‹ Guide de l'alphabet du dessin, ou, L'art d'apprendre et d'enseigner les principes rationnels du dessin d'après natureChapitre 23 sur 161 · PREMIÈRE LEÇON LES LIGNES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LEÇON LES LIGNES

Le crayon est un instrument docile entre les mains de qui sait et comprend le parti qu'on peut en tirer.

Si le dessinateur n'est pas bien pénétré de l'esprit de son modèle, son crayon restera incertain et n'exprimera que des choses indécises; si, au contraire, il comprend ce qu'il veut reproduire, son crayon, guidé par de bons principes et une entente raisonnée du sujet, donnera une exécution libre et franche, blonde ou colorée, selon le caractère du modèle.

Avant de prendre le crayon, l'élève doit donc : 1" étudier le sujet qu'il se propose de représenter, afin de le bien connaître comme nom, comme forme et comme usage ; 2" s'instruire de la manière dont il doit le représenter ; 3" chercher et comprendre la difliculté qu'il a à vaincre, ainsi que le degré de rendu auquel il faut qu'il tende.

Si peu important que soit le motif de l'étude, toutes ces choses doivent être signalées et bien démontrées par le maître.

Parallèles de forces {/radaées. — Les parallèles sont des lignes qui, ayant la même direction, conservent toujours entre elles la même distance, de sorte qu'elles pourraient être prolongées indéfiniment sans jamais se rencontrer.

Suivant les indications données sur la manière de se tenir (page 33) et sur la différence qui existe entre l'esquisse et l'exécution du dessin, l'élève, ayant son modèle sur le tableau, commencera ces simples

LE CARRE, SES TRANSFORMATIONS

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lignes par uno esquisse ; car, dès le début, il doit chercher l'exécution dans les conditions que lui présentera plus tard un dessin plus complet.

Il faut que cette esquisse donne à l'élève, d'abord la forme, qui est ici simplement la direction des lignes droites, ensuite la proportion,

c'est-à-dire la longueur vou-

fl '" l 'g»^- i>^j,^,,w»^aa^..:.:=z....-k^^.....^;:^a^^ j^^g jg chaque ligne.

Lesquisse ainsi terminée, il passera à l'exécution de ces lignes et il aura à trouver :

La forme, qui n'est encore ici que la direction de chaque ligne, franche et ferme, son esquisse lui servant de guide ; La proportion, en corrigeant encore son esquisse pour arriver plus juste à la grandeur donnée ;

La couleur, c'est-à-dire qu'après avoir observé que les lignes A, B, C, etc., sont toutes de colorations différentes, il devra chercher à approcher de cette variété par une exécution graduée, mais voulue et toujours avec le moins de retouches possible.

Dans ces premiers tâtonnements, l'élève fera connaissance avec son crayon ; il observera ce que celui-ci peut lui donner par une pression plus ou moins forte sur son ardoise ou sur le papier.

Dès que Fenfant ou le débutant est forcé de raisonner son œuvre, et qu'il entrevoit clairement le but qu'il doit se proposer d'atteindre, il s'y intéresse assez pour ne pas se lasser jusqu'à ce qu'il y soit arrivé. Sa victoire, si incomplète qu'elle soit, le satisfait sur quelques points qu'il apprécie, et c'est avec plaisir qu il voit arriver le moment d'une lutte nouvelle dans laquelle il espère être complètement victorieux.

Les lettres placées à gauche des horizontales et les chiffres qui se trouvent au-dessus des verticales ont pour but de faciliter la démonstration du maître: chacune de ces lignes ayant un nom, il pourra les désigner clairement en faisant remarquer tour à tour, par exemple, la force de coloration de l'horizontale F, la finesse de ton de la verticale 5, etc.

l'ig. 52. — 1" caliier, planche 1.

54 LES SURFACES

Application d'après nature de la première leçon. — Eubans de couleurs variées. — Nous no saurions trop l'odiro que tout doit être mis en œuvre pour intéresser le débutant et pour tenir son attention constamment en éveil. Après l'étude de chaque règle ou principe, on lui présentera, autant que possible, la nature comme application ; il faut bien persuader le dessinateur qu'elle est le but constant des luttes qu'il aura à soutenir.

La nature, ce livre indéchiffrable pour celui qui ne dessine pas, cette occasion de tant de jouissances pour celui qui dessine et qui parvient à en retracer facilement les formes multiples, il faut la chercher et arriver à la reproduire si petite et si simple d'abord, que les yeux du commençant soient frappés de son élégante naïveté et de la simplicité des moyens de traduction : c'est dans ce but qu'a été choisi le motif de notre première application.

Le maître se procurera des rubans en nombre égal à celui des lignes que présente le modèle graphique ; que ces rubans soient en laine ou en soie, peu importe ; ils seront longs d'environ vingt centimètres, et surtout bien variés de couleur et de largeur. Prenant le modèle du cahier comme guide, il placera d'abord tous ces rubans sur le tableau noir pour être copiés sur l'ardoise et, plus tard, il suffira de tourner ce tableau pour que les horizontales deviennent des verticales et réciproquement.

Ces mêmes rubans pourront être appliqués ensuite sur une planche non teintée, sur du papier blanc ou gris, et présenter à l'élève une nouvelle étude au crayon sur pa}>ior.

Cette première étude d'après nature est l'application précise des principes qui ont été d'abord expliqués à l'élève, et les colorations naturelles qu'il sera obligé d'interpréter éreilleront son esprit sur le but qu'il doit se proposer.

Les rubans peuvent être attachés sur le tableau avec des punaises, de petits clous ou même de grosses épingles.

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