cette statne se trouvait jadis dans la cour du palflia de la ChanoeUerie, il est très probaVle qu'elle est vue des statues oolossales qui ornaient le pourtour du théfttre de Pompée situé dans le voisinage. Restaurations : la partie

H^itf'rieure iln \\C7, avf^c le morceau «tte^umt de la lèvre supél i* liie, la ievre iiikHieure, une partie du menton, le bord ùcB oreilles, les deux bras, quelques éclats dans la draperie, le pied droit avee le bord de la tunique qui le recouvre, qnatr(> doigte du pied gauohe, la plus grande partie de la plinthe.

Comme cette statue représente évidemment une déesse

ROTOKDE,

mère, ou ne peut hésiter qu'entre Jimon (Héra) et Gérés «(Démètor). Nom préférons y voir une image de Jnnon, parce que, dans deux bas-relififs qui ornent des documents «ttiques, Junon est représentée avec un type semblable à •celui de noire statue (Fig. 15, a, b). De plus il existe deux trous dans le bandeau qui entoure la tête de Junon; ils n'ont pu servir qu'à fixer un objet en métal, et leur présence prouve que cette déesse portait l'insigne qui •caractérise l'épouse de Jupiter, une stéphanè •ou un diadème. La main gauche levée s^appuyait évidemment sur un sceptre; la main droite tendue en avant tenait une patère. Une limite clÛK>nologique inférieiufe pour la composition de Toriginal •est fournie par les deux documents attiques cités plus haut, dont Vun {Fig. 15 a) date de la 4™^ année de la 93"* OljTnpiade (405 av.

J.-G.) et Fautre (Fig.

15 b) de la 1^ année <le la OS"* (400 av.

J.-C). De même les formes majestueuses de la statue, sa pose assurée, la disposition sévère des plis et l'expression tranquille de la physionomie révèlent l'école de Phidias. Or nous savons qu*un artiste de cette école, Alcamène, fit une statue de Junon, qui fut placée dans le temple de cette ^vinité situé sur la route de Phalères; c^est donc avec asses de vraisemblance qu'on a considéré cette œuvre comme l'original de la statue du Vatican et d'autres répliques semblables (voir n. 507). En tout cas cette statue

Vig. 15».

Oigitized by

VATICAN

colossale donue une idée très nette du caractère majestueux que les artistes de la grande époque attribuaient à réponse de Jupiter.

Visconti, Mus. Pio-Cl. II. 27. Overbeck, Kunstmythologie III p. 446, p. 462 n. 12. p. 464; Atlas XIV, 22. Cf. Rômische Mitthei- Inngen IV (1889) p. 65 et suiv. Jalirbuch des arch. Instituts V (1890) p. 92.

298 (543) TMe oolosMle d'Hadmn (f 138 ap. J.-C).

Beitauratloiis: qnélques morcesnz dans les orsUles; le buste.

Parmi les portraits d'Hadrien avancé en ftge on distingue deux types différents, l'un, plus naturaliste, qui exprime avec beaucoup de force l'état maladif des

^ iji i^ud by GoogU

BOTONDE.

nerfs, dont souffrait cet empereur, et l'autre, plus idéalisé, dans lequel ce trait particulier est effacé, tandis que la physionomie dénote une sauté vigoureuse. La tete colossale du Vatican est une des meilleures répliques qui se saient consenrées du second type. Jadis, placée sur un buste moderne, elle se trouvait au Cliâteau Saint-Ange avec une téte colossale d'Antonin le Pieux; aussi l'on suppose que ces deux têtes faisaient partie de la décoration sculpturale du mausolée d'Hadrien, qui devint plus tard la forteresse connue sous le nom de Château Saint- Ange. Antonin le Pieux termina eu 139 après J,-C. la construction de ce monument ; il y transporta les cendres de son prédécesseur, qui avaient été déposées provisoirement dans une ancienne villa de Gicéron , voisine de Puteoli; puis il y fut lui-même porté. Nous pouvons donc en conclure que ce mausolée contenait lion-seulemeut des portraits d'Hadrien, mais encore au moins une statue d' Antonin.

