eofi. chrél,, p
3. Ils Tont été cependant à Angers : Grosnier, Icon, ehrét., p. 58 ; à Reims, & Tro^fes, à Chartres, à Bourges. Didron, loon.'de Dieu,
DU NINBE. n
ploi de cet attribut , et sous leur influence, on se demande si la distinction existe. Chez nous , on ne dit pas saint Abraham, saint Moïse, saint Job , comme on le fait à Venise, où des églises sont dédiées en leur nom ; toutes ces différences viennent de ia même cause : ce n est pas que nous jugions les patriarches, les prophètes moins saints que les autres chœurs de la cité bienheureuse; l'Église les invoque dans ses prières, les célèbre dans ses chants * , bien qu*elle s'abstienne alors mémo de désigner aucun- d'eux nommément. Un artiste qui , encore aujourd'hui , leur attribuerait le nimbe, sous Tempire de la règle mieux définie qui en fait le signe propre de la sainteté, ne nous paraîtrait aucunement manquer à I%5sence de cette règle; nous lui conseillerions, au contraire, de leur en faire l'application sans réserve. Mais il ne serait pas non plus à blâmer, s*il maintenait la différence qui avait plus généralement prévalu en Occident.
Le chrétien est revêtu de Jésus>Christ par le baptême , et le caractère essentiel de la sainteté consiste à conserver ou à recouvrer dans son intégrité celte grâce primordiale. Il suffît que ces illustres serviteurs du vrai Dieu , qui ont vécu avant l'arrivée du Rédempteur, aient participé aux mêmes grâces, dans d'autres circonstances et par des moyens différents, pour expliquer la distinction iconographique que nous ne faisons que constater.
Sous l'empire du naturalisme, le nimbe , au xv** siècle, s'était modifié dans'le sens de l'imitation de la nature, et particulièrement de la lumière que représentait cet emblème. Cette modification présageait l'abandon qui s'en fit au xvi^; mais cet abandon, consommé seulement dans le siècle suivant, n'eut lieu que dans les hautes écoles des beaux-arts, dans ces écoles où l'imitation de la nature était devenue un but, et le sujet, une occasion de l'atteindre. Sous l'empire des idées dominantes, il n'y eut plus de nimbe, parce qu'il n'y eut plus, ou à peu près, d'iconographie. Il n'en fut pas tout à fait ainsi dans les régions artistiques moins élevées , où se continua la pratique plus ou moins traditionnelle de l'imagerie peinte^ imprimée, sculptée, au service des églises et des particuliers hors d'état de payer les œuvres des maîtres de l'art; Il ne faut donc pas être surpris que la doctrine des auteurs qui ont traité des images, au point de vue liturgique, ait pu se fixer sur la valeur du nimbe, comme sur une question d'une application continue. Cette doctrine, d'ailleurs, est établie par eux avec une précision et un ensemble qui ne permettraient pas que l'on s'en écartât désormais sans quelque témérité , et d'autant plus qu'il n'y aurait assurément aucun profit à le faire.