CHAMBRE DU FAUNE
On reconiuut trèa nettement que dans les parties charnues le marbre était enduit d'encaustique , tandis que la surface inégale de la chevelure était probablement dorée. Mais si les cheyeux étaient ainsi dorés, la couronne dé lierre qui les entourait devait avoir une teinte qui rappelait plus ou moins la réalité. Les yeux, eu pierres précieuses ou en verre, étaient enchâssés dans les orbites. On se figure sans peine quelle intensité ces yeux si brillants donnaient à Texpression de douce rêverie répandue sur tout ce visage.
Braun, Buinen and Hnseen p. 196 n. 59.
518 (16) Enfant luttant avec une oie, probablement
d après Boëthos.
Trouvé en 1741 dans la rue qni («onduit du Latran à Sainte-Croix de Jérusalem (Ficoroui dans Fea, Miscellauea I p. GLU n. 71), Bettamattoiui: dans renfftnt, un morcefta de ravant-bras droit, presque toute la jambe gauche, — tontefois le pied est antique sauf les doigts — ; dans l'oie, la tête et le morceau du eon qni la tonclie.
Un enfant vigoureux est debout, les jambes écartées,
le haut du corps penché en arrière; de ses deux bras il entoure le cou d'une oie, pour Vcnipêcher de se sauver. L* oiseau cherche à se délivrer de ct'ttc étreinte: pour y parvenir, il appuie solidement sur le sol son corps pesant. Le groupe est admii^ablement complet par lui-même; il représente avec autant de vérité que d'humour la lutté indécise entre Foie et Penfant. Il faut surtout remarquer l'expression délicieusement comique que l'artiste a donnée il la physionomie de Teiifant pour indiquer tous les efforts qu'il fait. Ce groupe, dont plusieurs répliques se sont conservées, paraît avoir servi à la décoration d'une fontaine. Il reproduit, suivant l'opinion généralement acceptée , un original en bronze de Boëthoa cité par Pline (n. h. â4, 84); ce Boëthos, si Von en juge d'après le motif comme d'après le style de son œuvre, ne peut pas avoir vécu avant l'époqne des Diadoques. C'est peut-être le même que le Boëtlios, dont le nom se trouve sur une inscription découverte à Déios, et qui lit une statue d'An-
MUSÉE DU CAFiiULK.
tiochus IV Ëpipbane (175 — 164Jàv. J.-C). Cf. les addenda.
BotUrl, Mas. cap. m, M. Hontftin'uiiii n, 108. Bighetti I, 87.
Clai ac V, pl. 874 C n. 2227 A. Cf. VlBcoD^i, Opère varie IV, pl. lOS — 168, p. 396. JiiMiîHi, Beeclireibnng der Glj'ptotliek n. 140. Overbeck, Geschiehte der grieckisetieii PlaBtik p. 143 — 144, p. 183 not. 207 — 209. Loewy, Lyëipp und «eine Stellung ia der gr. Pliitik p. :29. — Poitr le mte, voir Fiiadtfkioha-Wolterft, Bausteine n. 1586. L'InBcviption de Délos: Bull, de correspondance lielléniqae m (1879) p. 363—364. Loewy, Inaohrlften griectalsoher BUdhauer n. 810, 521.
51 d (B) EnDeuit avec un masqae de fiUène.
Placé dans le Musée sous Clément XII. Bestaurations:
dans l'enfant, piv^^^'ju*» tout le bas du visage, depuis un peu au-dessouH dew yeux jus'iu'au bord itif. rirur dn menton, la uiain droite aver la boucle de la barbe du masq^ue (j[u eiie tient, les deux jambes.
Un eniaiil s amuse a inettre sur sa figui e un crro^ masque de Silène, qui égaie presque le tiers de sa taille. Le plaisir sincère, avec lequel il joue ainsi, et la peine qu^il a à se rendre maître du masque qui est bien lourd pour lui, sont exprimés de la fa^pn la plus plaisante. En outre le masque , avec sa figure de vieillard morose, fait un eonti'aï>te très pic|uaut avec la physionomie souriante de TenFant. îiVxécution est excellente.
Fieoroiii, De iarvis sceuicig T. 73. Bottari III, 40. MontaguaiU J, 48. llighetti L 90. Clarac 111, pl. 640 n. 1134. Cf. Braun, Kuinea und Museen p. 191 n. 55.
Au milieu de la chambre : •
520 (1) Satyre en marbre rouge (rosso antico).
ïi om f i (736 par Fuvicîtti dans în villa d'Hadrien prés de Tivoli liîicoroiii dans Fea. MisnpUauoa 1 p. CXLIV u. 55); donné au Musée en 1746 par Bcuoit XIV. Restaurationè: le bout dn nez, l'extrémité dn mentou, i^uelqaes fragments de la chevelure, le bras droit avec la grappe, la main tanche avec le pedum, la partie pendante de la peau de rhèvre, l^s jambes — toutefois Ua piedf; sont en partie antiijue;^ — . troue d'arbre avec la gyriax; dauë ia chèvre, la têtu, la jambe gauche de devant, et les deux jambes de derrière: âiflrérentes parties de la pUifthe.