Visconti, Mxis.Pio-Cl. VI, 45; QpenTUielY. p. n. 9. Pistolesi V, 105. Bemonlli, Rom. Ikonographie II 2 T. XXXVI, p. lit n. 34, p. 119. Cf. Aldroandi dans Maiiro, Le antichità di Roma (1658) p. 140. Brann, Boiaea and Museen p. 433 n. 149. Sitzungsbericlite der Berllner AlEsd«mie 1880 p. IS — IS. Le meUleur eoEemplsire du type natnralifite m troave & Copenliagae dans la eolleedon de H. Karl Jacobsen. Deux répliques moins bonnes sont au Musée Torlonia: I monument! del Museo Torlonia liprodotti oon la fototipla T. CXL, 545, T. CXLI, 546.

299 (544) statue colossale d'Hercule (Héraclès) en bronze doré.

Trnnvpp on 1864 dans la rnnr du palais Plo aujourd'hui palais Righetti (sur la Piazza Biecione), lorsqu'on y exécuta des travaux de terrassement pour la construction d'une annexe. Comme l'espace campris entre le palais Bighetti, rëglise S. Andréa délia Valle et la Via dei Obiavari était ocnipp dans Tantiquité par le théâtre de Pompée, il est très vrais emblahle quo < t tte statue était une des œuvres d'art qui ornaient le pourtour de ce théâtre. Elle fut trouvée eondiée dans nne fosse, dont les mus avaient été renforcés avec des blocs carrés de pëpéiin, et dont Tonvertare était fermée par des dalles de la même matière. On l'avait prohahlement cachée ainsi, ponr la soustraire an fanatïRmf^ des r.livétiens on ponr la protéger rontro le vandalisme des barbares. Mais la statue avait déjà été abîmée, avant d'être

VAIiCAK.

enfoncée daus cette fosse. La tête a été rlarf^ie par suite d'ane preBSion violente; nous dnvonR pti eonclure que la statue est tombée de la base, sur laquelle elle était placée, et que daus cette chute ce fut la tête qui porta. £a xuêiue temps, suivant tonte apparence, .le morcean de brome dont la nuque était faite, les pommes des Hespéiides qu'il fbnt restituer d2iT\n la main gaucho d'après toutes lea œuvres analogues, et le pied gauche disparurent; ils n'ont pas été retrouvés dans la cachette; sauf la nuque, qui manque, toutes ces piéee« ont été rest*arées par nne m&in moderne. En entre lea parties sexuelles étaient anaeliéee. Il no restait qmo pen de fragments de la massnOi qui ont été insérés dans la massue moderne.

Hercule (Héraclès) est représenté comme un YÎgoareuz

éphèbe, dont la main droite s'appuie sur la massue, tandis

que la peau de lion est suspendue à son avant-bras gauche.

Les pommes des Hespérides, que tient la main gauche un

peu tendue en avant, sont modernes; mais cette restauration est justifiée par d'autres monuments. Si Ton veut se figurer ce qu'était primitivement la statue, il faut surtout faire abstraction de la tête, qui a été élargie dans la chute. Avant d'avoir subi cette déformation, elle présentait certainement un ovale plus fin. Autant qu^on peut se faire une idée de sa forme primitive, il semble qu'elle dérive d'un type probablement inventé par Scopas, type qui se retrouve dans les nrs. 121. 417 et 604.

Une question se pose: notre statue a-t-elle vté faite du temps de Pompée , et spécialement pour servir à la décoration de son théâtre, ou bien à une époque postérieure, par iaz6m|>le sour Tibère^ qui reconstruisit ce théâtre détruit par un incendie? Nous connaissons trop peu de colosses en bronze dont la date soit certaine pour résoudre ce problème. L'exécution en est très inégale. Les parties solides du corps, surtout la poitrine et les genoux, sont beaucoup mieux traitées que le ventre, dont le modelé fait une impression de sécheresse et de dureté.

Monnm. dell' Inst VIII, 50 ; Ânn. 1868 p. 195 et suiv. Roscher, Lexikon der grieeU. u. rom. Mythologie I, p. 2179 a. Cf. Bull. 1864 p. 227 et suiv. Ilomiscke Mittheilungen lY (1889) p. 913—214.

