Apoe., m, SO
T. u. SI
figure isolée du Sauveur qui forme ]e frontispiee de sa Vie , l'une des premières et des plus heureuses publications de l'artiste, les qualités dont nous recherchons la réunion^ nous apparaîtront sans ombre. Cette divine figure porte la croix ; elle est empreinte de majesté : mais cette majesté est si douce, et Ton voit si bien que la croix ainsi portée ne pèse pas, que, pour ranger ce Christ hors des catégories bien déterminées de la douleur et du triomphe, on pourrait se passer de Tinscription qui l 'entoure : Venue ad me omnes qui laàoratis et onerati estis. Disette a me quia mitisium et humilia corde^ et inœnietis requiem animabus nestris. Jugum * meum suave est et onus meum levé ^. Cette inscription, d'ailleurs , achève de l'affirmer : Jésus se présente là, dans le sentiment de la plus exquise douceur et pour inviter les âmes à entrer en communication avec lui; la croix qu'il porte est le joug même que le chrétien devra porter; par ellemême elle est grande et lourd.e , mais nul ne la portera tout entière, puisque Jésus la porte avec lui ; et c'est là ce qui la rend légère. Les plaies de ce divin Sauveur, tracées sur ses mains et ses pieds, apparaissent elies-mCmes avec un caractère de généralité qui exclut toute circonstance particulière de sa Passion^ de sa vie mortelle ou glorieuse: Jésus étant là, tout entier, pour le seul profit de celui qui vient à^lui.
Nous citerons encore, parmi les meilleures images qui nous soient venues de Dusseldorf, un Souvenir de première communion^ qui ne se compose que d'une seule figure en pied de Notre-Seigneur, avec un entourage d'emblèmes et de sentences qui se rapportent au Très-Saint- Sacrement. Jésus ne tient pas la sainte hostie, comme en d'autres compositions, pour la distribuer de sa main : il la porte suspendue sur sa poitrine, afin de mieux dire que cette hostie, c^est lui-même; et par le mouvement de ses bras demi-étendus, d'accord avec l'expression de son visage, on comprend qu'il se. donne. Suavité et simplicité, voilà donc encore ce que And. Muller a su réaliser dans cette image, avec un véritable bonheur.
Si nous abordions maintenant l'examen de l'imagerie en France, sous l'impulsion qui lui vint d'Allemagne, bien qu'elle dévie facilement delà simplicité que nous réclamons en pareille matière , nous ne trouverions pas tout à blâmer, dans ces rapports , par exemple, où l'on s'est ingénié à représenter Jésus soit avec le fidèle, soit avec le pécheur qui revient à lui.Ainsi,qu'un jeune homme à genoux se jette la tête sursonsein, et qu'il Taccueille avec tendresse, nous ne voyons là rien de trop, relativement à ce que l'on peut attendre de sa bonté, et uoe semblable familiarité ne saurait lui déplaire. Hais qu'on tourne et retourne en tous sens quelques