ESCALIER
liberté. C'est inexactement que l'on a reconstitué cette ]>a8ilique, d'après Beiiori) et qu'on l'a appelée c^Basilica Emiiiai».
Palier.
Flaqae VIL Un ensemble de rues très régulier, peutêtre au Champ de Mars. Trois palais situés Vxm auprès
de l'autre sont construits sur le modèle de la maisou antique, que Ponipéi nous a fait surtout connaître, et qui se composait d'un vestibulum, d'un atrium, d'un tablinum, etc. ; dans toutes les autres parties du plan, on voit uniquement les pâtés de maisons (insulae), qui plus tard remplirent les grandes villesi
Plaque VIII. La Graeoostasis et la tribune des orateurs sur le Forum. Un fragment considérable sans inscription représente les bords du Tibre; des escaliers descendent jusqu au niveau du fleuve.
Au delà du palier, à gauche: Plaque IX. Partie du Forum avec le temple de la Concorde (à droite en haut).
Plaque X. Les Septa Julia. Ils se composaient dVne cour en forme de trapèze, qu^entourait un portique colossal. Des restes de ce portique se sont conservés sous le palais Doria et sous l'église S. 2iJai ia in Via iata, au Corso. Primitivement c'était dans la cour que le peuple votait. Mais lorsque sous l'empire les comices eurent perdu leur raison d'être, on transfonna cet édifice en un grand bazar. Cette transformation explique pourquoi les murs des bâtiments élevés plus tard à Tintérieur de cette cour rencontrent le portique sous des angles obtus.
A droite: Plaque XIX. Le Circus maximus. I^e^; lettres de rinscription sunt placées les unes au-dessous des autres, parce (jue le Cir(|ue se trouvait exactement daîis Taxe vertical du plan. A l'extrémité supérieure, on voit à gauche le Septizonium, gigantesque château d'eau que Septime Sévère ât construire à l'angle sud -est du Palatin, et dont les ruines ne furent démolies qu'au temps de Sixte<*Quint.
MUSÉE DU CAFIXOLE.
A gauche: Plaque XI. Le Mutatorium Caesaris — à ce qu'il semble, les bâtiments de la Poste impériale ; Tarea radicaha, — partie de la Yoie Appienne élargie en forme de place, on peu au-dessous de Péglise S. Balbina ; le Ludus magnas — Técole d^escrime impériale, située noD loin du Cotisée, ayeo une grande cour elliptique au milieu.
A gauche; Tlaque Xil, Une partie du Forum avec la Basilica Julia et TAedes Castoris: un morceau du théâtre de Marcellus avec le raur de la scène.
A droite : Plaque X Yi. Sur le débris, placé à peu près au milieu, et dont la moitié gauche seule est antique,
on passait du fond de la scène dans le portique à cent colonnes qui la touchait (faekatostylcm) , puis une partie
de ce portique.
A droite: Plaque XV. Un morc eau presque entièrement moderne avec le théâtre de Pompée. La comparaison de ce débris et du fragment antique encastré tout auprès dans le mur (Plaque XVI) nous montre avec quelle in* exactitude le dessinateur du XVII* siècle a recopié ce morceau, lorsqu'il était plus complet.
A gauche: Plaque XIV. Grand débris aam inscription
avec une partie des tlieniies dv Titus.
Forma urbis Ruuiae regionuni XIIII ed. H. Jordan (Berlin, 1874); toute la bibliographie antérieui'e y «st réunie et examinée au point de vue critique. Cf. ÂTch. Zeitung XXXIII (187^) p. 52. Bull, délia oommissiono archeologica comunalo 1886 p. STC. Romlsolie Mittheilun^en IV (1889) p. 79, p. S28. Jfilteri De forma nrbi* Romae diss. I, II iBonoae 1890, 18UI).
Sur le palier à droite:
428 Statue de Libéra.
Trouvée, dit -on, prés de Civita Lavinîa (Lanuviam);
autrefois dans l'amphithéâtre du Vatican (Rom. Mltth. XI \m\ p. 38 n. Ifi, p. 55). ReHta\irationR: le tî^z, iea doox avant-bras, et queXqLuea morceaux de in draperie.
On affirme couramment que cette statue représente Juno Sospita (Sispita), parce qu'elle passe pour avoir été trouvée à Lanuvium, où le culte de cette déesse était
GALERIE
particulièreuient eu lionneui, et parce que IcsiTiots IVNO LAN VM VIN A sont inscrits sur la plinthe. Mais il est facile de reconnaître que cette inscription est moderne; il est évident en outre que d'autres divinités pouvaient être adorées à Lanavium en même temps (j^ue Jmon. Cette statue diffère essentiellement des représentations authentiques de Juno Sospita (voir n. 307). Il faut sur-^ tout renîai(|uer (]ue la peau d aninial, tendue sur la poitrine de la déesse, n eat pas la peau de chèvre qui caractérise la Junou de Lanuvium, mais la peau d'un félin, une {kanthàre ou un lynx. Cet attribut se rapporte évidemment au cycle bacchique; il est donc beaucoup plus probable que cette statue représente Libéra, la déesse qui fait pendant à Lib^, le dieu italique du vin (voir n. 365). A la forme trapue du corps, à la pose ferme, à l'arrangement de la draperie qui tombe en larges plis parallèles, on reconnaît que Tartiste a pris pour modèle un type grec de la grande époque.
BottarilIT, 5. Montagnani T.il. Clarac III, pl. 418 n. 732. Cf. Gerliard, Frodromua p. 185 Anm. 18. Overbeck, Kuastmythologie m p. 163. Sur rinscription, voir: Corp. inscr. lat. VI 5 n. 3448*.
Galerie.
429 (5) Statue^ TAmour mettant la corde à son arc.
Autrefois dans la villa d'Esté, à Tivoli, fiestaaratiouë: ie bout du aeSi les ailes Mof les amorceSi les bnts excepté les parties Y<^bBiaes des épaules, Tare, le pied droit, le bas de la jambe gauclie, le trono d'arbre aveo le carquois, le pourtour de U pUattie.
On peut reconstituer le motif original de cette statue grâce à deux intailles (Fig. 18) et à d^autres statues du même type mieux conBervéee qui reproduisent le même sujet. De sa main gauche , TAmour tient solidement par le milieu le bois de son arc, sur l'extrémité supérieure duquel il presse avec le pouce de la main droite; les doigts de la même main s^eiForeent de faire entrer la corde dans rentaille creusée à cette extrémité. D'après une réplique qui se trouve à Venise, nous devons nous représenter l'extrémité inférieure de l'arc appuyée contre la jambe
MUSÉE DU CAPITOLE
droite au-dessous du genou. L'œil regarde au loin, épiant évidemmfittt l'objet, qua rAmoui* a choisi comme but.