300 (545) Buste colossal d'Antmotki.

Trouvé en 1790 par le oomte Fede ctans la viUa d'Hadilea ptéa de TivolL Bestanrations: le nés et quelques éclats.

ROTONDE

Dans ce marbre Antinous paraît avoir été moins idéalisé que de coutume ; ce caractère provient sans doute de ce qu'il est ici représenté sans attributs divins. Le sculpteur, suivant une habitude très répandue, a creusé le buste pour en rendre le transport plus facile. A l'endroit où il repose sur le piédestal, ont été placées des feuilles d'acanthe.

ViaconU, Mua. Pio^Cl. VI, 47 (cf. Opère vaiie IV, p. 282 n, 10).. Piatolesi Y, 105. Levesow, Aatinoos T. H, p. 27. Penna, Viaggio pittoTieo délia vUla Âdiiana IV, 120. Pletricbson, Antinoos pL n, 6. p. 145 et Buiv., p. 180 B. 14. Cf. Bnim, Riiinen nnd Hnseea p. 4d4 ou 150.

301 (546) Statne colossale de Junon (Héra).

Trouvée au Viminal sous le cloître de S. Loreuzo in Fanispema (voir dis. 200, 201) , dans ima faniUe que le cardinal Francesco Barberini fit exécuter par Idonardo Agostini (Bartoli dans Fea, Mise. I p. 226 n. 16. Yenuti, Descr. délie anticMtà di Roma. ed. Piale I p. 180). Fîtaurations- le nez, le bras droit tout entier et l'avant-bran gauche — les deux bras avaient été sculptés à part, puis ru.ttacliés au fiorps — plusieura morceaux de la drapeiie, presque toute la plinthe. La surface du marbre, surtout dans la tête, a beaucoup souffert par suite du grattage.

Bien que rexécution soit très froide et qu'en pludieurs endroits elle paraisse fort sèche, l'impression d'ensemble

n'en est pas moins imposante. Dans ses lignes principales, le type de cette statue semble dériver d'un type idéal de Junon (Héra) créé au IV'' siècle, peut-être parla seconde école attique; mais quelques détails trahissent T esprit d'une époque postérieure. £n tout cas la manière dont est traitée la tunique, qui est représentée comme faite d'une étoffe fine et transparente, et qui laisse à découvert le haut du sein gauche, révèle chez l'artiste l'intention de donner à son œuvre un peu de grâce sensuelle; or il est difficile d'admettre que l'image d'uue déesse, considérée comme Tidéal de l'épouse, ait eu un pareil caractère avant le IIP siècle. Sur le bord du manteau, le sculpteur, par de légers coups de ciseau, a figuré un triple ourlet; comme Teffet purement plastique produit par ce détail est presque nul, il était évidemment rehaussé par de la couleur ou de la dorure. Il en résulte que

VATICAN

d'autres parties de la statue devaient être peintes. La comparaison de cette statue avec le n. 297 (542) est très înstractive au point de vue du développement de la religion et de la civilisatiott* On se rend compte avec netteté de la conception différente que les Grecs avaient de réponse de Jnpiter et par conséquent dn type idéal de l'épouse pendant la seconde moitié du siècle et à une épocj^ue postérieure. L'idée que l'on eut pendant ces deux périodes des rapports entre les dieux et les mortels s'exprime dans la pose différente de la tête. Le type de Junon créé pendant la grande époque de Fart attiqne a la tête presque droite; le r^ard. de la déesse passe audessus de la vie teirestre et se fixe au loin ; c'est là une attitude, qui contribue beaucoup à augmenter Tinipression grandiose produite par la statue. Dans les représentations moins anciennes, la déesse penche la tête en avant, comme pour se mettre en relation directe avec les mortels, qui lui adressent leurs prières*

Viflconti, Mus. Pio-Cl. I, 2. Mttller-Wieseler, Denkm. d. alten Kanst n 4, 5(>. Baumeister, Denkm. d. kl. Altertums I, p. 647 Fig. 715. Overbeck, Kunstmytliolojrif» ITI, p. 55 — 58, p. 56 n. 1 Anm. b, p. »3 n. 11, p. 115 n. 4; Atlag JX, lU, X, 33. Cf. Rosclier, Jjejdkon der grieoli. v. Tôm. Mythologie I p.

