‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de RomeChapitre 28 sur 45 · Si toutefois les détestables effigies des monnaies du · texte numérisé non relu

Si toutefois les détestables effigies des monnaies du

IV® siècle permettent de faire une comparaison , le profil de cette tête ressemble tout à fait à celui de l'empereur Valentinien I (f 31b).

Chambre dite des Philosophes.

Sur la console du haut:

463 (1) Tète de jeune homme avec de longs cheveux bouclés.

Restaurations: le bout du nez, le menton, quelques parties du cou, ainai que le buate hemétique.

Cet te tete, daus laquelle ou voyait jadis sans raison im poi*trait de Virgile, reproduit un des types qui sont dérivés comme le n. 72 d'un type qui doit être selon toute probabilité celui de Triptolème.

Bottai! I, 2. Moatagnani m 1 T. II. Bighetti I, 15, 3. Cf. Beraoullif Bdmisohe Ikonograpbie I p. 250 et notre n. 72.

464 (4) Tête de Socrate.

Autrefois dans le jardin Cesi (Rom. Mitth. VI 1891 p. 57). Restaurations: le nez. ([uelques fragments des lèvres, la joue gaucUe avec la pailie de la barbe q.ui la touche, le cou, le buste kemétlque.

Bottsii I, 14. Righetti I, 23, ±

46Ô (5) Buste hermétique de Socrate.

Restaurations: le nez et la lèvre BupéKieai*e. Bottail I, 15. Montagnaui 111 1 T. 16.

466 (6) Téte de Socrate.

Restaurations: le nez, le sourcil droit, la moustache droite, les bords des oreilles, le buste liennëtique.

Dans toutes les images de Socrate (|ue nous avons conservées, se reconnaît le style naturaliste, (|ui ne commenya à se développer qu'au temps d'Alexandx'e le Grand; par conséquent l'original d'aucun de ces bustes ne peut avoir été exécuté du vivant même du grand philosophe et né peut être un portrait au sens exact du mot. Toutes ces répliques reproduisent des types créés par des artistes postérieurs, qui se sont inspirés surtout des passages connus de riaion et de Xénoplion. L'on comprend ainsi pourquoi ces différents bustes ne sont pas eonyus de la même façon. Dans le n. 465 (5) Socrate a presque la physionomie d'un Silène: dans le n. 464 (4), ses traits sont plus nobles. Le n. 466 (6) est le type le plus idéalisé, celui qui exprime le mieux la haute intelligence et la grande bonté du philosophe.

Voir n. 791, et Jalirbucb des arch. Instituts V (1890) p. 160 Anm. 46.

407 '^8) Buste de Carnéade (né en 214, mort en 129 av. J.-C).

[{eetaurations: le nez, ainsi (^ue plusieurs éclats au cou et au buste.

348 MUSÉE DU CAPITOLE

Ce bnste représente le fondateur de IVcole philosophique appelée la Nonvelle Académie. En lôô av. J.-C. Carnéade vint à Borne, comme membre d^nne ambassade athénienne; la snbtilité de sa dialectique y produisit un

grand effet. Ce qui nous permet de voir sans aucun doute dans cette tête un portrait du philosophe , c'est que le nom de Carnéade est gravé sur uii buâte semblable, qui appartenait jadis aux Farnese.

Bottavi I, 17. Montagnani III 1 T. XVU. Righetti I, 23, 3. Cf.

Visconti, Iconografla greea I T. XIX 1, 2, p. 222 et suiv. SchuBter, Ueber die eilialteuen Portrâts gr. Piiilosophen T. II 4 p. 24.

468 (9) Idte d'AeUus Aristides a).

Rest&iiratloiis: le bont du nez et le Imste h^imétlqiie. Si Ton voit dans ce buste le portrait d'Âelius jbistides, sophiste contemporain des deux premiers Antonins,

aussi remarquable par sou excessive vanité que par sa faconde éblouissante, c'est parce que la tête présente une certaine ressemblance avec celle d'une statue, où est inscrit le nom de ce rhéteur, et qui se trouve dans la bibliothèque du Vatican (n. 9ôô). Mais cette ressemblance est toute superficielle, et par conséquent il n'est nullement certain que notre buste représente Aelins Aristides.

Bottarl I, 18. Montagnani III 1 T. XVm. Righetti II, 211. Cf. yisoonti, loe. dt. T. XXXI 4, 5, p. 849 et sniv.

469 (10) Téte d*nn poète de Tépoque hellénistique.

RoBtauratioiLfl: le nés et le buste hemétiqne. Le naturalisme, avec lequel Tartiste a rendu la chair desséchée et l'expression maladive de cette téte, dénote un original de l'époque hellénistique; la couronne de

lierre, que porte une réplique du même buste trouvée sur le Palatin, caractérise un poète. Ce poète doit avoir été très ajDpréci* sous l'empire romiiin; car nous avons conservé beaucoup d'exemplaires de son portrait. Il est possible, mais rien ne le prouve, que ce soit, comme on Ta supposé, ou Gallimaque alors très en vogue ou Philétas.

Bottaii I, 20. Montagnaai m 1 T. XX. Righetti I, 63, 1. Cf. Ann. delV Inst. 1873 p. 08 et suiv. Bull. 1883 p. 89 — 95. Arcli. Zeituuj; XXXVni (1880) p. 20, p. 33 et siiiv. Atkemaolie Mittiieiluugeu X a885) p. 396. Voir uotre n. 710.

470 (17) Tête d*Hercule (Héraclès).

Jadis, semble-t-il, au Vatican Uiom. Mittii. VI 1891 p. n. 2ti>. kestauratious: presque tout le derrière de la tête, la nuque, lea deux liandeaiu qui tombent aaaf leura amoreea siipérlenrea » presque tout le buate hermétique. I/inaciiption, gravée aur cette dernière partie, et d'après laquelle cette tête aérait un portrait de iliéron, est modei*ne.

Cette tête reproduit avec moins de finesse le même type, probablement dérivé de Scopas, que les nrs. 121, 417 et 604. Mais ici Hercule (Héraclès) porte le bandeau

c£Ui caractt l ise les athlètes vainqueurs, et ses oreilles sont

gonflées comme celles d'uu pugiliste.

Bottari I, 33. Montagnani III 1 T. XXXUI rr Beschreibiiug Roms UT 1 p. 218 n, 28. Rômiscke Mittiieiluugon iV a^m p. 197 n. 12.

471 (21) Buste de Biog^ène.

Jadis, sembie-t-il, au Vatican (Rom. Mittlieil. VI p. 39 n. 31). Beataurationa: le nez, Tépaule droite, quelques morceaux de la draperie qui recouvre l'épaule gauâie. Le frant parait avoir été retoucbé par une main moderne.

C'est par comparaison avec une statuette de la villa Albani (n. 753) que l'on voit dans ce buste un portrait

de Diogène.

Bottavi T 27. Montagiiaiii III 1 T. XXVTTI. Righetti I, 55, 1. Cf. VificuuLi, Icouogi'aûa greca 1 p. 2o5 — 236.

472 (22) Fragment de bas-relief a^ec une téte de So-

phocle.

Restaurations: le nez, des fragments du bouicil et de l'oreille, presque tout le fond du bas-relief en pierre nuancée, la bordure.

Cf. nrs. 289, 662,

Bottari I, 89. Montagnani UI 2 T. LXXXIX. Righetti 1, 50, 2. Cf. Welcker, Alte BenloaiiMler I p. 460.

473 (24) Buste hermétique avec linseription «Askle-

piadès».

Trouvé au commencement du X Ville siècic daue uu

tombeau de la vole Âppiemie, situé à l'intérieur du mur d'Aurélien.

Comme il y eut plusieurs personnages célèbres du nom d'Asklepiadès, il est difficile de dire avec certitude lequel

Digiii^uu by G(.)0^1c

MUSÉE DU GÂFITOLË

d'entre eux est ici représenté. On pourra peut-être voir dans ce buste le portrait d'un médecin fameux, qui vivait à Rome pendant le dernier siècle de la république, et dont la principale méthode, pour sauvegarder la santé, consistait à faire observer ane diète rigoureuse. Il est vrai que Texécntion du buste hermétique dénote le IIP siècle ap. J.-C; mais ce fait n'est nullement en' contradiction avec notre hypothèse ; car Asklepiades fonda une école, qui jouissait encore, pendant la seconde moitié du IP siècle, d'une telle considération, que Galien dut souvent entrer en discussion avec elle.

liottai i I. 3. Montagiiani Ul l T. III. Visconti, Icouogr. gr. I

T. XXXILb 4, 5, p. 365— 306.

474 (25) Buste de Ihéon de Smyrne.

Trouvé à Smyrne par FouquJwr; aoquiB à MarBeille par le rai'dinal Âlbani, qui le céda au pape Clément XII Œôni. Mitth. VI 1891 p. 59, Anm. 205). Bestaui-ation : la partie antérieure du nez.

Comme nous i apprend Tinscription qui accompagne le portrait, ce buste du philosophe platonicien Théon fut dédié par son fils, le prêtre Théon. Théon le père était un philosophe qui se rattachait à la Nouvelle Académie; il s'occupait de mathématiques et en même temps commentait les œuyres de Platon. Son activité littéraire date surtout du commencement du IP siècle ap. J.-C.

Bottari I, 29. Visoonti, Xcouogr. gr. I T. XIXa 3, 4, p. 227—22». Moutagrnani m 1 T. XXIX. SohUBter, Ueber die eThaltenen Portrâts der gr. Philosopheii T. II 6, p. 26 n. 20. Cf. Corpus iiiser. gi'ftec. U n. 3198.

475 (26) Téte de jeune homme avec de longs cheveux

ondulés.

Restaïuatiuiis: le liez et huBte hermétique. Jadis on vo^^ait sans raison dans cette tête un portrait d' Apulée. Comme les nrs. 72 et 463, elle reproduit un des types dérivés du type supposé de Triptolème. Voir n. 72.

