LE CYLINDRE
Los principes généraux étant bien établis, il reste à aborder franchement la représentation de la nature.
Le motif qui fait lobjet do la figure l'i9 présente dans son ensemble trois cercles se rapprochant succossivemont de l'horizon, et qu'on
trouvera en procédant rationnellement d'après ce que nous venons de dire.
Lecture de l'esoi-isse. — Établir un rectangle selon la proportion générale et conduire les diagonales exemple A) ; former la croix exemple B^ :
l'horizontale centrale et les deux autres horizontales du rectangle représentent les trois cercles du cylindre comme si chacun de ces cercles était placé en face de l'œil, et ce rectangle ainsi divisé (exemple C) représente lu coupe du cylindre.
Maintenant il faut donner au cercle supérieur, qui est déjà au-dessous de l'horizon, le développement voulu, et pour les autres, qui s'éloignent successil'ig. 149 — i?» cahier, planche 113. vcmcut de l'horizon, augmente)'
le développement dos coui-bes selon leur distance relative.
La colleur. — Couleur veut dire ici ombres et demi-teintes
eoml)inôos di" mnnioro i\ fîiiro valoir lr> snjot et h lui donner tout son
relief.
Dos teintes légèi-es [)lu('ées au souiuu'l et sur les côtés du cylindre
sont destinées à le détaelun' on valeur et à le séparer, à droite et à
gauche, de la teinte du papier, enfin à le modeler, e'est-à-dire à lui
donner l'apparence de son épaisseur réelle.
Première application de la trente-neuvième leçon. — lièvre {dg. 150).
— Voici maintenant un rerre droit à moitié plein d'une liqueur colorée,
c'est-à-dire un objet usuel qui repi'oduit presque exactement le
cylindre que nous venons de donner comuKî figure type.
Pour bien comprendre ce motif, il est indispensable de se rappeler que, lorsqu'on est devant la nature, il faut tracer autant d(! lignes ho-
rizontales, verticales ou obliques quil y a de cercles d'une certaine importance concourant à déterminer la forme de l'objet qu'on A'cut représenter. On remarquera donc qu'ici le verre se compose de quatre cercles.
Lecture de l'esoUISSE. — Établir d'abord un rectangle donnant la proportion vraie du contour, conduire les diagonales et faire la croix; puis, observant que la liqueur s'élève à peu près jusqu'à la moitié du verre, conduire dans ce req^angle, très peu au-dessous de l'horizontale centrale, l'horizontale formant le diamètre du cercle fuyant présenté par la surface liquide. Le pied du verre offre, par son épaisseur, un double cercle, pour hîquel on conduira aussi une horizontale.
Toutes ces lignes doivent donner his proportions des grands détails d'ensemble et la représentation du verre considéré comme si chaque
Fig. 150. — 17^ cahier, plîinche 118.
LE RELIEF
cercle était à la hauteur de l'œil. On pourrait appeler ce tracé la coupe de Tobjet.
Le verre étant ainsi représenté, il s'agit maintenant de le mettre en perspective et de placer les cercles selon la hauteur de l'œil ou ligne d horizon. A cet eiTet, on cherchera et Ton établira dabord le premier cercle, sur lequel on se guidera pour donner aux suivants un développement gradué selon leur éloignement de Fliorizon.
Deuxième application de la trente-neuvième leçon. — Terre de Boliême {Cig. loi). — Ce verre, d'une forme élégante et plus varié de couleur et de détails que le précédent, est cependant soumis à la g ^ même règle, et ses doubles
cercles, si clairement décrits, en offrent une excellente application.
Lecture de l'esquisse. — Dans un rectangle de la largeur et de la hauteur du verre tracer les diagonales, pour pouvoir trouver une verticale donnant le centre de celui-ci dans sa largeur (exemple A) ; chercher la hauteur des cercles extérieurs, les figurer par deux horizontales et ne pas oublier de laisser la place des pieds (exemple B) ; ajouter l'anse (exemple C).
Nous ferons remarquer que dans ces leçons œil et horizon ont la même signification, puisque la ligne d'horizon suit inévitablement l'élévation ou l'abais-
Eig. 151. - 20e cahier, planche HA. ^^^^^^^^^ j^ y^^^
L'nr-il étant placé au-dessus du verre, on décrira d'abord le cercle E, sur lequel on se guidera pour le développement graduel des autres cercles à mesure qu'ils s'éloignent du premier ; mais, comme ces cercles sont très rapprochés les uns des autres et appartiennent à un petit objet, il faudra les augmenter à peine de l'épaisseur du trait. Le cercle G seul devra être un peu plus développé relativement au cercle F, parce que la distance qui les sépare est plus considérable.