302 (Ô47) Buste hermétique colossal| Personnification d'âne partie de la mer.

Trouvé près de Pouzzoles; vendu par Gavin Hamiltou à Clément XIV. Restaurations: le liant des (ÏPnx cornes, le nez, la plus grande partie de la lèvre supérieure, la lèvre inférieure tout entière, la partie antérieure du dauphin qui sort du o9té droit de la barbe, l'épaule gandie du buste liêrniétiQiie.

Cette tête puissante, de laquelle sortent deux cornes grosses et courtes, est un peu penchée vers la gauche et en nicmr' temps légèrement rejetue en arrière. Les yeux grands ouverts et ronds regardent au loin avec une expression mélaneoliqne; la boaehe semble ouverte pour laisser échapper un faible soupir. Les sourcils sont remplacés par des algues; ces mêmes plantes marines re« couvrent la poitrine ainsi que les parties des joues et du menton où naît la barbe. Les boucles des cheveux et dé

ROTONDE

la barbe tombent lourdement, imprégnées qu'elles sont d'humidité; dans la barbe même se jouent deux petits dauphins; la direction de leurs corps indique le profil des parties inférieures du yisage cachées sous la barbe; des Tagues, figurées à la manière de la peinture, ondulent au bas du buste. Comme tous ces détails se rapportent à la mer, l'on a supposé que ce buste hermétique représentait l'Océan ou Glaucus, le dieu marin qui prédit l'avenir. Mais ces deux interprétations ne peuvent pas être ad-, mises, à cause de la couronne de pampres et de grappes de raisin qui entoure la téte. Un pareil attribut n'aurait aucun sens dans une image mythologique de la mer en général; au contraire, il semble parfaitement justifié, si ce buste personnifie une région déterminée de la mer, sur les rivages de laquelle la vigne était cultivée. Un savant a fait observer que les lignes de la téte sont, mulles et peu accentuées, et qu'à l'expression mélancolique du regard se mêlent quelques signes de lassitude ; il y a reconnu l'impuissance des vagues se heurtant contre le rivage, et il a essayé d^expliquer de la même fayon les petites dimensions des cornes, que l'artiste aurait ainsi représentées pour indiquer qu'elles sont incapables de commettre un dommage sérieux. Quel que soit le jugement que l'on porte sur l'exactitude de ces dernières interprétations, il n'en est pas moins certain que ce buste hermétique est la personnification d'un golfe ou d'un port. Ce type fut sans doute inventé par l'art hellénistique pour personnifier quelque golfe ou quelque port situé dans la partie orientale de la mer Méditerranée. Il est possible que l'art gréco-iomain l'ait emprunté pour représenter une région de la mer voisine de l'Italie, et il est même probable que cette tête, placée à Puteoli, peut-être dans la villa d'un riche Romain, était considérée comme la personnification du golfe de Baies- entouré de collines riches en vignes.

ViBconti, Mus. Pio-CL YI, 5. Bouillon, Masëe des antiques I, 65. Couse, Hevoen- uad Gdttofgestalten T. XX, 3. Banmelster, Denkmâler d. kl. Altertans n, p. 913 Fig. 987. Le reste de la bibUograpMe se trouve dans: Friederichs-Wolters, BaiiRteine n. 1544. Cf. firunn, Die Personification des Meeres in griecUischer Piastik,

VATICAN

dans Westermanns iiiu&trierten deatschen MonaUlieiten, Décembre 1885, p. 4 et sniv.

' 303 (648) Statue colossale de Nerva (j 98 ap. J.-C).

