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QUATRIÈME CHAMBRE

636 (288) Tête de Pan jeune.

ReBtauiatiuas: lu bout du nez et le buste.

Cette tête, que jadis l'on prenait à tort pour la tête d'une Panisque, reproduit le type dont nous avons parlé • au n. 389: mais la nature de bouc y est accentuée; car la

mâchoire supérie\ire est plus développée et le nez uu peu camard.

B, S. p. 67 u. 101. Aan. delF Inst. 1877 p. 2(tô.

637 (291) Statue de Germanicus (?).

Trnnvpp m 181^ à Vfnfîs. R<'staiiiations : Toroille «;auclj('. quelques moiceaux de l'oreille droite, le bras droit, le bras gauche depuis le biceps avec la partie de la draperie qui le recouvre et le bâton, le bu de la jambe graucbe, la moitié iafërieure de la jambe droite avec le tronc d'arbre, les pieds, la plinthe.

Le personnage est représenté, à la manière héroïque, Vhimation jeté autour des cuisses et du bras gauche.

Evideiiiment il pronouce un discours; mais le geste oratoire est ici moins animé que dans les statues n. 6 et 649. La main gauche tenait une lance ou une épée; la main droite sV( artait du corps, à peu près comme l'a restaurée r artiste moderne. De face la tête présente une ressemblance frappante avec le portrait le plus authentique que Ton possède de Germanicus, c^est à dire avec la fameuse statue trouvée à Gabies : mais elle en diffère, vue*de profil, par la courbe très prononcée du nez, et rappelle plutôt les portraits de Drusus le jeune, fils de Tibère.

B. S. p. fi8 u, 10.-3. Bernoulli. Rômisclie Ikonographie II 1 T. IX, p. 170 Fig. 24, p. 169 u. 7, p. 204, p. 238 u. 2.

638 (319) Statue de Mars (Arès)?

Jadis au Muëëe Hamiltou, puis à Fraseati dans la collection MarcouL Restaurations: le cimier du casque, le nez. les lèvres, les denx bras, Vépanle gauohe avec le morceau de la draperie qui la recouvi'e, la partie du vêtement «lul cache la poitviiv» fivpc Vaf2:rafo qui se trouve sur l'épaule (Ivoitp. PII ont)»' plusieurs autres éclats insignitiants et les bords de la plititUe.

Il est très vraisemblable, mais non absolument certain que cette statue représente Mars (Arès). Ce qui justifie

MUSÉË DU LATRAl^.

cette interprétation, c'est qu'une réplique de cette ceavre

trouvée à Ostie poi-te comme dédicace l*inscription Marti. et que dans un groupe. 011 Vénus (Aphrodite) et Mars sont réunis (cf. n. 502), le dieu de la guerre a la même attitude. Toutefois l'inscription de la statue d'Ûstie prouve uniquement qu'elle était dédiée à Mars, et non' qu'elle représentait ce dieu: car on pouvait lui consacrer aussi bien des images d'autres divinités ou de héros ou même de simples mortels; il est également très possible que Tauteur du groupe cité plus haut ait employé j)our représenter Mars une figure qui ]>riiiiitiven-ient avait une autre signification. Les nombreuses répliques, qui se sont conservées de cette statue, prouvent qu'elle reproduit un original célèbre. Le type de la tête ressemble à celui de Polyclète (cf. n. 58) ; mais les formes en sont plus molles et le caractère plus naturaliste; il faut rattacher ce type à un développement ultérieur de l'école du Péloponnèse. Dans le corps certains détails font une impression étrange sur le spectateur: le torse est trop long par rapport aux jambes; il en est de même des cuisses comparées aux mollets. Quant à l'incertitude du mouvement, il faut Tattribuer en grande partie au restaurateur. Nous devons nous figurer que la main gauche du personnage était levée de côté et s'appuyait sur une lance. Le casque et la chevelure ont conservé quelques traces d'une couleur rouge, sur hiciueile était peut-être appliquée de la dorure.

S. p. 78 n. 187. Cf. Fiiederichs-Wolters, Bausteine a. 1298.

639 (348) Statue de Satyre, probablement d'après Praxitèle.

Ees tau ratio as: le aez, lo bras droit à partir du biceps, le bras gauche sauf deux doigts appuyés sur la hanohe, un moreeau de la peau d'animal, le bas des deax jambes, les pieda, le tronc d'arbre, la plinthe.

Cette statue reproduit le type dont uoub avoués parlé au n. 525. L'exécution en est médiocre, et tout à fait uégligée pour le dos.

CINQUIÈME CHAMBRE. 479

640 (352) Fttrtarait dNin membre de la Oeni Claudia.

Restau ratio as; le nez, les boids supéileurs des oreilles, le buste.

Il y a peu de temps encore, cette tête d'un tin travail était cousidérée coraiiie un portrait soit d'Octave soit de Tibère. Mais elle ne représente ni l'un ni l'autre. En tout eas, d'après le type du visage, nous sommes ici en présence d'un descendant de la gens Claudia appartenant à la dynastie des empereurs Juliens.

B. S. p. 94 n. 153. Bei nuiaii, Komiache Ikouogiapiiie 11 i p. 170 n. 8, p. 171 Fig. 26.

641 (371) Fragment d'un vase en marbre.

Sur ce fragment, dont les bas-reliefs sont d'un excellent travail, on voit une image de Pan avec une queue et deux cornes, mais d'ailleurs eutierenient humaine (cf. u. 389), puis un jeune Satyre qui s'avance vers la droite en dansant avec animation. Pan, dont l'épaule gauche est recouverte d^une peau de lion, frappe des cymbales ; le Satyre saisit de ses deux mains la peau de lion qui flotte autour de lui, et en même temps tient un thyrse dans sa main gauche levée.

B. S. p. 99 u. 167. Anu. dell' lu&t. Ib77 p. 212 not. 1. Haueer, Die ueu-attisclieu Reliefs p. 51 n. 68.

Cinquième chambre.

642, 643 (396, 405) Hermèe vml et hermès féminin.

Trouvée, paraît-il, près de Nettuao. Restaurations: daus l'hermès viril, la plus grande partie des cornes et des orelUeSt le bandeau qni tombe sur l'ëpanle gauche, le bras gattcbe

depuis le biceps aiusi (^ue la grappe de raisin ; dans la figure de l'enfant le liant du corps et la partie infcripur-^ df^ la jambe droite: le fût <le Thermés depuis rextr^mité interieiU'e de la draperie et d'autres morceaux iusigiiiliauts. Daus le second bermès: la tête, le cou, la main gancbe, le bras droit depuis le biceps avec la C4irbeille de fruits, la partie inférieure du fût ainsi qu'un morceau de la drapprie : de l'enfant assis sur l'épaule gauche il n'y a d'antique q^ue les amorces des fesses et un fragment du pied gauche.

Ces deux hei^ès sont évidemment l'œuvre du même artiste et se font pendant. Le sexe masculin de Tun

MUSÉE DU LATRÂN.

d^entre eux est incontestable: quant à l'autre il paraît

bien représenter un être féminin, si Ton en juge d'après le chiton aux manches fendues, ainsi <|ue d'après les formes rondes et molles de l'avant-bras gauche qui s'est conservé. L'enfant assis sur l'épaule de chacun des deux hermès, la corbeille de fruits certainement antique que l'homme porte sur Tépaule droite, la guirlande de fruits qui dans l'autre hermès tombe de Tépaule gauche et ressort sons la draperie près des hanches: tous ces détails prouvent que les deux hermès représentent un couple de divinités présidant à hi prospérité des enfants et des fruits. Dans la tête conservée intacte de l'hermès viril, on retrouve une physionomie orientale, qui, parmi les types de dieux nettement déterminés, rappelle surtout celui de Priape (cf. n. 147). Toutefois on ne peut pas y voir une image de Priape, parce qu'on ne trouve jamais les cornes parmi les attributs du dieu et qu'il n'était Jamais associé à une autre divinité. Aucune tradition ne uons apprend (|u une déesse ait fait pendant à ce dieu, et même i idée d'un couple pareil est en opposition avec la nature de Priape^ que les anciens conecYnient comme une sorte d'hermaphrodite réunissant en lui les deux sexes. L'on a prétendu que ces deux hermès représentaient simplement Pan et Paniska; mais on ne saurait admettre cette opinion, parce que la tête antique de l'hermès viril ne ressemble à aucun des types certains de Pan. Peut-être fant-il tout simplement voir ici encore (cf. n. 365) des divinités italiques représentées sous des formes grecques. Pour créer le type du dieu, l'artiste s'inspira du type grec de Priape, en ^joutant les cornes qui caractérisaient Pan — c'est là un procédé artistique qui s'explique très bien, s'il s'agissait par exemple de trouver le type le plus convenable pour Faunus, l'ancienne divinité agricole du Latium.

B. p. iO§, n. 181, 188.

044 (107) Urne cinéraii*e.

Elle fut trouvée eu 1825 «laïus la Vij^ua Aiimieiidola sur la voie Appienne; elle provient sans doute <lu tombeau des VolnsU sltuë en cet endroit. Voir n. 157.

( liSQUIÈAlE CHAMBRE.