Bottari I, 1. Hontagnaia ni 1 T. L mgliettt I, 47, 2.

476 (33) Buste hermétique de Sophocle.

BeBtauratioQb: presque tout le derrière do la tête, ie nea, le cou presque tout entier, quelques morceaux du bnste.

CHAMBRE DITE DES illlLOSOPHES. 851

L'inscription giavée à la partie iufërieuie de ve dernier, et d*aprè8 laquelle le personnage ici représenté serait Pindare, est moderne.

Voir nrs. 289, 662.

Bottari I, 38. Moutaguaui lU 1 T. XXXVIU.

477 (34) Téte de Sophode.

Bestaurations: le nez, le oon presque tout entier, le tinste hermétique.

Voirs nrs. 289, 662.

478 (36) Téte d*Aleibiade (?).

Restaurations: un morceau de Poreille droite et le buste hermétique.

Voir n. 91.

iiottari 1, ai), aioiitagiuiui 111 i T. XXXIX. RigUetti I, 95. Ann. deir Inst. 1866 Tav. d'agg 0 l p. 228 m.

47d (38) Téte de Chxysippe (?)*

Restaurations: le uez, le bord des oreilles, une pai*tie du derrière de la tête, presque tout le cou, le buste hermétique.

Ce vieillard, à la mine souffreteuse, aux yeux caves, doit avoir été un personnage dont la réputation s'étendait au loin; car nous avons conservé des répliques nombreuses de son portrait (par exemple, le buste hermétique,

voisin de celui que nous étudions, nunu ro 37 du Musée, auquel on donne en général le iium crilippocrate). Sur des monnaies de Soli-Pompéiopolis frappées au IP siècle ap. J.-C, ou voit au droit le même portrait (Fig. 19), et 8ur le revers un autre portrait avec une longue barbe pointue (Fig,20), reproduisant le même type qu'un marbre de la viUa Albani (n.833). H est certain que ces monnaies portent les effigies des deux célébrités de Soli, Aratus, le fondat eur de l'épopée astronoiiuque, et Ohrysippe le stoïcien: mais on ne sait lequel des deux portraits représente Aratus, et lequel Ohrysippe. Ce qui est le plus vraisemblable, c'est que la têfte reproduite au droit des monnaies est celle de Cbrysippe, et Tautre celle d'Aratus. Ce dernier se fit surtout connaître pendant le premier tiers du troisième siècle avant J.*C., tandis que Ghrysippe (né

MUSÉE DU CAPITOLE

vers 282, mort vers 209 av. J.-C.) ne commença sans doute à écrire ses ouvrages que dans le second tiers du même siècle. La tête, qui se trouve à la villa Albani et qui ressemble au portrait gravé sur le revers des monnaies de Soli, rappelle le style de Lysîppe; dans Tautre portrait au contraire, on reconnaît le naturalisme très prononcé qui caractérise l'art hellénistique ; il semble donc que le premier portrait représente Aratus qui vécut un peu plus tôt, et le second Chrysippe, qui fut postérieur de quelques dizaines d'années. En outre ce qui rend probable que la tête à longue barbe représente bien Aratus, c'est qu'elle est analogue à un portrait de ce poète, désigné

par une inscription, qui se voit sur une mosaïque dé-' couverte à Trêves (voir n. 287). En tout cas le portrait du Capitole et ses répliques concordent parfaitement avec tout ce que nous savons de Chrysippe. Ce philosophe, qui érigea en a^stème la doctrine stoïcienne et lui donna son développement dialectique, est décrit par les auteurs comme un homme petit et de complexion faible, qui avait rhabitude de porter des vêtements négligés. Très savant et d'une subtilité raffinée, il produisit énormément et fut plus fécond que n'impoile quel philosophe de l'antiquité ; mais son exposition était prolixe et son style lâche. Le visage amaigri de la tète du Vatican, Texpression inquiète et nerveuse de la physionomie, les yeux faibles, les cheveux rares et en désordre — tout cela trahit un savant de cabinet physiquement affaibli, dont on peut

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dire, sans craindre de se tromper, que le sentiment esthétique est aussi absent de sa tenue extérieure que de ses ouvrages. Enfin il n*est pas jusqu'au grand nombre des répliques de ce poi*trait qui ne confirme notre opinion; car JuTénal (Sat. Il 4) dit expressément que Ton rencontrait partout Affë moulages en plâtre de la téte de Olirysippe.

Botterl I, 42. Montagnani ni 1 T. 42. Blghetti I, 87, 3. Cf.

FiiederichB-Wolters, Bausteine n. 1626. .Tahrbuch des «rch. Instituts V (1890), Ai ( h. Anzeigov p. 50 — 58. — La womiaie de Soli-rompéiopoliB : Imlioof-Blumer, Portràtkopfe auf Miinzen lielleûiBclier und iieUemstiBcher Volker T. VIII ai, 32 p. 69. De Sallet, ZeitBchiift fur NumismaUk IX ^1882) T. IV 12, 13; p. 118, p. 127.

Sur la console du bas:

480 (44) Téte d'Homère.

Elle se trouvait parmi les pierren d'uu mur du jardiu du ])alais Caetaiii, situé nmi loiu de Sainte Marie Majeure: elle l'ut acquise d'abord par i^'iooroiii, puis par le cardinal AlbaiLi, qui la oëda au pape Clément XH CBioonMii dans Fea, Miscellanea I p. OXXI u. 9; Rom. Mitth. YI 1891 p. 59, Aam, 205). BestauTationa: le aez et le boste.

BottaTi I, 54. Hontagnanl m 2 T. 54. Bighetti I, 15.

481 (45) Tête dHomère.

Restaurations: le bout du nez, le derrière de la tête, le coti preaque tout entier, le buste herméti(iue. Le visage a été un pou retouché par une main moderne.

Cf. Visconti, Iconogr. gr. L p. GO.

482 (46) Buste hermétique d'Homère.

Trouvé Btu* PEsquUiii dans le jardin des Canonid Begolari dl S. Antonio Abate (Ficoronl dans Fea, Hiseellanea I p. CXXL IL 9). BestenratUm: le nea.

Les portraits d'Homère sont naturellement des oeuvres d'imagination; oomme il» ottt été faits par des artistes

différents, leurs types sont variés. Les exemplaires nrs. 480 — 482 représentent Homère comme un vieillard aveugle. Dans ces trois bustes ratïaiblissement de l'organisme physique et Texpression de la cécité sont rendus avec tant de naturalisme, qu'il est impossible de faire remonter la eréation des brigiuaux plus haut que l'époque d'Alexandre le Grand: Le n. 480 (44), reproduit; maU heureusement dans une copie d'exécution médiocre, un

HEi^iG, Guide I. 23

MUBjɣ du CAFIXOL&

type plein de caractère : le vieiUaird paraît être trawiporté par rinspiration poétique; il lève la tête, comme les

aveugles ont riiabitude de le faire. Le type du n. 481 (^45) est analogue dans ses lignes générales; mais ici Homère est représenté, le derrière de la tête couvert d^une draperie. Le n, 482 (46) est supérieur par Texécution aux deux exemplaires précédents; mais la conception a beaucoup moins de caractère. L'inspmtion poétique n'y est presque plus visible; l'un des détails qui Concourent à donner cette impression c^est que la Louche ebt fermée. Un autre type dllomère semble être reproduit par les bustes nrs. 495 — 497 (77 — 79) ]ilacés vis-à-vis. L'on a reconnu dans ces têtes des portraits d'Homère, parce que leur profil est analogue à celui d\ine efBgie de ce poète frappée sur les monnaies de la ville paphlagonienne d'Amastris, et désignée par une inscription. Elles représentent^ avec une expression pleine de calme et de noblesse, un vieillard majestueux , encore vigouieux; il ne paraît nullement être aveugle. Le style de ces bustes est plus sévère que celui des portraits dont nous avons déjà parlé : aussi doit-on croire qu'ils reproduisent un original plus ancien.

Bottaii, UXUL cap. I, 65. Montagnani m 2 T 55. Vigconti, Tconogr. gr. I T. 1 , 2 p. 60 (« f. Opère varie IV p. 406 n. Baumeiater, Denkm. d. kl. Altertams I, p. 698 Fig. 765.

483 (48) Buste de Onaeus Oomitius Corbulo.

Jadis au Yatioan , on il était ronsîdéré comme un bnste du bocond Brut us. Eestauratious : le n6Zf la pavillon de l oieilie droite, des fragments du buste.

Un buste en marbre et une tête de statue» représentant le même personnage que Vexmplaire dont nous sons oc* cupons, ont été tronvés en 1792 à Gabies dans un petit temple , qui fut élevé en 140 ap. J.-C., d'après Tinscrip-

tion gravée au-dessus de la porte d'entrée, pour conbacrer le souvenir de la famille de l'impératrice Bomitia, fille de Gnaeus Domitius Corbulo. Jjç buste se trouvait encore dans la niche où il avait été placé dans l'antiquité. L'inacription nomme expressément Donutia ôUe de Cor-

bulo; ce dernier était le saul personnage célèbre parmi les

ancêtres de rimpératrice, et selon toute vraisemblance, quand ce teraple fut orné de sculptures, le portrait du père de Domitia y fut placé un des premiers; pour toutes ces laisoiiB l'on a r^oûiinu dans ce buste et dans ceux qui l«i ressemblent un portrait de Goirbulo. Si d'ailkurs pluaieurB répliques de cette çeuvre se sont co^iservées, c'est tout simplement parce que la valeur personuelle et la fin tragique de ce général avaient excité le plus vif intérêt. Corbulo fut un du^ meilleui's capitaines de sou temps. Il se distingua sous Claude dans la Genname inférieure, s'empara de l'Arménie sous Néron après une guerre heureuse qui dura treize ans, repoussa les attaques des Parthes, et dut se donner la mort en Tan 67 sur Tordre de Kéron, dont il avait éveillé la jalousie.