Dans trms. répliques. de:c6 type, à côté de la figure, est placé «n tronc d^arbre STec une peau de lion et une masBue; Ton en a conclu que rAmour ne tenait pas son arc propre, mais bien celui d'Hercule, après le lui avoir dérobé en même temps t^ue sa massue et sa peau de lion. Mais lorsque l'art antique met en rapport Hercule et l'Amour, il accentue toujours le contraste entre le dieu jeune et délicat et le héros vigoureux. Si l'arc ici représ^té était celui d'Hercule, il devrait être beaucoup trop grand proportionnellmnent au corps de l'enfant, et
Fig. 18.
l'Amour devrait dépenser toutes ses forces pour le manier. Or ce n'est point le cas. La longueur de l'arc équivaut à peu près aux trois cinquièmes de la hauteur du corps; il est donc parfaitement proportionné à la taille de l'Amour; quant à l'effort, il ne paraît p»s être plus considérable que celui des héros ou des moiïels que nous voyons sur d'autres monuments tendre la corde de leur arc. D'autre part l'Amour n'est pas ici occupé, unic^uemt^nt de l'arc qu'il tient; il regarde déjà le but, qu'il va essayer d'atteindre. Il faut songer en outre que les ligures de ce genre, dont les extrémités se détachent du corps, reproduisit généralement des originaux en bronze. Or dans un bronze le tronc d'arbre est parfaitement inutile; au contraire dans une statue en marbre il fallait l'igouter pour fournir à la jambe gauche un point d'appui solide; et nous pouvons d'autant plus admettre
GALERIE
qu^il n'existait pas dans Toriginal que sa présence nuit énormément au mouvem^t de la figure. Par conséquent le tronc d'arbre et les attributs qu'il porte ont été ajoutés parles praticiens en marbre; il ne faut pas en tenir compte, lorsqu^on veut interpréter la figure. Et même ces attri* buts ne prouvent nullement que les copistes, par qui ils ont été ajoutés, aient voulu représenter l'Amour tendant Tare d'Hercule. Très souvent les objets, dont les appuis sont chargés, n'ont aucun rapport direct avec la situation précise dans laquelle la figure principale est représentée; il est donc possible que la massue et la peau de Hon aient été mises là, non pas pour préciser davantage le sujet de la statue, mais tout simplement pour faire allusion à la puissance de TAmour, qui dompte même le plus vigoureux des héros.
Cette statue rappelle de très près l'art de Lysippe par sa pose et par ses proportions comme par le natura^ lisme avec lequel la peau est rendue (voir n. SI). Cela ne suffît pas, il est vrai, pour que l'on y voie une copie de TAmour thespien de Lysippe; en tout cas, ce que nous pouvons admettre, c'est que l'original a été créé sous l'influeuct de ce grand artiste, et que par conséquent il n'est pas antérieur à l'époque d'Alexandre le Grand.
MUller-Wieseler, Denkmâler der alten Kunst II 51, Haumoister, Denkm. d. kl. Altertnins I p. 407 Fig. 5âd. Ci. KiiedericliB, Amur mit dem Bogeu de» ilerakles, Berlin 1867. ScUwabe, Observationum areliaeologiGanun particnla I (Dorpatil868) 1 — 7. Frleâexiolifl'Wolteni, Banateiue n. 158S.
430 (6) Téta de Marsyas.
BeatauratLon: I0 l>ii8te.
Par ses formes générales cette tête rappelle celle de Marsyas pendu (nrs. 576, 846); mais elle exprime la surprise et la consternation. Ce caractère semblera parfaitement justifié y si Ton admet que cette téte faisait partie d'une statue, qui représentait Marsyas pendant sa sutte avec Apollon, mais déjà certain de sa défaite ; cette scène est représentée avec la plus grande clarté sur un sarcophage qui se trouve au Musée du Louvre. Il y a au
3 1 6 MUSÉE DU CÂFITOLE.
Musée de Ik-rlin une réplique mieux ( xécutée de la même
tête, provenant des Thermes de Caracalla.
Rigketti U, 263. Cf. BeBohreibaog Roms 111 1 p. 164 n. 14. Arch. Zeituug XXIV (1866) p. 107. — Le sarcophage: Overbeck, Kunstmythologie IV p. 456 n. 1 ; Atlas XXV 7. — La rëpUqae de Berlin: Terselelinlie der ant. Skalptarem des Berl. Mniemna n. 900.
431 (8) Statue d'une vieille femme ivre.
Trouvée sur la voie Nomeutane; transportée d'abord au palais Vev'>f=pi. plu.s tard au pal. Ottoboni (Fiauoi, enfin donnée au papo Clément XIII par 1« cardinal Ottoboni iliom. MittheU. VI 1891 p. 59). Restaurations: la tête, la moitié inférienre de l'avant-bras droit avec la main, le col de l'amphore, les pieds ainsi que le bas de la janibe gauche avee le moroeaii de draperie qui le recouvi*e. Ces restaurations ont été faites d'après une réplique mieux conservée du même type, qui fut aclietée en Italie et peut-être à Rome, yen la ftn du XYin* elêelei par Charles-Théodore piinee ëlectenr de Bayidroi et qui se trouve aotaeiUemeiKt à Ifionieh.
Cette vieille femme est rejMrésentée assise par terre,
embrassant une amphore décorée d'une guirlande de lierre,
que l'on doit ne figurer remplie de vin. Le mouvement
de son corps exprime paiiaitement l'extase pro tonde, qui
s'est emparée d'elle ; sa peau flétrie est r^due avec une
vérité très naturaliste. Il est évident que eette statue
reproduit un original de l'époque hellénistique. Dane les
épigrammes du temps, les vieilles femmes aimant à boire
sont très souvent prises pour cibles. L'exemple le plus
ancien que nous connaissons des poésies de ce genre est
line épigranime du Tarentin Léonidas, contemporain de
i'yiTlxus, composée pour le tombeau d'une vieille ivrogne
appelée Maronis. D'autre part Pline (n. h. 36» 33)
attribue au sculpteur athénien Myron une statue en
marbre^ qui se trouvait alors à Smyme, et qui représen-
tait une vieille femme ivre; ce renseignement est sujet à
caution , par cela seul que le célèbre Myron, autant que
nous pouvons lesavoir,triiviiillait exclusivement le bronze.
On a voulu tourner la difficulté de diveî ses manières:
parmi les opinions qui ont été exprimées , deux méritent
d'être étudiées de près. Un savant a supposé que Pline,
compilateur quelquefois très négligent, avait confondu le
nominatif Maronis, qui est un nom de femme, avec le gé-
GALERIE
miài Myronis , et qu'il avait à cause de cela attribué à Myron une statue d'une vieille ivrognesse. Mais cette hypothèse n'explique pas pourquoi la statue se trouvait à Smyrne. D'après une autre explication, Pline aurait con* fondu avec le grand Myron un artiste postérieur du même nom. Nous connaissons un Myron, qui, au commencement du IIP biècle av. J.-C. fît une statue d'athlète pour Olympie, et un autre qui vivait à Pergame vers la ûn du second siècle* Il est possible que ce dernier ait exécuté, dans la ville voisine de Smyrne, la statue d^une vieille femme ivre pour orner un jardin, et que Pline l'ait confondu avec le sculpteur attique. Quelle que soit l'opinion que Ton adopte, il paraît certain en tout cas que la statue de marbre citée par Pline est l'original de la statue du Capitole et de la réplique du même type qui se trouve actuellement à ^liuuch.