Cette unie cinéraire avait été fabriquée d'avance ; car dans le caxtouche destiné à l'inscription ne sont gravées que les lettres initiales de toute épitaphe latine D(i8) M(ambu8); le reste du champ est vide. Les inscriptions trouvées dans le tombeau des Yolusii (voir n. 157) re« montent au premier siècle de Vompire; la composition pleine de goût et l'exécution soignée des reliefs qui onient notre ciste indiquent qu'elle date de la même époque. Ces reliefs ne (Comprennent pas seulement des motifs de pure décoration, mais aussi des figures. Sur la face antérieure, au-dessous de la guirlande de fruits, est représentée la fin d'un combat de coqs. Un enfant , dont le coq a remporté la victoire, a conduit, avec un empressement joyeux, Toiseau vainqueur vers une table sur laquelle se trouvent des couronnes et des palmes, prix du triomphe. Le coq tient déjà dans sa patte gauche une couronne, qu'il a évidemment prise sur la table. A gauche un autre enfant emporte tout en pieuiaut son coq qui a été tué dans le combat. Sur chacune des deux faces latérales, au-dessus de la guirlande de fruits, se voit un nid de jeunes corbeaux. Sur la face droite, un des vieux oiseaux donne à manger à ses petits, tandis que l'autre lutte contre un serpent, qui s'est dey à enroulé autour de ses pattes et de son corps. Il est probable que le bas-relief du côté gauche reproduisait une scène analogue; mais il est trop mutilé pour que l'on puisse en reconnaître les détails. Sur cette même face, au-dessous de la guirlande, sont représentés deux Amours qui tourmentent une petite panthère femelle; sur la face droite, on voit un enfant ivre qui s'avance en titubant^ soutenu par un autre enfant.

645 (391) Groupe de Mithra.

Troiivp pea de tempa avant l'aimée 1863 prés de la

Scaia ganta.

Mithra était un ancien dieu aryen de la lumière, surtout adoré en Perse » dont le culte prit peu à peu un caractère mystique par suite de la fermentation et du

HsiiBio, Guide I. 31

MUSÉE DU LATBAK.

83riicrétiBme religieux qui se produisirent dans les royaumes

deb £>ucce.>beui.s d'Aioxaudre. C'est suub Domitien i|ue l'on trouve la première trace de ce culte en Italie. Il devint très important à l'épcxjue d'Hadrien et den Auto- BiuB ; sous Septime Sévère on le rencontre parmi les cultes de la Domus Augnsta. A la suite des légions il pénétra progressivement dans toutes les provinces de Fempire. L'image, sous laquelle le dieu est figuré à l'époque romaine, a été inspirée par une composition grecque souvent reproduit Cj représente uue Victoire isaciiiiaut un taureau (cf. n. 729). Notre groupe se distingue par son excellente consei-vation des autres répliques qui se trouvent dans les musées de Bome. Mitbrai suivant Thabitude, est un éphèbe, vêtu du costume asiatique , qui égorge un taureau; ce siyet fait sans doute allusion à la puissante action du soleU sur la nature terrestre. La £^té de la terre est symbolisée par le bouquet d'épis, qui termine la queue du taureau. L'on ira pas encore expliqué avec précision ce que siguifiaieut le ciiien qui approche la tête de la blesbure de la victime, le serpent qui s'avance eu rampant du même côté, et le scorpion qui se trouve sous le ventre du taureau.

B. s. p. 117 n. 190. croate la blbUographie relative aux monuments mithriaques est rëonie dans: Preller- Jordan, Rdmische Mythologie II p. 413 not. 4.

646 (39 d) Cerf en basalte.

Trouvé en 1822 ou 1823 hors la Porta Portese dans îa Vigne des Siguori délia Missione, c'est à dire sur remplacement des jardins de Cëear. Restaurations: le ramure, les deux otMbBj let jenx de pl&tre peint enchâSBës dans les orbites, le mnsean, un morceau de la queue, toute la jambe gauche de devant, dans les autres jambes la partie inférieure. Toutefois le pied droit de devant et l'appui qui soutient le pied gauche de devant sont antiques. De la plinthe il ne s'est conservé que la paitie antérieure, à laqneUe adhérent ce pied et cet appui.

Un trou de forme quadrangiilairc visible au côté droit du corps et une amorce qui s'est conservée au-dessous de ce trou prouvent qu'à cette place le cerf était en contact avec une autre âgure. L'on a supposé en conséquence

SIXIÈME CHAMBRE

qu'il avait fait partie de la statue colossale d'une divinité, comme Apollon ou Diane (Artémis). Mais cette hypothèse ne saurait être acceptée; car le morceau antérieur de la plinthe, qui s'est conservé, nous en fait connaître la forme primitiye et la largeur; elle était assez grande pour supporter le cerf, mais non une autre figure debout auprès de ranimai. Les traces d*amorceB et les dimensions de la plinthe s'expliquent au contraire fort bien, si l'on admet quW personnage était assis sur le dos du cerf, par exemple Diane qui est parfois représentée dans cette po* sition (voir par es. n. 6).

B. S. p. 118 n. 800. — En ee qui concerne Diane montée surs nn oerf, voir: Stephani, Compte-rendu pour 1868 p. 6 — ^7.

647 (406) Vache.

Restaurations: les deux cornes et les deux oreilles, le quatre jambes, la queue, les tétines du pis.

Ce qui gâte l'impression produite par cette œuvre,

c^est que le restaurateur n'a tenu aucun compte des

amorces de pieds qui s'étaient conservés sur la plinthe et

par suite a restitué les jambes dans une position inexacte.

L'exécution est inégale. Tandis que le corps est traité

avec assez de naturel, les formes de la tête sont émoussées

et indécises.

B. S. p. IIB u. ZOi,

Sixième chambre.

Toutes Ir>â Boolptures placées dans cette Chambre ont été trouvées peudaut les auuées 1840 et IHIG à Cervetri (Caere), sur Templarement de l'ancien théâtre, nioimment qni paraît avoir Hé construit aux premiers temps de i' empire, autaut qu'on peut tirer une eeneloslon de Tëtnde des raines. Les statues qui proviennent de oet édifice (nrs. 649 — 6M) étaient sans doute disposées dans des niches ou le long des murs; cnv la partie postérieure en est d'une exécution peu soif^néf*. riusicurs d'entre elles formaient peut-être la décoration du mur de la soéue. Cf. B. S. p. 121 — 122.

648 (428) Tète colossale d'Auguste.

Bettanratlont: le bout dn nea, nn moioean de la nn^ne, le bnste.

Gomme Findiquent les bords arrondis de la section du cou, cette tête était destinée à être enchâssée dans une

MUSÉE DU LATRAN

statue. Les propoi-tious en sont uu peu serrées, par comparaison avec d^autres portraits du même empereur; ce détail tient à ce que la statue était faite pour être vue de loin.

B. S. p. 124 n. 203. BernoulU H 1 p. 81 n. 20.

649 (433) Btatoe eniraMée.

Beataui^ations eu jt>iàtre; ia tête, qui reproduit ieb traits de Gemanieiu, le bTM droit, rextrémitë supérieure de la poignée de l'épée, une grande partie de la draperie, quelques fragments des lamlirequins de la ouiraSBe, l'orteU du pied droit, presque toute la plinthe.

Comme la plupart des statues trouvées sur remplacement du théâtre de Caere sont des portraits de membres

de la dynastie impiriale des Julii; comme en outre d'après le stylo , d'après la disposition de la cuirasse et d'après les bas-reliefs qui In décorent, cette n'uvre date du commencement de r empire, on doit admettre que cette statue, dont la tête a disparu, représentait elle aussi un personnage appartenant à la gens Julia. Cet homme est représenté a&essant un discours aux soldats, comme Auguste dans la statue de la Villa ad Gallinas (n. 5). La main gauche tient le manche de Tépée qui est cachée sous le manteau: le bras droit était tendu en avant et un peu à gauche à la hauteur de l'épaule; tout le côté droit du corps obéit à ce mouvement. Sur la cuirasse décorée de bas-reliefs on voit en haut le dieu du soleil sortant des flots sur son quadrige; au-dessous deux Barbares revêtus du costume asiatique sont agenouillés, et donnent à boire à deux griffons. La composition et le travail de la statue sont également excellents.

B. S. p. 124 n. 204- Bouner Studieu (Berlin 18d0) T. I 2 p. 10.

650 (43r^) statue colossale de libère.

Bestauration: le nés.

Le type est le même que celui de la statue trouvée à Pipemo, dont nous avons parlé au n. 93* Mais la tête est ceinte d'une couronne civique (corona civica) tressée en feuilles de chêne, comme dans la statue du même em-

SIXIÈME CHAMBRE

perenr qui provient de Yéies (n. 87), et le manteau couvre

le dos tout entier.

B. S, p. XM u. ton, BernoaUi U 1 p. 148 n. 8.

651 (436) Statue dite de la seconde Âgrippine (morte eu 59 ap. J.-C), épouse de Claude,

Bestauiatioiks: le nez, roreiUe gauohei les deux avantbras aveo le seeptre et la conpe, quelques morceaux de la draperie.

