SALLE DES BRONZES
Onaeus et Qiiintus Ogiihiius consacrèrent, avec l'argent des amendes, auprès du figuier Knniuiai. A cette époque les Bomains étaient déjà mcâtres de la Campituie; ils y avaient connu Fart hellénique et Fart helléiiisant; et il est bien diffîcile de droire qu'en cette année 295 une <Buvre aussi archaïque que la louve du Capitole ait été inaugurée officiellement à Rome. Quelques savants ont prétendu que notre statue était un travail des premiers temps du Moyeu-Age. Mais, comme un us -avouf? que la louve existait au siècle, il faudrait supposer qu elle date de Tépoque immédiatement précédente. Or il nous paraît impossible d'attribuer à cette période de profonde décadence artistique une œuvre aussi importante. Sur le diptyque de Bambona, petit monument lombard de la fin du IX* siècle, on voit, sous Vimage de Jésus crticîfié, la louve allaitant les deux jumeaux. On ne peut imaginer un contraste plus frappant que celui qui existe entre la barbarie enfantine de cette représentation et la sévérité earactéristique de la louve du Capitole. Ce qui date sans doute de cette époque, c'est la restauration maladroite qu*a subie ce monument de Tancien art romain. La basilique du Latran, après avoir été renversée par un tremblement de terre en 896, fut entièrement reconstruite sous le pape Sergius III (904—911). H est tout à fait naturel de croire que Ton voulut alors décorer la place située devant l'église avec les armes de la cité. Comme les sculpteurs du temps étaient incapables de faire une statue plus ou moins satisfaisante, on se mit à la recherche d'une 4]âuvre antique de la même espèce. On trouva alors notre louve, qui gisait peut-être tout abîmée dans le souterrain d'un temple païen, et l'on chargea un forgeron quelconque de la réparer, afin qu'on put en orner le palais du Latran.
Une reproduotliia dé la louvei Imqii'eUe ëiaîl encore but la place
de Saint-Jean de Latran, se troave dans lufessura, Diario délia città di Roma, ed. Tommasini (Roma 1890) T. III à la p. 38. D'autres reproductions sout dans: Muller-Wieseler. Deukmaler der altenKunat I 58, 288 (011 toute la bibliographie est réunie), liayet, Monuments de Tart antique I 27. Baumeister, Denkmftler des kl. Altertnms I,
464 PALAIS DES GONSfiBYATEDRS.
p. 510 563. Cf. Abu. déU' Intt 1867 p. 184—191. Detlefses, De arte Romanorum antiquissima III p. 7 et sutv. — Sur l'histoire de la louve: Anii. dell' Inst. 1877 ]•. 379 et sniv. Rom Mitth. VT 1891 •\K 8, p. 12 —14, p. HO. p. 45, — Sur le document reUtii à la statue: Revue archéologique XXXll UHIG) p. Itii, XLXll (1882) p. 25. — Le denier de P. Satrienne: Bsbeloiif Monnaies de la Sëpnlilique II p. 420. Les monnaies de Trajan: Cohen, Médailles impëtîales II* \i. 54 nrs. 338 840. Le diptyque de Ram'bona: Buonarotti, Osservazioni sopra alcuni framiueiiU di vas! auUchi di vetro, planche à la page 257 et suiv.
619 Statuette eu Inonse d'Héeate à trais ftœs»
Appartenait autrefois aux Ghigi; fat donnée au Musée par Benoît XI7.
Ce type est dérîyé d*une statue, exécutée par Alca-
mène, et qui se trouvait à Athènes auprès du temple de la Nikè Apteros. L'une des figures tient deux torches, emblèmes très anciens de la déesse de la lune; la seconde figure tient un serpent et un couteau ou un poignard^ attributs sans doute empruntés aux Erinyes, pour faire allusion à la puissance terrible de la divinité* La clef et la corde, placées dans les mains de la troisième figure, caractérisent Hécate comme gardienne des portes qui séparent le ciel du uionde souterrain. Les emblèmes qui ornent la tête de la première et de la seconde iigure sont dûs à l'influence des cultes orientaux. Le croissant de la lune et la fleur de lotus qui se dresse au-dessus indiquent un rapport étroit entre Isis et la figure qui porte les torches; le bonnet phrygien, entouré d'une couronne de rayons , qui recouvre la tête de la seconde figure, paraît • emprunté au culte de Mithra.