Nous avoM- déjà examiné ee type îa propos de ia réplique du Vatican n. 253.
CHAMBIUi DU FAUNE.
Bottari m, 34. Monla^^uani I, 58. Pemia, Yia^io pittorico della villa Adriaua 111 bî). Le Lebte de la bjLbliographie est réuni dans FriedeiicliB-'Wolters, Baustélne n. 1600.
Cette statue est placée tmr le^ base suivante: 521 Base dédiée au dieu Jupiter Sol Serapis.
Trouvée, en 1745, près de I'fv?:li se Saint Sébastien, sur la voie Àppienne (Firoroni dans Fea, Miscellaueft I p. OLXII n. 90), donnée au Musée par Benoit XTV.
Cette base suppoi-tait, d'après riuscriptioii qu'on j lit, un objet dédié à Jupiter Optimus Maximus Sol Serapis (voir n. 304) par Faugure^cipio Orfitus pour aocomplir un vœu. Ce vœu se rapportait évidemment à un
événement iiiilitaiie , dont le succès fut tel qu'Orfitus le désirait: car nous voyons sur la face droite de la base un troplié* entre une Victoire et la déesse Ronia r^ ^t iurations: le casque ([ui sunnonte le trophée, la main gaurh - de la Victoire, la tête, presque toute la jambe droite, la mniu gauche et iiaut de In hwivc de la déesse Eoma). Le bas-relief de ia
face gauche représente le saciofice offett en accomplissement du vani: un sacrificateur (re.«?tauratious : la main et la jambe droites) est debout devant un taui*eau (restauration : la jambe gauche de devant) et paraît le saisir à la gueule de la main droite; en face de lui un autre homme est debout, probablement Orfitus (restaoratlon: la parti» antérieure de r avant-bras avec la coupe) ; sa toge est ramenée sur le derrière de sa tête et il éteucl .son avant-bias droit vers la tête du taureau: le restaurateur lui a mis une coupe dans la main droite, mais cette restauration li'est pas certaine. Sur la face postérieure de la base, on voit à Tarrière-plan un lempart orné de tours. Devant la porte Gaia, la personniâcation de la Terre (voir u, 5), est couchée (restaurations: i'avant-braa droit etrëpanle gauche). Âu-dessuB d^elle s'élance, monté sur un taureau (restaurations: la gueule, la jambe droite de devant, et plusieurs fragments des deux jambes de derrière), un homme cuirassé, tenant dans la^main gaudie
une coiiie d'abondance et dans la main droite levée une blanche de laurier (restaurations: le bas ilu vidage et une paitit? du bras droit;; il semble que ce soit l'empereur, sous iea auspices duquel s*est accompli le vœu formé par Or-
MUSÉE DU CAPITOLE
fitus ; le taureau , sur lequel il est à cheval , prouve que l'auteur a voulu le représenter eu nouveau Sérapis. Maia le visage de cette figure est trop mal conservé pour qu*on puisse l'identifier avec un portrait connu d'empereur. L^on a 8up[)osé que Vaugure Scipio Orfitus par qui cette base a été consacrée et un augure du même nom, qui, d'après une autre inscription trouvée à la même place (Corpus inscr. lat. VT 1 n. 505) célébra un tanrobolo on 295 ap. J.-C, étaient le même personnage; cette hypothèse ne saurait être admise, parce que le style de notre basrelief indique au plus tard les premières années du III* siècle.
Foggioi, Mue. cap. IV, 64 — 67. Kiglietti 1, 99. Corpus inscr. lat. YI 1 n. 409. — En ce qui oonoeine H^Uos^Serapis : Bosolier, liéxlkon der gr. xl, rom. Kyth. I p. 20S6.
Chambre du Q-ladiateiir,
522 (16) Buste de Marcus Junios Brutus
Restauration B : le liout du nez, deux morceaux du front, un fragment de la joue gauclie.
Si Ton compare ce buste avec les portraits de Brutus qui se trouvent sur plusieurs monnaies , on en conclura
non pas avec certitude, mais du moins avec beaucoup
de vraisemblance que le même personnage est ici représenté. L'on reconnaît rraillenrs sur cette tête tous les vices que la tradition attribue au meurtrier de César: une intelligence étroite, un penchant aux sombres rêveries et une dureté presque cruelle.
Bemoulli, EdmiBCke IkonograpMe I T. XXX p. 191 et BUiv. A la Mbllograplile qui est citée pir cet auteur, il faut ajouter:
Visconti, Opère varie IV p. 321 U. 89, Friederichs-Wolters, Bauiitehie II. 1636 et Baumeister, DeukmlUer des )tl. Âltertuma I, p. 361 Fig. 390.
523 (14) Figure de jeune fiUe.