Si l'on voit dans cette statue un portrait de la seconde

Agrippine, c'est parce qu'il a été trouvé au même endroit un fragment d'inscription, sur lequel s'est conservé le nom de cette impératriee, et aussi parce que le profil de la téte, si Ton fait abstraction du nez qui a été restauré, présente une ressemblance superficielle avec les meilleurs portraits d' Agrippine connus par les monnaies. Le bandeau qui entoure la tête est composé de perles rondes et allongées; si Ton avait affaire ici à Âgrippine, il indiquerait que 1 iiupératrice est ici représentée en prêtresse, soit de la gens Julia dans sou ensemble, soit plus particulièremvut de Claude divinisé. La restauration des bras avec le sceptre et la coupe parait exacte. L'exécution est de beaucoup inférieure à celle des autres statues de membres de la maison impériale qui ont été trouvées au même endroit.

B. S. p. 127 n. 207. BemonUi, Bonûâohe Ikonographle II 1 T. XIX, p. 188 n. 10, p. 366—867.

6Ô2 (437) Statue colossale de Claude.

L'empereur est représenté en Jupiter (Zeus) assis, le front ceint d^une couronne de chêne (corona civica). La tête a le même type fortement idéalisé que la tête colossale d'Otricoli (n. 306). La bande k peine travaillée

qui descend perpendiculairement à partir de l'épaule gauche, et la cavité qui existe derrière cette bande ht^inl)leut iudiquer <|ut' la -^tatur s appuyait en cet endroit sur le dossier d'un trône (cf. n. 666).

B. 8. p. 128 n. 208. BeraonlU n 1 p. 888 n. 7.

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653 (438 ) Statue revêtue de la toge. •

Restaurations: le hoiit du nez, quelques fragments aux deux oreilles, la iiiaiu gauche avec le rouleau (restitutioii probablement exacte), ravant-bias diciti le pied droit, 1» partie antérieure du pied gauche , on morceau du bord la« férieur da Ifi dzapefiOr la pUnibe.

Il n'y a aucune raison pour Toir dans œtte statue un

portrait du premier Drusus.

654 (439) Statue cuirassée du premier Dnisus (?).

Restaurations: le nez, l'oreille gaucho, le bras droit, l'avaut-bras gauclie avec la draperie et Tepee, uu morceau de la face interne du mollet droit, le pied gauelLe ainsi qu'nn moroean de la jambe, le tronc d'arbre, la plintbe.

Le personnage est représenté prononçant un discours, dans la même attitude que la statue n. G.'jT. La tête, d'un noble cara( t*'ie, dont les formes et l'expression dénotent beaucoup d'intelligence et d'éuergie, rappelle les portraits de Germanicus connus par les monnaies, ainsi que ceux de son père, Drusus l'aîné; étant donnée la grande ressemblance qui existait entre le père et le fils, tout ce qu'on peut dire, c'est que la statue représente l'un ou l'autre de ces deux personnages.

B. S. p. 129 u. 210. Bernouiii II 1 T. XIII, p. 170 u. ii, p. 205— 206, p. 214, p. 239. Bonner Stndien (Berlin 1890) p. 10. Somisèhe HittbeUnngeB YI (1891) p. 814.

655 (444) Portrait d homme.

Beataurations : le bout du nez et {quelques morceaux des oreilles.

D'habitude on considère cette tête comme un portrait de Caligula: cette opinion ne ptnt pas se soutenir. La forme du crâne, le profil et la coiliure ne ressemblent nullement aux mêmes détails dans les portraits certainement authentiques de cet empereur; la physionomie n'a pas l'expression méchante qui caractérise Caligula.

B. s. p. 180 n. 211. Bemonlli n 1 p. 806 n. 4 Flg. 49, p. 818.

656 (442) Fragment d'un bas-relief, qui représentait les

cités de la confédération étrusque.

Sur ce fragment se sont conservées les personnifications de trois villes, toutes trois désignées par des

SIXIÈME CHAMBRE

inscriptions. Tarqumies est représentée sous lestrcnt< dun homme barbu, dans l'attitude prescrite pour les sacrifices, le derrière de la tète couvert de la toge. On y voit avec beaueoup de vraisemblance une image de Tarchon, le héros de Tarquimes, auquel les Etrusques attribuaient la fondation de leur religion et de leur civilisation. Après le prétendu Tarchon vient la déesse protectrice de Vulci, assise sur un trône et tenant une fleur dans sa main droite tendue en avant ; c'est là une figure, qu'un Romain, en la voyant, aurait appelée Yénus et un Etrusque Turan. Yetulonia est personnifiée par un homme nu au corps vigoureux, tenant une rame dans la main gauche, et derrière lequel s'élève un pin. Encore aujourd'hui les pentes de la montagne sur laquelle était située Yetulonia (près de Culonna a marc) sont recouvertes du côté de la mer d'une abondante foret de pins. Le revers de cette plaqui' de marbre est aussi orné d'un bas -relief, qui semble représenter un porc debout sur un autel ou sur une base; il fallait donc que le revers de ce monument f&t visible au moins en partie. Mais il est impossible de déterminer avec certitude quelle en était primitivement la disposition. L'on a supposé que notre bas-relief provenait d'un siège carré, dont trois côtés contenaient chacun les images de quatre cités étrusques, et que ce siésre faisait partie do la statue de Claude (n. 652) trouvée dans la même fouille. Comme cet empereur avait souvent favorisé TEtrurie et comme il avait écrit une histoire des Etrusques en langue grecque, un siège orné de pareils motifs lui aurait parfaitement convenu. D'après une autre hypothèse ce bas-relief aurait fait partie de la décoration d'un socle ou d'un autel ayant aur deux faces opposées des saillies, et il aurait orné l'une de ces saillies.

Ann. deir Inst. 1842 Tav. d'agg. C p. 37—40. B. S. p. 130 n. 212. Cf. Aichàol.-epigr. Mittheilungen aua Oesterreich XI (1887) p. 104 et Boiv., p. 124 — 125.

657 (44Ô) Portrait en pied d'une femme.

Restaurations: l'avant-'bras droit et les bords de la piiuthe. La tête (restauration : le bout du uez) est antique mais II appartient pas à la statue.

MUSÉE DU LATâAN.

Gonune on a trouvé en même temps et à la même place une inscription qui nomme Dmsilîa, il semble que

notre statue représente cette femme, fille de Germanicna et sœur fie Caligula. lia boîte à encens (acerra), qu'elle tient dans la main gauche, rappelle peut-être les privilège des Vestales, que Caligula avait coni'érés à ses sœurs. Quant à la tête bien antique, mais rapportée, on y voyait autrefois sans raison un portrait de Livie; c^est beaucoup plutôt un type idéal insignifiant, d'origine récente, auquel on ne peut donner aucun nom précis, parce que Tart gréco-romain Ta employé pour représenter plusieurs déesses et diverses personoiiications.

B. S. p. 1^2 n. 21 a. Bernoulli U 1 p. 326. — Sur les portraits de Livie, cf. n. 243.

658, 659 (447, 450) Deux Silènes dormant sur leurs outres.

Restaurations: n. 447, le nez, l'oreille i^auche, la moitié antérieure du pied gauche; n. 450, le nez, roreille droite, le pied droit sauf le taloa; en oatre quelques moreeaux de U plinthe.

Les ouvertures ménagées dans les outres prouvent que ces deux statues décoraient une fontaine. Au moment de s'endormir pour cuver leur ivresse, les Silènes ont placé leurs outres sous leurs têtes en guise d^oreillers, mais ils ont oublié qu'elles n'étaient pas fermées. Leurs têtes, par la pression qu'elles exercent, font sortir le liquide. L'on a trouvé un couple de figures semblables dans les ruines des théAtres d'Arles et de Civita Castellana (colonia Junonia Faliscorum). Kos deux exemplaires ont été exécutés dans le style décoratif. B. S. p. 13d n. 214» 216.

660 (448) Autel de ManUus.

D'après l'inscription gravée sur la face antérieure, cet autel fut dédié par ses clients au Censor perpetuu» Gains Maniius. Au-dessous de la guirlande qui entoure l'inscription est représenté le sacrifice d'un taureau; ce bas-relief nous fait connaître maints détails du vieux rite

SEPTIÈME CHAMBBE.

romain. Le Romain, qui offre le sacntioe, est debout à droitf^ de Vautel, prêt à faire une libation en versant le contenu d'une patère. Auprès de lui se tient un Caniilius (cf. n. 607), tenant dans la main droite une cruche, et portant sur l'épaule gauche une draperie ornée, semblentil, de frangea (ricinium?). A gauche de Tantel, deux jeunes serviteurs agenouilléB et revêtus seulement d'un tablier (cultrarii) tiennent la tète du taureau abaissée. Un homme (popa), également revêtu d'un simple tablier (limus), lève une hache sur la tête de Tanimal pour lui donner le coup mortel. Derrière le taureau on voit un second popa, qui de la main droite appuie sur son épaule un maillet de sacrifice (maliens) et qui porte dans sa main gauche un plat rempli, semble-t-il, de fleurs et de fruits; devant la victime un joueur de flûte accompagne de sa musique la cérémonie sacrée. Sur chacune des deux faces latérales de l'autel est représenté un Tiare avec un rhyton et une coupe (cf. n. 551). Le bas-relief de la face postérieure représente une déesse assise sur un trône, entourée de trois hommes et de trois femmes qui lèvent leurs mains avec le geste de l'adoration. La corne d'abondance, que cette déesse tient dans la main gauche, et la patère qu'elle porte dans la main droite, sont les attributs caractéristiques de la Fortune; mais, à ce qu'il semble, il faut la considérer ici dans un sens plus étroit comme la déesse protectrice de la \âlle de Caere. C'est évidemment en son honneur qu'est célébré le sacrifice représenté sur la face principale.

