‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de RomeChapitre 37 sur 45 · CHÂMBBE BES TERRES CUITES · texte numérisé non relu

CHÂMBBE BES TERRES CUITES

saire du Romain Fabius , tend la niaiii droite vers son .nterlucuteur, comme pour lui faire des remontrances ou pour Tapaiser. Derrière Fabius se sont conservées les figures de quatre soldats revêtus de la tunique et armés de IflBises; derrière le chef ennemi, l'on distingue encore un homme sonnant de la trompette. La bande qui suit représente encore un entretien entre deux généraux; mais il semble que cette fois les deux interlocuteurs traitent de la reddition d'une ville fortifiée; car^ à gauche du groupe formé par le.s deux chefs, on voit un rempart, derrière lequel émerge le haut du corps de deux hommes reyétus d'un costume semblable à la toge. L'on n'a pas encore trouvé une explication satisfaisante de l'inscription fragmentaire que Ton distingue au-dessus des deux généraux. Une jambe qui s'est conservée plus haut que le rempart prouve qu'il y avait encore une autre bande de peinture. Ces fresques sont le produit d'un art à tendances certainement réalistes. Si nous les comparons à d'autres monuments , dont la date peut être approximativement fixée, nous constatons qu^elles présentent la plus grande ressemblance avec les peintures qui ornent des vases fabriqués en Campanie pendant le III^ et aussi -pendant une partie du IP siècle av. J.-C. Ce qui nous fournit encore un autre élément chronologique, c'est que tous les Ruinai IMS sont représentés sans barbe. Il faut donc admettre qu'à l'époque où ces fresques ont été peintes, la mode hellénistique de se raser complètement le visage s'était déjà répandue et était devenue générale dans le Latium; ce détail nous reporte, autant que notre connaissance des coutumes romaines nous permet d'en juger, à la période qui suivit la première guerre punique. Ces peintures semblent donc appartenir soit à la fin du 111^' siècle soit au IP siècle; cette conclusion est confirmée, comme ont bien voulu me le faire savoir des épigraphistes compétents, par la paléographie des inscriptions.

Enfin l'on pourra jeter encore un coup d'œil sur la tablette d'ivoire (dipiychon, pugiUares) et sur le poinçon (stilus) qui lui appartient; ces objets sont placés le long

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du même mur que le iiagment de fresque mais un peu plus près de la fenêtre Cette tablette se compose de deux plaques, réunies entre elles par quatre anneaux d'argent et pouvant se replier Tune sur Tautre. La face intérieure de chacune d'elles était enduite de cire jusqu'au cadre en relief. On écrivait sur la cire avec la pointe dti style, tandis que l'autre extrémité plus large .servait à effacer récriture. Le cadre avait pour but d empêcher que les deux couches de cire ne frottassent l'une contre 1 autre, lorsque la tablette était fermée, et qu'ainsi Técriture ne fàt effacée. A Textérieur des deux plaques est gravé le nom du propriétaire de la tablette: Gallienus Concessus v(ir) c(larissimus).

Salle des Bronzes.

La description commence à droite de l'entrée et suit

les murs daub le même sens.

607 Statue en bronse d'un Oamâloi.

Sixte IV fit transporter au Capitole cette statue, qui d'apidB une trailitioii douteuse se trouvait auparavant au Latran (Rom. Mitth. VI 1891 p. M 15). Daae les plus anciennes flesrriptions elle est désignée sons le nom de la Tzigane (Zingara), évidemment parce que Ton supposait* que sa main dro&te étMit tendae eu a^a&t «t saiaiMait la main d'one autre personne, pour tirer un hotoscope. Cf. Revue archéologique XLIII (1882) p. 26, p. 28. Kekulé, Ueber die Bronzestatae dea sog. Idolino (Berlin 1888) p. 16.

Comme sur plnsienrs bas -reliefs romains, où sont figurées d6B cérémomes du culte, les jeunes garçons, employés comme serviteurs pendant les sacrifices et nommés

Camilli, sont représentés sous des traits tout à fait analogues (voir par ex. urs. 156, 546), nous devons reconnaître dans cette statue l'image d'un Camillus, et admettre que ce type a été créé sur le sol romain. L^nipression qu^il produit est gâtée par l'absence des attributs. Si

^) Bull, délia comm. arch. mun. II (1874) T. VU, VIH, p. 101— 11.5. Baremberg et Saglio, DjLotionnaire des antiquités II 1, ad v. Diptychon p. 271 Fig. 2454. Cf. Heyer, Zwei antike Blfenbeintafeln (MUnohen 1879) p. 78 n. 45.

