‹ Guide dans les musées d'archéologie classique de RomeChapitre 41 sur 45 · SECONDE CHAMBRE · texte numérisé non relu

SECONDE CHAMBRE

Seconde chambre.

Cette chambre contient suitont dee membres d'architecture et des tngmentB de décoration oruemeutale; je ne cite que trois morceaux, qui provieunent. semhle-t-il. fin forum de Trojau invB, 629 — 631 — eur leur provenance, voir n. G27).

629, 630 (86, 168) Deux fragments de frise.

Ces deux fragments se com})lèteiit Vnn l'autre ; évidemment les Amours représentés sur le n. étaient groupés avec des griffons comme ceux du n. 168, et l'Amour du u. 168 appartenait à un motif composé de deux Amours, comme on peut le voir sur le u. 86. La frise, dont ces deux fragments faisaient partie, était formée d'une série de couples d'Amours, dont les corps, au-dessous des hanches, se terminaient en rameaux, et dont chacun donnait à boire à un griffon. Ces figures, par la sévérité du style avec laquelle Tartiste a traité leurs corps et leurs ailes, sont subordonnées au caractère décoratif de l'ensemble. Sur le n. 86 entre les deux Amours est représentée une amphore y dont la panse est ornée de trois figures en relief, un Satyre et deux Bacchantes.

B. s. p. 38 n. 59, n. 68. Cf. Han«er, Die neu-attischen Reliefs p. 43, p. 107.

631 (130) Frâg^meut d une frise décorée de feuilles et de

fleurs.

Malgré leur luxuriante surabondance, les ornements produisent une impression aussi nette que grandiose.

Il est intéressant de comparer les fragments décoratifs antiques, qui se trouvent dans cette chambre avec une

632 (178) Plaque de cheminée, de la fin du XV*^ ou du

commencement du X\ P siècle.

Le centre de la frise est occupé par une couronne de fleurs et de fruits, tandis que de chaque côté le champ du bas-relief est orné d^arabesques et de deux griffons groupés autour d'un masque scénique et d'un vase rempli de fruits. L'exécution est plus soignée et plus fine que dans les

MUSÉK DU LATRAN.

œuvres antiques. Dans ces dernières Tartiste u'a rendu avec force que FeBsentiel; il a négligé ou seulement indiqué les parties accessoires. Le sculpteur de la Renaissance, au contraire^ a travaillé avec le même soin tous les

motifs jusque dans leurs plus petits détails; et par ce

procédé il a souvent dépassé les limites de la technique particulière au marbre. Il en réi^ulte que ses ornements font un eûet moins net et moins calme que la décoration antique.

PIstoleti, n Vaticano deacrltto ed illastrato III 24 (en bas) 'p. 76.

Troisième chambre.

6d3 (2Ô6) Statue d'Antinotis.

Trouvée eu 1798 à Oètie près de Tor Bovacoiana; au Vatioan jnsqu'en 1863. RestanratioTiP : la tête, le COU, tOUS les doigts, sauf le pouce droit BOit entier soit en partie, presque tout le pli de la draperie rempli de fleurs; cette dernière restltnàon est justifiée par un petit fragment encore Tlsible de la partie postérieure.

Cette statue a été restaurée exactement en Antinous; car les fonues du corps, en particulier le thorax fortement bombé, sont caractéristiques du favori d'Hadrien. Il semble qu'Antinous soit ici représenté comme Yertunme, un dieu d'ori^ne étrusque, qui présidait à la succession des saisons et à leurs différents produits, et dont le culte fut de très bonne beure introduit à Rome. Dans le pli de la draperie devaient se trouver non-seulement des fleurs, mais encore les fruits qui caractérisent les diverses saisons.

8. B. p. 51 n. 79. Dietrichaon, Antinoos pl. IV 11, p. 187 n. 20.

634 (258) Sarcophage denfant avec des lepi éventa tions athlétiques.

Autrefois dans la sacidstie de S. Stafano in Fisciuola.

