‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 163 sur 216 · Gitmpini, VeL mon., 1. 1, pi. lxx · texte numérisé non relu

Gitmpini, VeL mon., 1. 1, pi. lxx

DE LA GROll. â3l

VI® siècle, les précédentes appartiennent généralement au v*; les autres monuments des mêmes époques ou des époques voisines fourniraient un grand nombre d'exemples analogues.

C'est aussi au v^' siècle que remonte Tusage de figurer la Croix sur l'autel du sacrifice eucharistique, comme on la voit à Saiute-Marie-Majeureau sommet de Tare triomphal. L'antique couverture d'évangéliaire en ivoire de la cathédrale de Milan ^ a conservé, par rapport à la croix qui en occupe le centre, les caractères iconographiques du même temps, bieo qu'elle soit considérée comme du siècle suivant; cette croix en or, enchâssée de pierreries et se détachant ainsi sur le fond d'ivoire, est effectivement aussi riche que le sont en peinture celles auxquelles nous la comparons, et si Ton considère les rideaux qui, selon la pratique alors usitée^ sont soulevés le long des colonnes qui l'encadrent, comme pour figurer l'entrée du sanctuaire, on jugera qu'elle a été elle-même représentée avec l'idée de rappeler le sacrifice perpétuellement renouvelé sur nos autels ^.

Toutes ces croix procèdent plus ou moins de l'apparition qui décida la conversion de Constantin. La découverte de la croix par sainte Hélène donna naissance à la classe nombreuse des croix pectorales, ou encolpia^ dans lesquelles on portait des reliques de ce bois sacré. Le plus anciennement connu de ces petits monuments est la petite croix en or niellé, que M. de Rossi a publiée dans son Bulletin d'archéologie ^ et qui se voit maintenant au musée chrétien du Vatican. Le mot d'EMMANOVHA, avec sa traduction en latin nobis gvm devs, qu'elle porte gravé sur une face, avec ceux-ci, ^u'on lit au revers : crvx est vrrA mihi -— mobs inimice tibi : « la croix est ma vie : à toi» ennemi, elle est la mort», donnent la clef des pensées attachées à ces croix primitives, sur lesquelles aucune figure n'était encore représentée, la clef aussi des images qui vont bientôt enrichir tous les genres de croix : pensées d'identification du Sauveur avec sa Croix, en tant qu'elle le représente comme signe, images de vie et de victoire*.

1. Monlages de la Société d*Anindel, 4« classe , n^ 1. Mozzoni, Tavole deUa itoria deUa Ckiesa, p. 71.

2. L*agoeau , placé aa revers , en complète la signification , et Tan et Taulre ont pour commentaire seize scènes de latie de Notre-Seigneur et de son triomphe éternel. Les figures des Évangélistes sont représentées doublement en huit médaillon^:, en personnes et par leurs symboles.

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