Trouvée en 1743 dans la viiia d HaUrieu prés de Tivoli (Fiooreni dans Fea, Miseellaiiea p. CLIX n. 84), donnée an Musée par Benoît XIV. Bestaurationg : la main gauche avee
le bouquet, quelques parties des doigts île la main droite, la plinthe. La, tête est rapportée; maifi elle paraît être
CHÂMBBE DU GLADIATEUR
antique et appartenir à la statue. La treue de oheYeax eet restaurée I ainsi que les iMoidélettes qui pendent audessous.
On voit en général dans cette statue une Flora; mais
cette interprétation est arbitraire. Il est beaucoup plus probable que c'est tout siinplement une figure de genre. La grande habileté techni(| lie, avec laquelle les draperies sont traitées, révèle Tesprit de la sculpture du temps d'Hadrien. Le manteau, dont les plis sont lourds et sans souplesse, représente évidemment un vêtement en étoffe raide, peut-être en satin. Il forme un contraste marq[ué avec le chiton, que Vartiste a caractérisé comme étant fait d'un tissu plus léger et plus flexible; mais aussi il empêche les formes du corps d'être mises en valeur comme elles doivent l'être.
Bottari TII, 45. Piraneei , Raocolta di statue T. 10. Visconti, Opère varie IV, 15 p. 101—104, p. 306 n. 61. Bouillon, Musée dee Antiques I 51. Montagnani II, 88. Rigbetti I, 4. Guigniaut, Rel. de Tant. pl. 101, 599 c. Clarac III, pl. 439 u. 795 A. Cf. Visconti, HUB. PlO'Cl. I p. 149 — 150, p. 154. Btaun, Bninen und Hnseen p. 199 n. 69.
524 (12) Statue dite d'Antinotts.
Cette gtatue fut trouvée en 17.''>8 dan? la villa d'Hadrien près de Tivoli io)-s des fouilles qui y furent entreprises par le cardinal Albaui; elle fut cédée par lui au pape Clément XII (Rom. Mitth. VI 1891 p. 59). Restaurations: les deux ayant -bras — toutefois la main droite est antique, sauf le pouce, l'index, et la partie inférieure de l'objet eu forme de h^ton — le pied droit, le bas de la jambe gauche avec le pied, le tronc d'arbre, la plinthe.
Cette statue représente un jeune bomme, dont la main droite tendue un peu en avant tient, penché obliquement vers la terre, un attribut dont l'extrémité supé*
rieure, qui s'est conservée , a la forme d'un petit bâton ; son regard suit la même direction; l'expression de son visage est légèrement mélancolique. En général on y voit on Antinous; mais ni dans la forme de la têt (3 ni dans la constitution du corps ne se retrouvent les traits particuliers qui caractérisent le favori d'Hadrien. Cet argument a d'autant plus de poids que la statiie a été découverte dans une villa de cet empereur ; une image d' Antinoiis,
Hblbio, Guide I. 25
MUSÉE DU CAPITOLE
qu'Hadrien avait l'oceasion de contempler souvent, devait
être plus que toute autre uu véritable portrait. Pour justifier néaumoius cette interprétation, on a prétendu qu'Antinous était ici représenté en Mercure (Hennés) avec un caducée renversé dans la main droite, et que par conséquent le sculpteur s'était efforcé de lui donner le plus possible les traits du dieu; mais les monuments, qui
I ep résentent à coup sûr le jeune homme comme un dieu (voir par exemple n. 295), n'offrent pas la plus petite analogie avec une pareil le conceptiou. Le type individuel d'Antinous y est toujours conservé; seuls le:^ attributs qu'on lui prête indiquent le dieu dont il s'agit. D'après une autre hypothèse, cette statue représenterait simplement Mercure, au moment où il accompagne un mort dans les enfers, en tenant son caducée renversé; ce motif pour* rait être parfaitement celui â*une œuvre d'art destinée à lui mausolée. Mais aucun sculpteur antique n'aurait osé donner à Mercure, des formes qui diffèrent autant que celles de notre statu(> des types traditionnels de ce dieu.
II est beaucoup plus probable, si Ton en juge d'après les formes généraleset d'après l'expression de la physionomie, que nous nous trouvons ici en présence d'un type idéal créé par l'art hellénistique. C'est l'attribut placé dans la main droite qui donnait à la statue son véritable sens. Mais il ne s'en est conservé que l'extrémité supérieure en forme de bâton, à laqu- ll ' était rattachée la partie inférieure de l'objet, évidemment en bronze. Comme l'hypothèse d'un caducée est exclue, on pourrait croire que c'était un rameau. Toutefois, si nous tenons compte de la pose du bras droit et de la direction du regard, ce qui nous paraît le plus vraisemblable, c'est que le personnage tenait une ligne. Dans ce cas, la statue aurait représenté un jeune homme pécbant, sujet qui convenait parfaitement à la décoration d'un bassin. 8i notre hvpothèse est exacte, une autre question se pose: ce jeune pêcheur était-il simplement une figure de genre ou bien avait -il une signification mythologique? Â ce dernier point de vue, il faudrait avant tout songer à Narcisse* Comme la