La tête et toute la partie supérieure de la statue (OÙ Cavaeeppi a restauré le nez, l'oreille gauche, et les deux bras avec le manteau qui retombe sur le bras gauche) ont été

trouvées non loin du raur d'Aurélien, entre le Latran

et réglise Sainte- Croix de Jérusalem; cette partie pror

vient dVne statue qui représentait Vempereur Nerva

sans doute déjà divinisé et par conséquent idéalisé, dans

l'attitude de Jupiter assis. En général, dans les statues impériales de ce genre, la tête seule est un portrait, tandis que le corps est idéal (voir p?ir ex. It s nrs. 93, 650); ici au contraire le sculpteur a voulu rendre dans la forme du corps , avec beaucoup de mesure toutefois, la faible constitution du vieil empereur. Une série de trous percés en cercle autour du crâne prouve que la tête était entourée d'une couronne en métal, soit d^une couronne de laurier, semblable à celle q^ue le restaurateur moderne a ajoutée, soit d'une couronne de chêne (corona civica). Le corps de Nei-va a été placé sur la partie inférieure drapée d'une autre statue d'homme assis (reBtauraUona: les pieds, le rocher qui sert de siège, le manteau qui recouvre ce rocher). Comme toutes les statues assises de l'antiquité, qui étaient destinées à être placées sur une base élevée, cette statue, elle aussi, est placée non pas sur un plan Horizontal, mais sur une surface légèrement inclinée en avant. Dans cette position le regard peut embrasser le corps dans tout son développement; si au contraire le plan dn siège est horizontal, ainsi qu'il arrive pour les statues assises modernes, les cuisses ne sont plus visibles; le corps tout entier paraît alors être raccourci et manquer de proportions. A ce sujet il suffit de rappeler la statue du pape Pie VIT , exécutée par Thorwaldsen, qui se trouve à Saint-Pierre.

Le haut de lu btatue: Cavaeeppi, liaocolta di autiche Statue II, 51. lia statue dans «on état aotoel: Vlacenti* Mus. Fio-Cl. m, 6. Flltolesi V, 107. Clarac V, pl. 941 n. 2410. Overbeck, Gesehidlte der gr. Plastik II'' p. 443, Fig. 154 f. BemoulU, Romisehe Ikonographie II 2 T. XXJII, p. 5, p. 69 n. 4, p. 70—71. Cf. Brauu, Buinea und Museen p. 432 u. 147.

ROTONDE

304 (Ô49) Bnste colossal àe Sérapis.

Trouvé près du 9«o mille de la voie Appienne, non loin des Fi*atoc(-hie. Kestauratioug : le médias, saaf l' extrémité inférieure qui repose immédiatement sur la tête, le nez, un gros moroeaiL de U nnque, quelques ëcUts dans les boucles et dans la draperie.

Sur le type de Sérapis, voir n, 24 i. Comme il arrive d'habitude dans les images de ce dieu faites en marbre blanc, Texpression de la douceur l'emporte ici sur celle de la tristesse. Sérapis ayant été aussi adoré comme rlîcu du soleil, et ayant quelquefois porté le sumoin d'Hélios ou de Sol (voir n. 521), sa tête était entourée d*une couronne de rayons en métal, comme l'indiquent les trous percés dans le bandeau qui entoure la tête. Si Ton eu juge d'après le soin minutieux avec lequel les boucles de La clieveiure out été travaillées au trépan et (Vaprès le procédé mécanique par lequel les pupilles ont été représentées, l'exécution date de Tépoque des Antonins.

ViSQOiMiii Uns. Pio^CL YI, .15 <ct Opère Tarie IV, p. 381 n, 7). MUller-Wieseler, DeiJunaler der alten Kunst I 70, 390. Conze, Heroen- und GStteT^estalten T. XT, 1. Overberk, Kunstmythologie IT p. 307 n. 1; Atlas III, 8. Baiimeistrr, Denkm. d. kl. Altevtums 111, p. 1548 Fig. 1613. Tout le reste de ia bibliograpiiie se trouve dans Fiiederiohs-Wolterfl, Bausteine n. 1518.

30& (650) Statue de Claude (f 54 ap. J.-C).

Trouvée eu 18G5 à Civita Lavauia iLaiiuvxuuii. liestaurations: les deux bras, les oreiUes qui primitivement avaient été sculptées à part, (quelques morceaux dans la draperie, la partie supérieure de l'aigle.