Les panses de deux vases en terre cuite, dont l'un a été trouvé dans l'île de Scyros, et l'autre à Tanagra, ont la forme d'une vieille femme ivre, dont les lignes essentielles rappellent les deux statues de marbre conservées; elles semblent être une reproduction du même original. D'après leur style comme d'après les caractères d'une inscription gravée sur la plinthe de l'exemplaire qui provient de Scyros, ces deux vases datent du IP siècle av. J.-C. Il en résulte, semble-t-il, que la statue originale existait déjà alors, et que ce type était assez connu pour passer dans la céramique artistique.
De Boasi, Raceolts di statue T. lOS. Bottari in, 37. Mon> tagnaiii I, 58. Righetti I, 54. Clarac IV, pl. 701 n. 1659. Cf. Vis- <^onti, Mus. Pio-Cl. VII p. 124. Brmiî), Gesohichte dev griechisclieii Kunstler I p. 144 n. 19. Avoh. Zeit. XX (1862) p. 3.33—335, XXVI asm p. 78. Rheiiiisches Muscuni XXII (1867) p. 21 et suiv. 'E9i}|ji«p(c élpxwoXoTfixij 1891 T. 10 p. 144 et eulv. — Pour la réplique (Te Miinieh, voir: Âbliandl. d. bayer. Akademie der Wiss. X 2 (1865) T. III p. 398.
432 (10) Urne cinéraire de forme octogonale, dédiée par l'affranchi Decimus T.ucilius Soter à son patron Lucius Lucilius l'elix.
Trouvée d'après I^igorio sur la voie Appieaue; ensuite au pal. Cealf eufln chez le cardinal Âlbani.
318 MUSÉE DU CAPITOLE
Les bas-reliefs d'uu gracieux travail représeiiteiit les ébats, auxquels 6e livrent des Amours après un joyeux repas. Huit masques barbus, que relient des pampres et des branches de laurier , forment en haut une espèce de frise. Trois des Amours jouent de diyers instruments de musique. Un quatrième s'avance, tenant une lanterne de la main gauche; sa tête et son cou sont encore chargés des lourdes coiiruiincb, iju il portait pendant le repas. Vu cinquiènn' essaie d'allumer sa petite torche à une torche de dimensions colossales. Deux autres, dont Tun tient de la main droite une torche renversée, dansent ensemble, les mains levées dans une attitude typique. Presque toutes ces figures reproduisent des motifs de statues connues. Comme les scgets analogues qui reviennent souvent sur les sarcophages, la scène figurée sur cette urne cinéraire symbolise Texistence bien heureuse que les morts mènent dans rau-debi.
Un croquis ?p trouvée dans le Codex Pighianus (Ber. d. sacks. Ges. d. Wiss. i56c> p. 204 n. 111). Foggini, Mus. cap. IV, 57. Bighetti I, 160. Cf. Braun, Bulnen und Mnseen p. 147 n. 27. Àrcli. Zeitung XXm (1866) p. 61 et suiv. *^ Pour l'jbtsoxlplioii: Corpus inscr. lat. VI u. 21677. — Les sftTcopihsgeB analogues: Ann. deir Inst. 1860 p. 20? et BUiv.
433 (12) Satyre enfant jouant de la flftte.
Trouvé en 174d Bur rÂveutin dans la vigne des Pères des Ss. Cosme et Damien (Ficoroni dans Fea, Uiscéllaaea I
p. CLXIV n. 94). Restaurations: la tête, l'avant-bras droit, la main gauche avec la flûte, des movoeaux de la nehris, les cornes et l'oreille gauche du bœuf, les bords de la plinthe.
Cette statue est une copie du même original que le
u. 19, à propos duquel nous avons fait toutes les remarques
nécessaires en ce qui conoerne le type. Mais ici le copiste,
en ajoutant un bœuf couché devant le tronc d'arbre, a
voulu exprimer, jusque dans les parties accessoires, le
caractère idyllique de l'œuvre.
Moutagnani ]. '>A. Righetti I, 132. Clarac IV, pl. 710B n. 1670C.
434 (20) Psyché tourmentée.
Autreft»!? à lu villa d'Eflte, à Tivoli; an Musée depuis 175H. Restaurations: l'arcade sourcillière gauche, le bout du uez, la lèvre inférieure, la main droite, l'avant-bras gauobe, la pUathe.
Psyché se baisse vivement et, rejetant la tête en arrière, lève sur l'Amour qui la tourmente un regard donlonrenx et suppliant. Amour n'est pas représenté, itfais le spectateur doit se le figurer par la pensée. Il est impossible -de former un groupe satisfaisant en joignant à Psyché un second personnage, 11 semble que le motif de cette statue ait représenté tout d'abord une Niobide, et que plus tard seulement on ait fait de ce motif une Psyché tourmentée.
Montagnani I, 38. Righetti I, 69. Penna, Viaggio pittorioo délia VillR Adiiana III 37. Clarac IV, pl. 654 n. 150UA. Baumeister, Deukm. li. kl. Altertuma III p. 1427 Fig. 1577. Cf. 0. Jabn , Archâol. Beitiage p. 178 — 179. Stark, Niobe p. 299 — 305. Stepliaui, Compte-vendu poar 1877 p. 211—212.
435 (21) Téte d^ApoUon.
RestauratioiiB : quelques fragments des BonrcUB, le nez, le COQ et le buste. '
Cette tête reproduit un des types d'Apollon les plus récents que Tart grec ait créés. Les formes du visage sont particulièrement molles et délicates. Les cheveux
relevés de tous côté.'' et réunis sur le sommet du cruiie en
uue sorte de gros chignon rappellent la coiffure, que Tart
antique a souvent donnée aux jeunes filles. Cf. n. 328.
Righetti II, 258. Cf. Bull. deU' Inst. 1866 p. 100. Overbeck, Kaastmytliologie IV p. 150 u. 7.
Au-dessous du numéro 25 du Musée:
436 Base, dédiée à la Mater Magna.
Trouvée sous Olément XI sur les bords du Tibre, au pied
de TAventin (Fieoroni dans Fea, Miscellauea I p. CXXVII u. 24», puis transportée au Vatican (Jahrhupti. d. arch. lust. V 1890 p. 54); enâu placée daus le Musée du Capitole bous Clément XIII.
D'après l'inscription, ct ltt^ base supportait uu objet qu'une certaine Claudia SYntychè avait dédié à la Mater Magna et à navi salviae. La répétition du mot salviae provient évidemment d^une erreur du lapieide. Lee commentateare ne savent pas s'il faut lire navi salviae en detix mots ou en un seul. Dans le premier cas Salvia serait le nom du bateau, sur lequel fat transportée à
MUSÉE DU GAPITOLE.