Troisième application de la trente-neuvième leçon. — Tambour ((ig. 152). — Ce tambour, qui affecte la forme d'un cylindre un peu surbaissé, est supposé placé à terre, l'horizon étant au-dessus, à
peu près à trois fois sa liauteur. En conséquence de cette élévation, les cercles présentent des courbes très développées.
» - Lecture de i/esouisse.
\^ y "-, y' LN\; .H^.o — Etablir le rectangle en
proportion de la coupe de l'objet et conduire les diagonales (exemple A); faire la croix (exemple B) ; tracer en haut et en bas, à l'intérieur du rectangle, des horizontales figurant les diamètres du cercle supérieur et du cercle inférieur (exemple C); tracer en liant et en bas une seconde horizontale donnant la place des bourrelets de cuir qui soutiennent les larges cercles de métal destinés eux-mêmes à maintenir la peau tendue, indiquer la largeur du tambour et sur cette Fig. 152. — 27° cahier, planche 182. charpente aiusi établie tracer
les cercles selon la hauteur de l'horizon (modèle D).
Quatrième application de la trente-neuvième leçon. — Collier de chien (lig. 153|. — Ce motif offre des formes bien différentes de toutes celles qui ont été étudiées jusqu'à présent, en même temps que les détails pittoresques et vrais dont il est rempli le rendent intéressant et agréable à l'œil; c'est pourquoi nous le croyons un excellent sujet d'étude. En outre, étant ici blanc sur fond noir, contrairement à ce qu'il est dans l'Alphabet, il donnera au maitre une idée complète du dessin qu'il pourra exécuter lui-même sur le tableau pour la leçon faite à un certain nombre d'élèves, qui devront le copier sur l'ardoise, et sur lequel il devra fournir toutes les explications théoriques que lui suggéreront ses propres réflexions.
Tel motif, en apparence charmant, est souvent nul pour la démonstration ; nous pensons que cet écueil ne se rencontre pas dans celui-ci, où le principe nous semble exposé clairement par le dessin et par l'esquisse.
Lecture de l'esquisse. — Faire un rectangle de la longueur et de la largeur du modèle, conduire les diagonales et élever la verticale centrale, suffisamment prolongée pour indiquer le centre des cercles (exemple i).
Si l'on ajoute quelques détails sur cette forme primitive, qui
LE RELIEF
est le contour du eolliei' vu en face de lœil, la représentation de Fobjet dans cette position sera complète (exemple 2).
)aiis I e.\emj)le !], le collier es! vu aii-dessoiis de rii(Mi/(Ui, dont on
appréciera à peu près la hauteur ; après quoi 1 on décrira les cercles en observant quune partie du cercle intérieur est rendue invisible par 1 épaisseur du collier.
Compléter le dessin en cherchant les détails suivant le modèle D.
QUARANTIEME LEÇON LE CONE
Le cône a laspect d Une pyramide à base circulaire, laquelle pyramide offre dans sa coupe horizontale une particularité remar- ([uable : à quelque point que soit pratiquée cette coupe, les deux cercles donnés par la section sont de grandeur apj)ar(Mite semldable, et cependant l'un des deux est l'éellement moins grand que l'autre, puisqu'ils sont superposés, et que le caractère propre de la ])yramide est daller en se i-éduisant graduellement de diamètre jus-
(pi'à une élévation donnée en un [)(»int a])pelé sormnet.
C'est par sa base et sa coupe horizontale circulaires que le cône se rapporte à 1 étude ((ui l'ait Tobjet du présent rhapitre.
Éteif/noir (lig. 154|. — La l'orme conique se rencontre assez fréquemment, adaptée à des objets de nature différente ; Véteignoir, objet usuel bien connu, que nous avons choisi comme type de cette forme, la présente, ainsi qu'un grand nombre de constructions : on reconnaîtra facilement, par exemple, qu'il y aurait très peu à faire pour ([ue cet éteignoir prit l'aspect de quelque élégant clocheton dédihce pittorescpie.
LEGTlitE DE L ESOUISSE, — Faire le rectangle-cadre dans la proportion de lensemble et conduire les diagonales exemple A . (Conduire la verticale qui donne le centre et le sommet de l'éteignoir ; conduire une horizontale presque au sommet du rectangle, pour le
lo4. — ['' cahier. i>lanclie 117.