B«»oiilU| BOmisebe IkonograpluLe I T. 23, p. 27]l et suiv., où ron trouvera l'ëuiiie toute la bibliograpMe du sujet

484 (49) Buste du premier Sdpion rAMcain (?).

Cette tête avait été placée en 1592 au palais des Con-

servatP'ura (Rori Mitth. VI p. -IRk Restatirationp : \r partie antérieure du nez, et quelques morceaux des oreilles.

Comme rinscription gravée dans le cartouche est éyidemmMit moderne ^ il n'est pas tout à fait hors de doute c|ue ce buste, dont on a conservé de nombreuses répliques, soit le portrait de Publius Cornélius Scipio

Afiicanus, le vaincjueur de Zania. Le seul argument, dans une certaine mesure plausible, sur lequel s'appuie cette opinion, est fourni par une peinture murale de Pompéï, qui, suivant toute apparence, représente la mort de Sophonisbe; un homme est debout auprès du lit de la reine, et sa tête est semblable à celle de lustre buste; si l'on admet que le stget de ce tableau est bien celui que nous venons d'indiquer, cet homme serait le premier AMcain. Lu tout cas le portrait du Capitole concorde parfaitement avec la physiuiiumie que la tradition a donnée à Scipion. Nous retrouvons dans cette tete l'intelligeuee et l'énergie, mais en même temps la conscience très développée de sa valeur personnelle, et la susceptibilité qui caractérisaient

MUSÉE DU CAi ilOLE.

le vainqueur d'Hanuibal. En particulier la forme de la lèvre inférieure, qui avance un peu et qui est tirée vers la droite, donne à la figure un air de dépit, tout à fait naturel chez rhomme qui, à la fin de sa glorieuse earrière militaire et politique, abandonna Rome dans un mouve* ment de colère contre ses concitoyens et se retira dans .ses propriétés de Linternum. La cicatrice visible sur le côté gauche du crâne rei)résenterait la blessure, que Scipion reçut à dix-sept ans dans le combat de cavalerie du Tessin. Ce qui est certain, c'est que le type de la physionomie et le style de la tête dénotent un p^sonnage de l'époque républicaine. Le buste manque de laigeur. Faut*il croire que les images en cire des aïeux avaient une forme particulière, reproduite dans ce portrait, ou faut- il attribuer cette étroitesse à une circonstance tout extérieure, par exemple au fait que le buste devait être placé dans une niche très étroite? On ne sait, et la question ne peut ête'e résolue avec certitude*

Beraoullir l»e. cit. I T. I, p. 36 (dans ce pamge Anm. 2 toute

la l)il)Uograpliie aatérif"in'(> est citée). Baumeister, Denkm. d. kl. Altertuma Itl. p. 1591 Jîig. 1654. Je considère romme erronée l'hypothèse exposée dans le Jahrbiieh des arch. lustituts V (18iK)> p. d'après laquelle oe buste représenterait SanlttS. Cette

opinion se fonde 'sur la reMemblaiu»e qui existerait entre 2a têts du Capitole et un portrait d'Enuius désigné par une inscription ([ui se trouve snr lu mosaïque de Monnus découverte à Trêves (Autike DeiikinalHi' i 188^ T. 4Jh. Mais précisément il manque à ce portrait la particularité la plus caracténâtii^ue de uutre tète, à savoir le crftne complètement rasé. En outoe il est difttolle d'admettre dans un portrait d'Bnniue la eioatriee dont nous avons parlé. Ënûn il serait étrange qu'aucune des nombreuses répliques, qui se sont conservées de ve type, ne portât l'attribut, couronne ou bandeau, par le()iiel ou avait ooutume d'indiquer que le personnage représenté était un poète.

48Ô (58) léte de PUton,

Bestaaistlons: la partie antëiienre du nez et le buste hermétique avec la pointe de la barbe qui y adhère.

Voir n. 265.

Bottati If 87. SEontagnani m 2 T. 67. Cf. Jahrbnch des arch. Institvts t (188S) p. 71 n. 1.

486 (59) Bnste d un jeune barbare.

Trouvé prés de Naples. Eestaui*ation: le bout du nez.

C^tte téte a uae asp^ôseiau ââiab).'e et menaçante. Bien que Panthropologie seule puisse résoudra définitivement la question de savoir à quel peuple ce barbare appartenait, il est d'ores et déjà certain que le nez épaté et les lèvres épaisses ne conviennent ni à un Celte ni à un Germain. On ne saurait donc admettre que ce buste soit \m portrait d'Anniiiins. En outre les cheveux travaillés feurtuut au trépan et les pupilles creusées proiivpnt que cette œuvre a été exécutée à Pépoque des Antonins. U est peu vraisemblable que le public de l'Italie s'intéressât encore à Arminius; suivant toute apparence, personne ne put songer à cette époque à faire le portrait en marbre du jeune chef des Ohérusques.

Kighetti II, 233. Cf. Braim, Ruinen und Museen p. 17-1 n. 44. FriederielvB-WolteTB, Banst^e b. 1566.

487 (63) Double buste hermétique, portraits d'Epicure

et de Métrodore désignés par des inscriptions.

Trouvé eu 1743, iorsque l'on établit les fondations du portique de Sainte Marie Majeure (Ficoroui dans Fea, Miso^anea I p. CLIX n. 82). Bestaurations? dtas la tête d'BpiejDTOf nu movoeaa 4a Vareade floaTtUliére gaadie; dans la téte de Métrodore» le bout du nez» et l'angle gauclie dn bnste hermétique.

Voir nrs. 283 et 288.

BaonaeeoraJl, Lettera sopra la vera imagine d'Epienro, Borna 1744. Bottaii, Hns. eap. I, Ânimadversiones T. Y p. 12. Hontagnani m 1 T. V Â B. Biglietti I, lâ7. Cf. YiBConti, leongr. gi*. I p. 274 not 2.

488 (68) léte barbue casquée.

BestanrationB: la partie antéiieure du ne2 et le oon. On y voit en général , mais sans raison , un portrait

de Masinissa, roi dv iSumidie. Cette tête ne paraît pas être un portrait; c'est plutôt un type îdoal , peut-être un type de Mars (Arès) créé au début du IV® siècle av, J.-C.

Bottai! I, 77. Hontagnani HT J T. 77. Righetti I, 141. Une 'Autvp! réplique dn môme type est publiée par Visconti, Iconos:rafia grecâ I T. XIII 2, 3 p. 167 (cf. lit p. 418 not. 1: Opère varie IV p. 409 n. 247), c^ui y voit un portrait «le Miltiade.

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MUSÉE DU CAPITOLE

489 (e9) Téte barbue onîée d'un dîadtaie et d*im ban*

dean.

BestauratioiiB: le nw et la plus grande partie du eott. Le iMute hemétiqiie e«fc Me» antîqiif, malt B'appairtieiit pa« i la tête.

G*68t évidenuiieat la copie d'tm type idéal datant de

la seconde moitié du V* siècle av. J.-C.

Bottari, Mus. cap. I, 78. Moatagnani UI 2 T. 78.

490 (72), 491 (73) Bnete hemétique et téte de Julien

l'Apostat.

Kestaui'atîon: dans les deux têtes, la partie antérieure

du uez.

Voir plus haut p. 345 u. 82.

492 (74) Bnste de Thucydide (?).

Restauration: le bout du nez.

Les traits de ce visage ressemblent à ceux d'un buste qui se trouve au château d^olkham, dans le comté de Norfolk, et dans lequel on a vu récemment, avec beau*

coup de vraisemblance, un portrait de Thucydide. Les pupilles et l'iris sont légèrement indiqués au ciseau. La chair est traitée dans un style correct, mais plat et un peu froid; les cheveux et la barbe sont travaillés minutieusement; on reconnaît à ces caractères la sculpture du temps d'Hadrien.

Cf. XiolLaeliB, Die BUdnis&e des Thulcydides (Starassl^urg, 1877) p. 5 et Bniy.

493 (75) Téte de Cicéron (?).

Le buste revêtu de la toge est mpdenie. Jadis au palais

Barbe ri ni.

Cette tête ressemble par ses formes principales à Pexemplaire dont nous nous sommes occupés sous le n. 122, et qui est en général considéré comme un portrait de Cicéron; elle semble représenter le même persounacre. Voici la différence qu'il y a entre les deux physionomies: Texpression d'irritation nerveu.se, quo Fauteur du n. 122 n'a fait qu'indiquer, est beaucoup plus accentuée dans le portrait du Capitole.

Oaaseus, Romanum Miueiim I sect. II T. 57. Bernottlli, Romische Ikonographie I T. XII p. 138 — UO (p. 139 Anm. 1 est cità9 la bibliographie du sujet). Pour tout le reste voir notre n, 122.

494 (76) Boite dliMUM aveo un maïqiie tragique sur

Fépaule.

Trouvé en Ibiiti près des Troie Madones, iiors la porte S. Sébiietieii.

C'est tout à fait arbitrairement que Ton voit dans ce buste le portrait de 1 aiitt ur comique Publias Terentius (lérence) ; cette opinion est réfutée de la manière la plus formelle par la présence sur l'épaule droite d'un masque, qui est certainement un masque tragique, comme le prouve ronkos, qui surmonte le front (voir n. 271). D'autre part l'on sait que Dionysius, surnommé le Thrace, personnage d'une érudition très étendue qui vivait au IP siècle av. J.-C, et qui paraît sY'tre occupé de peinture en même temps que de rhétorique et de grammaire, avait fait un tableau représentant son maître , le célèbre philologue Aristarque, avec une image de la Tragédie sur la poitrine; l'on a supposé dernièrement que la tragédie avait été symbolisée sur ce portrait par un masque tragique, et l'on en a conclu que le buste du Capitole orné du même attribut représentait Aristarque. Il est beaucoup plus probable ([ue c'est le portrait d'un acteur tragique du IIP siècle ap. J.-C. L'exécution de Fceuvre trahit cette époque, en particulier le procédé mécanique par lequel les pupilles sont figurées. L'arrangement de la barbe et des cheveux, qui paraissent coupés courts avec les ciseaux, rappellent la coiffure que portent les bustes d'empereurs depuis Maximin le Thrace ju^qu à Carus.