SALLE DES BEONZEb

nous supposons q^ue la main droite tendue en avant tient une coupe, et la main gauche penchée une oenochoé, Pœuyre devient aussitôt plus claire et plus vivante. Les BomainB tenaient à ce que les Camilli fussent beaux,

d'une conduite irréprochable et de bonne famille. Notre

statue exprime à merveille toutes ces qualités; ce qu'on

peut tout au plus lui reprocher, c'est que rexpression de

la tête fort gracieuse est plutôt insignifiante. L'on ne

saurait trouver aucun type analogue parmi les figures

.idéales, qui ont été certainement créées sous Tempire

romain; on peut donc se demander si nous ne sommes

pas ici en présence de Tœuvre d*un des artistes grecs qui

ont travaillé à Rome sous la République. La technique

du bronze est d'une finesse merveilleuse. Une bande,

faite d'un alliage particulier qui contient beaucoup de

€uivre, desçend| en avant et en anière, de chaque épaule

sur la tunique. Ce sont peut-être deux bandes de

pourpre^ qui couraient tout le long de l'étoffe. Dans les

parties de la tunique qui recouvrent le haut des bras, les

4$outures sont reproduites. Les bords des manches sont

couverts de points d'aiguille en surjet. Sur les courroies

de cuir qui forment le dessus des sandales sont gravées

des ornements gracieux.

Kekalé, Die Grappe deft Mpi^olaos T. II! :^ ^ 39. A la bibliographie, citée dans cet ouvrage, il faut ajouter: Highetti I, 33, Montaguaui II, 87 et Baumeister, Deukmàler des kl. Altertams II, p. 1108 Fig. 1805. Cf. FriedeTicha-WolterSf BAUsteine n. 1561.

608 Pied d*ime gtatue équestre.

Trouvé en 1860 au Transtévére dans le Vicolo délie Palme. Cf. nrs. 81, 611, ei5.

Ce qui prouve que ce pied est bien un pied de cavalier, c'est qu'au lieu de reposer sur quelque chose , il est suspendu. Le cuir qui protège le talon est orné d'uue fort jolie décoration de feuilles d'acanthe. On s'est demandé ei oe pied ne provenait pas de la statue de cava* lier, que supportait le cbeTal n. 615 trouvé au même endroit. Mais le travail des deux œuvres est trop différent pour que cette hypothèse puisse être admise. Les par-

ties nues du pied sont traitées avec beaucoup moins de vie que le corps du cheyaL

Bull. delT Inst. 1860 p. 34—35, p. 108—109. Brauii, Roinen nnd Muppon p. 137 n. IH. De Bonstetten, Berueil d' antiquités stiifises, 2. supplément (Lausanne 1867) p. 14. Verhandlaoï^eii der Berlin*»!' Gesellscliaft fur Anthropologie 1890 p. 202—203.

609 Cratère en bronse.

Troayé soi» Benoît XIII & Porto d'Anito (Anttom). Cf. Ficoroni dans Fea, Hiscellanea I p. CXXXV n. 35. Bestaurations: les anses et le pied.

Ce vase est d'un beau profil et sa décoration est pleine de goût; mais ce qui en fait surtout l'intérêt, c'est l'inseription gravée en pointillé sur les bords de la vasque,

inscnptioii d'après laquelle ce vase aurait été donné par le roi Mithridate Eupator aux Eupatoristes du Gymnase. Ce Mithridate était évidemment le roi de Pont (f 63 av. J.-C); quant aux Eupatoiistes, ce devaient être une société de gymnastique, qui existait dans une ville politiquement rattachée à Mithridate, peut-être à Athènes» et qui avait pris le surnom du roi. Le cratère fut sans doute enlevé comme butin pendant une des guerres entre Rome et Mithridate, puis transporté ù Antium.

Bottari T p. 4H (de rëdition italienne). Montagnani III 2 T. 92, Eiglietti i, 134. Keiuacli, Mithridate Eupator pl. III, p. 288, p. 460 B. 10. Tout le xeste se trouve dans: Coipua Inscr. Giaee. n n. 2278» Cf. TIscontli MuB. Pio-Cl. Y p. 215. Fiiedericlks-'Wolteis, Baustelne u. 2034.

610 Portrait en bronze.

Kn 1564 il fut donné au municipe de Kome par le cardinal de Carpi, Pio Kidolfo (Aldroandi dans Maure, Le antioMtà di Borna p. aoe; B5m. Uitth. VI 1891 p. 34). Les yeux sont enchâssés dans les orbites; la oomëe est faite

d'nne niatiôre blanche, les pupilles d'une matière brune. Ip n'ope pas dire avec certitude s'ils sont antiques oa litodeiiirs. Le buste paraît avoir été fait au XVI© siècle.