Kon. deU' Inst YI 13; Ann. 1S68 p. 1—17. B. S. p. 184 a. M6.

Septième ciiambre.

661 (462) Statae de Ifon^aSi d'après Myron.

Trouvée aa mois d^aviU 182d dans un atelier de soulp* teoT antique sur TEsquilin, Via dei qnattro Osntoni n. 46 —

4B. Restaurations: les oreilles, les (imx bras, le bU de la jambe gauebe, la moitié antérieure du pied droit.

PrimitiTement la flûte était un instrument très populaire parmi les Athéniens, et il avait sa place dans l'édu-

MUSÉE DU LATRAN

cation musicale de la jeunesse; mais plus tard, pendant la période qui suivit les guerres médiques, il devint l'objet d'une antipathie déclarée, et cette antipathie fut très vive surtout parce que la flûte passait pour être l'instrument national des Béotiens, de ce peuple voisin que les Athéniens avaient pris en haine. Ce sentiment inspira un groupe en bronze de Myron (cf. n. 333), qui représentait la déesse protectrice de l'Attique, Minerve (Athéna),

Pig. 80.

exprimant tout son mépris pour la flûte devant le Silène Marsyas. Nous avons conservé des copies de ce groupe sur trois monuments attiques, sur un vase en marbre orné de bas-relief, sur un vase peint à figures rouges (Fig. 30) et sur une monnaie (Fig. 31). Dans un mouvement de dépit. Minerve a jeté loin d'elle les flûtes qui lui font grimacer le visage; Marsyas, qui s'était approché doucement, curieux d'entendre des sons inconnus, saute vn arrière, eff'rayé par le geste violent et inattendu de la déesse; mais il jette toujours un regard de convoitise sur les flûtes, que nous devons nous figurer tombées sur la

SEPTIÈME CHAMBRE

Fig. 31.

plinthe dans le groupe original. Notre statue est une copie faite d'après ce Marsyas. Le restaurateur a restitué inexactraent les braB avec des crotales (xçéxocXa). Les mains ne tenaient aucun attribut; leurs gestes, comme le mouTement du corps, exprimaient le saisissement, que l'acte de la déesse causait à Marsyas. Le bras droit était tendu en l'air, le bras gauche s'écartait du corps. Comme le Discobole (n. 833), le Marsyas de Myron fixait la figure humaine au moment le plus caractéristique d'une action qui entraîne toutes les parties du corps.. L'œuvre originale était en bronze; aussi devons-nous faire abstraction du tronc d'arbre et des appuis placés sous les pieds, qui dans la copie en marbre atténuent sensiblement riinprrssion vivante de la figure. Le style de notre statue concorde très bien avec les reuseiguements que nous avons sur la manière artistique de Myron. Les formes du corps, quoiqu'un peu anguleuses, sont rendues avec une netteté et une précision étonnantes; au contraire l'expression de la physionomie a encore quelque chose de raide, et les cheveux sont absolument traités dans le style archaïque.

Les meilleures reproductions se trouvent dans Kayet, Monumenta de l'art antique I pl. 33, et dans Brunn und Bruckmann, Deukmâler gr. u. rom. Sculptur n. 208. Overbeck, Geschichte der gnriecliisclieii Plastik I> p. 206a. Banmeister, Benkmftler d. kl. Altertams II, p. 1002 Vig, 1210. B. S. p. 141 n. 225. Voir eu outre Friederiohs-Wolters , Bausteine n. 454. Gazette archéologique XI (1886) p. 304 et suiv. Sauer, Die Anfange der statuarisclien Gruppe p. 68 et Buiv. Mélanges de r£cole française de Rome X (1890) p. lis— 128.

662 (476) Statue de Sophocle.

Trouvée à Terracine et donnée en 1839 au pape Grégoire XVI par la famille Autonelli. Restaurations faites pur Teneraiu: la partie des cheveux qui te iTonve aa-deasus du c6të droit du front, les arcades sonrciliéres presque tout

entières, le nez, un gros morceau de la jone dioite, la moitié inférieure de la moustache droite, quelques fragments de la l)arbe, presque toute la main droite (néanmoins une partie de la paume est antique jusqu'à la naissance da

MUSÉE DU LATBAN

pouce) T U dispexle qui Teconyie le êos jusqu'au bas dea molletSi les fileda, le Bciiniam, la plinthe.

a La statue considérée en elle-même produit tout à fait rimpression d^une œuvre originale ; elle semble avoir été conçue pour la matière même dont elle est faite , et Bculptée par un cieeau grec indépendant» (B. S. p. Iô9)< Il est beaucoup plus vrabemblable qu'elle reproduit, peutêtre en effet avec une certaine liberté, le portrait en bronze de Sophocle, élevé, sur la proposition de Lycurgue, au théâtre de lîacchus (Dinny>ios) à Athènes, entre 350 et 330 av. J.-C. Elle a «sans aucun doute le caractère d'un monument public»; elle se rattache par la conception comme par le style à la seconde école attique alors en pleine prospérité. Un artiste qui plus de cinquante ans après la mort de Sophocle sculptait un portrait du grand poète, pouvait s'inspirer de la statue que lophon, fils de Sophocle, fit élever à son père immédiatement après sa mort, et du tableau peint dans le Poccile, sur lequel le poète était représenté jouant de la cithare. Eu tout cas notre statue est une image en général fidèle et complète de la personnalité que Fartiste a voulu exprimer. Sophocle est debout devant nous, dans la force de l'âge; il a la grâce aisée de 1* Athénien, dont Tesprit et le corps se sont développés avec une harmonie parfaite; c'est il tous les points de vue une personne noble et distinguée. Le geste du bras gauche appuyé sur la hanche et le léger embonpoint du ventre sont traités de manière à augmenter encore le caractère calme et mijestueux de la statue tout entière. La physionomie du visage exprime à la fois, avec une finesse incomparable, Fintelligence, l'imagination, la gravité, la bienveillance. La draperie est un vrai clief d'œuvre; elle laisse transparaître le plus clairement du monde les formes du corps qu'elle recouvre ; elle se développe avec la plus grande aisance, sans cesser dêtre soumise aux exigences de l'art. L'habileté, avec laquelle le sculpteur a drapé le manteau, est surtout visible dans le bourrelet que forme Vétoffe au-dessus de la main gauche. Il a ainsi très heureusement évité Tim-

HUITIÈME CHAMBEË.

pression confuse, qu'aurait certainement produite la convergence en un même point d'an grand nombre de lignes. Ce qui tout au plus peut être considéré comme étranger à l'esprit du siècle et par conséquent au caractère de

Sophocle, c'est l'élégance un peu recherchée que l'on reconnaît daii» cette statue , élégance qui régna pendant le TV® siècle dans la .société distinguée d'Athènes, et qui exerça maintes fois son influence sur l'art de la seconde école attique (cf. nrs. 265, 266). Ce caractère se révèle dans la pose de la tête qui n'est pas tout à fait naturelle, et dans rarrangement de la barbe, dont on a pu dire avec raison qu'il est un peu trop recherché.

B. S. T. XXrV p. 153 n. 237. Baumeister, Denkm. d. kl. Altertnms m, p. 1686 FIg. 1767. Cf. Ftiederielis-Wolte», Banateine n. 1807. Jahtbaeli des aroh. InstitutB Y (1890) p. 159>— 160.

Huitième chambre.

663 (487) Bas-relief heUénistique.

Restauration: le nez de l'homme.

Ùn homme âgé , dont le visage complètement rasé a une physionomie très individuelle , évidemment un poète

ou un actcui , est assis devant une table sur laquelle se trouvent deux masques scéniques et un rouleau à moitié développé; dans sa main gauche levée il tient un troisième masque, qu'il vient, semble-t-il, de prendre sur la table. Derrière on voit une tablette placée sur un appui fort élevé, et dont il manque la partie droite. La section de cassure a été refaite par une main moderne. A droite de la table et tournée vers Thomme, se tient une femme entièrement vùtuu, dont la main droite levée est brisée; mais d'après la forme de la brisure il est probable qu'elle tenait un petit objet allongé, par exemple un poinçon.. Aussi peut-on se demander, par comparaison avec une pein* ture murale découverte à Herculanum, si ce bas-relief ne représente pas un poète on un acteur dramatique cou* ronné qui consacre un objet en souvenir de sa victoire. Le poète ou Pacteur dramatique tient dans sa main le masque rscénique qu'il veut dédier; la tablette tigurée au

MUSÉE DU LATRAN

fond de la scène est destinée a conlt iùr 1 inscription ; quant à la femme, dans laquelle ou peut recoonaître soit une Muse soit la personnification de rinstruction scénique (&cSMxaX(a)» elle se prépare à tracer Finscription avec le poinçon. L'on a supposé récemment que ce bas-relief était la reproduction d'une peinture de Protogénès , qui représentait Philiskos de Corcyre , l'un des j)lus importants poètes tragiques de l'école alexandrins, plongé dans une méditation protonde. Mais on ne saurait admettre cette hypothèse, parce que l'uu des deux masques placés sur la table est sans aucun doute un masque comique. Ce bas-relief paraît être un ordinal hellénistique. L'exécution en est fine et pleine de caractère* H faut surtout remarquer l'habileté avec laquelle l'artiste, malgré les petites dimensions de son œuvre, a su exprimer Tindividualité dans la tête de rhomme.

