Réfltxiùns sur les règles de la critique, T. II, p
Moiitreuil que nous reproduisons (pi. xi, fig. 7); par là et par le reste des traits S elle revient davantage auxfiguresde Chifflet (fig. 5 et 6). L'origine de Timage de Montreuil , aujourd'hui conservée à la cathédrale de Laon, étant très-connue comme copie de celle du Vatican, les différences que l'on observerait entre elles peuvent parfaitement venir, nous l'avons fait remarquer, de la méprise des dessinateurs, achevant par Timagination ce que leurs yeux ne leur montrent qu'imparfaitement ; mais quant aui traits principaux, la ressemblance est d'autant plus digne d'attention qu'il faut faire un plus long circuit pour les comparer, au moyen des dessins qui seuls ont pu parvenir jusqu'à nous.
L'archevêque de Bologne, Alphonse Paleotti, a publié un dessin du Saint-Suaire de Turin , mais si incorrect qu'on ne peut rien en déduire, sinon que le dessinateur s'est cru autorisé par la vue de l'empreinte sacrée, à représenter le visage du Sauveur, conformément à l'idée qu'il se faisait d'avance de ses traits divins.
Les planches de Chifflet se présentent avec une bien plus grande apparence d'exactitude. Lui-même affirme cette exactitude ; et son affirmation est d'un grand poids relativement au Saint-Suaire de Besançon , qu'il avait été à portée de consulter souvent et de très-près. Tout annonce d'ailleurs de sa part une étude faite selon les règles d'une critique sérieuse* tandis que la relation d'Alphonse Paleotti paraît avoir pour principal fondement des dires recueillis sur les lieux et une observation de la relique de Turin, attentive sans doute, mais faite plutôt pour satisfaire la dévotion qui avait déterminé son pèlerinage, que dans le dessein d'éclaircir aucune question liti|fieuse.
Chifflet n'avait point vu personnellement le Saint-Suaire de Turin, ii s'en était seulement fait rendre compte par des témoins qui avaient eu toute facilité pour l'observer très-attentivement, tandis que la relique était encore à Chambéry ; et si, de la ressemblance des deux images dans la gravure, on ne peut tirer les conclusions décisives qui résulteraient du rapprochement des originaux, on ne peut nier non plus qu'elle ne porte à des présomptions favorables.
La ressemblance ne va pas jusqu'à l'identité absolue, et les deux images sont en rapport avec le système de Chifflet, d'après lequel le Suaire de Turin (fig. 6) n'aurait pas servi précisément à ensevelir le Sauveur, mais à recevoir son corps aussitôt après la déposition de croix et pendant l'opération de l'embaumement, de sorte qu'il aurait été beaucoup plus ensanglanté que le Suaire de Besançon (fig. 5), dans lequel aurait été
1. Elle revient aussi il'ao autre eô:é, d'assez près, à ia gravure de la Sainte- Face de Saint-Sylveslre donnée parCarletli.