Causeus, Romanum Muséum I sect. 11 T. 20, 22. Muller-Wieseler, Denkmâler der alten Kunst II T. 71, 891. Conze, Heroeu- und 05ttergestalten T. LXVIII 2. Boscher, Lezikon d. gr. n. rSm. Mythologie I p. 1906. Tont le reste se trouve dans les Archaeol,epigraph. Mittheilungen aus Oesterreich V (1881) p. 6ÔAA. Cf. Rômifiohe Mittheilungeu lY (1889) p. 74.
La Chambre des Vases.
Les vases peints, placés dans cette chambre, proviennent pour la plupart des fouilles qui ont été exécutées entre 1860 et 1870 dans la nécropole de Caere
(Cervetri). Les personnes qui s'intéressent à ce genre de
monuments, feront Lien de s'orienter d'abord dans le Musée étrusque du Vatican; les vases attiques en particulier y sont beaucoup mieux représentéîs. Je me born*' ici à décrire deux des objets qui ont été rangés dsLm cette salle.
Presque au milieu de la chambre:
620 Ciste de bois reeonvert d'argent.
Trouvée en 1861 près de Préaeste (Palestriua) dans uue tombe dite à «fosea». Il n'y a d'antique que les ornements en argent. Le uoyau de bois, doat il ne s'était conservé ([ne pou de débris fragileflf a été refait par le restaurateur
moderue.
La panse de cette ciste a une forme cylindrique semblable à celle des cistes de bronze trouvées dans les tombeaux de la nécropole de Préneste qui datent du III^ siècle av. J.-C. Mais le couvercle, au lieu d'être bombé comme
dans ces dernières, est plat et n'a pas de poignée. La ciste elle-même, aujourd'hui, n'a plus qu'une anse, qui est moLile; mais il semble que primitivement elle en ait eu deux. Les ornements, qui décorent le couvercle et la zône inférieure de la ciste, ainsi que les figures d'animaux placées immédiatement au-dessous du bord supérieur, sont en partie repoussés, en partie gravés; les masques terminés par des palmettes auxquels l'anse vient aboutir, et les figures ailées semblables ù des Ilarpyes qui oment les bandes verticales de la ciste, sont estampés avec des moides; enfin les animauN: qui sont représentés sur les deux zones du milieu ont été découpés, et leurs lignes intérieures gravées. Les motifs figurés, comme les motifs de pure ornementation, sont évidemment originaires de l'Asie antérieure. Le tombeau de Préneste, dans lequel la ciste a été trouvée , appartient à une période nettement déterminée du VI® siècle av. J.-C, période pendant laquellf' les Etrusques et les Laliiis i iitretinrent avec les Carthaginois des relations commerciales très suivies ; à ce moment furent importés en Italie beaucoup de produits phéniciens en général et en particulier car-
Helbig. Guide I.
thaginois. On est donc porté à croire que cette ciste est nn article d'importation sémitique. Toutefois la différence
entre le style des objets d'art pliénicien et le style de l'industrie artistique des Grecs à ses débuts n'est pas encore établie avec une certitude suffisante, et il reste possible que cette ciste ait été fabriquée dans un ancien centre d'industrie grecque, puis importée à Préneste.
Mon. deU' Inst. VIU T. 1—8; Ânn. 1866 p. 186 n. 7o. Ar-
chaeologia 41 I (Londres 1867) pl. 10, 11 p. 203 n. 3. Voir ea outre Seliiimarher, £iiie praeueatinisclie CiBte im Muséum zu Carlsruhe p. 3« -40,
Sur la console du bas, le quatrième objet à droite de
l'entrée:
621 Cratère d Aristonothos 0.
TtoiiYé dans une tombe de Caere.