B. S. ]). 163 u. 245. La plus ancifîirto Teproduction de ce basrelief se trouve dan» Itpllori, Ilhistrium pkilosophoram, poetarum, rlietorom et oratorum imagiues (liome 1685) T. 69, Sclireiber, Die Wiener BrannenreUefs sus Pàlasso Oiimaxii p. 8, Fig. 3, 4 (cf. p. 67 not. 25); Die helleiOBtisehea ReUefUlder T. 8é. Cf. Benndorf, Beitrâge zur Kenutniss des attischen Tîieaters p. 36. Abhaadlungen des aroh.-epigr. Seminnrs m Wien VIII (1890) p. 54 et siiiv., p. 149. — Sur la peinture murale: Helbig, Wandgemâlde der vom Yesuv verBohutteten StMte Campaniens n. 1460.

664 (496) Fragment d'ane statue représentant une Nymphe endormie.

EestAuratiosB : le bout du nez et le derrière de la tête.

Le motif original de la statue, dont provient ce fragment, nous est connu grâce à plusieurs répliques mieux conservées, qui décoraient sans aucun doute des fontaines. La Nymphe reposait, étendue sur le sol; elle s'appuyait sur son coude gauche, tandis que sa tête penchée, pendant son sommeil 9 était soutenue par sa main droite ramenée sur son épanle gauche. Sous son bras gauche «tait placé un yase, dans lequel se trouvait la bouche de la fontaine. Le travail est 6n, mais un peu inégal.

— 2A« ^' ^' ^' (k^&nt aux répU^ues, voir B. S. p. 247

HUITIÈAiE CHAMBRE.

665 (520) Tête d une Satyre.

Eestaontioiui: un moToeaa de la joue gaaelie, le meatoiif

le buste.

Si nous voyons dans cette tête une image de Satyre du sexe féminin , c'est parce que d'une part les oreilles sont pointues et le front surmonté de deux petites cornes,

et que d'autre part les formes sont celles cVuue femme; en outre le sommet de la tête est recouvert d'un chignon. La chevelure est retenue par uu bandeau et entourée d^une couronne de pin. Les trous creusés avec le ciseau dans cette couronne serraient à y adapter des bouquets de feuilles de pin en bronze. La bouche s'entr'ouvre pour un sourire cordial; on distingue les deux rangées de dents.

666 (524) Tète de Fan jeune.

Bestaorations: le nez» la lèvre supérieure, le buste.

Cette tète reproduit le type de Pan dérivé du l^pe créé par Polydète (voir n. S89). Au point de vue des

formes et de Texpression il appelle les mêmes remarques que le n. 606.

B. S. p. 178 u. 277. Cf. Âun. deU' Inst. 1877 p. 203.

667 (ôâ4) Statue colossale de Neptune (Poséidon).

Trouvée en 1824 à Porto sur remplacement d'un édifice ron f=!i(l arable , que l'on considère général fomme des tlieimea. Rostaurations : le nez. tout le bras gauche avec le trident, la moitié antérieure de Tavant-bras droit avec raplaetre, le bas des deux jambes, quelques fragments de la barbe et des ebeveux, le vaisseau, le dauphin, la plinthe.

Cette statue reproduit un type qui se rapproche de l'art de I^ysippe, qui paiciit avoir atteint son développement le plus complet dans une statue en bronze du temps d'Alexandre le Grand, et que l'art postérieur a reproduit souvent en le modifiant plus ou moins (cf. n. 836). Neptune est debout; sa jambe droite, pliée à angle droit, repose sur la proue d^un bateau, le coude droit est appuyé sur la cuisse droite; de la main gauche le dieu tient

49ti MUSÉE DU LÂTRÂN. !

son trident. La pose aisée et Texpresi^iou de la physionomie, qui paraît légèrement fatiguée, semblent indiquer que le dieu se repose après un effoii:. Le type de la tête est ici plus voisin du type idéal de Jupiter (Zeus) que | dans la tête n. 111; mais les cheveux sont aussi dans notre I statue tout imprégnés dliumidité. Le corps du dieu est

plus trapu que celui de sou frère.

Les principales liefues de la tete Hont accentuées par un travail profond du ciseau; le regard est fortement baissé; ces deux détails prouvent (jue la statue devait être placée très haut. L'aplustre tenu par la main droite nuit à la beauté simple des contours; il semble que le restaurateur l'ait ajouté par erreur; la main droite pendait sans doute le long de la jambe, sans attribut, comme sur les médailles dont les effigies reproduisent le même type de Neptune. Que | Ton examine par exemple la monnaie ci-jointe de Démétrius Poliorcète (Fig. 32). H n'est pas certain que la jambe droite s'appuyât sur un duupliiii; toutes les autres restaurations sont justifiées par des répliques mieux conservées (cf. p. ex. n. 836).

B. S. p. 182 n. 287. Overteck. Knnstmytliologie TIT p. 251, p. 255. p. 259 n 2. p. i>79 n. 1, p. 280: Atlas XI 1, 2, Xn 29. Baumeister, Deukm. d. kl. Aitertums ili, p. 1392 Fig. 1640. Cf. Lang, Dm Hotiv des aufgeatUtzten Fasses (Leipzig 1879) p. 31 et sniv. Loewy, Lysipp nnd seins Stellaag in der gr. PlMtik p. 10.

Neuvième chambre.

668 (Ô79) Téte csLMqaée, portrait de Tépo^ue hellénûtique.

Bestauratione: la partie antérienie du nés et quelfnee moroeanx de ToieilLe gauche.

Cette tête ne peut pas être un portrait romain, comme on le croit habituellement ; car le personnage représenté porte nne barbe courte, mode que l'on ne trouve pas chez les Romains avant le règne d Hadrien. Or le style,

NEUVIÈME CHâMBBE. 497

comme r<'xécutioîi qui est soignée mais exempte de toute prétention, indiquent au contraire Tépoque hellénistique. L'expression mélancolique qui caractérise cette tête se retrouve dans la plupart des portraits de la même période. On portait alors quelquefois toute sa barbe, comme le prouvent les monnaies des rois de Macédoine Philippe V et Persée, des Séleucides Antiochus III , Bémétrius II et III, des deux Prusiaa de Bithynie et d'autres souverains hellénistiques.

669 (lô6xBa86 trianpilaire.

Trouvée en 1844 6ur le Forum entre le temple de Saturne et lA colonne de Phocae.

Les faces latérales de cette base sont concaves; on ne retrouve la même disposition que dans les bases des trépieds dédiés par les choréges athéniens au nom de>î chœurs de tribus qui avaient remporté la victoire : la base du musée du fiHtran a les mêmes ])roportioiis qii.' les exemplaires analogues d'Athènes; les bas-reliels dont elle est ornée, qui représentent les joyeuses cérémonies du culte de Baccbus, forment une décoration qui convient parfaitement à un monument de ce genre; enfin Fexécutîon en est d*un caractère certainement attîque: de tous ces faits il résulte que nous devons voir dans notre base une de ces ])ases de trépieds, et croire qu'elle a été faite à Atlîèney, puis de là transportée à Rome. Les savants ne sont pas d'accord sur la question de savoir à quelle époque cette œuvre a été exécutée. Il est certain que le sculpteur n*a pas inventé lui-même toutes les figures qu'il a représentées ; pour plusieurs d'entre elles il s'est servi de modèles plus anciens y qu'il a empruntés surtout à la peinture. Mais ces motifs ainsi reproduits n'ont pas été ])lacés mécaii! ([iieiiieiit uns auprès des autres; ils ont été réunie cuuiuie la couiposition du sujet le réclamait, ils forment un ensemble harmonieux. L'exécution est très vivante; on n'y retrouve aucune trace de cette élé* gance banale, qui caractéiise les sculptures décoratives du même genre datant de l'empire romain. Rien ne s'op-

Hki>BiG, Guide I. 32

498 MUSÉE BU LATRAN

pose donc à ce que Fon considère cette base comme une

œuvre de Tépoque d* Alexandre ou des premiers temps de répoque hellénistique.

Sur Tune des laces, on voit au milieu uue iemine qui de ses doigts et du plectre fait vibrer une lyre k six cordes. Autour d'elle dansent deux jeunes filles, dont l'une semble tenir des crotales dans la main droite. Sur la face qui suit à droite sont représentées trois autres danseuses. Dans la figure du milieu, à la place de la téte il y a un trou: par conséquent ou bien dès Tantiquitr la tête a été restaurée, puis a de nouveau disparu, ou bien la l i'^taiiration a ('té préparée mais n'a jamais achevée. Les bas- reliefs de la troisième face représentent un Satyre dan.<ant , entre une jeune fille qui danse et une autre debout dans une attitude calme; cette dernière, de sa main gauche enveloppée dans la draperie, tient devant sa poitrine un objet indistinct. Dans Fexécution de la figure du Satyre, le sculpteur ou le restaurateur antique a commis une faute. Comme Tindiquent la chute de la nebns, la position du thyrsc et aussi ])lusieurs répliques du même motif, le Satyre devait saisir de sa main gauche rejetée en arrière et de sa main droite tendue en avant la peau de panthère déployée le long de ses jambes, tandis que la main droite tenait en même temps le thyrse. Le bras gauche et Tavant-bras droit de notre Satyre ont été presque complètement enlevés avec le ciseau ou n'étaient à l'origine qu'esquissés. Mais les traces qui en sont restées })crmettent de reconnaître que Favantbras droit était mal placé: il est levé, sans toucher la peau de panthère ni le thyrse, qui paraissent ainsi suspendus en Tair. Ce qui prouve qu'on a commencé dès Tantiquité à restaurer cette figure, ce sont les deux cavités qui existent dans la peau de panthère presque à Vendroit où elle devrait être saisie par la main gauche tendue en arrière.