Aiiu. deir Iii8t. 1840 Tav. d'agg. G, p. 97 et Buiv iHiiiiouUi, Romificlie Ikouograpliie i p. 67 — iid Fig. 5. Ci. Brauu, Kuluen und Muaeen p. 170 n. 40. Mars, InterpTetationum hexas (Bostock 1888) p« 11. JabrbQdh des aroh. Inst. V <1890), Aicbftol. Ânzeiger. p. 55.

495 (77) Prétendue téte dHomère.

KeFtn mations: le nez, une partie dn bandeau, le 000, le

buste hermétique.

Si l'on voit dans cette tête un portrait d'Homère, c'est par comparaison avec une effîgie de ce poète désignée par

Digitizoa by Guv.(L.it.

MUSÉE DU CAPITOLE

une légende, effigie que nous font connaître des monnaies de la ville paphlagonieiue d'Amastns* Pour faciliter la

comparaison, nous reproduisons ici une de eee moMMiee (Fig. 21). Voir plus haut le commentaire des nrs.480

Bottari T. 51. Les monnaies »l'Aniastri8 : Imhoof-Blumer, Forti'àtkupfe auf Miinzen heUanisolMr vmd iMllenlstlselier TOlker T. Yin 25 ^ 68. BaUet, ZeitMbxUt lltr Numismatilt X (1883) T. m 5, 6 p. 76 Jf i». 21.

49G (78) Buste hermétique.

Restaurations: le uez et les sourcils.

Ce buste reproduit le même type que le n. 496 (77), mais la barbe est plus longue, et cette réplique ressemble plus que la première au portrait d'Homère représenté sur les monnaies d'Amastris.

Bottari I, 52. Montagnaiù iii 2 ï. 52.

497 (79) Buste hermétique.

Hestaurations : le bout du nez et quelques morceaux du buste.

T^e type ici reproduit est le même que celui du n. 496

(78); mais Texécution est bien meilleure.

Bottari I, 53. Visconti, loonogv. gr. I T. î 4, p. 62 ot suiv. Montagnani III 2 T. 53. Baumeister, Denkmàler des kl. Altevtums I, p. 6UU i^^ig. 750. Jahrbucli des arcli. Instituts Y (1890; p. 213— 2U.

498 (82) Téte dite d*Bsohyle.

Bestauratioiis: le bout da nés el le bvste hermëtiqae.

La physionomie à la fois majestueuse et énergique de cette tête prouve que le personnage ici représenté avait une haute valeur intellectuelle et morale. Dans sou en<semble, le style de ce portrait indique un original grec de la fin du ou du commencement du lY® siècle; toutefois, dans le modelé détaillé du front on reconnaît Finfluence d^une école artistique postérieure, à tendances naturalistes. On a récemment tenté d'attribuer cette tête à

CHAJVmKJi DIXK DES PHILOSOPHES. ggl

Silanion, sculpteur attîque, qui produkit jusque dans la première moitié du lY^ siècle (yoir n. 265). Les détails sur lesqueb on s^appuie pour, considérer ce buste comme

un portrait d'Escliyle sont: Ifr caractère puissant de la tête en général, et en particulier la calvitie ; une anecdote relative à la mort du poète prouve eu efirt qu'il était cbauve. Diaprés ce récit, qui ne fait évidemment que reproduire une plaisanterie de quelque auteur comique, un ^ aigle aurait pris pour un rocher le crâne m d'Esdi^le, ' aurait laissé tomber une tortue sur ce prétendu rocher, et aurait ainsi tué le poète: cette scène est d'ailleurs représentée sur une pierre gravée. Mais ces arguments ne «ufftseut pas pour déterminer le personnage dont cette tête est le portrait. Si on veut les retenir, on pourrait tout aussi bien reconnaître dans ce buste une image de Phidias; on se représente volontiers le grand artiste avec une physionomie de ce genre, et de lui aussi Ton sait qu^il était ohanve (voir n. 6>00). Nous devons donc nous borner à dire que cette tête est le portrait d'un personnage grec éminent, qui vivait au plus tard au commencement du quatrième siècle.

Mou. deir Tnst. V, 4: Ann. 1849 p. 04 et suiv. Baumeister, Denkm. d. kl. Alteitiims I, p. 34 Fig. 37. Cf. Welcker, Alte Denkmaler TI p, 337 et suiv., V p. 96. Fiiedericha-Wolters, Bausteine n. 487. Berliner philolog. Wochenschrift V (1885) p. 81)7 — 900. Jalii'bacii des tath* InttAtuts V (1S90> p. 163^168^ p. 166.

Âu milieu de la chambré:

499 (98) Statne d'nn fiomain assis.

Jadis sa palais Giostiniani. La tête était brisée, mais elle appartient bicu a la statue; la direetiou des muscles ronoordf» parfaitement dans les deux morceaux du eou. Restaurations: la ]»artio antérieure du nez. le haut dt^ l'oreille gauche, uu irayment de l'épaule droite et du brat» droit I la main droite avee le rosleaii, — mais la présence de cet attribut semble prouvée par une amorce, qui s'est conservée sm* la statue nn dor^^ous du rouleaxi moderne l'avant-bra« gauche, sauf une partie de la paume de la maiu et le pouce, la jambe gauche jusqu'au milieu de la hanche, quelques morceaux de la draperie, les quatre coins âu couasinT les pieds du aiége presque tout entlera, les boi-da de la plinthe.

Digiii^uu by G(.)0^1c

MUBKË DU €APIÏ0L£«

La largeur du corpB dénote une force et une santé extraordmaires* Sur oe visage irrégulier au large front et aux fortes màohoires ou reconnaît une énergie puissante, presque brutale, et une intelligence pratique très

pénétrante. L'iris est traité en bas-relief et percé d'une cavité qui figura la pupille: l'acuité du rec^ard n'en est que plus intense. Autour de la bouche eutr'ouverte se joue un trait ironiqne, tandis que les deux pUs, qui tra« versent le front au-dessus du nés , sont les indices d'un^ léger mécontentement. Ce qui accentue encore l'impression de force et deverdeur que donne cette figure, c*est que le sculpteur n'a atténué les coups de son ciseau in sur le visage ni dans la draperie. Il serait difficile de trouver trace d'un pareil procédé dans la sculpture de l'époque impériale. Quant à la manière dont les yeux sont représentes, eUe n'a son analogue que dans les figures qui ornent les couvercles des sarcophages étrusques en tem cuite du IIP et du IP siècle av. J.-C. Notre statue semble donc dater de l'époque républicaine. L'individualité puissante du personnage dont elle est le portrait fait comprendre le mot attribué à Cinéas, Tambassadeur de Pyrrluid; «Le sénat romain produit l'impression d'une assemblée de rois.» L'on a prétendu que la tête de cette statue ressemblait au portrait du vainqueur de Syracuse, Marcus Claudius Marcellus, portrait qui se trouve reproduit sur les monnaies de Publius Lentulus MarceUinus: cette opinion est aujourd'hui généralement considérée comme fausse.

Galloriu Giustinlana I, 113. JSibby, HuBeo Chiaramonti II, -16. Righotti IT. 367. Clarao V, pl. 895 n. 2288, pl. 902 n. 2508. Cf. Braun, Huineu und ^uâeen p. 1C7 n. 38. Bemoulli, Hum. Ikonographie I p. 80. Schreiber, BUdwerke der YlUa Ludovisi p. 55, eroit que U tête n'appartient pas au coipa.

Au-dessus de la porte d'entrée, qui donne accès dans

la grande salle :

500 (119) Face de sarcophage; Méléagre,

Les bas-reliefs de ce sarcophage consistent eu plusieurs scènes dramatiques fort animées, que naturelle-

gbà^ide salle.

ment le sculpteur n'a pas composées lui-même, mais qu'il a copiées sur des modèles plus anciens. Elles représentent le mytlie de Méléagre d'après la version, que la tragédie d'Euripide rendit surtout populaire. Si les diverses parties du sujet étaient disposées dans un ordre logique, la scène, à laquelle Fauteur du sarcophage a donné la seconde place à partir de la droite, devrait ouvrir le cycle: excité par une Erinye, qui lui présente un serpent, Méléagre dispute aux ïkestiades la peau du sanglier de Calydon; il a déjà abattu à ses pieds un de ses oncles; l'autre, auqml le même sort est réservé, s'élance pour lutter. La scène, qui occupe l'extrémité droite du sarcophage, représente les suites de ce combat. Pour venger la mort de ses frères, Althaia, inére de Méléagre, brûle le tison , de l'existence duquel dépendait la vie de sou âls. La folie de son action est personnifiée par une figure de femme , qui tourne contre Althaia une torche enflammée, très probablement Atè ou une autre Erinye. Dans la partie gauche du bas-relief, on voit la mort de Méléagre causée par raction de sa mère. Entouré de tous les siens, parmi lesquels on reconnaît le vieil Oenée, le liéros vient de rendre le dernier soupir. Une jeune femme, peut-être son épouse Cléopâtre, lui place dans la bouche l'obole destinée au nocher des morts. Près du lit est assise Âtalante, plongée dans une douleur profonde. Derrière elle debout une Parque (Moira) tient de la main gauche le rouleau de la destinée et appuie son pied gauche sur une roue, symbole de Némésis.

Fogerini, Mus. cap. IV, 35. Millin, (rai. myth. T. 104, 415. Riglietti I, 148. t)f. Kekulé, De fabula Meleagm p. o2. Auu. deU! luat. Ibii.'i p. 99 et Buiv. Bosenberg, Die Eiinyen p. 60 n. 29.