Ce cratère est un des plus anciens vases de fabrication grecque, ornés de n pi ésentations mytholoirifiiu .s , qui aient été trouvés en Italie. D'après le style des peintures il peut remonter jusqu'au VIP siècle av. J.-G. Sur l'une des faces on voit Ulysse et ses compagnons enl'onçant dans Tœii de Polyphème le pieu qu'ils ont rougi au feu. Toutes les figures, suivant la mode grecque arcbaïque, ont la lèvre supérieure rasée, tandis que la barbe du menton est taillée en pointe. Au-dessus de la figure du Cyclope est inscrit le nom du fabricant, que l'un a lu Aristonothos, Aristonoplios ou encoî-e Ariston de Cos. Sur l'autre face sont représentés un bateau à rames et un bateau à voile, s'élançant l'un contre l'autre pour combattre. La paléographie de l'inscription ne fournit aucun indice certain, qui permette de retrouver où le vase a été fabriqué. D'après le style et la technique , il serait originaire de l'Orient grec.
Mou. deir last. IX 4; Auu. 1860 p. 157 et suiv. Wieuer Vorlegebliitter fur aroliaologische Uebungen 1888 T. I 8. Cf. Klein, Die grieehischen Vasen mit Heieteraignataren p. 27 — ^28. Helbig, Daa homeripclie Epos 2» Edit., p. 252, p. 313— ai4. Bie. Kampfgruppe and KAmpfei-typen p. 19. Arch&olog. Anzeiger 1Ô92 p. 76.
Le Musée du Latran.
Ciiinme toute la "bibliographie rrlatire aux Tnonnmeiits de ce Musée, telle qu'elle se trouvait en 1867, est réunie daus le catalogue de Benndorf et Schône ««Die autikeu Bildwerke des lateranischen Masemus» (Leipzig 1867), je ne la répète pas après chaque naméro. J*ai préféré renvoyer tout Blmplemeut à ce catalogue, que je désigne par les abréviations B. S. p. . . n. . ., et citer seulement ce <]\ù n paru depuis l'aiHiée 18G7. Exception u'ei^t faite ù cette règle que pour les monuriK vits qui ont été publiés dans des ouvrages facilement accessibles. £n pareil cas, pour que le lecteur puisse sisément se reporter à ees ouvrages, je les cite au début de la bibliographie.
Première chambre.
Au milieu de cette chambre a été placée une partie de la grande mosaïque découverte en 1824 dans les Thermes de Caracalla et qui est actuellement conservée dans ce même palais du Latran, mais à Tétage supérieur (n. 704). Le fragment , dont nous nous occupons ici, représente trois athlètes debout; l'un d'eux, dont les mains sont entourées du ceste, est évidemment un pugiliste. Cf. n. 704.
622 (8) JBas-ieUef| Tenlèvement d'Hélène.
Trouvé peut-être dans la villa Pàlombaia; autrefois dans les Appai*temeuta Borgia du Vatican.
Pâris est assis dans son navire ; avec un empressement
joyeux il tond les bras vers Hélène, afin de Taider à monter auprès de lui. A ce moment décisif, Tépouse de Ménélas hésite à suivre mn séducteur; elle s'arrête et regarde mélancoliquement devant elle. L'admiration, que la beauté
MUSÉË DU LATRAN.
d'Hélène inspire à un compagnon de Pâris, est exprimée
par le regard étonné de cette figure et par le mouvement de sa iiiaiii droite. Les sentiments qu'éprouvent les trois personuages sont parfaitement rendus avec très peu de moyens. Le travail est purement décoratif, mais pourtant bien grec. Malheureusement la surface du bas-relief a été fort endommagée par Thumidité.
Ânn. deU' Inat. 1860 Tay. d'agg. C p. 121—128. B. S. p. 4 n. 8.
623 (10) Bas-relief fonénure.