L'empereur est représenté en Jupiter, une couronne

de chêne (corona civica) sur la tête, F aigle auprès de lui. Le restaurateur a eu raison d'appuyer ia main gauche sur un sceptre. Mais on peut se demander s'il ne faut pas dans la main droite substituer un foudre à la coupe. Tandis que le corps reproduit les formes idéales du type de Jupiter, la tête est évidemment un portrait des plus fidèles; sa physionomie bornée contraste nettement avec la beauté idéale et les attributs du corps. La statue est travaillée avec soin sur la face antérieure ; le dos au contraire est très négligé. 11 est donc probable qu'elle était

VATICAN

destinée à être placée dans une niche, comme l'indique ia forme recourbée de la partie postérieure de la plinthe.

Ann. deir Tnst. 1872 Tav. d'agg. E, p. 50 -61. BernouUi, Komiache Ikonogi-aphie II 1 T. XVII, p. 332 n. 5, p. 353, p. 354. Cf. Bnll. deir Inat. 1866 p. 227—228. Une statue tout à fait semblable de Claude a été trouvée à Olympie : Ausgrabuiigen zu Olympia m T. XIX, 2, XX, 3, p. IS. Loewy, Iniolitifteii grleeUaeher Bild- Jianer n. SS2.

d06 (551) Téte colaasale de Claude, avec la couronne de chêne (corona civiea).

Trouvée à Otricoli. Restaurations: le devtnt de la couronne avec la partie de la tête qui y touche, presque toute la uuq^ue, et d'autres petits moroeaux insignifiants.

Par contraste avec les autres portraits de Claude (voir nrs. 53» 305), cette tête parait fort idéalisée (voir n. 7).

Visconti, Mus. Pio-Cl. VI, 41. Pistolesi V, 110. Bemoulli, Romische Ikouographie II 1 p. 332 u. 6, p. 333, Fig. 41).

307 (552) Statue eolossale de Junon Sospita (Siepita).

Autrefois dans ia cour du palalâ i a^aaica, ac(j[uiâ6 souâ Fie VI. Beataurations: le nés, toute la partie autéiieure du bas de la figure t les bras aveo leun attiibuts, toutes les

extrémités de la pean de chèvre qui ne font pas corps avec la statue, des morceaux de la draperie, le bas de la etatne à pai*tir des ohevilies, ia plinthe avec le serpent qui s y trouve.

A la peau de chèvre, qui recouvre la tete, et dont les pattes de devant nouées sur la poitrine y sont en même temps retenues par une courroie, Von reconnaît sans hésitation Junon Sospita (Sispita), déesse dont le culte était surtout célébré à Lanuvium, et qui pour cette raison s^appellait aussi Juno Lanuvina. Son type nous est connu par des liionuciies de la république romaine, et par des médailles d'Antonin le Pieux. Grâce à ces représentations le restaurateur moderne a pu restituer avec une exactitude incontestable les extrémités et leurs attributs; c^est aussi avec raison qu'il a ajouté sur la plinthe le serpent, qui jouait un rôle prépondérant dans le culte de la déesse de Lanuvium. La pose donnée à la statue et le style archaisant des plis ont été évidemment inspirés par une

KOTONDE

idole archaïque; la tête au contraire a été traitée plus librement. L'exécation , trop minutieuse dans le détai], i]idique Tépoque des Antanms; il est doue probable que cette Btatue a été faite sous Antonin le Pieux, qui était né à Lanuvium, et qui honorait d'un culte particnlîer, comme nous rapprennent ses monnaies, la principale divinité du sa patrie.

Visronti, Mus. Pio-Cl. II, 21. Millier- Wieseler, Denkm. d. alt^^ii Kim^t II ô, 63a. Conze, Heix>en* und Gôttergestalten T. V. Baumeister, Deakjn. d. kL Altertums I, p. 764 Fig. 818. Overbeck, Kirnsfemytliologift IH p. 160—168 (où p. 161, Amn. f, est eitée tonte la biUloctapliie du si^efe); Atlas X, 86.

308 (ÔÔ3) Tète colossale de Plotine.

Autrefois & la villa Mattei. Restaurations: le aez^ quelques parties des oreilles, la tresse, le buste.