B. S. p. 201 n. 323. Hauser, Die ueu-attistkeii Reliels p. -'à n. î.î, p. 146 — 147, p. 179, . Abhandlanxen des arcli.-epigr. Seminars ia Wiea VIII (1890) p, 92—94.

DIXIÈBIE CHAMBRE.

Dixième chambre.

Ce qui dans cette salle mérite surtout d'être examiné, c'est une série de sculptures, qui furent trouvées en 1848 à trois milles en dehors de la porte Majeure, sur la yoie Làbicane, non loin de Centocelle (nrs. 670 — 676). Le sujet de ces monuments nous indique qu^ils faisaient partie de la décoration d*un riche mausolée, qui semble, d'après deux inscriptions découvertes à la même place, avoir été le tombeau d'une branche de la gens Hateria, famille qui joua un certain rôle au début de Tempire. Kous commençons notre description par trois bas-reliefs qui représentent les funérailles d'un personnage de la haute société.

En face des fenêtres:

670 (691) Bas-relief: Exposition d'un cadavre.

Lorsqu'un Romain ou une Romaine des classes riches

était mort, le Pollinctor lavait immédiatement son corps, le parfumait et l apprétait de la façon la plus convenable. On l'exposait ensuite dans l'atrium de la maison sur un lit de parade (lectus funebris). Notre bas-relief représente précisément une exposition solennelle de ce genre (collocatio). La morte est étendue sur le lit de parade. Les quatre objets en forme de tablettes placés à ses pieds Pun au-dessus de l'autre paraissent être des tablettes à écrire (pugillai-es) : peut-être devons-nous croire qu'elles contiennent le testament do la défunte. Derrière le lit on voit deux pleureuses (praeticae), les cheveux dénoués, se frappant la poitrine de leurs mains, et un homme, sans doute le Pollinctor, qui se prépare à orner d'une guirlande soit le cadavre soit le lit de parade. Â gaucbe et à droite sont allumés des candélabres et des lampes. Plus bas, à gauche, une joueuse de flûte est assise devant le lit. et accompagne de sa musique les lamentations des pleureuses. Derrière elle est debout une autre femme, qui, joignant les mains, regarde la défunte. A droitr devant le lit sont assises trois femmes qui pleurent;

MUSÉE DU LATRAN

cliacune d'entre ellef^ porte sur la tête un bonuet pointu.

(Vjmiiie le bonnet ])umtu (piieus) était le symbole de In

liberté et que les esclaves en étaient coiffés pendant l'acte

de raffranchiBsement, il est probable que ces trois femmes

sont des esclaves affranchies par le testament de la morte.

Les quatre personnages, deux hommes et deux femmes

qui, les mains croisées sur la poitrine, se tiennent debout

devant le support du lit de parade, semblent être des

parents de la morte. En outre »>n voit au-dessous de ce

support deux vases dans lesquels brûlent des parfums, et

à droite un homme qui apporte un objet de forme ronde

(une boule d'encens?).

Hou. deU' Inst. V, $; Ann. 1849 p. 865— -370. Baumeisterr Denkmftler des U. Altertams I, p. 289 Fig. 818. B. S. p. 231 n. 348.

Lors([ue le corps avait été exposé pendaiil m certain temps, ordinairement pendant trois jours , dans Fatrium de la maison , il était ensuite transporté au Foriuu en grande pompe. La ( éiémonie avait un caractère particulièrement imposant lorsque le mort appartenait à une famille, dont les membres avaient exercé des charges curules. Alors devant le corps marchaient des personnes portant sur le visage des masques qui représentaient les portraits des aïeux, et revêtues des costumes de leurs charges. Le brancard s'arrêtait sur le Forum devant la tribune aux harangues; les personnes qui portaient les masques des aïeux prenaient place sur des sièges curules: un parent du mort prononçait Toraison funèbre. Puis le corps, s'il devait être brûlé, était transporté à l'endroit où s'élevait le bûcher; s'il devait être inhumé, il était transporté directement au tombeau de sa famille. Le chemin, que prenaient les enterrements des Hateiii, suivait la Via Sacra: il est représenté par un bas-relief qui est placé dans cette même salle près de la porte de sortie.

671 (719) Bas-relief^ représentant une partie de la Voie Sacrée.

Cinq édifices se succèdent dans l'ordre suivant de droite à gauche: 1) Un temple, à l'intérieur duquel on

DIXIKME CHAMBRE.

voit une image de Jupiter as^ï^is avec le foudre et le sceptre. 2) Un arc de triomphe, dont Tattique supérieui'e parte une inscription qui le désigne comme étant: «Tare placé au plus haut point de la Voie Sacrée* » Sous la voûte, au milieu du passage, est assise la Dea Roma, au pied de laquelle se trouvent des pièces d^armure. 3) Un becoud arc surmonté d'un quadrige; sous la voûte, au milieu du passage, la Mater Magna est assise sur un escalier, entourée de ses lions; devant elle est placé un autel , dont la flamme est protégée pai^ un toit de forme hémisphérique. 4) Une vue en raccourci du Colisée. 5) Un arc de triomphe, «portant sur Tattique une inscription; cette inscription nous apprend que Tare était situé dans le voisinage d^un sanctuaire d'Isis. Sous le passage central on voit une image de Minerve, sous les deux travées latérales d'autres statues d'un type indistinct.

Le Colisée est tout à fait reconnaissable: d'autre purt Tare situé au plus haut point de la Voie Sacrée ne peut être que l'arc de Titus; par conséquent notre bas-relief représente sous une forme assez libre et le plus souvent en raccourci les édifices les plus importants, qui âè trouvaient le long et dans le voisinage de la partie orientale de la Voie Sacrée. Le temple de Jupiter n'est autre que le temple de Jupiter Stator situé devant le Palatin. Le sanctuaire d'Isis, mentionné par l'inscription du troisième arc de triomphe . doit d'après quelques données avoir existé non loin du Colisée. Le sculpteur, en plaçant sous les voûtes des arcs de triomphe des images de divinités, a voulu évidemment faire allusion aux dieux et aux déesses, dont les temples se trouvaient tout près de la partie de la Voie Sacrée, que représente ce bas- relief. Ces divinités sont en quelque sorte descendues de leurs sanctuaires sur * la y oie Sacrée et rendent les derniers honneurs au membre de la gens Hateria, homme ou femme, dont le convoi funèbre suit cette route. C'est pourquoi la Dea Roma a quitté le temple de Vénus et de Rome dont les ruines s'élèvent près de Tare de Titus et a pris place sous la voûte de cet arc. Quant au temple de la Mater Magna,

602 MUSÉE DU LATRAN

dont Fexistence dans le voisinage de la Voie Sacrée nous est indiquée par la présence de la déesse sous le second arc de triomphe, c'est de lui qae faisaient partie, comme on Ta supposé récemment, les snbstmctions TÎfiibles sur la pente orientale du Palatin, snbstrxictions où Ton voyait auparavant les restes du temple de Jupiter Stator. Minerve est la déesse placée sous la voûte du troisième arc ; ellr ;ivait un sanctuaire entre le Ooliséc et le Latran, tout près de T endroit où s'élève actuellement l'église des SS. Quatre Coronati.

Mon. deU» Inat. V 7; Ann. 1849 p. 370—382. B. S. p. 230 n. 358. Cf. Jordan, Topographie der Stadt Roni T 2 p. 277. Hf^rmes XX p. 418 et Buiv. — En ce qni concerne les subatrui tîong situées sur la pente orientale du Palatin, voir: Bicliter, Topographie der Stadt Rom (Nôrdlingen 1889) p. 102.

Le troisième bas-relief, qui se trouve le long du mur d'entrée à droite de la porte, représente le terme du convoi funéraire, e'est à dire le mausolée dans lequel le membre défont de la gens Hateria jouira de son dernier repos.

672 (676) B«hr«U«r vepréfontant «n tombeau.