LE RELIEF
petit détail ornemental du haut, puis une seconde horizontale très rapprochée de la base, pour avoir la proportion du bourrelet; du sommet de la verticale diriger vers les angles inférieurs du rectangle deux obliques qui forment le contour de Féteignoir (exemple B). A B
Fi'i-. loo. — 19" cahier, planche 128.
Décrire les cercles en leur donnant un développement relatif plus accentué selon leur })lus grande élévation au-dessus de Thorizon, qui est au-dessous dv r<)l>j('l, à nnn distance à peu près égale à sa hauteur, et chercher les détails d'après le modèle G.
i L'éteii^'noir, étant dessiné suivant Foxemple B, est disposé do ma-
Fig. loG. — 25" caLier, planche 17o.
nière que le dessinateur peut le faire voir à sa volonté eu dessus,
162 LE RKLIEF
en dessous ou de coté, sans rien changer à cette première esquisse, qui, sous une forme d'apparence rigide, se prête à toutes les positions que le dessinateur voudrait donner à son modèle.
Première application de la quarantième leçon. — Tasse en fevhlanc (fig. 155). — 11 nous semble inutile d'expliquer le rapport de forme qui nous fait placer ce modèle à la suite du précédent ; nous ferons seulement remarquer que celui-là présente à peu près Taspect de la figure appelée cône tronqué à bases parallèles, ou cône dont on a retranché la partie supérieure par une section parallèle à la base.
Cette tasse est un des modèles que notre Alphabet a le plus clairement et le mieux exprimés. A ce titre, nous la recommandons particulièrement au maître et à l'élève.
Lecture de l'esquisse. — Etablir le carré, avec les diagonales et la croix (exemples A et B). Déterminer vers le sommet du carré, par une horizontale tracée au-dessous de l'horizontale 1-2, l'épaisseur du rebord de la tasse ; indiquer la largeur du pied en marquant les points 3 et 4 ; dessiner avec soin la forme des deux courbes donnant le contour extérieur de la tasse ; ajouter à l'esquisse ainsi faite le tracé de l'anse, et l'on aura déjà la ligure 'parfaitement exacte de l'objet qu'il s'agit de reproduire (exemple C).
Le modèle D représente l'objet vu en dessus et à l'intérieur. L'horizon étant ici assez élevé, les courbes seront développées en proportion.
Si l'on veut représenter la tasse renversée suiAant le modèle E, on fera l'esquisse C également renversée et l'on décrira les cercles selon le principe indiqué.
Deuxième application de la quarantième leçon. — Seau en hois (fig. 15G). — Voici encore un modèle blanc sur fond noir, tel que nous engageons le maitre à en tracer de temps en temps sur le tableau.
Le grand nombre de cercles qui entourent ce seau en ft)ut un sujet des plus intéressants pour l'étude de notre principe, d'autant plus qu'il s'agit d'un objet usuel dont l'élève peut avoir partout et à tout instant le modèle vrai sous les yeux.
On observera que ce seau, plus étroit à sa bas(^ qu'à son bord supérieur, se rapporte à l'étude du cône et que, d'autre part, avec quelques très légères modifications de lignes, en superposant à ce motif la figure type (coupe de l'éteignoir), on aurait le dessin d'une tourelle régulièrement établie, les cercles des ferrures représentant très bien les assises des pierres.
C^ctte digression n'a du reste d'autre but ([uc ih- rap})('l('r que les objets (11' la lorine la plus simple et d(; l'usage le plus Inuublc pcuveut souvent servir à expli([U(!r et à traduire les plus importants.
Lecture de i/EShuisSK. — Tracer le carré et les diagonales
(exemple A). Elever la verticale centrale ; indiquer en bas, par deux points, à droite et à gauche de cette verticale, la largeur du pied du seau, et réunir par deux obliques ces deux points aux sommets des angles supérieurs du carré (exemple B). Sur cet ensemble, représentant la coupe du seau, chercher aussi exactement que possible la largeur relative des cercles d'entourage, qui doivent être figurés chacun par deux horizontales (excm})le C).
Apprécier à peu près la hauteur de Fhorizon par rapport à 1 objet, qui est vu en dessus, et décrire les courbes de chaque cercle suivant leur éloignement relatif de l'horizon. Remarquer que chacune de ces courbes représente le contour extérieur du cercle et doit se terminer juste aux lignes horizontales qui lui donnent naissance.