Trouvé, semble-t-ilt prés de la voie Flaminienne, non loin dn Monte Flndo; transporté au palais RuspoU, puis dans 1p« A^iparfpnipntiï Borgia. Restaurations: les avant- "bras droits des deux tignref prineijialps : dans la tignre virile, le genou droit; en outre une partie de la lance. Les têtes des denx figures principales sont bien antiques, mais n'appartiennent pas ans corps. La tête de l'homme (restauration: le olmier dn casque) est une tête de Pallas.
Le défunt, suivant la coutume grecque, e;»t représenté en héros auprès de son coursier. Tl tend la main à sa femme qui est assise devant lui, tandis (ju'à ses cotés un serviteui* est debout, tenant la lance de son maître. Eu haut à gauche sont suspendus le bouclier et Tépée du héros. A droite s'élève un laurier , sur le tronc duquel un serpent est enroulé; dans les branches est perché un oiseau, le bec ouvert. H faut sans doute voir ici dans le serpent un animal sacré, dont la présence indique que le défunt est transformé en un héros. La composition de cette œuvre rappelle certains types de bas-reliefs funéraires, souvent employés aux derniers siècles av. J.-C.daus les îles de la mer Egée, et que pour cette raison Ton a coutume d^appeler bas-reliefs de style insulaire. En tout cas la conception du sujet comme le caractère de Texéoution prouvent que notre bas -relief est antérieur à répo([iie impériale, et qu'il provient de la partie orientale du bassin de la Méditerranée.
B. S. ]). 5 11.10. Frif»<Vnf ii«.VVolter? . lîaasteiae ii. 1813. Cf. Kttrtwaiigler, Sammlnng J^alxmroff I Emleituuj? zu den Soulpturen P' ^7. — Sur le serpeut, voir; Denekeu, De tkeoxeniU «Berlin 1881) p. 51. — En ce qui coaoerne le style dit insulaire: Aroh.-epigr. Hitth. ans Oesterreleh XT p, 171.
PBEMIÈKK CHAMBRE.
624 (11) Bai-relief déoorant une fontaiiie*
Trouvé en 1822 dauB l68 rolneB de Falétics; jadis dftns les Api>artemeut8 Bor^ia. IJo^tauratioriF; : dans la figure de riiomniP. la partie inférieiii e de la draperie qui retombe, des fi'aguieuts de la maia gauche, du bras gauche, du eauthare et de la corne à boii-e; dans l'enfant, le haut dn crftne, le nés, la main droite avec la partie attenante du bras, la jambe droite; en outre le morceau supérieur de la tête de la colombe, et difPérentes parties du fond.
Un homme barbu , dont le type et le costume rappellent ceux du Bacchus (Dionysos) barbu, est debout, tenant dans la main droite une corne à boire, et dans la
main gauche un canthare; il baisse son regard vers un entant nu qui, assis par terre sur un rocher, lui tend la main droite comme pour lui demander soit la coi Jie soit le canthare. L'intérieur de ces deux vases est ptircé^ aâu que Teau en puisse jaillir. A gauche s'élèye un rocher, sur le haut duquel se dresse un obêne; une colombe y est perchée. Ce bas-relief concorde avec la tradition arcadienne, d'après laquelle le fils d'Esculape (Asklépiu<), ayant été exposé, fut nom ri par I rygon (toui'terelle), puis retrouvé par AutolaoR, fils d'Arkas. Ce qu'il y a de plus curieux dans cette o uvre, c'est le mélange étonnant des styles. La figure de l'homme, aux plans aplatis, rappelle les bas •reliefs de la grande époque; l'ceil, bien que le yisage soit vu de profil, est représenté de face suivant l'habitude du style sévère; d^autre part, la manière dont est modelée la figure du jeune garçon et le style naturaliste de son corps sont l'indice de tendances artistic^ues, qui ne se m an i lestèrent pas avant une période déjà assez avancée de la civilisation hellénistique. La même observation s'applique au paysage qui entoure le motii principal.