Ce bas -relief représente un tombeau en forme de temple et richement décoré: il nous permet de reconstituer l'ornenientation des nioiiumentb sépulcraux situés le long des grandes voies romaines, mausolées dont le revêtement en marbre ou en stuc a disparu, et dont il n'est resté que les murs construits en briqueâ ou en pierres de taille. La partie inférieure du monument est précédée d^un escalier; elle servait de chambre funéraire; quant à la partie supérieure, à laquelle on accédait par Pescalier, c'était un Uniplrt corintliien où l'on célébrait le (;ulte lies morts. Sur le côté de res^^Rlier, dont un distingue les pierres de taille, une construction fait saillie, montrant sur sa face antérieure six piliers très rapprochés les uns des autres: on voulait sans doute par cette disposition permettre à l'air de pénétrer dans la chambre ftinéraire située au-dessous du temple. Sur cette construction s*élève un autel embrasé, dont le foyer est recouvert d*nn

DIXIEME CHAMBRE

toit imbriqué de fonne hémisphérique {cï, n. 671, 3). Il est peu vraisemblable que le sculpteur de notre bas-relief ait placé Tautel à Teiuibroit où il se trouvait dans la réalité. D'après toutes sortes d'analogies nous devons beaucoup plut^ admettre que Tautel était devant l'escalier dans l'axe du temple. Tout l'édifice est richement orné de sculptures. Dans le fronton du temple, on voit un buste de femme, sans doute le portrait d'uni? Hateria déposée dans ce tombeau; sur le mur de face, trois basreliefs représentent des enfants avec des attributs de saisons. Sur les côtés du temple sont sculptés dans des coquilles les bustes de trois Haterii morts jeunes; audessous, les trois Parques en bas-relief. Sur le mur de la chambre funéraire, à gauche de la porte, on voit une petite façade de temple et k l'intérieur de cette façade une iinasfe d'Hercule assij? sur une corbeille retournée. Les attributs du héros, un scyphos, un arc et une massue, remplissent le fronton et les triangles situés au-dessus.

Il est difticile d'expliquer les motifs qui ornent le toit du temple. On y voit une femme couchée sur un lit et tenant un oiseau dans la main droite; devant le lit se trouvent on groupe de trois enfantin qui jouent et une vieille femme qui de sa main gauclic porte une coupe (thymiaterion ?), tandis que de la main droite elle jette quelque chose (des grains de parfum?) sur le foyer d'un petit autel situé devant elle. A gauche du lit est allumé un grand candélabre; à droite on voit un édifice construit comme les arcs de triomphe à une seule travée; au milieu de cet édifice est creusée une niche qui renferme une statue de femme nue, et au-dessus sont placés trois masques que it r^cuipteiu" a simplement esquissés. 1/ou n'a ])a.s encore' donné une explication satiï^faisiinte de ce monument. Au contraire il est très probable (jue la femme couchée sur le lit représente une Hateria, dont le corps repose dans la chambre funéraire. Comme le sculpteur ne pouvait pas la placer dans l'intérieur du tombeau, il l'a transportée sur le toit du mausolée. De là elle salue les membres de sa famille, qui viennent la rejoindre et goûter

MUSÉE DU LATBAN.

la repos suprême soit dans le an'^nie tombeau soit dans un tombeau voisin. A gauche du mausolée, on voit une machinti destinée à soulever di s masses très lourdes ; cette machine est mise eu mouvement par une roue de carrière. On ne sait pas pourquoi le sculpteur a représenté cette machine auprès du tombeau. Il n^y aucun rapport entre les deux motifs. En outre le monument parsdt terminé, et d^aiUeurs on ne comprend guère à quoi pouvait servir une machine si puissante dans la ( onstmction d'un mausolée dont les dimensions étaient certainement médiocres.

^Totî. doir Inet. V 8; Ann. 1849 p. 382—407. B. S. p. 211 n .'ÎU. — En ce qui couoenie la iiiattiine elévatoii'e, voir: Bliimner, T* i iiuologie uiid Termiuologie der Geweibe III Fig. 11p. 118 et suiv.

A côté du bas-relief précédent 673, 674(675, 677) Bustes d'un Romain et d'une Bomaine.

Ces deux bustes, que nous devons considérer évideni-

meut comme les portraits d'un Haterius et d'une Hateria,

méritent d'attirer l'attention, parce qu'ils nous donnent

une idée de ce qu'étaient les images des ancêtres chez les

Eomains. D'après un passage de Polybe (VI, 53, 4) les

portraits en cire des sneux étaient conservés dans de

petits temples en bois (SuXiva vaî5ia). Nos bustes sont

placés dans des édicules, qui répondent parfaitement à

cette description. Le buste de l'homme est entouré d'un

serpent; 1 on a voulu expliquer ce détail eu prétendant

que rilateriuâ ici représenté avait été médecin, U faut

voir tout simplement dans ce serpent conmie dans celui

du bas-relief funéraire n. 623 un symbole qui indique

que le défunt est devenu après sa mort un héros.

Mon. deU* lost. Y 7 ; Ânii. 1849 p. 407—408, B. 8. p. 808 htb. 848, 345. — Le buste de femme est aosai reproduit dans Baumeister, Denkm&ler des kl. Altertnms I, p. 28 Fig. 39.

Au mur voisin de la porte de sortie:

67ô (721) Haut relief avec les bustes de quatie divinités infernales.

Le dieu représenté à gauche, bien que sa tête soit brisée, est certainement Mercure; car il porte comme at-

ONZIÈME CHAMBRE

tribut uu caducée. S'il a trouvé place ici, c'est évidemment parce qu'il était chargé de conduire les Ames dans les Enfers. A côté de lui ou voit Troserpiue, portant des fruits dans un pli de son vêtement; une guirlande de fleurs pend de son épaule droite sur sa poitrine. Vient ensuite Pluton ayec son sceptre et enfin Gérés, qui appuie sur l*épaule du souverain des Enfers sa main droite portant un bouquet d'épi.s. tandis que de sa main gauche elle tient une torche endanimée. Les bustes de ces (juatre divinités sont disposés comme les portraits des Romains sur les bas -reliefs funéraires; nous devons peut-être en conclure qu'il y avait des relations particulières entre* chacune de ces divinités et divers membres de la gens Hateria; par là s'expliquerait aussi que Pluton semble être dans un rapport plus intime avec sa belle-mère Gérés qu'avec Proserpine sa femme.

Mon. deir lust. V 7 ; Auu. 1849 p. 405—407. B. S. p. 230 n. 359. Overbeok, KunBtmytUologie III p. 510 u. 20; Atlas XIV 15.

Onzième chambre.

Les trois sai'cophages nrs. ti76 — 678 provieuueut du tombeau situé le loug de la voie Latine vers Test, tombeau que Ton peut encore visiter aujourd'hui et dont la chambie principale est richement ornée de bas^reliefs en fltuc et de peintures mnralee. (B. S. p. 244J

676 (751) Sarcophage, Bacchus (Dionysos) et Ariane.

Au milieu du bas-relief qui décore ce sarcophage sont représentés deux Satyres, soutenant un cartouche rond qui était sans doute destiné à recevoir Tépitaphe. A gauche on voit Bacchus (Dionysos) debout appuyé sur un Satyre, à droite Ariane; les deux personnages sont dans des chars Irauifs par deux Centaures. Celui do^ deux Cenl.uires attelés au char de Bacelius qui est le plus voisin du spectateur joue de la cithare; le Centaure symétrique dans le groupe d'Ariane joue de la double Hûte. Un Amour est debout sur le dos du premier Centaure, et a relevé sur le haut de sa tête un masque de Pan ; dans la main droite il tient un pedum, et de la main gauche il touche

506 MUSÉE DU LATIiAN.

l'épaule du Centaure comme s'il voulait attirer son attention. Un autre Amour, qui tient un pedum dans la main gauche , est à genoux sur le dos du Centaure qui traîne le char d'Ariane , et saisit de sa main droite un masque de Silène que lui tend la jeune femme. Le ba&*relief qui orne le couvercle du sarcophage représente un festin bachique; au milieu sont assis Bacchus et Ariane qui s'embrassent. A rextrémité gauche de la scène on voit un Satyre, les reins entourés d'un tablier, agenouillé devant uu petit fourneau. Sur le fourneau, dont sort la flamme, est placé un chaudron. Le Satjre met dans le fourneau une bûche de bois, et souMe sur le feu, comme l'indiquent ses joues gonflées et le mouvement de ses lèvres. Peut-être faut-il voir dans ce motif une reproduction hellénistique de l'Enfant soufflant le feu, œuvre exécutée en bronze par Lycios, fils de Myron.

B. S. p. '251 n. ,'J73. — En ce qui coiicerue l'Enfant Boulliaut ie feu, voir: Rhein. Mus. XXXIX (1884) p. 92 et suiv.

677 (769) Saroopiiage d'Adonis,

Sur la face antérieure de ce sarcophage sont représentées trois scènes empruntées au mythe d'Adonis. A gauche on voit Adonis quittant Yénue (Aphrodite) et

partant pour la chasse fatale. La déesse est assise; un Amour, debout derrière elle sur le dossier du siège, arrange les boucle-, de sa chevelure; hautée de sombres pressentiments, elle essaie de retenir le jeune homme qui veut s'éloigner. Un second Amour, debout à côté de Vénus, jette sur le couple un regard inquiet; conmie Thanatos , il appuie ses bras sur une torche renversée (voir nrs. 185, 325, 678); cette attitude indique sans doute que la mort va bientôt séparer les deux amants. Logiquement après ce premier motif devrait venir la scène de la chasse. Mais le sculpteur a représenté ici Adonis blessé et soigné ; il pouvait ainsi grouper au milieu du bas-relief Adonis et Vénus, auxquels il a donné les traits des deux époux, dont les corps reposaient dans ce sarcophage. Adonis blessé à la cuisse droite et Yénus sont assis Fun à côté de l'autre; le jeune homme entoure de son bras

ONZIÈME CHAMBEE.

gauche le cou de la déesse, et tient sa jambe blessée audessus d'an bassin. Un serviteur ou un médecin éponge la blessure, tandis qu'un Amour agenouillé par terre essuie le sang qui coule le long du mollet. Vient ensuite la