Cette tête exprime le caractère noble autant qu'éner* gique qui distinguait la femme de Trajan. L'on ne sait pas si ce buste fut exécuté du yivant de cet empereur ou seulement après sa mort, sous Hadrien, qui avait la plus

vive afFt'ctlon pour sa bienfaitrice et sa mère adoptive et qui lui décerna Tapotliéose, lorsqu'elle fut morte, en l'an 129 ap. J.-C. Pour représenter les pupilles, l'artiste a d'abord tracé avec le ciseau un cercle très nettement marqué, puis dans Fintérienr de ce cercle il a fait une incision en forme de crodiet. Il en résulte par conséquent que, dès l'époque de Trajan ou peu de temps après sa mort, l'on représentait déjà de cette manière les pupilles daus les statues colossales, tandis que dans les luaibres de dimeusions l'ius restreintes ce procédé ne devint général qu'à l'époque des Àntonins.

Momimenta Mattbaeiana II, T. 15, t». Visconti, Mus. Pio-Cl. Vf, 44; Iconographie romaine III p. '22, pl. 37 n. 1, 2. Pistolesi V, 110. Cf. Braun, Ruinen uad Museen p. 433 u. 148. BernoulU, Homiscbe Ikonographie II J p. 93 u. 2.

309 (554) Tète ooloiMae de Jnlia Domna (f 21 7 ap. J.'C).

Trouvée dans la Tenuta del Quadraro hors la poi'te Saint- Jean. Reststtrations: le boni du nés, le buste et toute la chevelure. Cette chevelure formuit évidemment un morceau à part, qui pouvait être enlf^^é ot remplacé par une autre coiffure, dans le cas où la mode aurait changé (voir n. 114).

VATICAN

Ce buste, le plus colossal parmi tous les portraits de femmes qui se sont conservés de Tépoque gréco-romaine, représente la Syrienne Jiilia Pia (Domna), épouse de Tem* pereur Septime Sérère. Cette œuvre nons prouve de la manière la pins frappante que Part du portrait était encore très prospère îi la tin du H' ou au commencement du ÎTP siècle ap. J.-O. Il était diilicile, dans un buste de dimensions colossales, de donner à la physionomie l'expression gracieuse qui caractérise les femmes; l'artiste y a très heureusement réussi.

Vieconti, Mus. Pio-Cl. VI, 64; Iconographie l'omaine III p. 108,

pl. 48 n. 1 , i». PistoleBi V, 110. MUller-Wif^seler , DenkniHÎpr der alten Kunst I T. 71, 4ol. Cf. Riccy, Dell antioo pago Lemonio p. 123 n. G4. Braun, Kiiinen und Museen p. 430 li. ia4.

310 (555) Statue du Génie d'Auguste.

Aiitrofois à Naples dans le palai? Caraffa-Colubrano Restau lations: le noz, la lèvre iiuerieuie, Favant-bras droit avec la patère, l'avant-bras gauche avec l'extreuàté de la eome d'abondance, la plus grande initie de la draperie qni tombe du bras gaaclie.

D'après Tandenne religion romaine, chaque être

masculin ou chaque objet considéré comme tel avait son

génie, c'est à dire un esprit qui pi t'>i(lait à son existence individuelle. De tout temps on avait eu l'habitude de vénérer le génie de son ami ou de son patron, et de faire des libations en son honneur le jour anniversaire de sa naissance; il est donc très naturel qu^on ait agi de même envers le génie de Temperenr, Auguate s'empressa de donner à ce culte une forme définitive; il ordonna que son génie serait vénéré en même temps que les deux Lares dans les petits temples des carrefours. Sur des peintures murales de Pompei, on voit le Génie du maître de la maison tantôt seul, tantôt entre les deux Lares ou entre les Lares et les Pénates. Il est représenté la tête couverte d*tm pan de sa toge, tenant dans la main gauche une corne d'abondance, et de la main droite faisant une libation avec une patère. Nous pouvons admettre que le Génie de l'empereur était représenté dans la même attitude; notre statue a donc été exactement restaui'ée avec une patère dans la main droite.

