A. Bayle, rAme à réeoh deJé^us enfant. Paris
3. A sainte-Calhorine de Sienne, on a souvent substitué sainte Catherine d'Alexandrie: tel un rtnrinant tableau de Spagua, publié dans VApe ilahana. T. 111, pi. xxxi.
DE L liNFANT JESUS.
doigt. Ce sujet était devenu usuel, beaucoup de jeunes filles le faisant peindre au moment où elles se consacraient à Dieu, pour conserver le souvenir de leur consécration. D'autres vierges ont été favorisées (l'une manière analogue : la Bienheureuse Catherine de Raconigi reçut du divin Enfant, un anneau que la très-sainte Vierge avait tiré (le son propre doigt. Sainte Rose de Lima, ayant entendu TEnfant Jésus lui dire : « Rose de mon cœur, tu seras mon épouse », fit faire elle-même l'anneau qui devint le signe de cette union; et ces mêmes paroles inspirées non moins merveilleusement à son frère, qui s*était chargé d'en faire le dessin , furent gravées sur cet anneau. Dans des circonstances semblables, sainte Rosalie de Palerme fut couronnée par l'Eofant Jésus d'une couronne d'or et de roses blanches.
Nous avons dit un mot de la touchante corrélation qui existe entre les mystères de l'Eucharistie et celui de TEnfance divine. Pour exprimer la présence réelle sous Ibs espèces sacramentelles, l'art chrétien s'est quelquefois servi d*une figure d'enfant, représentée au sein de l'hostie,
I/Enfant Jésus dans Thoslie consacrée. (Miniature des Emblemata Biblica.)
en dehors de toute allusion à quelque fait particulier. Une miniature des Emblemata Biblica^ au psaume Betiedixisti , Domine^ terram tuam ,
308 «UIDK UE i/aRT GHRÊTIKN.
nous en offre un exemple, et ces paroles du commentaire: Psalmut adteloquitur de primo adveatu^ disent quelles sont les convenances qui ont inspiré le miniaturiste. Les manifestations de ce genre accomplies miraculeusement peuvent avec abondance fournir une nouvelle source d'inspirations pleines de charme. Il appartient au peintre vraiment chrétien de cueillir avec délicatesse ces douces fleurs, et de les faire passer sur sa tollé , chacune avec la nuance qui lui est propre, dans ces fertiles jardins de la vie des Saints, où le céleste jardinier se plaît à les répandre.
La seule dévotion à l'Enfance divine donne lieu, d'ailleurs, à des représentations de l'Enfant Jésus, auxquelles on est fondé à donner tel ou tel tour, selon ce que l'on se propose d'honorer plus spécialement en lui. La Sœur Marguerite-du-Saint-Sacrement, religieuse Carmélite du monastère de Beaune, l'une des plus zélées promotrices de cette louchante dévotion, après avoir contribué, par ses saintes prières, à obtenir de l'Enfant Jésus la naissance de Louis XIV. avait pris à tâche d'honorer le divin Enfant lui-même sous le titre de roi ; elle se plaisait à couronner de ses rnaiiis la statue qu'elle lui avait fait élever, et l'on ne saurait croire ce qu'elle lirait de son cœur de pieuses effusions pour son petit roi Jésus.
Jésus est toujours et partout le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs ; mais vous vous le représentez sous la figure doutant pour Tlionorer à ce titre : comment mieux dire que vous voulez vous soumettre à son empire, pour ses charmes, sa bonté, sa douceur, et oublier coinroe inutile, pour vous tenir sous sa sujétion, tout ce qu'il a de force et de puissance?
En Jésus enfant, vous trouvez tout ce qu'il est, en tant que Dieu et en tant que Christ, en tant que Sauveur, en tant que MaUre; mais de telle sorte que son amour absorbe tout, suffit à tout, et que, de votre part, il ne vous demande que de l'aimer pour satisfaire à tous les devoirs de votre existence d'homme et de chrétien.