;?cùno de la chasse. Adonis est tombé sur le genou droit devant le sanglier, qui est sorti furieux d'une caverne. Un Amour qui vole au-dessus du chasseur lève la main droite comme pour effrayer Tanimal. Vénus, épouvantée, s'approche de son favori en danger. A droite , au fond, on voit le dieu de la montagne, qui lève la main droite avec un geste d'étonnement. Les bas-reliefs du couvercle sont comme une véritable illustration des Phéniciennes d'Euripide; ils représentent sept scènes empruntées à la légende de Laïus et d'Oedipe. Première scène à orauche : le jiuiiie Laïus, accompao'né d'un serviteur qui porto des oârandes, demande au dieu de Delphes, Apollon, de lui accorder des enfants. Seconde scène : liaïus qui, malgré la prophétie du dieu, a eu un enfant, Oedipe, est assis seul sur un rocher, et songe aux malheurs qui le menacent. Troisième scène : Oedipe enfant est exposé sur le Cithéron. Quatrième scène: Oedipe quitte corinthe, lorsqu'il a appris qu'il n'est pas le fils de Polybe, roi de cette ville; un honnnc barbu, sans doute le berger corinthien qui l'a trouvé sur le Cithéron, cherche à le retenir. Au-delà du pilastre sculpté auprès de ce dernier groupe, les scènes se succèdent non plus de gauche à droite, mais dans l'ordre inverse. Première scène à droite: Oedipe tue Laïus. Deuxième scène: Oedipe devant le sphinx. Troisième scène: Oedipe interroge le berger thébain, qui Ta exposé; cet entretien révèle à Oedipe son origine et provoque la catastroplie.

Mon. aeirTust. VT. VII 'iS AB; Ann. IBCtî p. U'A et suiv. Wiener Vorlegebiatter 1889 T. VIII 11. B. S. p. 261 n. 387. Arch. Zeitung XLI (1883) p. IIU not. 11. Pour le couvercle: Robert, Die antiken Sarkophag-ReUefs II T. LX 183, p. 191.

678 (777) Saroopbage d*Hippolyte.

Le bas -relief représente à droite Hippolyte se livrant à son exercice favori, la chasse. Il est à cheval

MUSÉE DU LATRAK.

et dirige sa hiuce contre un sanglier qui s'est élancé furieux d'une caverne. La figure (^ui l'accompagne et ressemble à une Amazone est la déesse du courage viril, Virtus (cf. n. 416). Au-dessus du groupe est assis le dieu de la montagne, sous les traits d'un jeune homme tenant dans sa main gauche une branche de pin. A la partie gauche du bas -relief on voit Phèdre en proie au mal d'amour, et llippolvte repoussant avec iiidigiiatiuii les propositions que lui fait la nourrice de Phèdre au nom de sa maîtresse. Les pensées qui agitent l'épouse de Thésée sont perspnnifiées par le groupe de l'Amour et de Psyché s'embrassant (voir n. 457), qui est placé auprès du siège sur lequel elle est assise; Pautre Amour debout devant Phèdre et s'app ayant sur une torche renversée (cf. nrs. 185, 325, 677) symbolise les suites mortelles de la pas^iion qui la dévore. Sur la face latérale gauche du sarcophage, îlii)polyte fait une libation en I honneur de Diane (Artéiuis), Sur la face latérale droite, on voit un cavalier, qu'il faut évidemment rattacher à la scène de chasse représentée sur la face antérieure. Sur le couvercle , dont il ne reste que des fragments, se sont conservés également quelques débris de scènes de chasse.

Mou. (leir lQ8t. Vm 38; Aun. 1867 p. 109 et soiv. B. S. p. 269 n. 394. Puntoni, Le rappiesentanze relative al mito di Ippolito (Pisa 1883) p. lOD. Aii^li. Zeitung XLI (I883v p. 65 not 81 H.

679 (783) Bas-i elief grec.

Ce bas-relief est d'une composition aussi simple que distinguée; ilreprésenfp deux hommes, Tun âgé et barbu, Tautre jeune et sans barbe, qui s'entretiennent avec un adolescent. On remarque une correction dans le visage du jeune homme debout au milieu du groupe; dans Pesquissc la tête de ce personnage était trop large; pour remédier à ce défaut, le sculpteur a reculé la ligne du proUl. Le inarbre est grec; à en juger par le style, l'œuvre date de la tin du V° siècle avant J.-C. B. S. p. 274 n. 399.

680 (785) fragment d'un groupe, l'Amour et Psyché.

Appartenait autrefois au sculpteur Cauova.

ONZIÈME CliA^JBRE.

Ce groupe rupii' sentait l'Amour tourmentant Psyché. Psyché est couchée par terre ; elle lève la main droite, tandis que sa main gauche est posée sur une couronne de feuilles. L'Amour était une figure de dimensions beaucoup plus considérables; il ne s'en est conservé que la partie inférieure de la jambe gauche , qui foule le corps de Psyché.

MuUer-Wieseler, Deukm. »l. alteu Kuust II 54, 686. B. 8. p. 274 n. 401. Cf. Stepliani, Compte-rendu pour 1877 p. 210.

681 (792) Saroophagei Triomphe de Baoohos (Dionysos).

Troavé à l'ouest de la voie Latine, dans une petite chambre fauéraire située assez loin de la route (B. S. p. 245).

La légende, d'après laquelle Baccbus (Dionysos) aurait pénétré en conquérant jusqu'aux Indes, naquit et se développa poétiijueiiK nt sous rinfiuence de l'expédition qu'Alexandre le Gi aiid conduisit dans la même région. Los basreliefs de notre sarcojdiage re})résentent le retour triomphal du dieu vainqueur. Bacclius est de}3out sur un char traîné par deux éléphants ; sa main droite tient le thyrse, et sa main gauche un canthare renversé, que regarde d'un air de convoitise une panthère qui passe sous le ventre des éléphants. Auprès de Bacchns se tient debout la Victoire (Nikè), étendciiit une couronne au-dessus de la tête du dieu vainc^ueur. Sur le dos des éléphants sont assis comme conducteurs de jeunes Indiens; une dent d'éléphant attachée à l'épaule de l'un des animaux qui traînent le clnir symbolise l'ivoire, butin de l'expédition. Entre les deux éléphants s'avance un lion, devant lequel un enfant couché par terre se retourne effrayé. I^e tbiase se déroule , confuf? et varié , devant le char de Baccbus. Silène ivre niuiclie en tituhant. Au-dessus de lui on voit se dresser une girafe, qui représente certainement, elle aussi, une partie du butin. Devant Silène pialle un Centaure , qui joue de la lyre et sur le dos duquel est assis un Satyre jouant de la flûte. Un petit Pan couché sous le Centaure lève de la main gauche le couvercle d'une ciste, dont on voit sortir un serpent. Tout à fait à droite un autre Satyre donne à boire dans un cratère à

MUSÉE DU LAÏRAN.

un Satyre enfant qui se lève sur la pointe des pieds, tandis qu'un bouc saute en jouant près de lui. La partie

féminine du thiase est représentée par trois liaccliantes qui font de la musique et par une Saty risque, tenant une torclu , que Ton peut voir à rextrémité droite du basrelief. Des couples de Satyres et de Bacchantes dansant sont représentés sur les faces latérales du sarcophage.

Mon. deir Inst. VI 80, 1 ; Ann. 1863 p. 372 et soiv. B. 8. p. 280 n. 408. Graef, De Baochi ezpeditione Indica (Berolini 1880) p« 89 n. 14^ p. 23.

Douzième chamhre.

Les trois sarcophages qui se trouvent daus cette chambre um, 882 — 684 providnneikt â*iui tombeau, qui tut découvert en 1889 dans la Yisna Losano-Ârgoli non loin de la Porta Viminalis.

Panni les tniles, avec lesquelles ce tombeau avait été construit, deux portaient des mar'pifs, dont l'une se rapporte à l'année 1B4 et dont ranti'e est postérieure à l'année 132 ap. J.-C. Il semble donc que le mausolée ait été élevé sous iiadrien.

682 (799) Sarcophage d'Oreste.

Le sarcopha^^e repose sur deux pieds en nuubre; chacun de ces pieds est orné sur sa face antérieure d'un bas-relief qui représente un Atlante barbu. Les deux Atlantes embrassent de leurs mains levées des objets de forme ronde, qui représentent, semble-t^il, des manches de brancard. Les bas-reliefs de la face principale reproduisent dans leur ensemble les mêmes sujets que ceux du sarcophage n. 318, au Musée du Vatican. Mais tandis que Fauteur de ce dernier monument s'est borné à nous montrer, à Textrémité gauclie de hx scèjie, les Eriiiyt s endormies autour du tertre funéraire d'Agamemnon, ici nous voyons Oreste et Pylade priant sur ce tombeau, motif qui a été évidemment inspiré par les Ghoéphores d^Escbyle. Sous la porte de la chambre funéraire l'ombre d*Agamemnon est debout, enveloppée dans son linceul. Oreste s'élance vers son père, en étendiiiit ses deux bras; derrière Oreste, Tyhtde lève la main droite et fait le geste habituel de la prière. Sur la face latérale droite du sarcophage, une Erinye est couchée sous un pin; de

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