ROTONDE

Il rae paraît hors de doute que cette tete est un portrait d'Auguste. 11 est vrai qu'ici le front est plus bombé et les cheveux sont plus abondants que dans les autres images du même empereur; ces dififérences insigniâantes proviennent suivant toute vraisemblance de ce que la statue représente non point le mortel que Ton est habitué à voir, mais sa personnification abstraite, le genius: Tartiste a donc pu F idéaliser. L'exécution est a ssez supei iicielle, eiie a toutefois de la fraîcheur et de IVsjirit, comme c'est fréquemment le cas pour les sculptures trouvées eu Çampanie.

ViBconti, Mus. Pio-Cl. III, 2. Hiit. nUdeibneh T. 26, 13. Pistolesi \\ 104. Claraf V, pl. 020 n. 2538. Cf. Welckers Zeitschrift p. 348. Bernoullij Rômigche Ikonograpiiie II 1 p. 31 n. 10, p. 71.

311 (556) Tète oolossale de PertiiuuL (f 193 ap. J.-C).

Jadis au palaii Nanez, dans la Via Condotti. Restaurattona: les oreilles, Tarnade soUToillière fli olte, le nez, nu morceau dp Textrémité inféiietire de la barbe, le con, le buste.

Le profil de cette tête, portrait d'un vieillard édenté mais encore vigoureux, ressemble dans ses lignes principales, an profil, connu par les monnaies, de Pnblius Hel-

vius Pertinax, qui, en 11)2 ap. J.-C, à l'âge de 62 aa.s, l'ut

proclamé empereur par les prétoriens, puis fut tué par

eux dès Tannée suivante. JJaiiïi cette tête la barbe semble

être plus courte que sur les monnaies; aussi doit-on se

rappeler que son extrémité inférieure a été refaite par

le restaurateur moderne. £n tout cas, d'après le style et

la technique, cette œuvre date de la fin du 11^ siècle ap.

J.- C. L'auteur du portrait ne s'est préoccupé que de*?

traits essentiels: mais il les a rendus avec bt aucuup

d'énergie; c'est vue de très loin que cette tête produit le

plus d'effet. Il semble donc qu'elle ait été destinée à être

placée sur une de ces statues cuirassées de taille colossale,

préparées d'avance, et auxquelles on adaptait à chaque

avènement la tête du nouvel empereur.

Visoonti, Kui, Plo^ 71, iS> Ot Bsftim, Bnlneii und Museen p. 4M n. 15S.

UMhBiQf Gaid« I.

Salle eu forme de croix grecque.

Des deux côtés de Tentrée qui fait communiquer cette salle avec la Rotonde:

312 Peux telamonea colossaux eu granit rouge.

Ces deux statues de style égyptien ont été exécutées à l'époque d'Hadrien. Elles furent trouvées dans la villa

de cet empereur située prè.s de Tivoli; il est probable qu'elles y servaient de ftlawones dans la grande balle connue sous le nom de Canope; elles furent plus tard transportées à Tivoli et placées à Tentrée du palais épiscopal. On a voulu y voir des représentations d'Antinous ayant un caractère égyptîsant. Mais la resaemblance n'est que très superficielle. En outre c'eût été un manque de goût de groupei' Tune à côté de l'autre deux figures du même héros pour se faille pendant dans Tendemble architectural.

De Ro88i, Raccolta di f^tatue ï. 148. Vibcouti, Mus. Pio-Cl. 11, 18. Penna, Viaggio pittorico délia villa Adriaua 111, 29. Clarac V, pl. 985 n. 2566. Dietrichson , Antinoos p. 177 n. 11 — 12; en cet endroit «ont eltées Ioë autres pabUoationt. Cf. Winckelmaniii Mon. ant. ined. T, trattato proUmiiiare p. 22. Yfélctkm Zeitschiilt p. 3â6— aaï.

313 (559) Statue d'Auguste jeunej lubiguiiiaute et très

restaurée.

Autrefois au palais Verospi.

Viêoouti, Mua. fio-Cl. JUI, 1. Ber&ouiii, Boaiscbe HLoaograplûfi II 1 p. ai n, 17.

314 (564) Stfttue Lncfa» Ymm aiMlMwt (né en 130,

mort en 169 ap. J.-C).

Ttuuvée sur le lurum de Préueste; comme la statue précédente, très restaurée.

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