‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 115 sur 216 · I. Article de M. Nevedans r£^fuversf(é catholique · texte numérisé non relu

I. Article de M. Nevedans r£^fuversf(é catholique

1 Memorie di sanSUvettro, Roma, 1795, 1 vol. in-fol., p. 108.

3. Tavoîe eronologiehe délia gtoria délia Chieta, i^ siècle, p. 3 ; x" siècle, p. 115.

i. Nous rapprochons (fig. 10) de ces figures les traits d*une image de la sainte Face que nous avons rapportée de Rome il y a quelques années. D*après la vétusté de la toile sur la* qaelle elle est peinte, nous lui donnerions plutôt deux cents ans que cent ans de date. On remarquera qu'elle tient une sorte de milieu entre les figures données par Carletti (fig. 8) et celles de Mozzoni (fig. 3, A): observation mieux fondée encore, si Ton considère Toriginal. Noos oe saurions affirmer que cette image ait été faite en vue de rendre une de celles qui sont réputées venir d'Édesse, quoique son caractère de jeunesse doive porter à le croire. D'an autre opté, il est bien certain que des images de la sainte Face ont été faites diaprés celle du Vatican, en la ravivante! en lui étant son caractère de souffrance, comme nous avons essayé de le faire nous-méme (fig. 2). La figure 9 de notre planche nous parait être dans ce cas-la. Elle provient d'un petit imprimé contenant ces acclamations : i Iddio benedetto^ Que Dieu 9oil 6éiit, etc. i, furt en usage à Rome, en réparation des blasphèmes. Le copiste iie la Sainte-Face de Montreuil (fig. 7) était lui-même entré dans cette voie, au moins en diminoant Texpression de la souffrance, si on en juge d'après Teslampc du P. Honoré de Sainte-Marie, que nous reproduisons ; mais il est probable que son graveur est allé luimême, fous ce rapport, plus loin que la peinture qu'il était chargé de reproduire. C'est en comprenant bien tout ce qui peut ainsi, dans un sens ou dans l'autre, venir des artistes qui ont reproduit ces vénérables images, que l'on peut se rendre compte de la valeur de leurs convergences, supérieures de beaucoup, on en conviendra, à leurs divergences.

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tation. La conformité de ce type avec les descriptions traditionnelles est remarquable, avec celle de sainte Brigitte surtout; sa ressemblance, quant au fond, ne Test pas moins — la part faite à cet air de vie, de jeunesse, de santé, qui porte à la méditation des mystères joyeux — avec les figures des empreintes qui auraient été produites dans le cours de la Passion, — figures-elles mêmes si profondément propres à rappeler les mystères douloureux.

Il est permis de supposer que le dessinateurde l'image de Saint-Sylvestre, ayant trop raréfié la barbe, celui de l'image de Gênes Ta représentée trop longue et trop abondante, et que les originaux se ressemblent beaucoup plus, conformément aux observations ci-dessus rapportées,. que les planches par lesquelles nous essaierions d'en juger.

Ordinairement on est d'accord pour représenter la barbe du Sauveur un peu partagée par le milieu:elle ne le serait pas, d'après ces planches, dans Tune das empreintes; elle le serait à peine dans Tautre; mais, outre que ces détails, sans doute fort peu apparents, ont pu être mal interprétés par les dessinateui*», il faut cotnprendre que toutes les images qui seraient provenues de la faveur accordée au roi d'Ëdesse, remonteraient au premier jour de la prédication du Sauveur, et qu'alors il avait pu encore conserver dans ses traits la fraîcheur de son printemps. C est aux approches de la virilité que la barbe se tord sur elle-même et se partage, comme une jeune pousse qui, tendre d'abord, prend de la tbice sous l'influence de l'air et du soleil. ^

Il sera facile d'expliquer, par des consi lérations analogues, lesdiflVrences qui se rencontrent entre les Saintes-Faces d'un caractère souffrant; des modifications réelles peuvent résulter, dans leurs originaux, de ladiversité des circonstances où elles se seraient produites; ces modificalionsont pu s'exagérer dans un sens ou dans l'autre, par le fait des interprètes appelés à juger d'une empreinte plus ou moins fruste. Ainsi, que dans les copies les plus répandues de l'image de sainte Véronique, la barbe se partage en trois (pi. xi, fig. 4), on conçoit que cette disposition ait résulté accidentellementde la grande abondance de sang qui, descendant du front, coulait le long des lèvres ; tandis que, lors de l'ensevelissement, le sang ayant cessé de couler, il était naturel que la barbe reprît sa forme habituelle de bifurcation, de sorte, cependant, qu'étant encore humide, aulieu de se boucler, elle s'allongeât plutôt en pointe ; et c'est précisément ainsi que les gravures de ChiiQet la représentent, dans les Saints-Suaires de Turin et de Besançon (pi. xi, fig. 5 et 6).

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