LiUnies des SainU; Te Deum
Hujus modi corona^ dit Molanus, après avoir cité le passage de G. Durand, qui fixe le sens du mot, nemini debent appingi nisi quos Ecclesia canonizavit rive coronavit ^. Cette sorte de couronne doit être attribuée, à Texclusion de tous autres, uniquement à ceux que TÉglise a canonisés et, pour ainsi dire, déjà couronnés : neque datur coronanm cananizatis. On ne donne le nimbe qu'aux seuls canonisés , répète à son tour Gavanti '. < Que les insignes propres aux Saints , reprend Garli , soient conformes à la pratique commune de l'ËgUse... tel le diadème en forme d*écusson circulaire sur la tête des Saints , pourvu qu'ils soient canonisés ^. » M. l'abbé Crosnier est moins exprès , parce qu'il étudie la question dans son origine archéologique , et non pas dans ses conditio^B pratiques; mais s'il est vrai, comme il ledit., que le nimbe, ainsi que l'auréole, soit l'attribut de la Divinité , soli Deo honor et gloria , ne doiton pas en conclure qu'il ne faut, en définitive, faire participer à cet honneur que les créatures jugées dignes , par leur participation à la sainteté de Dieu, d'entrer aussi en participation de sa gloire^? si bien que M. l'abbé Bourassé, qui suit, d'ailleurs, de très-près les traces de M. Crosnier , ne balance pas à dire que le nimbe est, dans l'iconographie chrétienne, l'attribut de la sainteté^.
On doit en tirer cette conclusion : désormais, dans toute œuvre sérieusement chrétienne , — serait-ce trop que d'exiger de toute représentation appelée à figurer dans la maison de Dieu^ qu'elle le soit? — l'artiste se fera un devoir d'attribuer le nimbe à tous les Saints canonisés; il ne l'attribuera qu'à eux seuls, ou aux personnifications figurées, dignes de leur être assimilées iconographiquement.
Cette conclusion est fondée sur la doctrine de TÉglise, formulée par l'Ange de l'école : « La récompense éternelle des bienheureux , dit-il , est assimilée par métaphore à une couronne , hoc autem prœmium metapkorice corona dicitur vel aurea , parce qu'ils participent en quelque manière à la dignité et , par conséquent , à la puissance royale de Dieu , per quod homo efficitur quodammodo Divinitatis particeps et per consequens regiœ potestatis ®. » £t saint Thomas étabUt que tous les Saints ont droit à cette distinction.
La royauté dont jouissent les Saints , ajouterons-nous , étant d'une