B. p. C, 11. 11. Si'lii.iber , Die liellenistischen Keliefbilder T. XTV. Cf. Arcli. Zeitniif; XXXVIII (1880> p. 15;}— 154. Sclireiber, Die Wiener Branueareliefs aas Pal. Cfrimaiil p. 10.
625 (13) Haut-relief représentant deux pugilistes.
Restauration certaine: dans le lutteur qui se trouve à gauehef la ouisae ainel que la pariée du ventre représentée
80U6 la draperie: restaurations probables: la tête et le bras droit de la même ftgare.
470 ' MUSÉE DU LATRAN
Ce haut-relief, qui ne trouvait jadis à la villa Aldobrandini, était déjà connu du temps de Raphaël , qui en fit une esquisse. D'après le style, il semble dater de
l'époque de Trajan.
B. S. p. 8 u. Id. Baumeister, Denkiualer des kl. Altertums I, p. 524 Fig. 566.
626 (1 9) Statuette de Némésis.
Trouvée probablement dans la villa d'Hadrien prés de
Tivoli. Restauration B : Vavant-bras gauche, avec le pli de la draperie qn'il tient, le bras droit et IVpanle droite avec la partie du manteau qui la recouvre, le fragment antérieur du pied droit, quelques morceaux des doigts du pied gauche. LeB bords de la plizithe ont été retallIéB par une mtin moderne. La tête, dont la partie postérieure a été restaurée, est réunie au corps au moyen d'un morceau moderne; elle eat antique mais n'appartient pas à la atatue.
L'attitude de la déesse et l'arrangement noblement
simple de la draperie prouvent que cette statuette reproduit un original de la grande époque attique du V*^ siècle. Primitivement Némésis personniliait le sentiment moral du bien et du mal, la conscience. Plus tard elle devint peu à peu une déesse qui maintient la juste mesure dans les choses humaines , et qui veille à ce que le bonheur et le malheur se fassent équilibre dans le monde. Pour expliquer la pose du bras gauche, qui lève une partie du manteau, on rappelle l'habitude que les anciens avaient de cracher dans leur sein pour écarter les accidents. Mais il paraît bien improbable qu'un usage de la vie courante ait été ainsi représenté dans une image divine. Le mouvement du bras gauche exprime beaucoup plutôt, comme dVUeurs la pose de la tète chastement penchée, la réserve modeste, précisément la vertu que Némésis recommande aux mortels. Le bras droit, qui tombe, tenait probablement un des attributs qui caractérisaient cette déesse depuis la plus haute ahtiquité, par exemple une aune.
B. S. p. 12 n. 19. Gf.^tephani, Compte-rendu pour 1873 p. 151 et sniv. Posuanaky, De Nemeeeos monumentis (Yratislaviae 1888)
p. 20 et suiv.
PBËMIÈIIE CHAMBRE.
627 (20) Bas -relief représentant on empereur et des
licteurs.
Ce bfts-relief a été probablement tipouvë» avec les trois
fragments de frise uvs. 629 — 631 soub Clément VIII Aldobrandini non loin du forum de Trajan, lorsqu'on fit les fondations de réalise S. Eufemia. Les quatre moreeaux i*<»stèrent ju8(|a'eu 181:^ daus la villa Aldobrandini; cette atiuée là, ils forent acquis par Camuccini; pals en 1826 Ils fùrent transportés dans les Appartements Borgia. Restaurations: la tête et la main droite de l'empereur, la tète de l'homme qui .se trouve derrière rempereui*, représenté avec la même hauteur de relief.
Diaprés le style eomme d'après le lieu de provenance, qui toutefois n'est pas absolument certain , ce bas*relief date de T époque de Trajan; aussi le restaurateur, que la tradition orale dit être Thorwaldsen, a donné avec raison
les traits de eut empei'eur à la ligure principale, La tête égaiemeut moderne de l'homme qui se tient debout derrière l'empereur est celle d'Hadrien, que Trajan avait adopté et associé à l'empire. Le restaurateur a représenté lo jeune homme avec un visage complètement rasé, comme c'était la mode sous Trajan, B. s. p. 18 n. 20.