La grazide salle.

La description commence à droite de la porte, par laquelle on vient de la chambre des philosophes.

SOI (de) Statue de Pallas.

Autrefois à TivoU dans la -viUa d*£8te. RestanraUoiiâ la tète, les deux bras, le boncUer, quelques parties de 1

MUSÉE DU CAPITOLE

draperie, troïB doigts du pied gauciie, uu du pied droit, uue partie de la plinthe.

Il est facile de reconnaître le motif de cette statue, grâce à un bas-relief votif d'Athènes (Fig.22), qui reproduit le même original. La déesse s'élance au combat; elle marche rapidement vers la droite , mais retoame la tête en arrière, comme si elle était suivie de guerriers. C'est avec raison que le restaurateur lui a mis un bouclier

an bras gauche; quant à la main droite, elle tenait

évidemment une lance. On a prétendu t^ue cette statue était une copie, modifiée dans l'esprit du style libre, de la Minerve (Athéna), que Myron avait placée en face de Marsyas dans un groupe en bronze resté célèbre (voir u. 661). Mais dans cette Minerve ce n'était pas seulement le bras droit qui était abaissé avec un geste de répulsion, le bras gauche l'était aussi; pour notre statue, il est impossible d'admettre une pareille restauration: l'épaule gauche est sensiblement plus haute que Tépaule droite. D'après une autre hypothèse, l'original de la statue du

GRANDE SALLE

Capitole aurait été groupé avec Toriginal de rApoUon du Belvédère (n. 160) et celui de la Diane (ArtémiB) de Yersailles; on ne saurait accepter cette opinion : car les proportions et le travail de la draperie dans notre Pallas dénotent nne époque pins ancienne qne celle à laquelle il fant attribuer les typef) d'Apollon et de Diane.

Mori, Le flculture del Camxjidoglio II, 4. Montagiiaiii I. IG. Clai*ac III, pl. 463A B. 8I»A. Aniu deU' Intt. 1864 Tav. d'agg. p. 2d6 et Biiiv. Ovevbeck, Beiiohte d. sachs. G es. d. Wlaa. 1867 T. YI

p. 121; GeacMelite d. gr. Plastik ÏI» Fig, 138 p. 324 et siUv. Cf. BiiU. (leir Tnst. 1871 p. 06. Arrli. Z*>itung XXVITT (1871) p. 41. Friederu'hs-Woltei'8, Baiisteine n, Ilttl: dans repassage- est égalemeut réunie la bibliograpine relative au bas-reliel" atti(j[ue.

502 (84) Oronpe, nn Komain et une Semaine représentés en Wm et en Vénus.

Trouvé «n 1760 dans l'He formée par le Tibre prés de Finmicino, donné au Musée par Benoît XIV iFicoroni dans

Fea, Mificellanea I p. CLXY n. 97). Restaurations: dans la statue do l'homme, le cimier du casque, la partie antérieure du nez , la luain gauche avec la lance , trois doigts de la maiu droite — daus celle de la femme, le nez, l'extrémité inférieure de la bonde de ebeveux q.ni tombe sur l'épaule droite^ trois doigts de la main droite.

Ce groupe d'une exécution médiocre date, si Von en juge d'après le style ainsi que d après rarrangement des cheveux et de l;i liarbe, des dernières années du IP siècle ou des premières années duIIPap. J.-C; il a été formé mécaliiquement, pour ainsi dire, par la réunion de deux types grecs connus, la Vénus (Aphrodite) tenant devant elle un fooueHer et un type de Ifara (Arès), qui paraît avoir été créé pendant le développement de l'école péloponnésienne postérieure à Polyclète (voir n. 638). L'artiste ne s'est écarté sensiblement de ses deux modèles (jue |jour modifier la pose des bras dans la statue de la femme. Un groupe constitué de cette manière doit laisser naturellement beaucoup à désirer. Si dans le modèle la déesse avance la jambe gauche, c'est parce qu'elle appuie le bouclier sur sa cuisse; dans notre groupe, cette attitude n'a plus aucun sens. On ne saisit pas la relation qu'il y a entre le Romain représenté sous la tigurc idéale de Mars et la femme qui est groupée avec lui; aussi a-t-il l'air

■}m MUSÉE DU CAPITOLE.

tout à fait niais. Coimue d'autres répliques mieux exécutées se sont conservées, Texemplaire du Capitoie e^t certainement une copie et non l'oïiginal. L'original — si toutefois il est pennis de donner ce nom à une réumon sembUble de deux motifs traditionaels — a^a été certainement créé que sous Tempire; il s'explique unique* ment par la protection que les JoUi accordèrent au oalte commun de Mar^ et de Vénus. Il prouve une fois de plus cuniLien Timagination artistic^ue était pauvre à cette époque.

Bottai! m, 20. Montagnaui I, 34. Millin, Gai. myth. pl. 43, mj. Hiit, Gotter \im\ Hei '-f^ti T. V, 39. Righetti II, 217. rifirac IV, pl. 634 n. 1428. Cf. Beiirjite dor sftphs. Ges. d. Wiss. 1^61 p. 126. Frôhner, Notice de la sciilptiiio antic^ue du Louvre p. 161 n. 131. Helbig, Untersachaiif^n liber dis cÉmp. Wandmslerei p. 26—27. BernonlU, Aphrodite p, 163 n. B ; Bdoiiselie Ikonogiapliie Il 2 p. 123, p. 24».

503 (33) Aiuaone blessée.

Donnée par Bonoît XIV. Restaurations: le bout da nez,

un morceau de la lèvre, inférieure, presque tout le bras droit, l'avant-bras gauclie, la partie du vêtement iiue l'Amazone écarte des deux hîesBuros, trois doigts dn pied gauclie, le bord de la plinthe. Los jambes étaient biisées; mais eUes sont antiques-, elles paraissent avoir été iégérement retoudhéee autour des ohevlUes.

Une itplicjue de cette Amazone, reproduite sur une pierre gravée (Fig» 23), prouve que la main droite a été inexactement restaurée : eUs n'était pas levée dans un geste de douleur, mais elle s^appiiyait sur une lance. Toutefois, comme Tin* diquent les statues du même type, dans lesquelles s'est conservée une partie du bras droit, la main saisissait la lance plus haut que sur la gemme , par exemple dans Tatti- Fig. 23. tude que reproduit notre dessin (Fig. 24).

L^avaut-bras gauche, qui manquait, a été restauré exactement : avec sa main FAmazone écarte son vêtement des deux blessures qui saignent à son flanc droit, Vune au sein, l'autre plus bas. Ainsi, comme le typs de Polyclète (voir n. 32), ce type représente lui aussi une

GRANDE SALLE

Amazone blessée qui se repose. Mais dans notre statue ce motif a été rendu ftvec plus d'exaetitade paihologique,ettoii8 les détaik de FodUTre lui sont logiquement sub- ^ ordonnés. C'est parce que l'Amazone est blessée au sein droit que le coté gauche, qui est indemne, 4nipporte tout le poids

du corps , que la jambe

droite est délivrée de toute charge et que la

main droite s'appuie sur

la lance; c'est aussi à

cause de la blessure que

la main, gauche écarte la

draperie, que le buste

est découvert du côté

droit, que la tête est

penchée, et que la physionomie a une expres-

aiou douloureuse. £a

outre le modelé de la

choir est plus délicat .et

le sexe féminin par c<»a-

séquent mieux indiqué

que dans rAmazoïie de

Polyclète; le concept en

est aussi plus idéal; le

visage exprime nonseulement la souffrance

physique mais encore

jone douleur morale. La

remarque suivante, qui a été faite récemment, donne une

idée très claire du rapport que l'on peut établir entre

Oigitized by

368 MUSEÉ DU OAPITOLE.

les deux types: il semble (|iie Tartiste, qui a créé le type reproduit par la statue du Capitole, ait en quelque sorte soumis à une critique sérieuse FAmazone de Poiyclète et en ait dans sa statue corrigé les défauta. D'après le style des copies qui ont été eonsenrées de sou œuvre, et autant que la mauvaise esécation de toutes ces répliques permet d'en juger, cet artiste semble avoir produit peudant le dernier tiers du V*^ siècle av. J.-C. La clarté pleine de logi(|ue, ;ivec laquelle le motif principal est développé, et l'existence d'un élément moral dans l'expression de la physionomie sont des caractères qui s'accordent avec l'esprit de Tart attique. D'après la tra* dition, deux sculpteurs d'Athènes, Phidias et Grésilas, passaient pour avoir fait des statues en bronse d'Amazones; l'on a donc voulu attribuer l'invention du type dont il s'agit ici tantoL à l'un, tantôt à l'autre de ces Jeux artistes. Mais ces tentatives sont restées vaines: d une part l'exécution des répliques qui se sont conservées est trop médiocre pour que l'on puisse faire une étude approfondie du style de l'original; d'autre part la manière artistique de Crésilas est à peu j^rèa inconnue. Ce (]^iii est certain en tous cas, c'est que l'original était en bronse. Dans la statue du Capitole, les cheveux — dans d autres répliques, par exemple dans un fragment qui se trouve à Worlitz, les plis de la draperie — sont traités comme ils le seraient dans un bronze ciselé. Le nom de Sosiclès, gravé sur le tronc d'arbre qui accompagne notre statue, peut être tout aussi bien le nom du propriétaire que celui du marchand ou du sculpteur.

Jalirbuch des deutscheu arcii. Instituts I U88t>) p. 17 b, p. 28 — 29, p. 41~-4a. Baiimeifiter, Denkm. d. kl. Alteitums III T. XLVIUt Fig. 1501 p. 1850. GoUignon, Histoire de la sculpture gteo^ue p. 504 Fig. 257, p. 505. Cf. Robert, ArchàologiBohe M&rchea p. 109^ 110. Loewy, Insolîridtten griecli. Bildhftoer a. 484.

