TYPE DU CHRIST D APRÈS LBS TRADITIONS
publics des statues à ceux qu'ils voulaient spécialement honorer; il était dans l'ordre alors qu'on cherchât à reproduire leurs traits; mais, en pareille circonstance , Tartiste ne pouvait être guidé que par des descriptions données de souvenir, et l'on ne pouvait espérer qu'une ressemblance d'à peu près. Le groupe de Panéas ayant été détruit par Julien ^ , il nous reste seulement à voir s'il n'en a pas existé et s'il n'en existe pas encore quelque reproduction, au moins approximative.
La scène de la guérison de l'Hémorrhoïsse est du petit nombre des faits évangéliques qui sont fréquemment représentés sur les anciens sarcophages. Généralement Notre-Seigneur, selon la pratique la plus ordinaire dans l'art chrétien primitif, s'y montre sans rien qui annonce l'intention de caractériser ses traits , et le plus souvent avec le type symbolique, et non pas historique, du jeune homme imberbe, il y a cependant une exception très-remarquable , encore qu'elle nous ait échappé avant que M. de Rossi nous l'eût signalée.
Il existe au musée deLatran un sarcophage, découvert dans les fouilles da Vatican et publié par Bosio ^ qui a mérité d'être traité dans ce musée avec une distinction spéciale : quant à l'exécution, n'eût-il pas d'autre importance, il mériterait de passer en première ligne, et tout annonce qa'il était destiné à quelque grand personnage de la première moitié duiv** sièqle. Nous nous en étions occupé précédemment, à raison du Ikm du volume représenté sur la face principale et du Reniement de saint Pierre qui en occupe l'une des extrémités; nous avions m^^me observé que la scène de l'Hémorrhoïsse , figurant à Vautre bout , avait une grande analogie avec la description qui nous est restée du groupe de Panéas ; mais nous avions laissé passer inaperçue la circonstance décisive quant à la question qui nous occupe en ce moment : la figure de Notre-Seigneur, dans ce bas-relief, est conçue d'après le type traditionnel^, et d'une manière complètement distincte de tout ce qui se rencontre sur les monuments du même genre. Allant plus loin , et ne faisant que souscrire aux conclusions de Téminent investigateur des Catacombes , si nous l'avons bien compris , nous considérons aujourd'hui ce monument comme le plus ancien de ceux qui, dans l'art proprement dit , nous offrent incontestablement ce type vénéré; et tout porte à croire qu'il a été emprunté au groupe même de Panéas, dont nous aurions là une reproduction inté-
1. Oa vient de voir que saint Astérias attribaaii sa destruction, ou du moins son enlèvement, à Maximien ; mais, d*après le téltooignage d*fiusèbe, on peut regarder comme certain qu'il subsista jusqu'au temps de JuJien.
1 Bosio, p. 587.