TYPE DU CHRIST D* APRES LES TRADITIONS. SSS
XV* siècle; après avoir été emporté quelque temps à Nice, puis en divers antres lieux de leurs États, il fut rapporté à Chambéry, et définitivement transféré à Turin dans l'automne de 1578.
La vénération dont-ces reliques ont été l'objet depuis les époques indiquées, a été récompensée par de nombreux miracles, et le crédit des ducs de Savoie attira spécialement sur le Suaire de Turin, tandis qu'il était encore à Chambéry, l'attention des papes Paul II, Sixte lY, Jules II* Clément VU, qui en sanctionnèrent le culte et l'entourèrent de grands privilèges; Benoît XIV cite leurs actes comme favorables à l'authenticité de la relique qui en était l'objet ^ Cette sorte d'intervention de l'autorité pontificale n'implique nullement, de sa nature, la certitude d'une décision souveraine en matière de foi;.eIle ne lève pas les obscurités qui couvrent l'origine d'une tradition; mais elle atteste, assurément, que cette tradition est dans les conditions des choses possibles ; qu'elle n'est pas démentie par des témoignages positifs,capables de la contrebalancer; qu'elle est suffisamment grave , sufiisam ment respectable, suffisamment productive de bons effets , pour mériter, à quelque point de vue que ce soit , d^tre tenue en compte par les esprits sérieux.
Il faut bien le dire, le Suaire de Turin, tandis qu'il était encore dans le diocèse de Troyes et en la possession de la famille de Charny, n'avait pas été aussi favorisé de l'autorité ecclésiastique; les évéques du lieu s'étaient opposés au culte qu'on lui rendait; l'anti-pape d'Avignon, qui, sous le nom de Clément YII, était alors réputé le chef de l'Église dans ces contrées, avait décidé, sur leur rapport, qu'on l'honorerait comme un simple tableau exécuté selon les procédés ordinaires de l'art, et non comme le vrai Suaire de Notre-Seigneur.
Celte décision n'était pas sans appel ] mais, bien qu'elle ne provînt pas du successeur légitime de saint Pierre, nous sommes fort éloignés de prétendre qu'elle ait été rendue contrairement à l'esprit de l'Église. Une relique venue nouvellement de contrées inconnues, par des mains privées et séculières, peut inspirer, lorsqu'elle apparaît, des doutes défavorables qui, quatre-vingts ans plus tard, peuvent être légitimement tournés en sa faveur. Avec le temps, la méprise se serait éclaircie, la fraude se serait reconnue; l'autorité ecclésiastique est parfaitement juge de la dis-
1. De Canùtmai.,h\b. IV, part, n, no 14. Ce que nous rapportons d'ailleurs des Suaires à» Besançon et de Turio, est principalement emprunté à J.-J. Chifflet, De Linieis npulcrattM CAHilt, in-4o, Anfers, 1624. Alphonse Paleolti, archevêque de Bologne, daus récrit qu*il a consacré au Suaire de Turin, après avoir été le visiter en compagnie de saint Charles Borromée et du cardinal Gabriel Paleotti, son prédécesseur, se méprend, aussi bien que Mallonius.annotateor de cet écrit, sur Torigine de Marguerite deCharny, qu'ils font venir directement de la Palestine avec le Suaire. Je$u ChrisH s(tgmato, petit-in-fol., Venise, 1606.
position des esprits, de la qualité des personnes» qui rendent de moins en moins probable la continuité^ d'une erreur. L'intervention des miracles, l'examen intrinsèque du monument, achèvent de lui rendre cette valeur positive de la possession d'état, qui, naturellement , est exposée à se perdre pour les reliques, quand elles changent de mains ou de lieux, comme pour les personnes, quand elles passent en des pays éloignés sans avoir leurs papiers en règle. Viennent ensuite des objections , des attaques purement négatives; si, surtout, elles laissent apercevoir un fond d'hostilité et de déliance qui remonte jusqu'à des vérités de foi, le catholique sera en droit d'attacher d'autant plus de prix au dépôt qu'on voudrait lui enlever, qu'il reconnaîtra mieux, à proportion du mauvais vouloir de ses adversaires , l'impuissance de lui opposer de bonnes raisons.
Tout considéré, ces monuments ne sont cependant que ce qu'ils sont, et il ne faut pas se le dissimuler^ le principal fondement du culte qu'on leur rend remonte toujours, quoi qu'il en soit de leur origine^ à celui dont ils sont réputés avoir reçu le contact sacré. Hais, pour nous , il ne nous suiBt pas de justifier la vénération dont ils sont Wobjet : l'important, à notre point de vue, c'est do connaître le irésultat des confrontations, autant qu'on a pu les faire, entre les empreintes qu^ls ont reçues; de savoir s'ils s'accordent entre eux, et quels traits ils attribuent à Notre-Seigneur.
COMPARAISON ENTRE LES TRAITS DES IMAGES PRODUITES PAi¥ IMPRESSION