Koiiie, en 204 av. J.-C, la pierre sidérale qui, dans le temple de la Mère des Dieux à Pesainunte» formait le oentre mênae du oulte de la déesse. Dans le second cas NarâalTÎA serait un sumom de la vealale Claudia Qumta» qui remit à flot ce nayire, lorsqu'il se fut échoué sur la sable à Teinboacbure du Tibre et qui le tira avec sa ceinture pour lui faire remonter le fleuve. Il faudrait donc supposer qu'elle était adorée mm ce nom auprès de la Mère des T)ieux , comme protectrice de la batellerie du Tibre. £n tout cas sur le iMus-relief, qui orne la face antérieure de ce monument, on voit Claudia Quinta tirant le bateau pour le faire avancer. Afin de rendre le 8i\|et plus clair, Fauteur a placé sur le pont, au lieu de la pierre sidérale, une statue de la Mère des Dieux. Sur les faces latérales de la base août figurés les objets qui caractérisent le culte de cette déesse: un pedum, une paire de cymbales, une Mte recourbée, une flûte droite et un bonnet pbrygien.
Foggiui, Mus. cap. IV p. 67. Righetti II, 312. MilUn, Gai. myth. pl. 4, 10. Guigniaut, Rel. de Tant. pl. 57, i»31. Millier- Wie.RPÎf'v. Donkm. d. alten K;in«t lE 6H, 816. Baumeister, Denkm. d. kl. Altert. II p. 800 Fig. 5t>4. Cf. Braun, Buinen uud Muaeeu p. n. 29. .Ann. dell' Inst. 1867 p. 300. — L'inscription: Corpus inacr. lat. YI 1 n. 492, et Preller- Jordan, BSmisehe Mythologie n p. 58 Anm. 1 . — Voir en entre RoBoher, Lexikon d. grfteeb. n. rOni. Hythologie II p. 481.
437 (27 ) Buste de Julia Donma (f 217 ap. J.-C), épouse de Septime Sévère.
Rettanmtione: U partie antérienre du ne».
Le caractère relativement jeune de cette tête nous
indique que ce buste est un des premiers poitiaits que Ton fit de Julia Domna. Il paraît n être que de fort peu postérieur à l'époque où son époux monta sur le troue impérial (193 ap. J.-C).
436 (29) Statue de BaUai.
Trouvée, dit-on, près de Velletri. Restaurations: l'extr^mitë de la vieière du casfjue, le bout du nez, le bras droit ainai que la mauclie et la lance, la main gauche, un gros moTOeaii autour du genou droit, les boi'ds de la plinthe.
GALEBIE
Cette statue reproduit le même original que la statue
du Vatican n. 51; mais Texécutioii en est moins large.
Nibby, Mueeo Cliiaramonti ÎT, 5. Kiî]^lietti II, 365. Braun, Yor* fioliule T. 62. Cf, Arch. Zeitung XXAIV (1876) p. 121.
Devant la fenêtre:
439 Putéal, re|irés6iitant an cortège des dieux.
Ce monument se trouvait autrefois dans une villa qui appartenait aux Médicig, liora la porte du Peuple. Le grandduc Coame III en fit dou au <>ardinal Albani; c'est de la collection da cardinal qu'il passa en 1728 dans le Musée du Capitole (Justi, Winckelmanii II l p. 303). Bestanratioiis: 168 têteB de YénuB (Aphrodite) et de Vesta (Hefttta) ; en outra quelques fragments sans imx>ortance.
Des témoins dignes de foi , qui virent ce monument avant qu'il ne fût transporté au Musée ^ racontent que le marbre en était creusé et qu'on voyait sur les bords intérieurs de la cavité des traces laissées par une corde.
C'était donc tout simplement la margelle d'un puits. L'ouverture en fut plus tard bouchée, lorbc^ae Ton employa ce putéal comme base pour y placer le cratère qui s'y trouve actuellement. Les bas-reliefs représentent deux cortèges de dieus qui s'avancent en sens opposé et qui par conséquent se rencontrent. En tête de l'un des cortèges marche Jupiter (Zeus) tenant le sceptre de la main gauche et le foudre dans la main droite. Le père des dieux est suivi de Junon (Héra), Palla;^, Hercule ( Héraclès), Apollon jouaiît de la lyre, Diane (Artéuii^ij portant son arc de la main gauche, Mars (Arès)^ Vénus (Aphrodite) avec une fleur dans chaque main. Comme le prouvent les anciens croquis de ce monument, la tête de Y^us, restaurée dans l'état' actuel, ne regardait pas en avant; la déesse se retournait; la flgure qui terminait cette file se trouvait ainsi mise en rapport avec le second cortège de dieux. A la téte de ce dernier on reconnaît Vulcain (Héphaistos) tenant avec ses deux mains un marteau de forgeron, derrière lui Neptune (Poséidon) avec le trident et le dauphin. Mercure (Hermès) avec son caducée et son bélier, enfin Vesta (Hestia). Dans ce bas-relief on a voulu voir une représentation soit du retour de Vulcain,
Hnsio, Guide I. 21
MUSÉE DU CAPITOLE
soit de Tamyée d*Hercule dans TOlympe, «oit enccnre de
la naissance de Pallas. Mais toutub ces interprétations reposent sur une hypothèse fort douteuse, d'aj)i ès laquelle le bculpieur aurait mal compris plusieurs motifs de la composition originale qn^ïL avait prise pour modèle. Il n'est donc pas certain qu'en réalité ce bas-relief ait représenté une scène mythologique déterminée.
Ce n^est pas seulement dans les formes que l'auteur s'est efforcé d*îmiter le style archaïque ; il a aussi donné à chaque divinité des traits qui la caractérisaient avant répoque classique. Mais il n'a pas été absoluiuent conséquent s(nis ce rapport : par exemple, au lieu de représenter Mercure barbu, suivant les habitudes de l'art archaïque» il en a fait un jeune homme.
Un oroqais se trouye dans le Cedex Pigfedaxias (Ber. d. slichs. Oes. d. Wiss. 1868 p. 202 n. 102). MuIler-WioBeler, Deukmâler d. alteii Kunst II 18, 197. Gerhard, Gesammelte Rkademische Abliaiidlungen I T. XVI 1, p. 198; dans cet ouvrage p. 351, et daug Friedericlis -Wolters, BauBteine u. 424, toute la bibliographie du sujet est réunie. Cf. Overbeek, KnnstniTthelogie II p. 22 n. 4, p. 88; III p. 27 n. 3, p. 230 n. 1; IV p. 70F; Atlaa I 4, IX 27, XII 12, XX 19. RoBoher, Lexikon d^r grieoh. und rom. Mythologie I p. 2239—2240. HftOJier, Die ueu-attiaclien Aeliele p. 60 a. 8$.
Ce putéal supporte
440 Un cratère en marbre.
Trouvé entre le tombeau de Caecilia Metella et la Noa-
ziatella (Bottari dans Fea, Miscellanoa I p. CCXLÎV u. 85). Restaurations: le pied et quelques parties iasi^uiiiautes de la vasque.
La vasque de ce cratère finement travaillé eat ornée de charmantes arabesques : les anses sortent de masques de Silènes.
VoggjLàk^ Mob. oap. lY, 81. Bj(ghetti I, 78. Cf. Braan , RaiBea und Jfaseen p. 160 n. 30.
441 (36) Tête d Hadrien en albâtre oriental.