Le protil de cette tête ressemble dans ses lignes principales au profil de Lucius Junius Brutus , tel que nous le font connaître un denier frappé probablement par Marcus Brutus et une monnaie d'or de Lucius Pedanius Costa, lieutenant de Marcus Brutus. Il est donc possible que nous soyons ici en présence d'un portrait de l'homme

SALLE DES Uiiu:sZES.

qui, d'après la tradition, délivra Rome de la royauté. En tout cas notre tête correspond parfaitement à Timage que les éoiivains romainB tracent de Lucius Brutus. Elle e^rime une énergie poiBsante et une inflexible rigueur. Des yeux profondément enfoncés, dont le regard triste se projette en avant sous des sourcils touffus ; de la bouche , dont les coins sont un peu tirés en bas ; des plis qui partent du nez, coiume de ceux qui rident le front entre les deux sourcils: de tous ces traits se dégage une mélancolie profonde. On se rappelle involontairement le douloureux sacrifice, que Brutus, suivant la légende, fit au principe pour lequel il avait combattu, lorsqu'il ordonna, comme consul, le supplice de ses propres enfants, qui avaient conspiré avee les partisans des Tarqums. A la lin du VP siècle av. J.-C. l'art en Grèce et en Italie se trouvait encore dans la période archaïque; il en résulte que cette tête, si toutefois elle représente Lucius Brutus, n'est pas un véritable portrait. Nous devons beaucoup plutôt y voir Tœuvre librement créée d'un artiste postérieur, par exemple d'un sculpteur grec du in^ ou du II* siècle av. J.-C, qui avait profondément pénétré le caractère romain, comme Polybe parmi les historiens. Il faut remarquer dans cette téte les dimensioub extraordinaires et la laideui' des oreilles. Comme on retrouve ce détail dans beaucoup de portraits de répoque républicaine, il semble qu'il ait été un des traits distinctifs du vieux type romain. D'autre part la reproduction fidèle de cette particularité ethnographique concorde parfaitement avec les tendances naturalistes de Tart grec postérieur.

Bemoulli, RomiBtlie [kono-^rai^liie T p. 20 Fig. 1. A la bibliographie, réunie en cet endroit, li faut ajouter: Montagnaui iil li T. 90 n. 1, 2, et Vlseonti, Opère varie IV p. 328 n. 91.

611 L'anière-tnim d^on taureau ooloisal en bionse.

Trouvé en 1800 aa Transtëvére dans le vicolo délie Palitte. Cf. m, 31, 608» 615.

Nous pouvons nous représenter le motif original de la

statue grâce aux figureb cj^ui urnent le revers des monnaies

456 PALAIS DES GONSEBYATEUBS.

de Thurium (Fig. 28) : le taureau se précipite furieusement en avant; prêt à frapper, il baisse la tête et se bat les flancs de sa queue. La composition et le travail sont également excellents.

Pour corriger certains da£Etats dans la f<mte de la statue, l'on a inséré de petites plaques de bronze.

BuU. deU' InBt. 1860 p. 3a->a4, p. 110

612 Kain dW statue cdloisale en brau».

Se trouvait jadis au Latrau; est au Capttole au bm^iis depuis le oommencemeut du XVie aldele.

L'on a 8upi)osé que cette main faisait partie du même colosse que le pied n. 614; cette hypothèse ne saurait être admise, parce que la main appartient à une statue, qui était presque une fois et demie plus haute que celle dont provient le pied.

Ann. deU' I&st. 1877 p. 881--^.

618 Statue colossale en bronze d'Hercule (Héraclès).

Trouvée 80UB Sixte IV, lorsque Fou détruisit l'Ara Maxima, dans les environs du Ciicus Maximus ; transportée au Capitole sous le même pape (Bévue Arehéologique XLm lAs p. 25, p. 28; Bôm. Hltth. VI 1891 p. 16, p. 30, p. 48).

Hercule (Héraclès) est debout; à l'expression de sa physionomie on voit qu'il a conscience de sa force; dans sa main gauche il tient les pommes des Hespérides qu'il a ravies ; le geste de sa main droite, qui, penchée vers la terre, agite la massue, exprime la joie que le héros ressent de sa victoire. Cette statue paraît avoir été inspirée par une œuvre de Lysippe. L'exécution en est inégale; elle est meilleure dans les parties solides du corps que dans les pai*ties molles.

Vn dessin de Heemskerck a été publit' dans les Bôm. Mitth. VI p. 17 Fig. .1 (cf. Jahrbuch d. arnh. Inst. VI p. 149 n. 53va>. De Cavaleriis, Antiquae statuae urbis Koniao T. 75. De Rossi. Baooolta T. 20. Montsgnsni I, 41. Eighetti I, 36. Clarac V, pl. 802 £

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