DOUCEUR DE JESUS
Discite a me quia mitis sum et humilis corde * : a Apprenez de moi que a je suis doux et humble de cœur». Notre-Seigneur, en se qualitiant ainsi , nous a fait connaître quels étaient les traits habituels et caractéristiques de sa physionomie, pendant le cours de sa vie mortelle. Il lui arriva sans doute quelquefois de se montrer sévère, et quelquefois son divin visage devait laisser échapper des éclairs de majesté; mais, ou ceîte majesté elle-même était douce, et celte sévérité tempérée, ou il ne s'écartait que pour de courts instants et en de rares circonstances, du rôle de mansuétude qu'il avait adopté en vivant parmi les hommes.
Loin cependant de flatter nos penchants, il venait enseigner de violemment les combattre, de rompre avec soi-même, de s'arracher à toutes les douceurs de la vie pour porter la croix et le suivre. Le bonheur, il venait l'offrir; mais comme il ne réside, quant à cette vie, que dans les moyens de lobtenir effectivementdans rautre,il annonçait sansdétourqu'il le plaçait dans les privations et les ]armes,dans le support des injures et les persécutions. Tout cela, il nst inutile de le dissimulei*, est singulièrement dur à la nature : aussi le Sauveur le préseute-t-ii comme un joug, mais un joug singulièrement allégé et adouci par là même qu*il estdAënu le sien. « Mon joug est suave », dit-il, « ^t mon fardeau est léger » : Jugum meum suave esi^ et onus meum levé.
La nature révoltée exerce sur nous un empire (yrannique : pourla vaincre et recouvrer sa liberté, il faut se soumettre à une forte discipline. Les peines et les difficultés de la vie, bien supportées, servent à nous