Il n'y a que la fnoe d'ayitiqnf». Le buste, formé de. deux espèces diifereutes d'aibàtre, ue paraît pas apparteair à la tête.
Conmu Tnlbâtre transparent et brillant ue peut fournir au regard aucune forme nette sur laquée il s'arrête,
GALESœ.
ce portrait fait une impression tout à iidt contraire aux lois de la plastique; il prouve quelle funeste iuûuence exerça dans l'art antique depuis l'époque d'Hadrien l'emploi quû Ton àt de matières précieuses, sans examiner si elles pouvaient ou non servir à la sculpture.
BeBclireibiLng Roms III 1 p. 173 11. S6. Bemonlli, R&m. Ikono* SrapMe H 2 p. 111 n.
442 (42j Statue d'une Eomaine.
Découveite en 1817 dans la Yigna Moroni sur la voie Appienne. Il est probable qu'elle ornait au tombeau, puiBqu'on rapporte qu'aa-4eB80iui d'elle nne unie fut trouvée. Restauration: le nés,
La matrone est assise, un pan de la draperie ramené
sur le derrière de la tête, le menton appuyé sur la main droite. A l'expression de sa physionomie et à son attitude, on reconnaît qu'elle est plongée dans de tristes pensées. Les plis du vêtement sont creusés à une pro* fondeur exagérée; il faut, semble-t-il, en conclure que cette statue devait être placée non pas en pleine lumière, mais dans la pénombre d^une cella Âinéraire; car alors il était nécessaire d'exagérer ces plis, pour leur donner une valeur suffisante. Si Ton en juge d'après la coiffure et la vigueur de l'exécution, cette œuvre date de la fin de la république ou du commencement de i empire.
Eighetti I, 81. MoutaguaniU, 114. Ciarac V, pl. 897 u. 2285 A.
Au-dessous du numéro 4G du Musée:
44d Sazeophage: rédnoatiim de Boodras (Bionyiot) ensuit.
n se trouvait avant 1746 à Nepi dans le souterrain de Vëglise S. Bie«io.
Les bas-reliefs qui décorent ce sarcophage sont formés par la réunion de trois scènes très gracieuses, qui reproduisent des originaux excellents. A droite nous voyons des Nymphes occupées à baigner le petit Bacchus (Dionysos); l'une d'elles frappe des cymbales; une autre est age- Bouillée, et porte de ses deux mains une coupe remplie de fruits, que Tenfant, semble-t-il, mangera après son bain. A gauche est représentée avec beaucoup d'humour la toilette
MUSÉE DU CAPITOLE
du petit dieu. Bacchus, d'un air grave très comique, est debout sur une pierre; il a déjà la nebris sxir la poitrine^ et son pied gauche est chaubst; d une petite botte. Un Satyre lui met l'autre botte au pied droit, tandis que Silène aide son jeune maître à appuyer solidement par terre le gros dep de vigne, que tient sa petite main gauche Quant à la Bacchante qui se trouve derrière le Satyre, il est difficile de déterminer avec précision le rôle qu^elle joue dans la scène; cai- l avant-bras droit de cette ligure est restauré. Toutefois il est très vraisemblable qu'elle se prépare h orner d'une bandelette l'extrémité du cep de vigne que tient Bacchus. Entre ces deux tableaux, le sculpteur a représenté, sans laisser le moindre intervalle^ une scène de la danse des outres (Âskoliasmos). Il s'agissait, dans cette danse, de sauter sur une outre remplie de vin sans glisser à côté. Celui qui tombait était puni. Sur le bas-relief nous voyous Silène frappant sur le dos avec une couiToie un Satyre, qui en dansant est tombé de l'outre figurée à terre auprès de lui.
Foggini, Mus. cap. IV, GO. Righetti I, 161. Cf. Gerhard, Prodromns p. 217 Anm. 32. Braun, Rninen unà Miiseen p. 155 n. 32. isur r Askoliasmos: Arcli. Zeituug V (1847) p. 129 et suiv.
444 (48) Kiobide.
n n'y a d'antique que le corps, la moitié supéiieuie du bras droit, le quart supérieur du bras gauche, la eniSB^ gauche et un moioeau de la eiiisse droite.
La réplique de Florence mieux conservée a permis de restaurer cette figure avec une exactitude ceribaine; le
jeune homme est tombé sur le genou gauche; tandis que de sa main gauche il s'appuie sur un rocher, il lève les yeux avec une expression douloureuse vers Fendroit, d'où est parti le coup mortel qui l'a atteint.
Bottari, Mus. oap. III, 42. Montagnaui II, 6.5. Righetti I, 76. Clarac IV, pl. 588 n. 127d. Cf. Stark, Nlohe p. 250 et auiv.
445 (^49> Téte de femme colossale.
Refitauratioue: la plus grande partie du cou et le buste»
Par l'ensemble de ses formes comme par TexpreBsion pathétique de sa physionomie, cette tête d'un caractère
GALERIE
grandiose rappelle Taxi de la secoude école attique et xessemble de très près aux types de Scopas (voir nrs. 121, 417, 604). L'exécution a tant de yie et de fraîcheur, qu*il n'y a aucune raison pour ne pas voir dans cette tête une œuvre originale. Il nous paraît téméraire de irouloir lui donner un nom; elle est placée actuellement beaucoup trop bas, et l'on ne peut guère se fisfurer Teffet qu'elle devait produire, quand elle se trouvait à la hauteur considérable, pour laquelle le sculpteur TaYait faite. Les yeux étaient en pierres précieuses ou en verre; ce moyen d'expression n'était employé dans la sculpture de marbre que pour les œuvres exécutées avec le plus grand soin.
Bomische Mittheilungea IV (1889) p. 218.
446 (50) Torse d un discobole.
Ce torse provient d'une réplique du discobole de M3rron. L'exécution en est excellente particulièrement
aur le dos et sur le coté droit; le style de Myron y est certainement rendu avec plus de fidélité que dans l'exemplaire du Vatican (n. 333). Ce fragment appartenait jadis au sculpteur français Etienne Mounot, qui travailla pendant la seconde moitié du XYII® siècle; c'est lui qui le restaura avec tant de maladresse et en fit un' guerrier tombant.
Bottari III, 69. Montagnani III, lOJ. Righetti I, G 7. Clarau V, pL 858 A n. Cf. H«yer-Behalze sa Winckelmann, GescUohte
d, Kwist IX 2 1 87 ABm. 166.
447 (53) Buste laeilla.
BestAurations: le bout du nez et le piédestal.
L'on croit en générai que ce buste d'un travail excellent est un portrait de Julia Domna, épouse de Septime Sévère; mais cette interprétation n'est pas fondée. Par le profil et la coiffure il ressemble beaucoup plutôt aux portraits, que nous connttssons par les monnaies, de Lneilla (f 183 ap. J.-C.)» sœur de Commode et femme de Lu ci us Verus.
Beruoulli, Romisclie Ikonograpbie II 2 T. LIX, 194 n. 3.
326 MUSÉE DU CAPIÏOLE.
448 (61) 8tfttii0 de Silène.
Jadis au Vatican, dans 1m Appartements Borgla. Restau* rations: le bout du nez, les deux bratf ayeo lenrs attiibnta^ et d'autres fragments iuaigmûants.
