‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 121 sur 216 · IMAGES PRIMITIVES PEINTES · texte numérisé non relu

IMAGES PRIMITIVES PEINTES

Il faut descendre au i\^ siècle pour trouver des images qui, étant prises dans les conditions naturelles de l'art et de l'histoire, puissent être sûrement considérées comme exécutées en vue de représenter Notre-Seigneur, selon la réalité de ses traits personnels.

L'image du cimetière de Sainte-Domitilie, dite de Saint-Callixte(pl. xn, fig. 2), bien que la gravure de Bosio soit, quant à ses traits, l'unique fondement de nos observations, mérite cependant que nous y revenions, tout en laissant à l'état de conjecture tout ce que nous pouvons en tirer. Les débris qui en restent ont permis à M. de Rossi de lui as.signer pour époque, avec plus de certitude, le m* siècle ; elle occupe, dans le cubiculum où elle est placée, le centre de la voûte, et le Sauveur des hommes , — si T. n. ,46

c est bien lui,— s*y montre représenté, dit M. Raoul Rochette, en buste, à la manière des anciennes imagines clypeatœ des Romains. Dans cette situation, on s'expliquerait facilement que la figure du Sauveur, représentée à titre de glorittcation personnelle, en dehors de toute action, eût été conçue d'après des notions traditionnelles, à la différence des sujets où il était mis en scène, eu égard à la signification des faits. Admettons ensuite que les planches de Bosio n'ont qu'une exactitude d'à peu près; et que le dessinateur, dominépar la pensée qu'il avait sous les yeux une tête du Christ, aurait pu, glissant sur une pente facile, l'interpréter selon l'idée qu'il s'en faisait, au lieu de la voir comme elle ét»it. II fallait cependant, pour cela même, que cette tête eût véritablement en elle quelque chose qui engageât à la rapporter au Sauveur ; (^uis, il est peu probable qu'on eût fait l'honneur à un autre personnage de lui accorder une place ordinairement réservée à des figures représentant le Christ, au moins sous forme emblématique; il serait moins probable encore que le dessinateur eût imaginé le partage des cheveux, s'il n'eût aperçu sur l'original cette particularité, qui, à l'époque, ne peut guère s'appliquer qu'au Sauveur; le type entin de celte gravureest constitué d'après un ensemble tel, qu'on concevrait difficilement qu'il fût sorti de l'imagination d'un artiste de la fin du xvi*" ou du xvn« siècle: il se rapporte au type traditionnel, mais selon des données qui lui sont propres.

Il nous semblerait apercevoir quelque réminiscence du type traditionnel de Notre-Seigneur, dans la peinture du cimetière de Cyriaque, publiée par M. de Rossi dans son Bulletin d'archéologie ^ d'après les dessins de notre savant ami, M. Ch. Descemet, et attribuée, par des raisons décisives, au iv^ siècle. Le partage surtout des cheveux, joint à la barbe d'une longueur modérée, dans la figure du Christ qui prédit à saint Pierre son renoncement, avait probablement cette signification ; et l'autre figure, qui le représente au milieu des vierges sages et des vierges folles, n'est pas sans analogie avec le type en usage à la même époque , dans le sujet central des sarcophages, et dont nous parlerons bientôt, comme n'étant pas totalement en dehors des notions historiques. Mais alors les auteurs de ces peintures semblent témoigner par leurs oscillations mêmes, ces figures étant fort dissemblables, qu'ils n'avaient pas sous les yeux un bon modèle qui s'imposât d'autorité, ou que, dans ces sortes de sujets, ils continuaient à ne s'inquiéter que bien peu de la ressemblance personnelle.

Au contraire, dans la peinture du cimetière des Saints-MarcêlIin-el- Pierre, où Notre-Seigneur est assis triomphant entre saint Pierre et

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