‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 162 sur 216 · ikmiaioif., p · texte numérisé non relu

ikmiaioif., p

des médailles de Constantin et de ses successeurs, associés au labarum, avec celte légende : Virtus ewercitus^ gloria exercitus^. Si Ton considère l'origine de ces deux groupes, il n'est pas permis de confondre les représentants de l'armée impériale avec les gardes du sépulcre ou du Calvaire; mais cette différence d'origine n'exclut pas une certaine convergence vers le même but, qui contribue à faire choisir les soldats, préférablement à tous autres personnages, pour exprimer, dans une série de monuments, le triomphe de la croix.

Sur plusieurs des sarcophages dont il s'agit, la croix est accompagnée des Apôtres, comme le serait le Sauveur lui-même, dont elle tient la place. Sur plusieurs des sarcophages sortis des fouilles du Vatican, notamment sur celui de Probus^ une grande croix gemmée a encore été placée entre les mains du Christ triomphant, comme le plus glorieux des trophées ; et sur ce monument, apparaissent de même les douze Apôtres.

Il arrive plus souvent que la croix, d'ordinaire également gemmée, est transportée entre les mains du prince des Apôtres, au moment oii il reçoit pour TEglise, le dépôt de la céleste doctrine, sous la forme, d'un volume déployé.

Passant des sarcophages aux mosaïques contemporaines, on retrouve une grande croix gemmée, fort analogue à celle dont nous venons de parler, à la voûte du baptistère de Ravenne; elle y domine la scène centrale du baptême de Noire-Seigneur, — non^as comme attribut propre à saint Jean-Baptiste, ses proportions excluent toute pensée semblable, — mais comme exprimant l'idée de la Rédemption, dont les fruits nous sont appliqués par le baptême ^,

Dans cette même ville de Ravenne, la croix, toujours gemmée, occupe seule, au milieu d'un ciel constellé, avec les quatre animaux évangéliques, la voûte du sanctuaire étroit et à demi-souterrain que Galla Placidia fit élever en l'honneur de saint Nazaire et de saint Celse, pour en faire une sépulture de famille. Dans Téglise voisine de Saint-Vital, elle est portée triomphalement dans une auréole circulaire, par deux anges, au-dessus des arcs latéraux de chaque côté du chœur. Au sommet de Tare absidal, on voit une auréole semblable, également supportée par deux anges, qui contient une sorte de figure rayonnée, dans laquelle il faut également reconnaître la croix entre-croisée avec le X, pour rappeler le nom du Christ (pl.xvii^ fig*3). Les mosaïques de Saint-Vital sont du

Page 1