Cette statue est la meilleure réplique qui se soit conservée de ce type de Silène. L'expression niélancolic|ue qui caractérise la physionomie des ivrognes et la com-
plexioii grasse de son corps sont rendues avec une égale perfection. Le restaurateur lui a mis une cruche dans ia main droite et une coupe dans la main gauche; on ne peut faire à cette restitution aucune objection sérieuse. Le vieillard commence seulement à boire ; il n'a pas encore absorbé la quantité de liquide nécessaire à un buveur de profession , pour que la mélancolie, qui le possède tant qu'il est à jeuji, fasse place au sentiment de la satisfaction.
Gerhard, Antike Bildwerke T. 105, 4 (cf. Prodrnmus p. 349). Plstolesi, Il Vaticano descritto HI, 25. Nibby, Huseo Ciiiaramonti U, 11. Righetti n, 366. Clarae IV, pl. 729 n. 1766. Ct Braun, Bninen und Mnseen p. 167 n. 33.
Chamtoe des Colombes.
449 (1 3) Sarcophage de Prométhée.
Autrefois à la villa Pamûli.
Si l'on en juge d'après le style des bas-reliefs, ce sarcophage n'est pas antérieur au Ul^ siècle ap. J.-C. Au milieu de la face principale est représentée la création de Thomme. Prométhée, ayant auprès de lui une corbeille
remplie d'argile, tient appuyée sur ses genoux une figure humaine qu'il vient de modeler. P allas anime cette image, en lui plaçant sur la t^te un papillon , symbole de l'âme (Psyché). Entre le Titan et la déesse on voit debout une seconde image humaine terminée. Au «dessus de Pro* méthée Clotho file la quenouille de la vie, tandis que Lachésis inscrit sur un globe céleste rhoroscape du non* veau*né. Deirière Prométbée, en bas, la personnificatien de la terre, Gaia, est couchée, tenant dans ses mains une. corne d'abondancq, c^ue soutiennent deux enfants (voîi*
CHAMBKK DES COLOMBES.
n. 5); en haut ou voit l'Océan (Okeanos), recouuaissable à 1a rame qu'il porte de la main droite, et aux dragons qui se dreBsent auprès de lui. Devant TOcéan, le Soleil (Hélios) laiwe Bon quadrige dans le eiel, tandis qu'an-dessous des ciieràiix un dieu du Tent souffle dans une conque marine. L'homme est donc créé au lever du soleil. La mort de rhomme est représentée par la scène qui se trouve à droite du groupe central. A terre gît le cadavre d'un homme, au-dessus duquel i'âme séparée du corps s'envole sous la forme d'un pa]^on; ïhanatos attristé (voîrn.l8ô) appuie une torche renversée sur la poitrine du mort. Auprès du cadavre est assise une Parque (Moira), qui développe le rouleau de la destinée! Puis Von voit Mercure (Hermès) emmcuaiil aux Enfers Tâme du défunt, représentée cette fois cuniine une jeune fille ailée. De même que la création de Fiiomme a lieu quand le soleil se lève, de même sa mort est mise en relation avec la nuit ; au-dessus du cadavre la déesse de la lune, Sélénè, conduit son char à deux chevaux, et derrière le dieu de la mort une femme voilée est debout; suivant toute apparence c'est la personnification de la nuit, Nyx. Entre les jambes de Mercure, apparàît une seconde fois Guia couchée. Aux pieds de la Gaia qui est représentée à l'autre extrémité du bas-relief, se voit le groupe connu de l'Amour et de Psyché qui s'embrassent (voir n. 467). Ce gi-oupe serait mieux à sa place entre la scène qui représente la création de Phomme et la scène de la mort; car alors dans un ordre logique il symboliserait la toute -puissance de l'Amour qui répand le bonheur sur la vie. Â gauche du ^oupe, Vulcaiii (Ilephaistos) et trois Cyclopes forgent à l'entrée d'une caverne; ce tableau fait évidemment allusion au rapt du feu par Prométhée. Un peu plus loin, un homme et une femme nus sont debout sous un arbre; on n'a pas encore interprété avec certitude ces deux figures, dans lesquelles les uns voient Dencalion et Pyrrha, les autres Adam et Eve. Sur l'autre face latérale et symétriquement par rapport à la scène de la forge, sont représentés le châtiment et la délivrance de Prométhée. Le Titan, enchaîné
MU8ÉE DU CAPITOLE
au rocher, est dévoré par Taigle. Mais déjà Hercule (Héraclès) s^avance, Tare tendu, poui* tuer Toiseau. Sur une hauteur qui eat figurée dernère le liéros, est assis le TÎeu dieu de la montagne du Caucase. Dans les groupée qui représentent la création de Thomme par Prométhée, la naissance et la mort, le jour et la nuit sont placés Tun en lace de 1 autre; do même dans les bas-reliefs des faces latérales qui se rattachent à ces groupes principnux, se coi respondent le crime de Prométhée, c'est à dire le rapt du feu symbolisé par la forge, et la délivrance du Titan.
MttUer-WieMler, DenkmUer der alten Kunst I 7S, 405; H €ft,
838a, 838b. Ann. dell' Inat. 1847 Tav. d'agg. Q&, p. 806 St finir. : là est rôiirtif^ toute la Mblîograpliie antérieure. Wiener aroh&ol. Vorleficoblatror, Série D T. XI 4. Baumeister, Denkm. d. kl. Altertoms m, p. 14ia Fig. 1568. Cf. 0. Jalin, ArcU. Beitr&ge p. 169 et iuiy. Aun. déU' Inst 1860 p. 869 et saiy.
Au-dessus, dans le mur;
460 Komlqne doa oolombes.
Trouvée en 1737 par Alessandro Furietti dauâ la villa d'fiaâiien prés de Tivoli (FioeToni dane Fea, lOtoeUanea I p. OXXXXV n. 56. Oiornale de' Letterati, Roma 1746, p. 188) ; donnée an Hcaée en 1765 par Clément XIII.
Le plus fameux des maîtres mosaïstes de l'antiquité, Sosos, fit à Pergame une mosaïque représentant le sol d'une salle à manger qui n'aurait pas été balayée; nous pouvous nous faire uae idée de cette œuvre, grâce à une mosaïque qui se trouve au Musée du Latran (n, 694). Toutefois le centre même, 6embie*t-il, du tableau, qui représentait le parquet couvert des restes du r^aa, était occupé par un groupe d^animaux «Ce qu'il y a de plue merveilleux dans cette mosaïque», écrit Pline (n. h. 36, 184) à la fin de la description qu'il nous en doime^ «c^est une colombe qui boit, et qui obscurcit Teau par l'ombre de- sa tête; d'autres colombes sont perchées sur le bord du canthare, et font leur toilette.» Notre mosaïque a été évidemment inspirée par cette œuvre de Sosos; mais elle ^reproduit l'original dans le style décoratif; car nous n'y Toyons pas cette ombre fameuse, dont, suirant Pline, le
CHAMBBE DES COLOMBES.
coloris était d'une si remarquable finesse. A la villa d'HadrieU) cette mosaïque n'était pas comme actuellement encastrée dans un mur; mais, entourée d'une bordure très finement exécutée, elle se trouTaît au centre d^un parquet en moBiuque plus grossière.