Ô04 (30) Statua d'Apollon.

Appartenait Jadis au cardinal Albaai (B5m. Mitth. VX

1891 p. 59 Anm. 205). Beâtaurations : le nez, rextrémité du mouton, quelqiiee fragments des boucles de cheveux qui tombent sur les épaules, un morceau du cou, presi^ue tout

GRANDE bALLE,

le bras droit, l'avant-bras ganohe avec la lyre, la jambe droite depuis un peu au-deB^uâ du geuou ju8(j^u'à la chevilla, le trône d'axbre, un petit ftragment de Textrémité Snfëiieare dn cflxqnois, les lioids de la pUntlie. La statue a été fortement grattée; la partie antéilenre surtout a beaucoup soufiPert.

Les deux boucles qui tombent sur les épaules prouvent que ce n'est, pas un athlète, mais Apollon qui est ici représenté. Le dieu a f aspect d'un homme vigoureux; autonr de sa bouche entr'onverte se joue un trait qui exprime le mécontement; nous devons sans doute en conclure que la main droite tenait l'arc tendu, et qu'Apollon se préparait à lancer une flèche. Les formes du corps se ressentent encore du style archaïque. Le type reproduit par cette statue paraît être le développement ultérieur d'un original, qui se trouvait probablement à Athènes et dont nous avons conservé, en fait de répliques, deux statues et plusieurs têtes.

Bottari III, U. Righetti I, 194. Clarac III, pl. 483 n. 929, V, pl. 861 n. 2188. Overbeck, KuuBtmythoIogie IV p. 112 n. 1, p. 17i^ n. A; Atlas XX 22. Cf. Anu. deU' Inst. 1880 p. 198 et sniv. Athenische Mittheilnngen IX (1884) p. 237. Roecher, Lexikon der grtocli. n. rdm. Mythologie I p. 450. Bôm. Mitth. VI (1891) p. 302.

505 (28) Statue d'Harpocrate.

Trouvée en 1741 dans la villa d'Hadrien près de Tivoli (Berichte der sâchs. Gesellscliaft d. Wise. 1885 p. 16). Restaurations: quelq^ues doigts de la main gauche, Textrémité iuféileuie de la oome, et des fragments & la Jambe et au pied gauohes.

Harpocrate est la transformation grecque du dieu

égyptien Harpechruti, c. -à-d. Horus l'enfant. L'art égyptien représentait le fils d'Usiris et d'Isis suçant son doigt, comme les petits enfants ont Thabitude de le faire; les Grecs crurent que ce geste faisait allusion au silence et firent d'Harpocrate le dieu du Silence. Ce qui contribua aussi à rendre cette interprétation populaire, ce fut le caractère mystique du culte d'Isis et de Sérapis, à la suite duquel le culte d'Harpocrate se répandit d'Alexandrie dans tout le monde classique. Si l'on en juge d'après le style, notre statue date au plus tôt de l'époque d'Hadrieu. Harpocrate porte sur la téte une fleur de lotus;

HbjjBIO, Guide I. 24

MUSÉE DU CAPITOLE

daiip le culte égyptien ce symbole jouait un rôle capitnL On ne peut pas déterminer le sens précis de la corne que le dieu tient dans la œaîa gauche; cet attribut paraît trop petit pour être une corne d*abondance.

Bottaii in, 74. Ptraneti, Race, di statue T. 18. Montagnani II»

72. Bighetti I, 17. Peima, Viaggio pittorïco délia Villa Adxiana 111 67. Cf. BrauD, Ruinen mid MuBeen p. 189 B. 5d. Boadier, Lexikon d. gr, a. rom. Mythologie 1 p. 2747,

506 (27) Statue d'un chasseur.

Trouvpo en 1717 près de la porte Tiatitie dane la iiro- IU'iete Fon nt-'lhi iFicoroni dauB Fea, I^UsoellaueR T p. CLXIIl u. 91); uppai teuait jadië au cardinal Àlbani (iium. Mittli. VI 1891 p. 59 Anm. 205). Beataurationa: le bout da nés, presque tont le bras gauche avec l'ëplea, presque tous les doigts de la main droite, le Uérre, plusieurs branclieB du pin, les bords de la pUnthe en grande partie.

Le chasseur est représenté levant d'un air de triomphe le gibier qu'il a tué, probablement un lièvre, comme Ta cru Fartiste moderne qui a restauré la statue. La nudité

idéale du corps contraste désagréablement avec le caractère individuel de la tête qui est un porti ait, ainsi cj[u'avec la disposition de la barbe et des cheveux qui sont taillés à la mode du temps ; ces détails et la représentation des pupilles prouvent que Tceuvre ne peut pas être antérieure à répoque des Antonins. Le nom inscrit sur le côté gauche de la plinthe POLYTIMYS LIB(ertus) semble être le nom de la personne qui a dédié ce marbre; la statue serait donc le portrait du patron de cet attriinchi.

Hotfaii III, 60. Moutaguaui 11, î»b. Eighetti I, 62. Clarar IV. pl Ï40 n. 1787. Cf. Visconti, Opère varie I p. 83. Bi'aun, Ruiiieu und Museen p. 188 n. 5:2.

507 (24) Statue de Junoii (Héra).

Trouvée en 1750 sur rÂventin. Restaurations: le bout du nés, le bras gauche tout entier, le bras droit à partir du biceps, quelques morceaux de la draperie (]ul retombe en arnère, toute la partie inférieure do la statue — la ligne (le brisui'e déguisée avec beaucoup de «oin remuiite en avaut pieisque jusqu'au veutre, puis de là descend obliquement des deux odtës — , la pUnàie.

Cette statue paraît être une copie du nu uie orip^inal.

créé peut-être par Alcauiène , que la statue colossale du

GRANDE SALLE

Vatican n. 297. Les trois trous percés avec le ciseau dans le bandeau qui entoure les cheveux prouvent que -dans notre figure la tète était aussi couronnée d^une stépbanè

ou d'un diadème en métal. La main gauche s'appuyait sur un sceptre: la main droite tenait une coupe: ces deux reatauratious sont exactes. Les formes sont plus délicates dans leur ensemble, Tcxpression de la physionomie est plus douce, et, ce qui contribue encore à accentuer ce caractère, la tête est un peu plus penchée vers Tépaule droite que dans la statue du Vatican; tous ces détails semblent indiquer que la statue du Capitule reproduit plus tidèlement l'original que celle du Vatican : cette dernière, de dimensions colossales, exécutée dans le style décoratif et faite pour être vue de loin, a par cela même plus de raideur.

Botfcaii III, 6. Riglietti I, 19. Monta^iiani II, 69. Clarac m, pl. 4'i8 n. 749. Overbeck, Kunstmythologie III p. 428, p. 44C, p. 4G1 n, 5, p. 462— 4G3; Atlas XIV 20. Banmci=^fpr. Detikmàler des kl. Altertums I, p. 414 Fig. 455. Cf. RômisoUe àUttlieUuugea IV (1889) p. 63 et saiv.; Jahrbucli des arcli. Instituts Y (1890) p. 92.

608 (22) Statue d'une vieille femme qui se recule.

Autrefois dans le Belvédère du Vatican; elle fut transportée plus tard au palais des Conservateurs (Rom. Mitth. VI 1891 p. 55). Restaurations: la tête, l'avant-bras droit, les doigts de la main gauche saut le pouce, le pied droit aveo le morceBU de la drapeTie qui le recouvre , la partie extérieure de la pliutbe.

Frappée ou effrayée, la vieille se recule, en tenant de la main gauche sur sa hanche son manteau qui lui couvre le dos et Tépaule gauche. Il semble que le restaurateur ait bien placé la tête comme elle était dans Fceuvre antique; elle était levée dans la direction de la personne on de l'objet, dont la présence motive le mouvement même de tonte la statue. Nous devons supposer que la main droite était ouverte et un peu rejetée en arrière. I/ou a prétendu (jue cette vieille femme faisait partie du t^roupe des Niobides comme nourrice ou bonne d enfants : on oserait difficilement aujourd'hui soutenir cette opinion. D'une manière générale, le motif de cette statue ressemble

372 MUSÉE DU GAFITOLE.

à celui d'une figure, dont plusieurs répliques se sont conservées, mais qui représente, au Ueu d'une vieille, une belle jeune fille déjà bien formée, au visage tourmenté

par la douleur. L'on a voulu voir aussi dans cette jeune fille une ]\iobidc; cette hypothèse est aujourd'hui abandonnée de tout le monde. Mais ce type pourrait très bien provenir d'un autre cycle de statues également célèbre; ce serait alors une fille de Danaûs faisant partie du groupe qui se trouvait sous le portique construit autour du temple d'Apollon sur le Palatin, groupe qui représentait Banaûs, l'épée nue, entouré de ses filles (voir nos uuméros 564, 665).

De RoBsi. Raceuita dî statue T. 25. Bottavi Tir. 62. Moiitagnani n, 100. iUgiietti I, 18. Clai-ae IV, pL 780 u, 1947. Cf. Meyer- Schnlse, 2Q Winckelmaim, Ton der Cnnst der ZeichnnDg der alten Vôlker Kap. IV § 35. Weloker, Alte Denkmiler V p. 88—90. Stark, Niobe p. 291 et Buiv. — La prétendue Danaïde; Arch. Zeit. II (1844) T. 19, p. 306—307. Clarac IV, pl. 590 n. 1276. Cf. Stark, loc. citât p. 290.

509 (21) Statue dun éphèbe qui se repose.

Trouvée eu 1742 dans la villa d'Hadrien près de Tivoli (Fieoroiii dans Fea, Mibcellaiit;a p. CLVi n. 75), et donnée au Musée par Benoît XIV. Restaurations: le nés, un morceau de répaule droite, l'avant-bras droit, la main gancbe, la moitié inférieure de la inmTîe gauche avec le pied, l'extrémité du pied droit, le rocher, la plinthe.