628 (26) Bas-relief décorant une fontaine.
IKabord an palais Qinstiniani, pois chez Laden Bonaparte prince de Canino: il fut ensuite acquis par Pie VIT, Restaiiratioua: Tanglf' supérieur gaurhe du bas- relief, le bout du nez et le talon gauche de la >;ymphe; dans le Satyre enfant, le bout du nez, l'épaule gauche, le brae» gauche depnls le biceps jusqu'au poignet, la moitié Inféiienre de la jambe manche; dans le Panisque, le bout du nez, Tavantbras gauehe, presque tons les doigts, le pedum sauf un petit moreeau qui s'appuie sur le bras au-dessus du coude, le bas de la jambe gauche excepté le sabot, la plus grande partie de la syrinz; en outre le boid de la corne, l'aile droite de Taigle, plnsienre fragmenta dans les têtes des df^iTY chèvres, presque tontes les têtes des oorbeaax, la tête et le ooa du serpent.
Ce bas*reiief représente une Nymphe offrant à boire dans une grande corne à un Satyre enfant qui est assis devant elle sur nn rocher (cf. n. 388). Le trou pratiqué
dans la corne contenait le tube, d'où jaillissait le jet d'eau . Derrière le Satyre eufaut, daus luie ouverture du rocher,
MUSÉE DU LA IRAN
un Pauisque est debout, jouant de la syriux et teuant nu pedum. Par devant on voit deux chèvres, Tune touchée et l'autre qui paît; sur le rocher un aigle déchire un lièvre. Derrière le rocher s^élève un figuier sauvi^e, sur lequel se trouve un nid avec quatre jeunes corbeaux. Un serpent monte en s^enroulant autour du tronc d'arbre et lève avidement la tete vers le nid, tandis que les deux vieux corbeaux, perchéy sur les branches les plus basses, défendent leur progéniture en ouvrant leurs ailes. C'est là un tableau tout pénétré de cet esprit idyllique , qui a exercé une si grande influence sur Part hellénistique. Le cadre, qui entoure ce motif, a le même caractère ; il rend par des scènes typiques la vie des animaux dans la nature libre. L'on a supposé que ce bas-relief ne représentait pas réducation d'un Satyre quelconque, mais bien celle de Pan d'après la tradition arcadiennc; c'était le dieu saprênie de l'Arcadic, et l'art du Péloponnèse lui donne en général une forme complètement humaine (cf. n. .389); ici Partiste aurait adjoint à ce Diopan (Tan-Jupiter) un compagnon à jambes de bouc (Aegipan). Mais il nous paraît difficile d'admettre qu'une légende aussi peu connue que le mythe arcadien de Péducation de Fan ait jamais inspiré l'art décoratif. Autant que nous pouvons le savoir, cette légende n'a été racontée que par un seul poète, Euphorion, qui vivait au III® siècle av. J.-C. Les poëmes savants et obscurs de cet écrivain étaient fort peu lus, et par conséquent incapables d'exercer une influence quelconque sur les arts. L'exécution élégante mais froide de notre bas-relief prouve que ce n'est pas un original hellénistique; c'est une copie exécutée à l'époque impériale. Si Ton veut se faire une idée du style artistique de l'original, l'on n'a qu'à comparer le fragment dix Vatican n. 388, qui provient d'un bas-relief représentant le même sujet, mais beaucoup mieux exécuté.
B. s. p. 16 n. 24. Schreiber, Die hellenistUolien EeUefbUder T XXI. Cf. von ^Viiamowitz-MoeUendorf, IsyUos p. 88 note 68.
An h. Zpituîi- XXXVriI (1880) p. 153—154. Schreiber, Die Wiener Bruniienrehels ans Pal. (irimani p. 10. — Sur le i>oëme d'£apUo> Pion, voir: Meiueke, Analecta Alexandrina p. 158,