Furietti, De Musivis T. 1 p. 29 et suiv. Foggiiii, Mus. cap. IV, 69. HUlin, BtA, myth. pl. 43, 190. Sighetti I, 40. Penna, TUggio pittorico délia villa Hadriana III ôO. Giiigniaut, Rel. de Tant, pl. 100, 400. MUller-Wieselpr, Denkm. d. alten KunBt T 55, 274. Cf. Besclireibung Boms III l p. 193 n. 101. Braun, Ruinen und Museen p. 146 n. 26. Bruuii, Gesch. der gr. Kiiustler II p. 312. Overbeek, Schriftquellen u. 2158 — 2160. Journal of hellenic Btudiea XI (1890) p. 198 — 194. Un fragment de la bordure se trouve à rAngostenin de Dresde : Hettner, Die Bildwerke der kgl. Antikensammlnng sn Dreeden n. 228.
Sur la console du bas :
451 (26) Double hennés^ formé des têtes de deux divi-
nités des eaux.
L'on a trouvé dans le sanctuaire de Diana Nemoreusîs un double hermès en marbre pareil à celui-ci , qui était dédié à Diane d'après Tinscription gravée sur le fût, et .des répliques en terre cuite des deux têtes. Nous devons bien admettre que ces deux types avaient quelque rapport avec le sanctuaire de Diane ; on peut donc y voir les persoimilicatioiib deh deux lacs voisins, le lac de Nemi et le lac d'Albano. Malheureusement Ton ne sait pas où a été trouvé le double hermès duCapitole; aussi Ton ne peut dire avec précision si la même dénomination doit lui être appliquée.
BottaTi, Mus. cap. I Animadversiones T, 3 p. 6.. Montagnani Ul 1 T. 3 p. 17. Cf. BeacliTeibnng Boms III 1 p. 189 n. 83. Bull.
dell' Inst. 1R55 p. 227—228. Romische MittheUungen 1 1886 p. 60— 61. Yerhandiangen der 40.PhilologenveTsamnilung in Oôrlitz p. 1&9.
452 (37) Sarcophage d Endymion.
Si l'on en juge d'après l'exécution grossière des griffons et des animaux marins et d'après les lettres de rinscription, le couvercle de ce sarcophage date au plus tôt de la fin du IIP siècle avant J.-6.; il forme un contraste frappant avec les bas-reliefs des parois, dont le
aâU MUSEE DU CAPITOLE.
travail soigné et élégant donne Timprefision d'une œuvre moderne. Il est évident que raatenr de ces seulptures 8*est servi dW fermoir, instroment que ne connaissaient pas les artistes de Tantiquité, Il semble donc que ce sai^copbage ou bien soit complétaient moderne on bien ait été retouché par une main moderne qui n'a rien laissé subsister de Tancien épiderme. Néanmoins les motifs sont certainement antiques ; on les retrouve sous une forme plus ou moins analogue sur d^autres sarcophages d'Endymion, dont Tauthenticité est incontestable. Toutefois il faut faire une exception pour le papillon gravé dans le marbre près du cbêne à Textrémité gauche du bas -relief; ce détail est sans aucun doute une addition moderne.
D'après l'inscription du couvercle , ce sarcophage avait été consacré à une certaine Gerontia par ses parents. Un épigraphiste de la seconde moitié du XVIP siècle, Fabretti, a publié cette inscription en ajoutant qu^elle se trouve sur un sarcophage d'un excellent travail , qu'il a vu dans la Yigna Monciatti près de la Porta Ostiensis.
Foggini, Mus. cap. IV, 24 et p. 121. Righetti I, 140. Hirt, BUderlaueh T. V 8. Cf. Gerhard, ProdromuB p. 259. O. Jahn, Arch. Bettrfts9 p. 61 et Baiv. Braniif Bujfawii and Ifiueen p. 148 n. 95. Areli. Zeitnng XXH (1864) p. — L'inscnption : Fabretti, InBcriptiones antiqiiae p. 7ô7 n, 625. Corpus intor. lat. YI â n. 19037.
453 (61) Téte d'un Bomain.
Restaurations: q^uelques parties des oreilles. Le buste composé de plnsieiiTS moiceanz de marliTe Buaneé et de différentes espèces d'albfttre est liien astique, mais n'appartient pas à la tête.
Par le caractère de rexécutioii, comme par Taspect des cheveux et de la barbe coupés tout ras avec le ciseau, cette tête paraît dater de la seconde moitié du III® siècle ap, J.-C. ; elle nous montre une fois de pins qu*à cette époqne r*rt dn portrait produisait encore des cmvres de premier ordre. L'individualité physique et morale dn personnage représenté est rendue avec une vérité vraiment merveilleuse; Partiste a surtout réussi à donner rimpression dn faux regard.
CHAMBBE DES COLOMBES. 331
Près de la fenêtre, à gauche:
454 (83) Plaque de marbre connue sous le nom de Tabula niaca.
Trouvée peu de romps avant l'aunéo 1688 prés de l'Osteiia deUe Fratocchie sur remplacenient de l'ancaenue Boviiiae; transportée au Musée sons Clément XIII.
Cette plaque est faite d'un marbre à grain très fin, nommé Palombino, qui se prête fort bien à un travail minutieux. L'exécution n^en a pas été achevée ; Tartiste n'a fait qu'esquisser légèrement les bas^reliefs et a négligé de sculpter les détails* La partie centrale de la plaque représente, comme l'indique une insonption gravée audessous de la pcn^ de la YÎlle, la destruction de Troie d'après Stt;iiichore. L u peu plus bas, une autre inscription énumère les poëmes épic^ues du cycle troyen , dont les sujets sont reproduits dans les bas-reliefs ou indiqués daus les inscriptions de cette tabula. Enfin un distique, gravé sur la bande qui court au-dessous du sujet central,, nous apprend que le fabricant de la tabula ou bien l'auteur de Toriginal fdt un certain Theodoros; or, d'après une indication qui nous est fournie par une autre plaque de marbre semblable, nous devons admettre que ce Theodoros vivait à l'époque d'Aucruste. La bande qui s'étend au-dessus du sujet central et dont l'extrémiie gaucbe a disparu, représente des scènes tirées du pn mier livre de rUiade; sur les bandes qui se suocèdent de haut en bas dans la partie droite de la tabula, on voit des scènes empruntées ans douze derniers livres de cette épopée. L'inseription du pilier, qui limite à droite le sujet central, est uu résumé très concis de l'Iliade depuis le septième livre jusqu'à la fin; mais le treizième, le quatorzième et le quinzième livre sont omis. Les deux bandes qui se développent au-dessous du sujet central contiennent une série de scènes tirées de l'Ethiopide et de la petite Iliade. D'après la disposition de la partie conservée, on peut se figurer quelle était la décoration du côté gauche de la plaque de marbre, aujourd'hui disparu. La bande supé» rieure, qui se rapporte au premier livre de Tlliade, con.