A droite on voit la fin d'un pugilat. Le vaincu est assis par terre, tandis que le vainqueur debout auprès de lui reçoit comme prix une couronne des mains du personnage qui présidait au combat. Plus à gauche, deux athlètes luttent à main plate sous la surveillance d'un

QUATEIÈME CHAMBRE.

autre président de jeux. Entre eux sur le sol gît le vase rempli de sable qui caractérise la palestre (voir nrs. 337 — 339, 826). LWdonnateur du combat tient dans la main gaucbe une palme, prix de la victoire; il lève la main

droite, comme pour donner quelque instruction. A])rt's le groupe des lutteurs viennent deux pancratiastes, également surveillés par un directeur des jeux, qui tient une palme. Tous deux sont debout, solidement appuyés sur le pied droit; ils ont levé chacun leur jambe gaucbe, afin de porter un coup violent à l'adversaire; ils se sont mu* tuellement saisi une main, et de l'autre se préparent à engager la lutte. A droite on voit le couronnement d'un athlète vainqueur. Il tient une palme dans la main gauche, et porte la main droite à la couronne que le président du combat, debout auprès de lui, lui place sur la tète. Ce dernier personnage tient dans sa main gauche une seconde couronne. A gauche du vainqueur, un bonmie barbu sonne de la trompette (tuba) pour annoncer la victoire de l'athlète.

(j)ua,ii'ième cliambre.

63Ô (278) Bas-relief attique^ Médée et les Péliades.

Trouvé en 1814 daas la cour de Tanoieime Académie de France (palais SimonettD an Corflo.

Pour se venger de Pélias, Médée fit croire à ses filles qu'elles rajeuniraient leur père, si elles découpaient son

corps en morceaux et le faisaient bouillir dans une chaudière. Les jeunes fdles se laissèrent duper et infligèrent à Pélias une mort épouvantable, Kutrc^ bas-reliel' représente les préparatifs de cette mystérieuse cuisine. L'une des Péliades est occupée à dresser le trépied, dans la chaudière duquel Pélias doit bouillir. L'autre sœur semble tourmentée par un triste pressentiment; on dirait qu^elle se demande si réellement l'effroyable entreprise aura le résultat promis par Médée: vile appuie sa tête sur sa main droite levée, qui tient l'épée avec laquf lle le corps de Pélias sera découpé; son coude droit repose sur sa main

MUSÉK DU LATRAN.

gauche, dans laquelle se trouve le fourreau de Fépée. £a face d^elle Médée est debout, reconnaissable à son costume asiatique, ayant dans les mains un vase rempli d'herbes m ag iqu es. Elle soulève le couvercle de ce vase, pour en jeter

le contenu dans la chaudière, et elle regarde fixement la Péliade qui hésite encore. D'après le style, ce bas- relief date de la grande époque at tique du V*^ siècle; d'autre part l'exécution en est ai fraîche, qu'on peut avec raison le considérer comme une œuvre originale de cette période. Dans les sandales les semelles seules et non les courroies sont représentées plastiquement; dans la figure de Médée Vartiste a seulement indiqué par un léger coup de ciseau les morceaux d'étoffe qui tombent du bonnet; nous devons donc admettre que ce bas-relief était peiiit en plusieurs endroits. Tar la conception du sujet, par la composition. ))ar le style et par les dimensions, il se rattache très étroitement aux bas -reliefs qui représentent Orphée et Eurydice (cf. n. 790) et à ceux sur lesquels on voit Thésée et Pirithoûs dans les Enfers (cf. n. 826). L^on a essayé de prouver que ces sculptures , ou tout au moins leurs modèles orii^inaux étîiient dos bas-reliefs funéraires; mais rette théorie e^t inadmissible, parce qu'on ne trouve jamais des scènes mythologiques sur les bas-reliefs de la grande époque grecque dout le caractère funéraire est certain. De plus ce sujet des Péliades en particulier aurait été tout à fait déplacé comme décoration d'un tombeau. Il est beaucoup plus probable que les originaux de ces bas-reliefs étaient des ex-voto consacrés par des chorèges ou des poètes pour rappeler les victoires remportées par eux dans les représentations dramatiques. Bans cette hypotiièse le sujet même de la sculpture ferait allusion à la tragédie couronnée; poui' notre bas-relief, ce serait le mythe des Péliades, mythe traité par Euripide dans une tragédie qui portait ce nom.

B. S. p. 61 n. 02. Frietleiiciis- Woitere, Bausteine n. 1200. SitxungBberiolite der bayer. Àkademie 1881 II. pmi.-Mst. Cl. p. 95 et 8\iiv. .Tahrbuch des arcli. Instituts III (1888) p. 68 et suiv., p. 225 rt piiiv. Ahliaadl. des arcli.-epigr. SeminareB in Wien VHI

(iUdii) p. 130 et suiv.

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