‹ Guide de l'alphabet du dessin, ou, L'art d'apprendre et d'enseigner les principes rationnels du dessin d'après natureChapitre 26 sur 161 · LE RECTANGLE ET LE CARRE DIVISES PAR UNE DIAGONALE · texte numérisé non relu

LE RECTANGLE ET LE CARRE DIVISES PAR UNE DIAGONALE

Nous appelons l'attention du lecteur sur la gradation rationnelle avec laquelle se lient ces leçons. La première a été simplement 1 étude d'horizontales et de verticales. La deuxième a été une combinaison de ces lignes, combinaison tout élémentaire, mais donnant déjà des formes déterminées. La troisième offre avec précision l'ensemble de la forme qui est la base de la méthode. C'est donc comme un anneau s'attache à un autre anneau pour former une chaîne que le principe s'est présenté jusqu'ici et qu'il va continuer de se développer de

LE CARRE, SES TRANSFORMATIONS

manièro ù ne laisser, nous l'espérons, ni incertitude, ni hésitation au

dessinateur.

Les verticales et les horizontales ayant été étudiées, passons aux

obliques et voyons quelle en est l'utilité. Lecture de l'esquisse (fig. 55;. — Rectangle!. — Après avoir

tracé l'horizontale AB à vue d œil, c'est-à-dire sans la mesurer, tracer

la verticale AD, en se reportant à ce que nous avons dit précédemment, pour la proportion de cette ligne et pour les deux côtés opposés du rectangle. Dans ce rectangle ainsi établi, tracer la diagonale BD, qui donne naissance ;i deux triangles égaux, dont 1 un figure une équerre.

Carré 2. — Le carré 2 ayant été établi ainsi que nous l'avons expliqué à la leçon précédente, conduire la diagonale EC, qui divise également ce carré en deux triangles égaux, dont 1 un

représente une équerre, de mémo que dans le rectangle.

Le dessin. — Rectangle 1. — L'esquisse faite Il c . .

,,. „.. ,„ , . , , , comme nous venons de l'indi-

rig. 00. — 1" cahier, planche 4.

quer, avec le crayon tenu comme nous Tavons dit, page 33, il faut maintenant exécuter le dessin, en tenant le crayon comme une plume (Voir page 35), et en observant qu'aucune des quatre lignes qui déterminent la forme du rectangle n'a la même valeur : l'horizontale AB et la verticale AD figurent le côté de la lumière ; l'horizontale DG et la verticale BC, plus colorées, le côté de l'ombre ; la diagonale elle-même a une coloration particulière que le dessinateur doit s'efforcer de trouver.

Le ton local de l'équerre du rectangle est formé d'horizontales fermes et blondes, séparées entre elles, et qui doivent être autant que possible tracées du premier coup.

Carré 2. — Los lignes qui dessinent la forme extérieure du carré sont moins A'ariées de force et de couleur que celles du rectangle. La diagonale est de force graduée, colorée fortement d'abord, puis diminuant de valeur peu à peu.

LES SURFACES

Le triangle EF'C se compose d'horizontales qui, d'abord d'un ton faible, augmentent de force au fur et à mesure qu'elles descendent et atteignent enfin dans le bas la note la plus élevée, qui est le noir intense.

Le triangle représentant léquerre dans le carré a un ton local fin et serré, que l'élève obtiendra en rapprochant ses coups de crayon et en conservant à celui-ci une pression égale; il ne pourra cependant pas y arriver absolument du premier coup, et devra revenir dans les parties trop claires avec une pression de crayon calculée convenablement, afin que ces retouches ne soient pas trop répétées.

Cette leçon, comme les trois premières, ne peut intéresser que si toutes les observations qui précèdent les différentes phases d'exécution du modèle ont été présentées d'une manière claire et précise, donnant en quelque sorte du corps aux principes qui doivent guider sûrement le dessinateur.

Application de la quatrième leçon. — £a lettre N (fig. 56). — LEC- TURE DE L ESQUISSE. — Tracer à main levée, toujours à l'aide du même compas (le crayon), le carré modèle D, suivant l'exemple A.

Ce cadre étant établi, conduire la diagonale comme le montre l'exemple B, puis tracer le corps et les jambages de la lettre suivant l'exemple C.

Chercher ensuite, d'après lilluUh '•' i^^<^dèle D, la largeur du

plein, dont le centre est indiqué par la diagonale, puis les montants de droite et de gauche, et s'efforcer de représenter les courbes de la base et du sommet de ces montants.

La COULEUR. — Le maître fera bien observer les rapports de coloration de la lettre avec le fond.

Remarque. — Cette leçon rludiée sur l'ardoise et exécutée ensuite intelligemment sui' le caiiier, (tu ])ourra demander à l'élève de la reproduire de mémoire ; car, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, l'étude de mémoire est excellente.

1"" Ciiliior, ]>laiK-lie 5

LE CARRE, SES TRANSFORMATIONS 61

Application d'après nature de la quatrième leçon. — Quelque élémentaire que soit le principe étudié dans l'Alphabet du dessin, il se prête toujours à une application d'après nature, tendant à en prouver la justesse.

Il est évident que le motif de cette leçon n'est pas susceptible dune grande variété d'applications; cependant, avec un peu d'efforts dïmagination, on peut amener devant lélève une série de motifs offrant déjà un véritable intérêt.

1**^ Une planche en forme de rectangle ou de carré parfait sera partagée par une corde figurant une diagonale. Le fil du bois de cette planche, en chêne ou en sapin, claire ou colorée selon le hasard, indiquera à l'élève de quelle manière il doit donner ses coups de crayon.

2" Un morceau d'étoffe coupé en triangle et appliqué sur le tableau ou sur tout autre objet offrant un plan vertical présentera, par conséquent, deux surfaces de colorations différentes dont on aura à chercher la variété.

3° Le tableau noir même pourra être divisé dans tout son ensemble par une diagonale et affaibli d'un côté par une teinte de craie.

Dans ces différents motifs, l'élève, une fois son esquisse faite, devra aborder le ton local avec fermeté et, autant que possible, arriver du premier coup au noir, si les teintes sont noires, au gris, si elles sont grises; en un mot, son œil et sa main devront voir et exécuter aussi juste que possible.

Nous insistons sur ce conseil au maître de ne se laisser jamais entraîner par l'impatience de l'élève, qui désire toujours voir du nouveau, et de ne pas passer à une leçon avant que la précédente ait été bien comprise.

Page 1