Les resiaur&tions sont en générai exactes ; elles ont été faites diaprés des répliques mieux conservées. L'on a proposé pour cette statue plusieurs interprétations;

parmi toutes les hypothèses, il faut accorder quelque atteBtion à celle, d'après laquelle ce serait un Mercure (Hermès). 11 est vrai que sur des vases peints assez récents l o Tiiessager des dieux est souvent représenté dans la même attitude; mais ce qui empêche d'adopter cette explication, c'est qu'une réplique parfaitement conservée qui se trouve à Paris ne contient pas la plus petite trace des attributs de Mercure. Il est beaucoup plus probable que notre statue est une de ces figures de genre, qm .servaient à la décoration de^ gymnases et qui ro])i ( sentent un jeune homme se reposant, soit après un exercice, soit

GRANDE SALLE

en attendant son tour. Comme l'indique son bras droit levé, il s'entretient sans doute avec un de ses compagnons-, dont la statue était placée en face de la nôtre. Le motil' «le TœuTre paridt dérivé du motif connu sous le nom du «LPersonnage qui noue ses sandales» ; ce type, dans la réplique de Munich, semble ayoir de grands rapports avec réeole de Lysippe. L'exécution élt gante mais froide de notre statue dénote l'époque d'Hadrien ou des Antonins.

Bottavi Iir, 61. Montaguani II, 99. Righetti I, 49. Penna, Viaggio pittorico délia Villa Adriaua 111 65. Clarac V, pl. 859 n. 2170. Cf. Lange, Ûber das HoUv des aufgestiitzteu Fasses p. Id et flniv. — En ce qnl oonoeme «le Personnage qui noue ses sandales»: Lange, loc. cit. p, 2 et sniv. Brunn, Besohreibnng dev Glyptotliek ti. 15 K Loewy, Lysipp und seine Stdliing In d. gr. Plastik p. 9—10.

510 (20) Statue d'Apollon.

Acquise sous Clément Xili. Bestaurations : le nez, les avant-bras, les jambes, le tronc d'arbre, la pUnthe.

Une très belle statue, trouvée en 1862 dans le théâtre de Bacchus (Dionysos) à Athènes, donne une idée fort nette de Toriginal que reproduit cette figure d'une exécution . ^ médiocre. Apollon est représenté comme un jeune homme

vigoureux ; sa poitrine est fortement bombée ; les muscles de ses bras et de ses cuisses sont puissants : mais la tete est propoi'tionnelleiiK rit trop petite. Les cliuveux réunis en tresses gracieuses sont disposés comme ils avaient l'habitude de Fêtre tant dans la réalité que dans les œuvres d'art pendant la période archaïque. D'après le style, cette statue date de Tépoque qui précéda immédiatement la naissance de l'art libre; les détails y sont traités avec beaucoup de soin. Aussi a-t-on attribué rinvention de ce type tantôt à Calamis et tantôt à Callimaque, deux artistes qui appartiennent à cette période intermédiaire et qui, d'après la tradition, se distinguaient tous les deux par une grande finesse dans Texécution des détails , bien qu'ils aient suivi chacun une inspiration particulière. S'il est vrai, comme tout permet de le croire, que ce type d'Apollon soit reproduit sur certaines monnaies d'Athènes, dans ce cas le dieu aurait tenu de la main druite tombant

374 DU CAPiiOLE.

le long du corps une branche de laurier, et son arc de l;i main gauche. Dans la statue du Capitole les jambes sont inexactement restaurées. L^exemplaire trouTé à Athènes et trois autres répHqaes du néme type, dans lesquelles les jambes sont antiques » ont une attitude qui s'accorde beaucoup mieux avec le caractère de l'art archaïque: la dififérence entre la jambe qui supporte le poids du corps et celle qui est délivrée de toute charge est moins accentuée; la jambe gauche est un peu plus d'aplomb.

Bottaii m, 49. Riglietti I, 20. Clarac V pl. 8G2 n. 2189. Conze, Bi iriage zur Gesrhi(3ht<3 der grie<*hisclieu PlaBtik T. VIT p. 16, Cf. Journal of liellenic studies I p. 178 ot suiv. Athenische Mittheilongen IX (1884) p. 239 et saiT. Boscher, Lexikon der gi*. u. rôm. Myâiologte I p. 466. Overbeck, Knnstniythologle IV p. 104 et tniy. (p. 106 n. 4), p. 163 et «iiiy. CoUignon, Histoire de la icalptnre greeqae I p. 40â--v406.

ôll (17) Statue de femme restaurée en Dea £oma.

Le corps provient d'une statue de femme, dont le type est très bien reproduit par une réplique qui se trouve à

la villa Albani (n. 842). La tête, placée dans rouvertiire

de la draperie, est antique^ mais n'appartient pas u la

statue; c'est un type dérivé du type de Polyclète (voir

n. 58). Le restaurateur a réuni les deux fragments, il a

ajouté une lance et une Victoire, et de l'ensemble il a fait

une Dea Roma.

Jahrbueli der Knnstsammlungen des AUerli. Kaiserbanse» XH iVienne 1890) p. 73 Flg. dab.

Au milieu de la salle:

512, ôld (2, 4) Couple de Centaures, par Aristeas et Papias d'Apbrodiaias (en Carie).

Ces deux statues en marbre gris foncé (bigio morsto) furent trouvées en 173(J par Alossandro Furietti dans la villa d'Hadrien près de Tivoli (Ficoroiii dans Fea, ^Ii?rellanoa I p. CXXXXIV ii. ôoi, et douuées au Musée par Clément XIII en 17GÔ. ReBtauratiou8: dans la statue du vieux Centaure I le sourcil gaucbo, presque tous les doigts de la main droite, le pouce de la main gauobe, la partie centiale do la jambe droite de de vaut , qneltines fittgments de la barbe, des cheveux et de la peau de panthère; — 'lanf la statue du jeune Centaure, des fragments do la dieveluro,

GRANDE SALLE

le bout «lu nez, les extrémités des oreilles, les deux mains, an morceau du pedum et de la nebiis, presque toute la jambe gauche de devant — néaumoiuB le sabot est antique — la jambe droite de devrière, la queue, plusieurs îiioi oeaux du tronc d'arbre avec la syrinx, et presque toute la branche de pin. Les plinthes des deux statues sont en grande partie modemea Toutefois riusoription gravée sur la plinthe du jeune Oentfture est oertsinement antique, sauf un petit nomlïTe de lettres.

Un vieux Centaure et un jeune sont placés en ïs.ve l'un de Vautre. Sur leurs deux croupes on distiiigue une amorce, qui provient d'une ûgure d^Amour placée eu cet endroit, comme le prouvent d'autres répliques mieux couserrées. Le vieux Centaure., dont les bras sont liés derrière le dos, est tourmenté par le dieu de Pamour. Il penche nerveusement en arrière le haut de son corps; son regard, dont l'expression est mêlée de douleur et de colère furieuse, suit la même direction; de sa queue il essaie de fouetter l'Amour qui le tracasse. On est donc porté à croire que TAmour serre trop fort les cordes qui entourent les bras du Centaure. Mais une réplique qui est au Louvre et dans laquelle le bras de TAmour s'est en partie conservé, nous apprend que le petit dieu tenait dans sa main droite qui tombait un fouet dont il frappait le Centaure. Nous n'avons iiucun indice qui nous permette de déterminer l'attitude dans laquelle était représenté r Amour assis sur le dos du jeune Centaure. Il est certain toutefois que la présence du petit dieu ne lui cause aucun déplaisir. Il caracole gaiement , et regarde en riant son comp agnon tosrturé par r Amour. Rien n'empêche d'admettre la restauration moderne qui nous le montre faisant claquer les doigts de sa main droite: ce geste convient parfaitement à la situation. En tout cas le Centaure ne pouvait pas tenir de cette main une pièce de gibier, comme c'est le cas, semble-t-il, pour la réplique du Vatican n. 1 67, car un tel objet aurait été soutenu par des appuis, dont il resterait des traces sur le haut du corps, à droite. Voici donc quelle est l'idée exprimée dans ce groupe: le vieux Centaure, auquel ne convient plus le badin âge amoureux, est torturé par T Amour; le jeune Centaure au contraii'e

MUSÉE DU GÂPITOLE.

est côrtainement satisfait de la présence du petit dieu; il semble se moquer de son vieux compagnon ibllement épris. L^époque hellénidiique aimait à exprimer des idées de ce genre par des antithèses très subtiles ; on en trouve maints exemples dans la poésie alezandrine. En outre, si Ton en juge d'après le style de la tète et le mouvement du buste, le vieux Centaure présente de grandes; ressemblances avec le Laocoou (n. 153 », avec les Géants de la frise de Pergame, et avec le Centaure d'un haut-relief, qui a été trouvé à Samothrace non loin d'un temple construit à l'époque hellénistique , et qui semble par son style dater de la même période. Il en résulte que nous devons attribuer l'invention de nos deux statues à l'art hellénistique. Gomme nous en avons conservé plu* sieurs répliques, dont l'exécution dénote un sentiment artistique plus fin, les exemplaires du Capitole sont certainement des copies et non pas des originaux. Les sculpteurs d'Aphrodisias , Aristeas et Papias, dont les noms sont inscrits sur les pUnthes, étaient évidemment les copistes; il est impossible de faire remonter les deux inscriptions jusqu'aux artistes qui créèrent l'original, parce qu'avant le second siècle de Père chrétienne, il n'y a point trace à Aphrodisias d'une école de sculpturL*. La provenance des deux statues, la forme des caractères épigraphiques et le style de l'exécution révèlent l'époque d'Hadrien. Evidemment Aristeas et Papias s'efforcèrent de travailler ce marbre gris très dur de façon à rappeler la technique du bronze; cet efibrt est surtout visible dans certaines parties de la chevelure, qui sont comme fondues, et dans les petits poils figurés sur la poitrine et sur le corps de cheval: on les croirait ciselés. Mais, en voulant ainsi faire violence à la matière ({uils employaient, h^s sculpteurs rencontrèrent des difficultés dont ils ne purent triompher, malgré toute leur habileté technique. L'imitation de la ciselure produit une impression de sécheresse; la chair parait être entaillée; les muscles ressemblent à des bourrelets artificiels, d'où est absente toute vie organique. Etant donnée lu vanité prétentieuse avec laquelle