MUSÉE DU CAPITOLK.
tinuaît jusqu^à Textrémité gauche de la tabula. Au-dessous de cette bande et à gauche d'un pilier qui portait une inscription et qui n^existe plus, étaient représentées des scènes empruntées aux livres II — XII du poëme. L^inscrîptîon gi*avée sur le pilier qui a disparu résumait le sujet de l'épopée du livre II au livre VL
L'expli( ation détaillée de tous ces motifs, dont <|iu Iques-iiiis reproduisent d'excellents originaux, nous entraînerait beaucoup trop loin; aussi nous nous contenterons d'ajouter quelques observations sur Tusage de cette plaque et des autres tabulae du même genre. D'après le distique gravé sur notre exemplaire, il est évident que cette tabula était destinée à représenter les sujets des poëmes homériques. L'on a voulu en conclure qu'elle avait joué un rôle dans l'enseignement des écoles : mais il est difficile de croire que ces plaques de marbre aient eu un pareil emploi. Nous ne pouvons pas admettre que ces tabulae étaient accrochées aux murs dans les salles d'école, et que les maîtres s^en servaient pour leurs explications; la petitesse des bas-reliefs et des inscriptions 8*oppoBe à ce que l'on accepte cette hypothèse. Pour la même raison il est impossible de croire, comme on Fa proposé^ qu'elles se trouvaient pendant la classe entre les maiiis des «'■lèves, pour faire eu quelque noite roffice d'un manuel. En outre à une époque, où 1 on connaissait le parchemin et le papyrus, l'emploi de tabulae en pierre aurait été un luxe tout à fait superflu. Suivant l'opinion la plus vraisemblable ces plaques de marbre reproduisaient sans doute des dessins coloriés, dont on se ser^ vait pour l'enseignement; mais elles n'étaient pas fabriquées pour cet usage; elles étaient probablement destinées il décorer les murs, les rayons ou les scrinia soit d'une bibliothèque soit d'un cabinet de travail.
0. Jahu, Giieclûsclie Bilderohroiiikea T. I, I*, p. 2 — 4 (là se trouve rëniiie toute 1» bibliographie aatéiieute), p, 10 — 12, p. IS—
19, p. m 38, p. 61, p. 62—68, p. 82, p. 83. Bamneiater, DenkaiSlef
a. kl. Altoitnras T, XIII, Fig. 775 ]>. 716. Cf Lopwy, Tnsehriften gr. Bildhauer n. 464. Fîinfzigstes l'rogramm zum Wiuckelmaimsfeste der arcb. Gesellscliaft zu Berlin (1890) p. (i7— 68,
A la même catégorie de monuments que le n. 454 appartiennent les deux fragments, qui ont été accrochés au mur du côté droit de la fenêtre.
455 (83 A) 4&&(8dB) Deux fragments de Tabulae Hisma, qui représentaient le beudier d*Aehille.
L'on des deux fragments, celui qui sa Miuëe se trouye en bas (83 A), fut découvert en 1882 dans la Via Yenti Set-
tembre près de l'église S. Maria délia Vittoria. On ignore oVi a été trouvé l'autre (83 B); il fat donné par Angosto CasteUani au Musée eu 1874.
La décoration de ces deux petits monuments se rapporte à la description du bouclier d'Achille dans le XYIIP livre de lHiade. La tabula, dont provient le plus grand fragment placé au-dessus (83 A), n'était pas une
plaque du marbre dit Palombino employé (Fliabitude eu pareil cas; elle était en marbre jaune (giallo antico). Comme il est difficile de reproduire de petits sujets figurés sur cette pierre relativement dure , les reliefs de cette tabula sont peu saillants et mal exécutés. La tabula était ronde comme le bouclier lui-même* L'inscription placée presque au milieu nous apprend qu'elle est Tceuvre de Theodoros (voir n. 454). Sur la bordure qui entoure les bas-reliefs, ont été gravés en lettres microscopiques les vers 483—618 du XVIIP livre de Tlliade. L'objet représenté à l'envers du bouclier, et qui ne s'est pas entièrement conservé, avait la forme d'un autel élevé sur deux marches et surmonté de deux grands acrotères; toute la surface en était couverte de petits carrés, comme un échiquier. Dans chacun de ces carrés était inscrite une lettre. Si l'on commence par la lettre A qui se trouve au centre, dans quelque sens qu'on lise, à droite ou à gauche, horizontalement ou verticalement, on retrouve toujours le même hexamètre:' Aa7i:L(;^Ax,lXXTjo^ €)£OÔwp'r]0^ xaCf^ ^'0[JLir]pov (le bouclier d'Achille, fait par Theodoros diaprés Homère). C'est un jeu semblable de lettres qui a été placé en caractères plus grands au-dessous de l'autel (té)peia Uoet (la prêtresse au prêtre). Quant à Tobjet gravé sur rautre fragment (83 B), il était lui aussi couvert
MUSÉE DU CAPITOLE
de lettres inscrites daus des carrés; mais on ne peut pas en restituer la forme avec certitude. Il seiobie toutefois que l'inscription, lisible dans plusieurs sens, ait été la suivante : [' AaTuld 'AyijXk&ioç, i^ôohàgyioç ii T[éxyiQ] : le bouclier d'A^âiille, CBUvre d« ïheodoroa. Puisque ces deux tabnlae étaient décorées à l'eoYerB, elles n'étuBut certainement pas ^castrées dans on mur; elle devaient être diaposées de telle manière, qu'on pût eu examiner les deux £Aces.
Eosuâche Mittheilougen YI (1891) T. lY— VI, p. 183— m.
Cabinet de Vénus.
467 (2) Groupe, un garçon et unis fille se tonant aubrassés.
Trouvé sur TAventia; douné au liliisée eu 1*49 par Benoît XZT. BestaaratioiiB: dans le garçon, le nez, la partie gauche de l'occipat, quelques fragments du eon, la main droite — luais cette main a été restauvée e'xaetement, comme le prouvent les amorces de trois doigts qui se sont conservées sur le visage de la fille — , la paume de la maiu gauche — les doigts de cette main sont antiques — , le pied gauche; dans la flUe, le nos, la main droite sauf l'extrémité du petit doigt; en ontre la plus grande partie de la plinthe.
Ce groupe représente un garçon et une fille qui plaisantent ensemble. Avec la main gauche le garçon a rapproché de sa tête la tête de sa petite amie , et il cherche à lui ouvrir la bouche avec l'index de la main droite, soit pour compter ses petites dents soit pour tout autre amusement du même genre. Ce contact réciproque éveille la sensualité chez les deux enfants; le désir est plus faible ches le garçon, dont la physionomie exprime surtout une curiosité maline; il est plus fort cbes la fillette, qui re« garde son compagnon d'un œil mi-clos et iaugoureux, qui appuie sa joue droite sur son épaule gauche, et qui de la main droite cherche à attirer sa tête tout près d elle. Mais ils sont tous deux trop innocents encore, pour savoir comment leur désir pourrait être satisfait. Cette innocence est exprimée avec un talent merveilleux; chacun des détails qui servent à la rendre concourt en même