GRANDE SALL£

Aristeas et Papias reproduisaient leurs modèles, il n'y a

rien d'étonnant à ce que ces deux sculpteurs aient été

fiers de leur œuvre et aient osé ajouter leurs noms sur les

plinthes des statues.

riarac IV, pl. 739 n. 1781, pl. 740 n. 1780. — Le jeune Centaïu-e: MulU r "VVieseler, Dftukmaler d. alteu Kunst II 47, 598 Haumeister, Denkinaier d. kl. Aitertums T, p. 127 Fig. 1S2. Pour le rente, voir Loewy, Inschriften griechisclier Bildliauer n. a60. Cf. Friederichs- Woltera, Baasieliie n. 1491. — Pour la statue du Loavre: Frdhuer, Notice de la 8< ulptore antique du Louvre I n. 209. — Le bas* relief de Samotlirano : CoasOf UntersachuDgen auf Samothrake I T. 52 p. 23, p. 27—28.

514 (3) Statue d'Hercule (Héraclès) enfant (en pierre de touche).

Ti-ouvée vei*8 l'année 1590 sur l'Aventin, on face du mont Testaccio, dans la vigne d'un certain Monseigneur dei Massimi, qui vendit la statue au municipe pour 1000 ducatë (B9m.UittlL. YI 1801 p. 46). Bestanratioiis: un morceau de la partie sapéiieure du bras droit, la main gauebe aveo les pommes, la partie de la peau de lion qui tombe au-dessous du bras — toutefois le? griffes qui tonrhent le tronc d'arbi*e • sont antiques — les borda de la plinthe.

Cette statue nous prouve une fois de plus, par un exemple frappant, quelle désastreuse influence exerça sur la sculpture Fengouement de plus en plus exagéré qui se développa à l'époque impériale pour les matières précieuses. Elle est en pierre de touche, une pierre, dont on ne trouve que très rarement des blocs un peu gros. L'idée de donner à une statue d^eiifant des dimensions colossales est déjà par elle-même monstrueuse. Dans le cas présent Tceuvre produite sous cette inspiration fait un effet d'autant plus défavorable, qull est impossible de rendre avec une pierre aussi dure les formes délicates d'un corps d'enfant; les proportions colosbales ne tout qu'accentuer davantage ce défaut. Le corps paraît tout simplement massif; l'expression de la physionomie est plutôt grimaçante que souriante. On a essayé, mais bien inutilement, de justifier le sculpteur, en prétendant qu'il avait voulii résoudre dans cette statue une sorte de problème physiologique, qu'il avait essayé d'indiquer au public comment cet enfant mal bâti devait se développer pour

578 MUSÉE BU CAPITOLE

devenir le plus btau des héros. La statue ne nous montre que l'enfant mal bâti et ne tait en rien pressentir le développement q^ue doit prendre cet organisme dans Tavenir. De la massue, que tient la msiii droite, seule la poignée était en pierre; nous derons admettre que le gros bout était en bronze et s'ajoutait à la poignée. Cf. n. 58d.

De Bosai, Raccolta di Rtatne T. 19. Bottai-i III, 26. Moutagnani I, 40. Ifmin, Gtl. myth. pl. 123, 482^. Righetti I, 69: darac T, pL 791 n. 1966. Cf. BranOi Bnlnen and Mnieen p. 184 n. 90.

Cette statue d'Hercule est supportée par la base suivante:

516 BttiOy Le mjthe de Jupiter 0km).

Autrefois à Albauo, dans la villa Savelli-Paolaool, donnée an Hneëe en 1763 per Benoit XIV.

Les bas-reliefs ([ui ornent cette base représentent la destinée de Jupiter depuis sa naissance jusqu'au moment OÙ il est reconnu maître de l'Olympe. Sur la faee> où le sujet parait commencer, il ne s'est conservé qu'une figure de femme assise par terre. On y voit généralement Rhéa, au moment de donner le jour à Jupiter. La face suivante représente Ulu a, tendant à Saturne iKronos) la pierre enveloppée dans une lange, que le dieu va dévorer h la place de son enfant. Sur la troisième face nous voyons Jupiter allaité par la chèvre Amalthée; autour de lui deux Corybantes frappent de leurs épées sur leurs boueliers, afin que Saturne n'entende pas les cris du nouveauné. La femme, avec une couronne de tours sur la tête, qui est assise auprès , semble être la personnification de l'île de Crète, aux villes nombreuses. Sur la quatrième face, Jupiter, tenant lo sceptre et le foudre, est assis sur un trône, au-dessous duquel est figuré le globe , symbole de la domination universelle. Les autres dieux sont debout autour de lui. Tout près de lui on voit Pallas; en face, Jnnon (Héra) et ÂpoUon , dont la tête reproduit le même type et la même disposition des cheveux que la statue n. 510 placée dans cette même salle. Derrière le

CHi^RS BU ¥Aimi

père des Dieux Mcicme (Hermès) est debout: au-dessus de lui dépasse la tête de Viilcain ( Hepiuiistus) , reconriaissable à son pileus (voir ii. 89). Dans tous ces basreliefs, et parti culièrànent dans celui qui représente rassemblée des Dieux, on sent que rariiste- s'est efforcé d^imHer le style sévèrey tant pour le dessin et les formes des figures que pour le choix des types. Mais plui»enrs détails ne sont pas d'accord avec ce caractère voulu de reiisem])le : ainsi Mercure est représenté avec la bourse; or cet attiibut ne lui a été donné que par Tart grécoromain.

Foggini, Mus. cap. IV, 5 — 8. MUller-Wieseler, Deukm. d. alteu Kiuist II G2, 803 -805. Overbeck, Kunstmythologie 11 p. 170 o, p. 175 et 8uiv., p. 325 n. 2, p. 82(î n. 4, p. 328 n. T III p. 129E; Atlas III 23, 24, IV 1. Baumeister, Denkmàler des kl. Alteituma II, p. 798 Fig. 861, 862, III, p. 2134 Fig. 2391, p. 2139 Fig. 2397. — Fout le reste, voir Frledeiichs-Woltors, Baueteine n. 2142.

Chambre du Faxme«

616 (18) Saroopiuigt det Amumûê.

Tieuvé ea 1744 dans la propiiété Saloaa hors la porte Salara, donné an Hoeée par Benoît XIV.

Les différents groupes, dont la juxtaposition forme les bas-reliefs qui ornent ce sarcophage et d'autres semblables, paraissent avoir été inspirés par une ou plusieurs œuvres d'art^ représentant la lutte des Athéniens contre les Amazones qui avaient envahi FAttique. Mais tous ces motifs ne sont groupés ensemble qu'au point de vue décoratif, et les sculpteurs, qui ont exécuté ces sarcopliages, n'ont donné à aucun des personflages en scène le caractère de Thésée, de Pirithoûs et d'Antiope: aussi rien n'indi(|U' -t-il qu'il s'agit du combat entre les Athéniens et les Amazones. La décoration de la face principale se divise en trois groupes. Au milieu gît une Amazone tuée; son cheval se cabre; un guerrier Ta pris par la bride, ' mais il est lui-même menacé par une autre Amazone, qui brandit contre lui sa hache à double tranchant. Le même sujet, sauf le cadavre de l'Amazone, est représenté sur

380 MUSÉE DU CAPITOLE

tl autres sarcophages en sens inverse: aussi doit-on supposer qu'il reproduit un groupe de ronde bosse. A gauche de la scène centrale, on voit une Amazone, dont le cheval se cabre; un jeune guerrier Ta saieie aux cheveux, tandis qu*une aeconda Amazone oherohe à la déliyrér. Sur le bas-r«lief de droite, une Amazone à cheyal firappe à coups de hache un guerrier désarçonné , qui est secouru par un autre guerrier. PIuh à droite, une Amazone s'éloigne, tenant de la main droite une laiK e, de la main gauche une double hache , et appuyant son pied gauche sur le corps d'un guerrier tué. Chaque angle du sarcophage est orné d'une Victoire qui s'avance : celle de gauche porte un trophée, celle de droite une guirlande. L'objet placé sur la pointe du trophée n'est pas un scalpe, mais un casque ayant la forme d'une tête chevelue, forme de casque que nous connaissons par plusieurs exemplaires en bronze qui se sont conservés. La représentation du combat se continue sur les deux faces latérales. Sur le couvercle on voit des Amazones, dont quelques-imes sont enchaînées, assises par terre dans une attitude attristée ; entre elles des armes gisent sur le sol. L'exéeution de tous ces bas-reliefs est très soignée. L'audace , avec laquelle les divers personnages de la face principale sont détachés du fond, prouve que ie sculpteur possédait à merveille la partie technique de son art.

Robert, Die aatiken SarkophaereUelB H T. 8i, 77 — 77 1», p. 91 et suiv. Cf. p. 76 et soiv.

Sur ce sarcophage:

517 (21) Téte d'Ariane.

Bestanratioiis: le nez, la lèvre enpéTienre, le buste.

La couronne de lierre qui entoure la téte prouve qu il s^agit ici d'une femme appartenant au cycle bachique. Mais r expression de ce visage merveilleusement beau est trop noble et trop calme pour une Bacchante ordinaire* H est donc tout à fait vraisemblable que cette tète représente le principal être féminin du thiase , c'est à dire Ariane. Elle a conservé des traces de sa polychromie primitive.

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